10 mai 2005

Journal des 6, 7, 8, 9 et 10 mai 2005

1) Loi Galland :
J’organise un point presse la semaine prochaine pour commenter le projet de réforme de la loi Galland. Pour l’heure, ce vendredi, je suis installé à la terrasse d’un café de Saint-Malo et j’essaye de structurer mon argumentaire critique. Il faudra aussi formaliser une contre-proposition susceptible de nourrir d’éventuels amendements. Beaucoup de mes collègues et concurrents rejoignent désormais nos analyses. Nous nous sommes rencontrés ou téléphonés ces derniers jours. Pour eux, ce texte n’est même pas amendable. Il faut tout faire pour le torpiller. Si sur le fond, je partage leur avis, je ne crois pas que l’on puisse rester passif et compter sur un éventuel départ de Jean-Pierre Raffarin au lendemain du 29 mai. D’ailleurs, le Sénateur Gérard Cornu (UMP) a commencé à instruire le dossier avant les débats qui auront lieu début juin à la commission des affaires économiques. Il faut donc assurer la plaidoirie. Monsieur Cornu m’a fait savoir qu’il ne recevrait pas les présidents des enseignes. Il s’en tiendra aux remarques des fédérations et des représentants institutionnels. Drôle de manière d’aborder les aspects concrets du sujet. Problème d’emploi du temps, dit-il ! Soit ! Voilà en tout cas qui me dédouane. Il ne faudra pas venir me reprocher mes prises de parole publiques.

2) Marges arrière :
Fleury Michon est une très belle entreprise de charcuterie, leader sur son marché. Il y a six mois, pour relayer Christian Jacob qui dénonçait les marges arrière, ses dirigeants s’inquiétaient publiquement d’une baisse prévisible des résultats du fait des pressions exorbitantes de la distribution. De fait, les marges arrière dans ce secteur dépassent 50 %. Mais alors que je feuillette, entre deux bolées de cidre, quelques numéros récents de revues spécialisées dans le secteur agroalimentaire, je tombe sur la publication de ses derniers résultats. Fleury Michon a enregistré, pour l’exercice 2004, une hausse de profits de 10,86 % pour un accroissement de chiffre d’affaires de 4,7 %. Super ! On comprend pourquoi derrière Christian Jacob, le lobby agro ne veut plus supprimer les marges arrière !

3) Europe :
De retour de week-end, je trouve dans ma boîte aux lettres le texte officiel du traité constitutionnel soumis à notre approbation. Imprimé comme ça, c’est vrai que le torchon est un vrai repoussoir. Je comprends que, dans beaucoup de foyers, le texte va aller illico dans la poubelle, sans possibilité de recyclage. Quel manque de professionnalisme. Quel mépris pour nos concitoyens… Au fait, je vous avais dit qu’à la demande de Matignon, mon groupe avait accepté de distribuer plusieurs centaines de milliers de constitutions dans les magasins. Eh bien, ça ne pourra pas se faire. La passation de marché n’aurait pas été confirmée à temps par le Secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes. Et l’imprimeur (qui confirme) ne pourra pas nous les livrer. C’est fou ce qu’on est mobilisé « en haut lieu ».

4) OGM :
Il y a quinze jours, une mission parlementaire émettait soixante propositions pour encadrer les essais et l’utilisation des OGM. Elles devaient faire l’objet d’un projet de loi débattu en juin. Refusant d’adhérer aux harangues anti-OGM, les députés déclaraient qu’il ne fallait pas « baisser la garde ». Ils demandaient une pause sur les autorisations de mises en culture en 2005 et réclamaient que les essais « se fassent dans des conditions plus strictes qu’elles ne le sont actuellement ». Une manière intelligente de répondre aux inquiétudes sans vraiment changer de cap. Eh bien non. C’était trop intelligent pour le Ministre de l’Agriculture. Il a autorisé onze nouveaux essais pilotés par les sociétés PIONEER GENETIQUE, MERISTEME et BIOGEMMA. Ne pas suivre les demandes, pourtant mesurées, des parlementaires, n’est-ce pas donner un argument de poids aux commandos de faucheurs qui font de leur combat un acte politique tout autant que sanitaire ?

