12 janvier 2005
Politique / Handicap
POLITIQUE : C'est le temps des soldes. En ce moment, ça rase gratis : annonce d'une croissance à 2,4 % pour 2005, chômage en baisse, moins 20 % sur les impôts d'ici deux ans. Et on vous emballe tout ça en affirmant, main sur le coeur, que la politique « ça ne se résume pas à des effets d'annonce » ! Pas un Français pour croire une telle farce. Le plus pathétique, c'est que les annonceurs ne font même pas semblant d'y croire. De son Béarn natal, François Bayrou a fait ce commentaire très juste : « En politique, le désespoir naît aussi du fait qu'ils sont désespérants ! ». HANDICAP : J'avais rencontré Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d'Etat aux Personnes Handicapées, lors de l'inauguration de « La vitrine des CAT » à Paris, près du Châtelet. Elle m'a demandé de participer à un club de réflexion sur l'insertion des handicapés. Sa thèse : la démission parentale et l'éclatement des familles, l'isolement des handicapés, et surtout les discriminations à l'embauche génèrent une intervention croissante de l'Etat : 13 milliards d'euro au budget, près de 30 milliards si on compte les aides indirectes de toutes sortes. Evidemment, la progression des dépenses devient ingérable. Elle envisage d'augmenter les sanctions (1 500 fois le SMIC pour les entreprises qui refusent d'embaucher un handicapé). Elle souhaite surtout que les managers changent de mentalité, à l'instar des entreprises d'Europe du Nord. Et pour cela, il faudrait, selon elle, que les entreprises comprennent que l'embauche d'un handicapé peut être aussi un atout économique (motivation, baisse de charges, bonne image pour l'opinion ou les salariés, ...etc.). Cette manière de réfléchir m'a d'abord choqué. Le regard sur le handicap peut-il être façonné par l'intérêt économique plutôt que par la générosité, l'émotion, le volontarisme. La réponse mérite que l'on phosphore un peu : si l'on veut que l'effort soit durable, on ne peut pas compter sur la seule implication de quelques personnes motivées. L'entreprise doit aussi y trouver son intérêt. Pour y réfléchir, elle a créé un club (j'en serai) réunissant des chefs d'entreprise volontaires (les présidents de La Poste, Procter, SFR/CEGETEL, Air France, ...etc.) et quelques experts (Agence de Notation Sociale, spécialiste des organisations sociales, chercheurs). La question centrale : comment montrer qu'il peut y avoir un lien entre les initiatives, les expériences dans le recrutement des handicapés et la performance (« affectio societatis », cohérence et fédération des équipes, ...etc.) de l'entreprise. Ceux qui veulent bien nous aider à enrichir notre copie collective sont les bienvenus...
Posté par M.E.L. le 12 janvier 2005 dans
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Les commentaires : 24
Le 2 avril 2006 - 17:58 assia a dit :
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bonjour à toutes
voila svp.je suis etudiente en sociologie.je voudrai savoir comment qu'un sociologue doit faire une recherche dans une entreprise.ql sonts les questions qu'il dois poser.je vous voudrai vous dire que cette recherche est dans l'entreprise naftal.
merci beaucoup pour votre comprehension
Le 16 janvier 2006 - 16:58 Benoît RENOUL a dit :
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Cher Monsieur, chers tous,
je suis étudiant au Celsa en Master Ressources Humaines et Communication, et je m'intéresse de près actuellement au sujet de l'intégration professionnelle des handicapés, d'une part dans ma mission de stage actuelle et d'autre part car j'entreprends un mémoire sur cette question. J'ai lu avec intérêt vos interventions et découvert dans vos lignes la création d'un club de réflexion sur le triptyque initiatives d'intégration-recrutement de handicapés-performance d'entreprise. Je serais très intéressé pour participer en tant qu'auditeur à une de ces réunions, pour enrichir ma connaissance du sujet et éventuellement apporter ma pierre à l'édifice.
Merci de me contacter (coordonnées ci-dessous) pour me préciser si une telle chose est possible, ainsi que la prochaine date de réunion. Avec mes sincères remerciements.
