29 août 2005

Rentrée des classes : Scepticisme malgré la baisse des prix !

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Prix du cartable : la Confédération Syndicale des Familles (CSF) a publié ses chiffres la semaine dernière. Il en coûtera aux parents environ 180 € pour un élève de primaire, 330 € pour un collégien et jusqu’à 800 € pour un lycéen. Mais, il n’y a pas de hausse de prix significative cette année. Alors que depuis dix ans, les consommateurs se plaignaient d’une ponction budgétaire croissante, le communiqué de la CSF précise : « l’évolution est insignifiante, est totalement transparente pour le porte-monnaie… ».

Moi, en tant que distributeur, tout autant que parent d’élèves (j’en ai 4), j’aurais imaginé lire dans la presse des titres dans ce genre : « Pas de hausse cette année, enfin la pause ! » « L’inflation stabilisée… » etc.

Et bien, pas du tout : Le Parisien (22/08), comme la plupart de ses confrères, a ouvert deux pages sur le sujet de la manière suivante : « La rentrée scolaire toujours aussi chère pour les familles »… Ce qui, sans être faux, ne reflète tout de même pas la réalité de l’exploit…

Avant d’écrire ce billet, et de chercher à comprendre cette manière de traiter l’information, j’ai voulu me faire confirmer le diagnostic. J’ai demandé à nos cadres commerciaux d’effectuer quelques comparatifs, d’une année sur l’autre, dans nos magasins.

Pour faire court et en synthèse :

1- Si on exclut les calculatrices du relevé de prix (marché difficilement comparable, vu le nombre de nouveautés et les surenchères promotionnelles), les marques nationales ont augmenté cette année de 1,33%.

2- Les produits « maison » (Marque Repère et Eco+, soit 35% de cette liste) ont baissé de 11%.

3- Si l’on fait la moyenne de 55 articles (plus fort potentiels de chiffre d’affaires dans les linéaires), les prix baissent de 3,36% en un an (les prix relevés sont nets de toute promotion). Donc, pas de contestation possible.

Mais les médias, comme les associations, semblent septiques. Le constat va-t-il à l’encontre d’un diagnostic général sur la persistance de l’inflation ? C’est un peu ce que l’on a constaté, quand il s’agissait d’appréhender la réalité des baisses sur les prix des grandes marques, après l’accord Sarkozy.

Peut-être faut-il voir, dans ce traitement de l’information, un effet de morosité, de frustration et de contestation : personne ne veut se risquer à créditer le gouvernement ou les entreprises d’un bon point, au risque de nier les évidences !

Et puis, ne négligeons pas un possible « effet retard ». Un même scepticisme avait accompagné la publication de notre chiffrage de l’inflation (à la hausse) quelque temps après le vote de la Loi Galland. La prise de conscience fut tardive et attribuée presque exclusivement au passage à l’euro. Même pour les consommateurs, le nez sur les étiquettes, il existe un décalage entre perception et réalité des prix.

En tout cas, voilà un chantier dont il ne nous faut pas sous-estimer l’ampleur : la communication sur la réalité des prix. Toutes les enseignes ont amorcé une sérieuse politique de baisses, et celle-ci va se prolonger avec la réforme de la Loi Galland au 1er janvier. Passer d’une politique de bons d’achat (avec des rabais de 10 à 30% pratiqués sur un nombre plus ou moins limité d’articles selon les enseignes), à une baisse de prix sur tout le fond de rayon (forcément moins tapageuse et moins visible), voilà qui est une sacrée gageure. C’est un des aspects du défi auquel la distribution se trouve actuellement confrontée.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 29 août 2005 dans Consommation , Economie , Prix / Concurrence
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Les commentaires : 5

poste_parLe 29 août 2005 - 23:40 Alexandre Patch a dit :

Bonjour MEL,

Les commentaires de Cécilia et Sébastien sont intéressant. Personnellement, j'ai remarqué que bien souvent les gens réagissent avec (grand) retard. Ils semblent rester sur des impressions vieilles parfois de plusieurs années.