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 10 mai 2005 dans Pêle-M.E.L
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Les commentaires : 14

poste_parLe 20 mai 2005 - 9:09 M.E.L. a dit :

Re Sébastien (17 mai 2005)

Précision, Sébastien : la circulaire Dutreil prévoyait qu’à partir du tarif, on pouvait négocier des conditions particulières à condition d’offrir des « contreparties ». Cette option a été abandonnée dans le projet Jacob. Aujourd’hui, on ne parle que de conditions différentiables par catégorie d’acheteurs (hyper, HD, GSS, VPC, etc…). Mais à l’intérieur d’une même catégorie (par ex. hyper), il n’y a pas de possibilité de différencier les tarifs.

poste_parLe 20 mai 2005 - 9:04 M.E.L. a dit :

Re bosio-le goux brigitte (17 mai 2005)

Eh là, tout doux, chère Brigitte. Vous tapez fort, mais c’est injuste.
1) D’abord, je n’ai pas reçu votre courrier. Voilà pourquoi je ne vous ai pas répondu. Constatez que j’essaye de répondre aux questions qui me sont ici posées. Déposons donc les armes et discutons.
2) Si vous aviez lu les quelques textes ici rassemblés sur ce site, vous sauriez que je partage votre estime pour le personnel de caisse. C’est d’ailleurs pour ça que dans notre groupe, j’ai instamment demandé à ce que l’on ne généralise pas les expériences d’automatisation. Caissière, c’est un emploi dur, mais c’est un job nécessaire et respectable.
3) Faisant mes courses dans le même magasin que vous, je ne partage pas la généralisation de votre propos sur l’esprit du personnel. Il y en a de militants, d’autres plus indifférents. Mais j’en conviens, il faut renforcer la relation enseigne/salariés, en mobilisant tous les cadres du magasin comme relais. C’est un énorme chantier qui est difficile car chaque magasin est responsable de sa politique sociale.
4) C’est par méconnaissance que vous m’interpellez sur l’aide à la création. En effet, nous faisons travailler des jeunes cabinets de style dans le textile. Et nous sommes à l’origine d’un des plus jolis concours en bijouterie faisant appel aux créatifs des écoles d’art. En fait, dans chaque secteur de consommation, nous essayons de promouvoir les nouvelles offres, et de donner leur chance aux jeunes créateurs. Idem dans le disque, dans le livre ou la bande dessinée !
5) C’est toujours par méconnaissance, sans doute, que vous me reprochez notre manque d’intérêt pour les problèmes de nutrition. Il se trouve que notre enseigne a multiplié les initiatives depuis 4 ou 5 ans : kit dans les écoles, édition de guides informatifs, travail sur les fiches nutritionnelles de certains produits frais ou surgelés et dernièrement, cette campagne pour revoir l’étiquetage des produits alimentaires (trop de sel, trop de sucre) dans le cadre d’une mobilisation contre les risques d’obésité.

De cette méconnaissance, Brigitte, je ne vous tiens pas rigueur. Ce qui compte, derrière l’expression de votre irritation, c’est votre propre motivation. Je ne doute pas que vous ayez des idées. Ok pour vous écouter, ne serait-ce que sur ce blog. Je suis tout entier à votre écoute. A bientôt.

poste_parLe 20 mai 2005 - 8:48 M.E.L. a dit :

Re Rassinoux (17 mai 2005)

Salut, vieux guerrier. Ton contact me fait plaisir. Je n’ai pas oublié les Amis de la Terre. J’ai gardé un excellent souvenir de nos rencontres. Je te recontacterai avec plaisir. A bientôt, je t’appelle.

poste_parLe 17 mai 2005 - 11:54 rassinoux a dit :

cher michel.mon courrier est resté sans réponse aussi j'utilise ce moyen pour renouer contact. Souviens toi: La Librairie des Futurs rue des Lions St Paul et les amis de la terre! et oui c'est très loin...merci de te souvenir de cette époque. Salutations amicales.
Philippe Rassinoux Tel 02 51 40 11 11.A bientot.

poste_parLe 17 mai 2005 - 11:02 bosio-le goux brigitte a dit :

Je suis écoeurée que vous continuiez ainsi à abuser d'une fausse image d'homme sympathique et accessible. je vous ai écrit, y compris via une lettre directement déposée dans votre résidence. là où n'importe qui d'un peu courtois aurait dicté au moins une réponse stéréotypée de 3 lignes à une secrétaire, vous n'avez même pas daigné accuser réception de mon courrier, pas plus idiot qu'un autre et plutôt aimable. Il parait que vos pairs ont une idée de vous très différente de celle que vous essayez d'imprimer dans le grand public - je les ai longtemps pensé jaloux mais sans doute finalement ont-ils raison...