Benoît Renoul (benoitrenoul@yahoo.fr)
Le 27 octobre 2005 - 19:12 GILLES a dit :
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a jacques (suite)
En ce qui concerne la marche j 'ai du me rendre a l'evidence q'apres les 100 kms de millau dans l'aveyron le lundi faisant suite a l'epreuve pedestre , les bords de route etaient jonchés de papier , de gobelets , d'emballages de toutes nature ....... ma conclusion fut de constater que
l'equipement avait un surcroit de travail pendant
les 2 jours faisant suite a cette epreuve,mais
aussi que ces concurrents pas tous je l'espere ne
respectait pas la nature qui les entoure. Voila
je voulais le dire . CARTON JAUNE A CERTAINS.
Le 27 octobre 2005 - 19:05 gilles a dit :
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a monsieur Fortier
Dans votre analyse je dois constater que je suis
bien dans ce cadre la. La nourriture, la façon de vivre , les habitudes doivent nous faire changer
de comportement. C'est une intelligence de reagir
comme vous le preconiser. Mais selon les regions les habitudes sont differentes. Quant l'on se penche sur la question des fonds sous marins sur
le cote a Marseille cela m'interpelle vraiment.
Les bouteilles plastiques les jantes pneus et autres dechets remontent dans les filets des pecheurs.Le poisson se rarefie et les egouts de cette ville se deverse apres station d'epuration
dans la grande bleue.C'est vraiment dommage mais il ya des choses a faire pour arreter ce massacre.
Le 27 octobre 2005 - 8:41 Jacques Fortier a dit :
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Bonjour,
Pour répondre à Gilles et rester dans le cadre de la note de M.E.L., il existe de nombreux sports, adaptés aux handicaps de chacun, plus respectueux de l'environnement que le sport automobile.
En voici une liste non exhaustive :
Athlétisme, natation, judo, haltérophilie, tir à l'arc, tennis, tennis de table, basket-ball, foot-fauteuil, torball, foot à 5, voile, cyclisme, randonnée (voir le site : http://www.hce.asso.fr/joelett/), ski nordique, kayak etc...
Salutations.
Jacques Fortier
Le 26 octobre 2005 - 23:20 Jacques Fortier a dit :
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Bonjour,
En réponse à Gilles.
Les solutions sont nombreuses, certaines peuvent être mises en œuvre par chacun d'entre nous dès maintenant, ce sont ces points que j'aborderai.
Pour les transports, il est préférable de privilégier la marche, le vélo, les transports collectifs (4 à 8 fois moins énergivores que les voitures et peu polluants, car souvent électriques), éviter les déplacements inutiles et s'il n'y a pas de transports collectifs, faire un maximum de co-voiturage et ceci avec une voiture consommant le moins possible (sans clim et en conduite pépère). Il est aussi souhaitable d'éviter au maximum les déplacements en avion (gros consommateurs d'énergie et très polluants).
Chez soi, il faut isoler son habitation, éviter de dépasser 19 degrés (16 dans les chambres et baisser ou arrêter le chauffage en cas d'absence), faire une croix sur la clim, le sèche-linge et le gros réfrigérateur américain. Il faut privilégier les douches plutôt que les bains, ainsi que tous les équipements économes de type A+, utiliser des lampes basse consommation et faire un entretien régulier de la chaudière et du frigo (dégivrage tous les 6 mois et nettoyage de la grille d'évacuation tous les ans). Autre point important, brancher tous les appareils consommant de l'énergie à l'arrêt, comme le magnétoscope, le lecteur de DVD, l'ordinateur etc... sur une prise multiple munie d'un interrupteur, qu'il ne faut pas oublier d'arrêter lorsque l'on n'utilise pas ces appareils. Il faut aussi éviter de laisser sa télé en veille (consommation importante et risque d'incendie).
Pour terminer, il est préférable d'acheter des biens de consommation et des aliments produits, si possible, localement et facilement recyclables (ne pas oublier de trier les déchets). Si vous pouvez, buvez l'eau du robinet, mangez des fruits et légumes bio, de saison et réduisez votre consommation de viande.
Le lien pour approfondir la question :
http://www.defipourlaterre.org/
Bon courage et merci pour votre attention.
Jacques Fortier.
