20 janvier 2005

Vie politique

 Lu cette itw d'Alain Madelin dans Les Echos (17/01) : "la classe politique cherche, par tous les moyens, à prolonger son excès de pouvoir sur la société. La crise de l'Etat providence et les contraintes financières limitent sa prétention à faire le bien par la dépense publique. Elle cherche aujourd'hui inconsciemment à prolonger son excès de pouvoir par l'insécurité du monde et le besoin de protection des Français. Il existe aujourd'hui une étrange connivence entre les fabricants de peur de tous horizons et les marchands de sécurité que deviennent les hommes politiques. Et il n'existe, hélas, pas de freins au pouvoir de réglementer et au débordement des lois spectacle." A mon sens, on ne peut pas vraiment dire que la classe politique agisse uniquement de sa propre initiative. Oui, il existe un réflexe corporatiste chez nos élus, notamment quand il s'agit de défendre leur statut. Mais, dans la plupart des cas, l'intervention politique est précédée d'une demande d'un groupe socioprofessionnel ou de citoyens. On ne peut pas généraliser et parler ainsi "d'excès de pouvoir". En revanche, là où Madelin a raison, c'est quand il insiste sur la priorité donnée par les élus aux revendications des catégories qui ont "peur". La demande protectionniste trouve toujours une réponse politique (agriculture, industrie, petit commerce, etc...), alors que la décision législative est toujours en retard d'un texte quand il s'agit de modernité et d'ouverture (génie génétique, loi sur responsabilités informatiques, modernisation de la PAC, gestion prévisionnelle des systèmes de santé, adaptation du système éducatif, etc...). C'est dans ce contexte qu'on peut parler de société bloquée. Pour qui veut réformer, l'urgence est bien de casser cette dialectique infernale désormais institutionnalisée.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 20 janvier 2005 dans Actualités / Débats (Pol.)
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