ci-dessous ma lettre - ainsi je suis certaine qu'elle ne s'est pas égarée dans les méandres de vos bureaux ou des allées du Parc;

bonne journée

brigitte bosio-le goux

Rueil-Malmaison, le 2 avril 2005


Brigitte Bosio-Le Goux
34, rue Lakanal
92500 Rueil-Malmaison
Tel 06 80 31 71 07



A l’attention de Monsieur Michel Edouard Leclerc



Monsieur,

Pour vous avoir à maintes reprises vu et entendu dans les media, voire croisé dans Saint-Cloud, je ne veux pas croire que l’image d’homme avenant, accessible et sincère que vous dégagez soit entièrement construite ; c’est ce qui me donne non seulement l’envie de m’adresser ainsi directement à vous mais aussi l’espoir d’être lue et peut-être entendue sur certains points.
En effet je ne comprends pas que vous puissiez de nouveau mener une campagne du type chevalier blanc de la consommation quand il semble évident que votre objectif premier n’est pas de défendre le consommateur mais bien de l’attirer dans les hypermarchés à votre enseigne. La publicité trompe et enjolive souvent en flirtant avec les limites de l’honnêteté et c’est son jeu, mais une telle propagande est effrontément menteuse par omission. Car quels sont les moyens pour écraser les prix ? Ce ne sont certainement pas uniquement vos marges que vous allez écraser et pas uniquement les prix ou tout au moins les prix d’appel qui incitent à acheter tout le reste en confiance. Ce sont vos fournisseurs, petits producteurs, créateurs et sans doute aussi vos employés qui ne respirent ni le bonheur, ni l’esprit maison et pour lesquels travailler pour Leclerc ne signifie rien d’heureux ou de positif lorsqu’on discute avec eux.


Car on va « chez Leclerc », c’est à dire, en quelque sorte, chez vous - ce n’est pas anodin ; Aucune grande surface ne personnalise de cette façon sa marque.
Or vous avez à cœur depuis toujours de représenter des positions, reprises par des campagnes d’affichage et interviews, sociales, écologistes, courageuses, novatrices… Bref, des engagements plutôt séduisants que ne relaie pourtant pas le personnel en contact avec les clients, lequel ne véhicule aucune fierté de participer à une telle entreprise, aucune connaissance ni conviction en faveur des mouvements parfois menés dans vos centres comme les collectes pour la Banque Alimentaire ou les dons récents pour l’Asie proportionnels au nombre de passages en caisse un certain jour.
Mais les personnes à remercier publiquement du succès de cette initiative étaient peut-être moins les clients (qui en réalité sont certainement allés faire leurs courses le jour habituel et sans pour autant multiplier leurs passages en caisse pour le bon motif) que les agents de caisse.
Cela fait de nombreuses années que m’interpelle la discordance entre ce que semblent être vos convictions et la triste politique de ressources humaines menée, à ma connaissance c’est à dire à l’échelle des caissier(ère)s et autres employés en relation avec la clientèle, dans les magasins regroupés sous la bannière Leclerc.


En tant que consommatrice également, je voudrais me risquer à quelques suggestions cohérentes, du moins je l’espère, avec ces orientations que vous affichez..
Par exemple, si Leclerc vend un jour des voitures (en plus de l’essence), que les options correspondant à la sécurité (type ABS, airbags, même si ces derniers sont souvent de série aujourd’hui, mais il y a certainement d’autres exemples) soient systématiquement moins chères. Je trouve choquant que les personnes les moins fortunées soient également pénalisées à ce niveau.
Leclerc développe une ou plusieurs lignes habillement ? Pourquoi pas des opérations « relooking » comme il existe des opérations maquillage ? Les conseils dans ce domaine (tels que prodigués sur rendez-vous dans certains grands magasins) doivent-ils être réservés aux personnes pouvant s’offrir un tel service et les vêtements les plus onéreux ? On peut concevoir de vraiment jolis ensembles à moindre coût mais cela s’apprend.
Et il y a certainement, si l’on veut bien y réfléchir, nombre d’opportunités pour agir dans un tel sens. Pas seulement « écraser les prix » mais « faire au mieux avec un budget restreint ». Plus pédagogique, plus constructif comme objectif, non ?

Dans un autre esprit, il pourrait être généreux d’offrir l’accès temporaire de vos surfaces de vente à de jeunes créateurs, au-delà du Manège à Bijoux (Art du Jardin, Mode par exemple….), sans pour autant leur imposer des prix de ventes inférieurs à leur prix de revient ou qu’ils doivent craindre de votre part d’être rapidement copiés à bas prix en cas de succès.