Le 26 octobre 2005 - 20:52 gilles a dit :
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a jacques
il est bien evident que je ne suis pas pour ce scenario catastrophe.Mais alors il faut vite tout arreter . ....
je ne suis pas tout a fait de votre avis, mais je
suis pret a ecouter vos solutions .Mis a part le
sport auto que faut il faire?
Bien a vous . Gilles.
Le 25 octobre 2005 - 20:42 Jacques Fortier a dit :
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Bonjour,
En réponse à Gilles.
La préservation de l'environnement est une question qui intéresse aussi bien les valides que les handicapés.
Le pic pétrolier est prévu dans environ 15 ans, avec des conséquences dramatiques aussi bien au niveau économique (récession, chômage...), que géopolitique (attentats, guerres...).
L'élévation de la température liée aux rejets de gaz à effet de serre, va entraîner des catastrophes incroyables et sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu'à présent.
La pollution atmosphérique, liée pour près d'un tiers aux rejets polluants des voitures, serait responsable chaque année de la mort de 6 500 à 9 500 personnes en France, selon un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse).
Et à quoi rêve Gilles ?
Nous précipiter dans ce chaos...
Je terminerai par une citation de Saint-Exupéry : « Nous n'héritons pas de la Terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants. »
Jacques Fortier
Le 25 octobre 2005 - 19:04 gilles a dit :
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pour Monsieur fortier.
J 'espere pour commencer que vous ne vous servez pas de vehicules a moteur pour vous deplacer.
Tout ceçi pour vous repondre que votre notion de
l'intelligence ne me convient pas du tout.
Pourquoi voulez vous reserver un sport plus q'un autre a des personnes fussent elles handicapees.
JE respecte les choix de chacun pour la pratique
d'un sport. vous devez avoir beaucoup de regrets
quand vous voyez un bateau a moteur sur l'eau , un quad ou une moto sur un chemein de terre. Non
Monsieur vous etes en 2005 et il faudra s'adapter
et accepter certaines choses. C'est avec cette meme analyse que certains gouvernant nous explique qu'il faut reduire la vitesse de 10km par heure pour moins consommer. Vous vous trompez de cible . Les francais ne vont pas tomber dans ce panneau.
Le 24 octobre 2005 - 22:45 Jacques Fortier a dit :
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Bonjour,
En réponse à Gilles.
Vous n'auriez pas une activité plus intelligente à proposer aux personnes handicapées ?
Quand on voit l'état de la planète et la proximité du pic pétrolier, brûler de l'essence et rejeter des gaz à effet de serre, uniquement par plaisir, ça me révolte.
Jacques Fortier
Le 24 octobre 2005 - 22:00 GILLES a dit :
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Je suis moi meme une personne qui cotoie journalierement des personnes handicapees.Je crois qu'il faut absolument respecter leurs ayant
droit et les considerer comme nous. J aimerais
pouvoir ouvrir un rallye du championnat de france
sur terre avec des personnes handicapees comme co-pilote. L 'idee avait germé lors du telethon a millau. Alors si je pouvais realiser ce reve avec eux cela serait merveilleux.Car eux aussi ont des
qualitees et des sensations fortes! ALors qui sait
un jour une auto en double 0 avec des equipages
pour le plaisir juste un sourire et du plaisir,
c'est pas beau cela ?
Le 26 septembre 2005 - 18:01 M.E.L. a dit :
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Re Bubble Wizzz (20/09/05)
J’ai lu avec intérêt cette synthèse de différentes contributions philosophiques pour étayer le caractère incontournable du « concept de solidarité ». Il manque,me semble-t-il, dans cet intéressant survol historique, l’apport du religieux. Comme vous le savez, la notion de fraternité n’a rien de laïque. Elle puise sa source dans l’esprit communautaire des premiers chrétiens, et plus encore dans le message des évangiles.
Vous auriez pu aussi évoquer Lévi-Strauss et le lien tribal…
Bref, intéressante contribution sur le lien entre l’individu et la collectivité. Nous suivrons donc avec passion vos prochaines publications.