P. ex., 30 ans après qu'une célèbre marque automobile japonaise s'est introduite en Europe, je rencontre encore des gens qui pensent qu'elle fabrique des voitures bon marché, hyper équipée avec une longue garantie ... alors qu'apparemment il y a bien longtemps qu'elle fabrique des voitures d'une très grande qualité (ce qui ne semblait pas être le cas il y 30 ans), bien dotées d'origine mais plus réellement bon marché. Apparemment, elle peut même s'offrir le luxe de limiter au maximum les remises sur les prix catalogues si j'en crois l'expérience de collègues qui ont acheté ses voitures (et curieusement, ils sont très fidèles). Par contre, les voitures coréennes semblent continuer à bénéficier d'un déficit d'image alors que certaines marques coréennes vendent d'excellentes voitures à des prix très concurrentiels. Par contre, certains constructeurs prestigieux continuent à vendre (très) cher des voitures dont la qualité ne semble plus, et depuis des années, être en rapport avec leur réputation ...

Mais j'ai déjà pu faire des constats similaires en matière de peception d'inflation, de chômage, de taus d'intérêts où quant à la réaction des gens à l'égard de leurs placements.

Souvent, la personne moyenne ne s'intéresse pas réellement à l'économie, et semble rester sur des impressions générales forgées au fil des ans. Il est difficile de dire si les médias les reflète ou les précède. Je suppose que celà dépendra de la spécialisation du média.

Il y a donc certainement un déficit d'information, voire de communication, mais comment communiquer de manière crédible ?

Les gens paraissent très sceptiques lorsque l'on défends une idée qui va à l'encontre de la "pensée (perception ?) dominante". Ce scepticisme sera à mon avis encore plus grand si la communication provient des grandes surfaces concernées.

A ce sujet, la communication peut aussi avoir parfois des effets pervers. L'un de vos concurrents présente à l'entrée de ses hypermarchés 3 caddies remplis de produits similaires (l'assortiment est régulièrement adapté) avec le détail du ticket de caisse du contenu affiché en grand au-dessus. 1 caddy est composé de marques, l'autre des produits de sa marque d'enseigne et le dernier des produits premier prix. Souvent, le caddy des produits marque d'enseigne coûte, grossièrement, le double du caddy premier prix, et le caddy grandes marques, le triple ...

Ce qui m'a marqué, c'est que les produits d'enseignes ne semblent pas réellement bons marchés, alors que les produits premier prix sont souvent d'une (très) bonne qualité. Leurs prix méritent en tout cas de les essayer : s'ils ne sont pas bons, la perte est (très) réduite - et on ne les achètera plus (définitif !) -, autrement on peut y découvrir d'excellents produits, que nous achetons parfois même pour leurs qualités intrinsèque, qui répondent à nos besoins ou goûts. Dès lors, pourquoi encore avoir une marque d'enseigne qui paraît chère ...

D'autre part, les chaînes de hard discount qui proposent des surfaces beaucoup plus réduites, un assortiment beaucoup plus limité et une présentation spartiate offrent elles aussi des solutions intéressantes : leurs prix ne sont pas toujours les plus faibles, mais presque toujours vous aurez le meilleur rapport qualité prix. Même leurs produits frais sont hyper concurrentiels (en prix ET en qualité !) ... mais le choix est limité. Avantage : moins de pertes de temps, moins de tentation et un ticket très réduit à la sortie, même quand l'on s'est offert des extra.
Ces chaînes limitent au maximum leurs frais, y compris de publicité, et s'efforcent d'avoir une logistique très performantes. Leur réputation s'établit essentiellement par le bouche à oreille.

poste_parLe 29 août 2005 - 23:10 Erosoft a dit :

Je suis toujours un peu surpris par ces chiffres. Lorque j'étais à l'école, nous amortissions notre matériel scolaire : le cartable nous faisait au moins 2 années de suite, et à l'école primaire la quasi-totalité des fournitures étaient distribués à l'école pour ce qui est de l'achat de vetements et chaussures (notamment de sport) il y a les soldes en juillet. C'est pour ça que 180 euros ça me parait gonflé. Lorsque l'on monte dans les classes supérieures il est vrai qu'il faut investir dans une calculatrice(avec beaucoup de mémoires pour eviter les panes en math physique chimie) mais comme le cartable elle se rentabilise également sur les années. La petite papeterie s'achete maintenant en gros, 1 lot de 10 batons de colles, 1 sac de 100 cartouches d'encre, tout n'est pas utilisé au cours de l'année et n'est donc pas à racheter l'année suivante, ou fractionnable avec les autres enfants de la fraterie.

