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annuaire commerce,et,economie gratuit

30 septembre 2005

La Loi Galland et le sexe des anges ! E. Leclerc et Système U à l’amende *

* Désolé pour les néophytes. Le sujet est très technique mais je ne veux pas me défiler quand tombe un tel "pavé dans le jardin de mon enseigne". Devoir de transparence oblige...

Ce pourrait n’être qu’un épisode supplémentaire du feuilleton qui, dans le cadre de la Loi Galland, oppose industriels et distributeurs sur les fameuses marges arrières. Mais l’acharnement de l’Administration contre les libellés de factures de E. Leclerc/Système U à Nantes est avant tout emblématique de l’incapacité des pouvoirs publics à laisser les acteurs économiques établir des rapports commerciaux, de gré à gré, hors tutelle de la « Congrégation de la Facturologie » !

De quoi s’agit-il ? D’un procès. Attenté par des fournisseurs, des clients, à l’égard des distributeurs ? Que nenni. Seule l’Administration joue les imprécateurs !
Y aurait-il eu plainte ? Quelqu’un a-t-il été lésé ? Négatif !

Cité à comparaître ou à témoigner, aucun fournisseur n’est venu plaider à charge contre les distributeurs. Comment en aurait-il pu être autrement puisqu’ils étaient tous co-signataires des contrats commerciaux dont les factures contestées n’étaient, après tout, que des documents comptables permettant le suivi des flux d’achats-ventes. C’est donc une position doctrinale, portant plus sur la forme que sur le fond, que soutenait l’Administration contre les deux enseignes.

Dans son réquisitoire, le procureur contestait le flou de certains libellés de factures, en rajoutait sur le côté « obscur » des prestations fournies. Là où il lui appartenait de faire la preuve d’un manquement au Droit, il enferrait les distributeurs dans une mauvaise querelle sémantique.
Pour les avocats de E. Leclerc, l’attitude de l’Administration frise l’acharnement canonique.

1- D’abord, la loi n’a jamais astreint quiconque à « décrire » sur une facture l’intégralité d’une prestation. Pas plus sur un ticket de caisse que sur la facture d’un horticulteur ou d’un maçon. La distribution est une activité qui exige l’émission de plusieurs centaines de millions de factures chaque année. Qu’il s’agisse de factures d’achats de produits ou de prestations de service (coopération commerciale), les dénominations sont toujours succinctes. Par facilité d’usage ! Tout le monde sait ce qu’est une TG (tête de gondole) sans avoir besoin de la décrire.

2- Vous aurez peut-être envie de me répliquer que derrière tout ça, l’Administration n’avait d’autres buts que de rechercher l’existence de la « fausse coopération commerciale » ? Et bien non, elle ne nous a pas attaqués sur ce terrain. Je le répète, on est ici en plein délire facturologique. Avec à la clef, la tentative de l’Administration de garder pour elle un levier de contrôle que la loi, jusqu’au 1er janvier du moins, lui a refusé.

Les centres E. Leclerc de l’ouest, qui sont pour notre enseigne les seuls concernés, vont faire appel.

Il faut savoir que dans cette affaire, la politique a joué un grand rôle. Rappelez-vous ! C’était au salon de l’agriculture l’année dernière, Hervé Gaymard et Christian Jacob se permettaient de commenter allègrement des PV de la DGCCRF que faisaient circuler la FNSEA… Ceux-là même qui nous valent condamnation à Nantes aujourd’hui !!!