Le 26 septembre 2005 - 14:20 Mazzella a dit :
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Invalide,t.h cat B,et à la recherche frénétiquement d'un travail,je serais heureux si les centres E.LECLERC de Bergerac ou de Port-st-Foy pouvaient me faire travailler.Je serais heureux de prouver que handicapé veut dire motivé.Oui,on peut souligner les quelques avantages financiers dont peuvent bénéficier les employeurs;mais ces avantages sont tout à fait justifiées mais insuffisants.Plus conséquents,peut-être cela inciterait-t'il plus d'employeurs "à sauter le pas".Pour mon cas,ce serait vraiment génial si vous puviez me faire travailler.Avec tous mes remerciements.(merci de m'envoyer un courriel à l'adresse ci-dessus).
Le 20 septembre 2005 - 21:57 Bubble Wizzz a dit :
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Bonjour à tous,
Ce sera ma première intervention sur ce blog et je pense qu'elle aura quelques suites sinon concrètes, du moins, j'ose l'espérer, réfexives.
Communicante, je suis une spécialiste de l'analyse des discours et des formes et j'aimerais vous soumettre une piste de réflexion que je suis moi-même en train d'étudier à des fins applicatives : elle empreinte une sommaire déconstruction de certains termes que nous pensons pourtant tous maîtriser. Vous verrez, c'est intéressant ; en tout cas, j'espère vous faire partager mon intérêt...
J'espère surtout que cette incitation à la réflexion permettra aux citoyens de bonne volonté que nous sommes tous, de mieux comprendre les limites rencontrées par de nombreuses initiatives pourtant bien intentionnées et surtout, que cette amorce de réflexion nous permettra à tous de mettre en place des stratégies communicationnelles et actancielles enfin performantes.
En effet, l'homme évolue tous les jours dans un environnement qui charrie des concepts aussi opaques que peuvent l'être des mots qui pourtant nous paraissent acquis et qui dans les faits, bien souvent, recouvrent des dimensions qui nous échappent...
Bonne lecture à tous et dans l'attente de vous lire, je veille ;-)
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La solidarité (© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia)
Assurant la constance et la consistance du lien social toujours menacé de délitement, la solidarité exprime l'interdépendance de fait qui constitue toute communauté humaine; elle est aussi pratique active érigée en valeur morale ou en obligation juridique. Mais elle ne peut être limitée à ces définitions: universelle, elle implique, au-delà de toute forme de contrat, la découverte et la reconnaissance de l'autre.
La vie commune repose d'abord sur la nécessité constitutive pour les êtres humains de s'allier pour former une communauté de semblables qui est aussi une communauté de destin, hors de laquelle, comme l'écrivait Aristote, aucun homme ne saurait exister humainement, ni simplement survivre.
Les liens de la communauté
L'ambivalence du lien social apparaît dans le rapprochement des deux termes: communauté et solidarité. Le premier, synonyme de «solidarité de fait», présente comme naturelle ou du moins absolument contraignante la nécessité pour les humains de vivre les uns avec les autres; le second désigne le rapport humain accompagné de la conscience d'intérêts communs, impliquant pour chaque membre l'obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur prêter son concours. Chaque individu, élément de l'ensemble de la communauté, contribue à la maintenir comme un tout, sans avoir la possibilité ni le droit de s'en détacher. La solidarité de fait se transforme en principe de solidarité.
Du fait au principe
Par son étymologie, le mot «solidarité» renvoie à un principe juridique. Dans le Code de Justinien, le mot latin solidus se rapporte à l'interdépendance des débiteurs entre eux. Chacun est engagé, en termes de dette et de responsabilité, pour le tout (in solidum). On retrouve la même idée dans le Code civil, qui stipule que les débiteurs «sont obligés à une même chose, de manière que chacun puisse être contraint par la totalité et que le paiement fait par un seul libère les autres envers les créanciers».
Selon la Généalogie de la morale de Nietzsche, la communauté se constitue dans la confrontation, qui exige de trouver un compromis permettant à chacun de devenir au plus haut point responsable de sa propre puissance. Kant, pour sa part, dans son Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, avait pensé, dans le concept d'«insociable sociabilité» des hommes, l'antagonisme entre le penchant et la répulsion à s'associer. Pour lui, les «qualités d'insociabilité» (l'ambition, l'instinct de domination, la cupidité...), tout en menaçant le lien social, en garantissent la solidité. En effet, chacun désirant prendre sa place parmi des compagnons qu'il supporte de mauvais gré, mais dont il ne peut se passer, tous progressivement s'élèvent dans l'ordre de la culture. Parce qu'ils prennent conscience de leur résistance naturelle à la coopération, les hommes s'organisent moralement.