Enfin et surtout je suis persuadée qu’il y a actuellement une autre bataille à mener d’urgence ; une bataille que vous avez l’occasion rêvée et certainement les moyens de conduire car réellement et directement lié à vos activités premières. Celui de la malnutrition au sens premier (qui sonne indécent chez nous j’en conviens) du terme : mal se nourrir.
En tant que médecin cette fois, j’en viens en effet au point qui me tient à cœur, celui du rôle de l’alimentation (et de l’activité physique mais là je ne vois pas bien comment vous impliquer) dans la santé : prévention de l’obésité dont la fréquence va hélas croissant en France, des maladies cardio-vasculaires, de l’ostéoporose, de certains cancers… et rôle dans le bien vieillir.
Un programme indispensable étant donnée l’augmentation de l’espérance de vie dont on nous rebat les oreilles. Gagner des années, certes, mais bourrés d’antihypertenseurs, hypocholestérolémiants, d’arthrose conséquence d’un corps usé par les kilos en trop ou de fractures ostéoporotiques… ? Ou sainement, sans creuser le déficit de l’assurance maladie et en étant capable d’assumer l’allongement de la durée du travail qu’il semble désormais impossible d’éviter ?

L’endroit où la ménagère remplit au moins une fois par semaine son panier dans le but de nourrir toute sa famille (lui donnant par-là même des habitudes qui se perpétueront de génération en génération…) n’est-il pas le lieu idéal pour une éducation à bien (ou mieux) manger ? Mettre en place un tel mécénat ?
Dans ce domaine, il me semble que « Leclerc » pourrait être à la fois pionnier et efficace, et que ce serait un bien joli projet d’entreprise. Une mission pertinente sur le plan santé publique et économie de la santé. Qui concerne aussi bien mes enfants que les vôtres et les familles dont ils seront plus tard responsables.

On peut imaginer tellement de choses ! Palette de menus équilibrés sur une semaine régulièrement proposée à l’entrée du magasin avec la liste des recettes et des ingrédients nécessaires (sans préjuger de la marque ou uniquement marque Repère si vous préférez), campagnes « évaluation nutritionnelle de votre caddie », campagnes (plus délicates j’en conviens) du type « réduisons le déficit de la Sécu en mangeant mieux », brochures informatives sur les apports calciques nécessaires selon l’âge en tête des gondoles produits laitiers, sur les vitamines au rayon fruits et légumes, prix d’appel sur les produits dont la consommation devrait être favorisée, création d’un Jean’s Calci-Cola ou Coca-lcic (je vous enverrais bien volontiers toute la documentation justifiant l’intérêt d’une supplémentation calcique à l’adolescence pour préparer l’avenir osseux), réconciliant goût des enfants et souhaits des mères puisqu’il apparaît que nos chers petits préfèrent cette boisson au lait…
Une alimentation équilibrée est avant tout diversifiée et rien ne doit en être exclu sauf cas particulier. Une telle communication ne vous mettrait donc pas en porte à faux avec l’un quelconque de vos fournisseurs.

Des concurrents comme Carrefour diffusent bien ponctuellement des informations de ce type, mais cela ne s’inscrit ni dans un véritable programme au long cours ni dans ces espèces de combats, souvent légitimes et sympathiques, que « Leclerc » (si vous avez toujours une certaine mainmise sur ces choix) entreprend.

Voilà donc ce que je voulais vous dire et que j’aurais regretté de ne jamais vous avoir dit étant donné la confiance que vous inspirez en dépit des campagnes promotionnelles agressives qui ne cadrent pas avec une telle impression sur l’homme lui-même.

Je vous prie de pardonner le fait de vous faire parvenir cette lettre ainsi, mais je souhaite être certaine qu’elle vous arrivera et ne vous sera pas épargnée par un(e) assistant(e) zélé(e) dans la mesure où tous mes propos ne sont pas aimables ;et je saurai ainsi en cas de silence (version ni oui, ni zut) qu’il s’agit de votre propre réaction.

Je reste à votre disposition pour toute collaboration, bénévole parce que j’y crois vraiment, en tant que consommatrice attentive (à raison d’un caddie plein deux fois par semaine !), mère de famille motivée et médecin soucieux de l’hygiène de vie de ses patientes.
Vous remerciant par avance d’une éventuelle réponse, je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de mes salutations distinguées.

poste_parLe 17 mai 2005 - 9:16 sébastien a dit :

Merci, MEL, pour votre réponse.