Mais ne croyez pas que je veuille noyer le poisson. D’ailleurs, la jurisprudence plaide en notre faveur. Plusieurs dizaines d’affaires de ce type sont pendantes devant d’autres tribunaux ou ont déjà été jugées. Dans une affaire presque similaire, le Tribunal de Commerce de Bourges (13/04/04), quasiment confirmée en l’état par la Cour d’Appel du même lieu (28/10/04), avait fini par débouter le Ministre de l’Economie :

a- « Il n’appartient pas au Ministre de se substituer à des parties non lésées et par là même de venir perturber les relations contractuelles de nature commerciale du Centre E. Leclerc avec ses fournisseurs ».

b- « Il existe une seule obligation légale en matière de contrat de coopération commerciale… ces contrats doivent être faits en deux exemplaires… aucune loi n’impose que les contrats de coopération commerciale se conforment à des règles de rédaction pré-établies… peu importe le libellé de ces contrats, seule la réalité du service spécifique rendu compte. »

c-« Les factures se réfèrent à un contrat. La seule obligation légale est celle de la dénomination ‘des services rendus’ et non ‘la description des services rendus’. »

d- « L’imprécision ou même les erreurs dans les libellés des contrats ne sauraient constituer en soi la preuve que les services en cause n’ont pas été rendus. »

e- « Le Ministre à qui incombe la charge de la preuve’ n’établit pas que les services désignés sous ces locutions seraient dépourvus de contreparties réelles. »

Au final, et à bon droit, certains d’entre vous pourront se demander à quoi sert tout ce « ramdam ». Avouez que tout cela fait un peu « Tintin chez les Soviets ». Paradoxe... Ce sont les mêmes ministres, si tatillons sur le libellé des factures, qui nous poussent aujourd’hui à crever le seuil de revente à perte pour sortir de bons indices sur les produits de consommation ou les carburants. Tout cela est complètement décalé.

Les fournisseurs qui nous lisent ici comprendront mieux pourquoi, pour aborder les négociations commerciales 2006, nous avons décidé de sécuriser nos contrats commerciaux, en négociant cette année des ristournes (sur la facture du fournisseur) plutôt que de la coopération commerciale. On verra bien alors si l’Administration les poursuivra avec la même ténacité qu’elle nous manifeste.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 30 septembre 2005 dans Loi Galland
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29 septembre 2005

Le blog et les intrusions publicitaires : faut-il censurer ?

Plus de 300 notes, 3 200 commentaires, et une réelle qualité d’échanges, voilà qui justifie l’accroissement spectaculaire d’audience de ce blog. 35 000 visiteurs mensuels et une audience supplémentaire de 5 à 10 % chaque semaine. Voilà aussi ce qui risque d’attiser l’appétit des publicitaires !

Plusieurs d’entre vous m’ont déjà alerté et, à juste titre, ont manifesté leur irritation. Je pensais que reçus de la sorte, les initiateurs de ces intrusions auraient compris qu’ils n’avaient rien à faire ici.

Un blog, c’est un état d’esprit. Je l’ai découvert à votre contact. Malgré l’utilisation de pseudos, malgré l’ubiquité des liens et la fluidité de cet espace ouvert à tout public, il y est respecté une sorte de charte non écrite, une éthique de la discussion. Que je sois moi-même un chef d’entreprise, que derrière les pseudos s’expriment des marchands, peu importe, il n’y a rien, ici, à vendre (il y a d’autres lieux pour cela) si ce n’est des arguments, des opinions ou des critiques ! Même quand on parle de foires aux vins, que s’expriment un sommelier, un caviste indépendant, un cadre de Monoprix ou d’Houra, on dit sa passion, ses coups de cœur ou on fait valoir son expertise. Eventuellement, on affiche qu’on est fier du lieu d’où l’on parle (une enseigne, un métier, une profession). On s’appuie sur ce territoire d’expériences pour dire sa légitimité… Mais pas pour vendre sa salade.

Naïvement, je pensais que ça allait de soi et que les poseurs de spams comprendraient vite combien leur intrusion se retournerait contre eux.

Mais voilà, je me suis permis, dernièrement, d’en bloquer quelques-uns (postés quelquefois sur des dizaines de notes, et à partir de plusieurs ordinateurs). Et je constate encore ce matin (29/09) un billet déposé par « Ambiance musicale » sous une note de critique littéraire « La malédiction d’Edgar » de Marc Dugain (14/05). Allez savoir pourquoi à cet endroit… Ca me dépasse.