On constate donc que, puisque que la relation à autrui est constitutive de l'existence de tout être humain, celui-ci n'est jamais cette petite totalité autosuffisante que la pensée libérale nomme «individu»: existant par l'ouverture vers l'autre, il est une force singulière confrontée à d'autres forces dont il est dépendant. La fusion avec autrui impliquant une fermeture qui condamnerait les deux existences à l'étiolement, c'est en résistant de toutes leurs forces à la solidarité que les humains ne cessent d'apprendre à mener l'existence qui leur est propre. En ce sens, la destinée de la solidarité des hommes se confond avec l'histoire de leur difficile communauté.
Du mécanique à l'organique
Emile Durkheim, dans son ouvrage De la division du travail social, distingue deux formes du lien social. Pour lui, les sociétés seraient primitivement organisées en vertu d'un principe de solidarité mécanique absorbant les individus dans un tout social. Les cellules ou les familles vivent juxtaposées dans un système d'autarcie, fondé sur la similitude des intérêts, et dans lequel les rôles sont peu distincts. La solidarité devient organique lorsque la division, sociale et technique, du travail impose la complémentarité des rôles. Les éléments de la collectivité, groupes ou individus, acquièrent alors une autonomie tout en restant subordonnés à l'ensemble. Cette émancipation progressive entraîne non pas la disparition mais la transformation du lien social. Le caractère parcellaire des tâches rend l'individu plus dépendant d'autrui: la solidarité est faite de réciprocités. Le passage d'un mode de solidarité à un autre résulte de la densification des sociétés modernes, qui accentue la différenciation des individus.
L'analyse de Durkheim met en valeur le rôle des mécanismes économiques du capitalisme et des pratiques politiques de la démocratie issue de la révolution bourgeoise. Les structures de la société libérale déterminent le rapport que l'être humain entretient avec son alter ego, entendu à la fois comme son prochain et comme son socius: son allié, son associé, son auxiliaire.
Conséquences politiques
Dès lors, les conceptions de la solidarité mises en avant, de même que les procédures économiques et politiques préconisées pour les mettre en pratique, dépendent de l'interprétation que l'on propose des causes présidant aux mutations des formes de sociabilité. Dans le Capital, Marx a montré la nécessité de penser les conditions historiques de l'organisation des solidarités ouvrières et celles de leur suprématie sur l'adversaire de classe, le capital et l'Etat. De son côté, le libéralisme affirme progressivement l'idée de la substitution d'un nouveau contrat social à celui qui avait été réfléchi dans les siècles précédents, notamment par Rousseau.
C'est le droit qui, devant les risques de délitement du lien social, apparaît comme l'ensemble des garanties nécessaires pour que la liberté de chacun puisse s'accorder avec celle des autres. Déjà, dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville avait établi que l'exigence d'égalité inscrite dans les révolutions américaine et française portait à la fois le risque d'une décomposition sociale - c'est-à-dire d'une dissociation des anneaux individuels composant la chaîne de la société - et son remède: en effet, si l'égalité donne aux hommes le goût de l'indépendance, elle leur offre aussi celui des institutions libres et, par là, les conduit à se réunir en associations politiques et civiles assurant par une solidarité devenue effective la solidité du lien social. Acceptant peu à peu de prendre en compte le rôle de ces associations plurielles de citoyens, la pensée libérale en vient à concevoir l'idée d'une société organisée comme une association solidaire.
Par ailleurs, la pensée socialiste du XIX e siècle esquisse une conception de la solidarité sociale qui va alimenter le débat sur le rôle de l'Etat: si Louis Blanc, par exemple, pense qu'on ne peut organiser la solidarité sans cette institution, Proudhon et Victor Considérant défendent l'idée d'une solidarité associative qui limite le plus possible son intervention.