Cela dit, je n'ai pas le sentiment que le projet Jacob revient sur les avancées de la circulaire Dutreil en matière de négociation de conditions particulières de vente.

Il prévoit, en effet, que "le barème de prix et les conditions de vente peuvent être différenciées selon les catégories d'acheteurs de produits ou de demandeurs de prestation de services définies dans des conditions fixées par voie réglementaire en fonction notamment du chiffre d'affaires, de la nature de la clientèle et du mode de distribution."

N'y a-t-il pas là une véritable possibilité d'assouplissement de la négociation commerciale ?

poste_parLe 16 mai 2005 - 22:33 M.EL. a dit :

Re Christian Veillon (10 mai 2005)

Pas de problème pour instruire. Envoyez-moi votre projet (ACDLec, 52 rue Camille Desmoulins, 92451 Issy les Moulineaux).

poste_parLe 16 mai 2005 - 22:32 M.E.L. a dit :

Re sébastien et Erosoft (11 et 12 mai 2005)

Le projet Jacob ne permet pas, en l’état, la stratégie des petits pas. C’est tout le problème, Sébastien. Il fige la négociation commerciale, supprime même la notion de « conditions particulières » prévue par la circulaire Dutreil.
Il ne remet pas en cause le statut de la coopération commerciale, ni sa déductibilité. Seulement la partie au-delà de 20% est répercutable. Le principe des marges arrière est validé, conforté, stratifié à hauteur de 20%, ce qui est énorme. De plus, vu la configuration actuelle du texte, on aura toute une succession d’effets pervers, dont celui-ci : étendre à 20% les marges arrière dans les secteurs où elles n’étaient pas pratiquées.
Il faut donc arriver à amender le texte (stratégie d’accompagnement plus que d’obstruction). Arriver peut-être à un compromis où on pourrait accélérer la dégressivité de ce taux pour éviter justement les effets d’ondes sur les autres produits.
Actuellement, presque tous les distributeurs (sauf Casino, si j’en crois mes interlocuteurs de la FCD) sont d’accord pour partir d’un niveau de 20%, mais à condition, en trois ans, d’arriver à moins de 10%.

poste_parLe 16 mai 2005 - 22:25 M.E.L. a dit :

Re do (13 mai 2005)

Cher do, j’ai répondu à votre question dans les commentaires sous ma note du 12 mai 2005 (« Loi Galland, les conditions d’une bonne réforme »).

poste_parLe 13 mai 2005 - 10:32 do a dit :

Cher MEL,

Toute cette discution autour des prix de ventes m'amène à vous poser trois questions :

1° Quelle est l'utilité de la marge arrière ?
Pour illustrer mon propos je vous propose cet exemple simple. Supposons que je sois un industriel et je désire vous vendre un produit 1€. Sachant que la marge arrière est de 20% (j'élimine volontairement l'aspect négociation), je le facture à la GD 1,25€ (soit 1€/(1-0,2)). Le prix de vente de la GD est déterminée sur base de 1,25€ + coûts + marges.
En fin d'année je vous ristourne les 20% convenus soit 1,25€ x 20% = 0,25€. Pour moi industriel il s'agit d'une opération blanche vu que j'obtiens mon prix désiré de 1€.
Sans marge arrière je vous facture un prix de 1€. Et donc le prix de vente devient 1€ + coûts + marges. Dans ce cas libre à la GD d'intégrer les 20 % dans sa marge.
En supprimant la marge arrière vous augmentez la flexibilité dans la détermination du PV et la négo avec l'industriel se concentre sur le prix d'achat soit les 1€.

2°Les produits MD ou PP sont ils soumis à ce principe de marge arrière ?
Par exemple pour la gamme Eco + ou N°1, l'absence de marge arrière n'explique-t-elle pas l'écart de prix entre celle-ci et les produits de marque ?

3° Est-ce que la structure de coûts du HD n'explique pas l'écart de prix entre les hypers et le HD ?
Pour fréquenter les 2 types de magasin je suis persuadé qu'à surface égale le coût du HD est largement inférieure à l'hyper. Et donc le consommateur sait ce qu'il peut attendre des 2 types de distributeur : prix, variété des produits, choix, rayons, rapidité, ... et choisit pour l'un des 2 concepts.