Les enfants devraient aussi apprendre à être raisonnable notamment sur l'attrait des grandes marques(qui peuvent surencherir un article de 20 à 40 %), et aux parents de ne pas ceder à tous les caprices dans les rayons.

Ce qui coute vraiment ce sont les frais d'inscription en primaire gratuit, au collége 10 euros, 100 au lycée et au moins 300 à l'université.

Enfin comment percevoir comme significative une baisse de 3,36% lorsque pendant les soldes les rabais atteignent jusqu'à 80% au milieu du mois d'aout (début des catalogues rentrées des classes.) J'ai par exemple acheté un jean 20 euros au lieu de 100, si dans la foulé je dépense 97 euros au lieu de 100 pour la rentrée des classes je n'ai pas le sentiment de faire une affaire. Bon maintenant si on généralise cette baisse de 3% à l'ensemble des courses soit 3 euros par semaine multiplié par les 52 fois de l'année où je fais mes courses, ça fait 156 euros, et là je peux commencer à me dire que oui j'ai fais une économie.
Maintenant les français ne sont pas duppes et ils ont bien vu que les baisses de prix(accord Sarkozy) sont données en valeurs moyennes chez chaque fabricant, à fin de rebooster les produits en perte de vitesse, et donc pas forcément sur les produits consommés dans chaque foyer. D'où les différences d'indice entre les industrilles, les distributeurs, les associations de consommateurs et le ministère.

poste_parLe 29 août 2005 - 21:07 FRENCH HISTORY X a dit :

Je crois pas se que je vois.Notre cerveau est vraiment contaminer.Chercher l'erreur!

Reponse: le cahier de notre ado.

poste_parLe 29 août 2005 - 17:05 sébastien a dit :

Je crois que les Français, ou plutôt la presse qui, en l'occurence, paraît devancer l'opinion de la population, n'ont pas envie de "segmenter" leur perception des prix.

Celle-ci est globale : soit on a le sentiment général de gagner, soit on a l'impression globale de perdre de l'argent.

L'opinion exprime un sentiment général, que la presse répercute, qui fait fi d'une analyse poste par poste.

Enfin, c'est l'interprétation que je fais !

Sur un autre sujet, j'invite Leclerc, si ce n'est déjà fait, à s'investir dans la commercialisation des produits détachés automobiles.

Je me suis fait arracher mon rétro, dans la nuit et sur un stationnement résidentiel, et cette "broutille" va me coûter environ 180 euros ! Comme par hasard, la franchise est de 190 euros. Et comme par hasard les concurrents Eldorauto, Feu vert ou Norauto, soit ne font pas l'opération, soit ils la font au quasi même prix que le réseau de répararation à la marque du constructeur.

Tout cela sent le monopole ou l'entente chez les fournisseurs de pièces ! A bon entendeur ...

poste_parLe 29 août 2005 - 16:24 Cécilia a dit :

Intéressant. Mais finalement en politique n'est-ce pas justement la "valeur perçue" qui compte (au détriment de la valeur réelle).
Si les Français ont le moral dans les chaussettes et l'impression que les prix augmentent et que leur pouvoir d'achat baisse, comment leur faire comprendre que ce n'est pas le cas et que, dans la réalité, les prix ont baissé ?

En tous cas, c'est avec ce ressenti, cette pseudo-réalité, que les Français se rendent aux urnes et non avec les barèmes de l'Insee en poche...

Il est évident que les médias donnent le ton et jouent un rôle essentiel dans la construction de l'opinion. Mais d'autres facteurs entrent en jeu et il y a parfois des surprises (cf. victoire du non au dernier référendum, en opposition avec les campagnes médiatiques).

Finalement, il est peut-être rassurant de voir que malgré le poids des médias, de la pub...etc., nous avons encore capacité à nous faire notre propre opinion, notre propre "pseudo-réalité".

Rendez-vous dans un monde qui ne sera jamais, je l'espère, le meilleur des mondes. Un petit comprimé chaque matin ne suffit pas à rendre les habitants heureux...


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