La «société assurantielle»
C'est par cette expression que François Ewald désigne l'extension de la logique et de la technique des compagnies d'assurances à l'administration de l'ensemble de la société, dans une dynamique de «socialisation de la responsabilité»; cette extension est à l'origine de la forme institutionnellement dominante de la solidarité: l'Etat providence.
La logique de l'assurance, remplaçant celle de l'assistance qui avait prévalu en Europe depuis le Moyen Age, au travers notamment de l'organisation par l'Eglise de léproseries et d'aumôneries, transforme en profondeur les fonctions de l'Etat. Pour Ewald, l'événement majeur de cette conversion est la loi de 1898 sur les accidents du travail. Ceux-ci sont définis comme un risque contre lequel il faut s'assurer, et c'est à l'Etat qu'incombe la tâche de répartir les avantages et les charges. Il le fait par le biais du système de protection sociale: la Sécurité sociale, «institution fondée sur le principe de la solidarité nationale», renvoie ainsi à la dépendance réciproque, celle qui existe entre les chômeurs et les actifs, les retraités et les actifs, et entre les malades et les biens portants.
Cependant, comme le relève le sociologue Numa Murard, la protection sociale est vécue plutôt comme une obligation que comme une solidarité active, et suscite une aspiration à une protection plus individualisée. Le système génère un phénomène d'atomisation des bénéficiaires, tous attendant tout de lui, tandis que chacun évalue pour son propre compte coûts et avantages, «oubliant dans les deux cas les principes de solidarité et de responsabilité». Le projet juridique de la «société assurantielle», qu'Ewald résume par le principe «un pour tous, tous pour un», se révèle impuissant à entamer le «chacun pour soi» caractéristique de la compétition capitaliste.
Devant ce constat, une solution, visant à infléchir la logique solidariste abstraite de l'Etat providence, a été proposée par des économistes et des sociologues, qui préconisent un nouveau type de contrat social; celui-ci reconnaîtrait en son principe des formes palpables et vivantes de solidarité condamnées aujourd'hui à se déployer dans les marges des procédures étatiques. Ainsi, Pierre Rosanvallon estime-t-il nécessaire, dans la Crise de l'Etat providence, de «réencastrer la solidarité dans la société» et d'«accroître la visibilité sociale» par le développement, dûment consacré dans le droit, des «formes de socialisation transversales, qui vont de l'association formalisée à l'action commune informelle pour se rendre des services». Il n'est pas sûr que cette proposition soit une réponse à la crise de sociabilité caractérisant les sociétés occidentales, dans la mesure où elle demeure elle aussi tributaire d'une logique juridique. Le contrat de solidarité réglant les sociétés modernes ne reflète donc pas l'essence de la solidarité humaine, qui ne peut être pensée comme une forme secondaire et séparée du lien social.
La fraternité
La conscience de la très forte interdépendance existant entre les individus au niveau de la famille, du groupe professionnel, de la nation, de l'Europe, mais aussi du monde, conduit à adhérer à l'idée d'une solidarité «sans frontière»: l'aide internationale témoigne d'une aspiration universaliste à une humanité unique. Celle-ci implique une reconnaissance de l'«autre homme» et de l'altérité: cet autre homme qui, selon Emmanuel Levinas, en deçà de tout contrat, de toute politique, de toute assurance, et hors de tout engagement réfléchi, investit chacun d'une dette inextinguible et d'une responsabilité infinie, sans réciprocité, par laquelle, répondant de l'autre, il répond de soi, élevé par l'autre à son tour à la dignité d'un être incomparable. En empruntant à Dostoïevski la phrase d'Alioucha, dans les Frères Karamazov, Levinas énonce un principe de solidarité entendu non pas comme un devoir moral mais comme une exigence éthique antérieure à toute morale: «Nous sommes tous responsables de tout et de tous devant tous, et moi plus que tous les autres.» Les droits de l'Homme sont ainsi conçus comme les droits de l'autre homme, dont la justice «retrouve une portée et une stabilité inaltérables, meilleures que celles que garantit l'Etat», et dans lesquels il convient de «reconnaître la fraternité - figurant dans la devise de la République».