Enfin je trouve "hypocrite" l'attitude de certains ditributeurs qui tirent à boulet rouge sur le HD alors que la GD a intégré généralement une enseigne HD par exemple Carrefour/ED, Casino/Leader Price.

poste_parLe 13 mai 2005 - 9:13 do a dit :

Cher MEL,

Toute cette discution autour des prix de ventes m'amène à vous poser trois questions :

1° Quelle est l'utilité de la marge arrière ?
Pour illustrer mon propos je vous propose cet exemple simple. Supposons que je sois un industriel et je désire vous vendre un produit 1€. Sachant que la marge arrière est de 20% (j'élimine volontairement l'aspect négociation), je le facture à la GD 1,25€ (soit 1€/(1-0,2)). Le prix de vente de la GD est déterminée sur base de 1,25€ + coûts + marges.
En fin d'année je vous ristourne les 20% convenus soit 1,25€ x 20% = 0,25€. Pour moi industriel il s'agit d'une opération blanche vu que j'obtiens mon prix désiré de 1€.
Sans marge arrière je vous facture un prix de 1€. Et donc le prix de vente devient 1€ + coûts + marges. Dans ce cas libre à la GD d'intégrer les 20 % dans sa marge.
En supprimant la marge arrière vous augmentez la flexibilité dans la détermination du PV et la négo avec l'industriel se concentre sur le prix d'achat soit les 1€.

2°Les produits MD ou PP sont ils soumis à ce principe de marge arrière ?
Par exemple pour la gamme Eco + ou N°1, l'absence de marge arrière n'explique-t-elle pas l'écart de prix entre celle-ci et les produits de marque ?

3° Est-ce que la structure de coûts du HD n'explique pas l'écart de prix entre les hypers et le HD ?
Pour fréquenter les 2 types de magasin je suis persuadé qu'à surface égale le coût du HD est largement inférieure à l'hyper. Et donc le consommateur sait ce qu'il peut attendre des 2 types de distributeur : prix, variété des produits, choix, rayons, rapidité, ... et choisit pour l'un des 2 concepts.

Enfin je trouve "hypocrite" l'attitude de certains ditributeurs qui tirent à boulet rouge sur le HD alors que la GD a intégré généralement une enseigne HD par exemple Carrefour/ED, Casino/Leader Price.

poste_parLe 12 mai 2005 - 20:56 Erosoft a dit :

Seb,

Je crois bien qu'il faut torpiller le projet Jacob, qui à mon avis ne va faire qu'augmenter les marges arrières et les prix de ventes. En effet je pense que avec une telle loi qui légalise les M.A. les industrielles vont augmenter leur tarif et les hypers pour répondre à cela vont augmenter les marges de façon à dépasser grassement les 20% et pouvoir les répercutés sur les prix ce qui va donner à mon avis un statut-quo des prix en hyper et une inflation chez les petits commerçants!

J'ai mis mon exemplaire de la constitution à recycler en même temps que la boite en carton qui emballe le tube de dentifrice Marque Repère, comme quoi la forêt n'est peut-être pas perdue!

Je tenais à feliciter le ministre de l'agriculture pour avoir conclu sur l'affaire du sang contaminé ou celle des hormones de croissance que prendre de mesures de précaution et financer des études couterait plus chers à la France que de commercialiser des OGM et nous rendre peu-être malade, merci à lui pour sa lutte contre la vie cher! :)

poste_parLe 11 mai 2005 - 16:36 sébastien a dit :

Le torpillage du projet Jacob est-il le meilleur choix ?

Certes, il satisferait ceux qui trouvent qu'il va trop loin comme ceux qui trouvent qu'il ne va pas assez loin.

Mais, au final, on en resterait à la situation actuelle. On constaterait une impossibilité d'aller plus loin.

Ne faut-il pas, en ce qui vous concerne, accepter un texte qui, pour la première fois, reconnaît que de la marge arrière peut être répercutée sur les consommateurs ?

Un peu, comme pour la constitution européenne, un petit pas qui permet d'espérer plutôt qu'un statu quo sans alternative !

poste_parLe 10 mai 2005 - 22:01 Christian Veillon a dit :

A propos d'Europe...

Depuis 2 ans j'essaie d'intéresser un éditeur à un projet d'album grand public présentant les 25 de l'Union sous un mode humoristique et très graphique... Peu de succès jusqu'à présent.

La Représentation de la Commission à Paris avec qui j'ai eu un contact m'a signalé votre fort intérêt pour la construction européenne. Mon projet n'est pas exactement de la BD. Il mélange photos, dessins et textes brefs - Puis-je cependant vous le présenter succintement ?


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