La solidarité individuelle - celle que mentionne Robert Antelme dans l'Espèce humaine, à propos de la résistance au nazisme, ou celle que Vassili Grossman nomme la «petite bonté» dans Vie et Destin - est la seule capable de faire face à l'inhumanité. Levinas écrit encore, dans Hors sujet: «Ma liberté et mes droits avant de se montrer dans ma contestation de la liberté et des droits de l'autre homme se montreront précisément en guise de responsabilité, dans la fraternité humaine. Responsabilité inépuisable, car on ne saurait être quitte envers autrui.»
Le 20 septembre 2005 - 19:02 M.E.L. a dit :
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Re fdf (17/09/05)
Je ne connais pas ce système. Pouvez-vous nous en parler.
Le 20 septembre 2005 - 19:02 M.E.L. a dit :
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Re à tous
Nous pourrions discuter longuement sur la difficulté éprouvée par les handicapés à obtenir un poste. Ou même, très concrètement, comme le fait remarquer Hervé VISINI, à vouloir pratiquer une discrimination positive. Difficile de rédiger une petite annonce uniquement profilée à destination des handicapés, surtout que cette population n’apprécie pas forcément, comme il le dit, d’avoir à déclarer son état.
Je réponds aussi à Carine. C’est pratiquement impossible de réserver des places pour femmes enceintes ou femmes avec enfants.
Si les places « handicapés » sont respectées, c’est bien sûr parce qu’elles sont balisées. En général d’ailleurs, très bien, maintenant. Mais c’est aussi parce que le handicap est un problème vraiment spécifique et reconnu par tous. Et c’est surtout parce que la loi sanctionne très durement le stationnement sur des places prévues à cet effet. En voulant étendre le bénéfice de ce « privilège » à d’autres personnes qu’handicapées (femmes enceintes, mais pourquoi pas aussi personnes âgées ?), on risquerait de banaliser ces espaces. Et je ne suis pas sûr que, finalement, l’interdiction serait vraiment respectée.
Je réponds aussi à Quoique. Je ne doute pas que l’intégration d’handicapés, même d’handicapés lourds, puisse fédérer tous les salariés d’une entreprise. C’est un beau et grand défi. Mais toutes ces marques d’attention peuvent aussi gêner l’handicapé lui-même qui n’en demande pas tant… Je parle par expérience.
Le 17 septembre 2005 - 17:28 fdf a dit :
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Que pensez vous de Alertea la téléassistance dématerialisée pour les personnes agées pour le maintient à domicile ou les malades revenant de l'hôpital en téléalarme ?
http://www.alertea.com
Le 8 septembre 2005 - 14:58 François HENRY a dit :
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Bonjour à toutes et à tous !
En réponse à Carine.
Les places pour handicapés doivent être réservées aux seuls handicapés avec une carte officielle.
Mais, dans votre cas, vous pouvez acheter une petite voiture, économique et peu polluante, avec des portes coulissantes, de type Peugeot 1007. Bien entendu, il ne faut utiliser les voitures particulières que lorsqu'il n'y a pas de transports collectifs.
Amitiés à Carine et aux autres.
François HENRY
Le 8 septembre 2005 - 14:25 Carine a dit :
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Bonjour,
Ma réflexion n'est pas vraiment en lien avec le handicape, mais je ne trouve pas d'endroit plus adapté pour mon message.
Lors de ma grossesse, je continuais à faire mes courses, malgrés une prise de poids importante. Une femme enceinte n'étant pas handicapée, je me garais sur les places de parking "normales". or, il m'est arrivé d'etre fort ennuyée en revenant de mes courses, car la voiture c'étant garée pret de la mienne laissait si peu d'espace entre les deux que j'ai bien cru ne jamais pouvoir rentrer dans ma voiture. En effet, avec mon ventre proeminant, je ne pouvais pas ouvrir suffisament la portiere.
Ce n'est peut-etre qu'un détail pour certain, mais l'endroit ou l'on peut se garer devient alors une hantise.
Maintenant que je suis maman, je continue à faire mes courses évidemment, mais avec un bebe pour lequel je dois sortit le cosy de la voiture pour l'installer dans le chariot. Là encore, la manoeuvre est souvent difficile, faute de place suffisante entre les voitures.
Ma conclusion est donc la suivante :
Ne serait-il pas possible de proposer des places de parking adéquates, dédiées aux femmes enceintes et aux mères de jeunes enfants ?
Je vous remercie pour l'interet que vous voudrez bien apporter à ce message.
Cordialement
Le 1 septembre 2005 - 15:00 Hervé VISINI a dit :
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Les nouvelles pénalités supportées par les entreprises qui n’emploient pas de travailleurs handicapés créent de nouvelles réflexions. Les bonnes volontés s’animent car elles ont une justification économique. Cependant, recruter un handicapé n’est pas toujours une chose facile. Premièrement, l’offre d’emploi doit être rédigée sans discrimination. Elle ne peut être réservée exclusivement aux personnes handicapées. Deuxièmement, les handicapés eux mêmes ne se déclarent pas spontanément. En attendant que les mentalités changent, tant au niveau des employés que des employeurs, les entreprises peuvent se rapprocher des CAT. Cette solution indirecte reste simple. Malheureusement l’offre de ces centres est souvent limitée, et les tarifs ne sont pas toujours compétitifs.
Le 21 juillet 2005 - 16:27 Bertrand a dit :
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en envoyant mon dernier message, j'ai reçu un commentaire en anglais, dommage : impossible de savoir si mon précédent message a été reçu !!??
Le 21 juillet 2005 - 16:24 Bertrand a dit :
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Vos idées sur l'intégration des handicapés sont belles et généreuses ... il faudrait commencer par ne pas interdire aux handicapés en fauteuil roulants de se faire faire des photos d'identité comme dans le magasin de Saint Orens (31). Il s'agit à l'évidence de discrimination, sans parler du problème de l'évacuation éventuelle des employés et cleints valides !!
Le 13 juillet 2005 - 20:58 Quoique a dit :
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« La question centrale : comment montrer qu'il peut y avoir un lien entre les initiatives, les expériences dans le recrutement des handicapés et la performance (« affectio societatis », cohérence et fédération des équipes, ...etc.) de l'entreprise. Ceux qui veulent bien nous aider à enrichir notre copie collective sont les bienvenus... »
Depuis 8 ans j’accompagne en milieu ordinaire (entreprise et cfa) des jeunes (16/26 ans) apprentis reconnus travailleurs handicapés. Cette expérience que j’ai intégré peu de temps après ses débuts est intéressante à connaître car elle a dépassé tous les objectifs des financeurs (région Bretagne/Agephip/Cram) envisagés au moment de la réflexion qui a amené son démarrage (en petit à Rennes).
GRAFIC Bretagne accompagne maintenant plus de 300 apprentis chaque année sur l’ensemble de la région et l’intérêt des entreprises est certain puisqu’elles sont nombreuses à les embaucher après leur apprentissage. Il est bon de préciser que s’est majoritairement des petites ou très petites entreprises et qu’il s’agit principalement de « handicap » mental.
L’expérience accumulée est intéressante et mériterait d’être utilisé pour aller plus loin.
Bruno Corpet
Le 7 avril 2005 - 23:19 a dit :
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bien se site y m'avais echaper se poste en plus avec les nouvel fonction je pourai retouver se mess car aujourd hui meme je me rase encor gratis et mon rasoir sort bien evidement de chez vous.j'utilse pas le delire du multi compte pour mes W..... juste mes connaissances feminines qui pour je ne sais quel raison rechigne dessus.(il est pas rose!ou le bout de savon autour et les ventouse pour l'avoir a porter de main)
PS j'espere que vous en aurez encore un bon moment car l'offre se termine en juillet et d'ici la il m'en faudra encore.merci d'avance! et merci W......
voila pour l'annecdote du debut de votre poste.pour la fin et sans pretention je vous invite a reflechir sur l'idée general du poste du 31 mars sur l'insertion virtuel et romancer du SDF.
et je dirai que imposer n'est pas la solution, ainsi que de faire groupe a part par rapport au autre categorie de personne refouler.
vous dever vous battre pour l'acces au travail pour tous car c'est le meme boulot que pour le racime, les marginaux les sdf, etc.regrouper vous avec d'autre et agiser ensemble.








Le 2 avril 2006 - 17:58