Je ne suis pas un anti-pub (vaut mieux pour moi dont le groupe est un des premiers annonceurs français ! ! !). En tant que telles, ces publicités n’ont rien de choquant ni d’immonde… mais franchement, ça n’a rien à voir avec nos discussions. Je comprends que vous puissiez y voir une forme d’agression.

J’en ai discuté, ce matin, avec Loïc Le Meur dont le blog est l’un de ceux qui sont les plus visités en France. Lui, me dit qu’il n’a pas hésité à filtrer les commentaires quand ils ne respectent pas « la culture du blog » (il en avait averti les internautes). Moi, je m’étais fait un point d’honneur de ne rien censurer ici (hors expressions racistes, violentes à l’égard d’autrui ou pornographiques).

Et vous, qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous préférez que je laisse les choses en l’état ? A contrario, seriez-vous choqués que je procède à un filtrage (quitte, peut-être à signaler ces refus de publication ou à les parquer dans une rubrique « intruders » ?).

A vous lire…

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 29 septembre 2005 dans Blogs et sites
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28 septembre 2005

Engagement (et obstacles) pour la promotion des biocarburants

Vu la hausse des prix des produits pétroliers, le marché des biocarburants est aujourd’hui particulièrement médiatique. Les interventions récentes de Dominique de Villepin, de Thierry Breton et du Président de la République lui-même, ont marqué un tournant dans l’approche de ce marché. Jusqu’à cette année, l’objectif des pouvoirs publics visait à fournir de nouveaux débouchés à l’agriculture française. Depuis, le discours a largement évolué. Les biocarburants sont présentés comme une alternative énergétique au pétrole.

Il nous faudra revenir, ici, sur l’intérêt économique de la filière et tenter une opération « vérité des coûts » pour pouvoir en mesurer le réel intérêt. Et puis, promouvoir à grande échelle cette forme d’énergie suppose qu’on en étudie l’impact sur l’aménagement du territoire et les modes de production agricole. Pour l’heure, je veux juste livrer quelques informations.

Je réponds, ici, à plusieurs demandes concernant l’engagement de mon groupe sur le marché des biocarburants.

1) Le gasoil : J’ai lancé, très tôt, notre enseigne dans les biocarburants. Nous avons été précurseurs dans l’incorporation d’ester méthylique d’huile de colza, il y a déjà plus de 10 ans, en Normandie. Aujourd’hui, ça représente 30 000 m3 d’ester incorporé (principalement huiles végétales : blé, tournesol). A nous seuls, nous représentons 50 % du marché des GMS.

C’est notre coopérative d’importations pétrolières (SIPLEC) qui est l’opérateur pour toute notre enseigne. SIPLEC incorpore directement de l’EMHV à hauteur de 5 % dans 7 installations pétrolières situées à Rouen, à Brest, Strasbourg, Huningue (Mulhouse), Port-la-Nouvelle, la Pallice (La Rochelle) et Fos-sur-Mer.

2) Le SP 95 : Nous avons été précurseurs dans l’incorporation directe d’éthanol dans les essences. Le développement de cette technique se heurte à un sérieux problème. J’explique : il existe deux filières pour les essences :

a) La filière éthyl-tertio-buthyl-ether (ETBE). C’est la filière préconisée par les majors français. Il s’agit d’incorporer un produit chimique fabriqué à partir d’éthanol d’origine agricole dans l’essence sans plomb 95 (à hauteur de 15 %). Simple à mettre en œuvre, son développement se heurte néanmoins à un problème de disponibilité.

Il existe 4 unités de production en France, dont 3 appartiennent à Total et 1 à un fournisseur indépendant, Lyondel. Seul, ce dernier, nous a proposé des produits sur le marché français. Nous travaillons avec lui à partir de Fos-sur-Mer.

b) La filière éthanol. L’éthanol d’origine agricole (betterave, blé) peut s’incorporer directement dans le super carburant sans plomb 95 à hauteur de 5 %. Bien que l’offre puisse être considérée comme pléthorique, son développement se heurte à la bonne volonté des « pétroliers » de livrer à des sociétés comme les nôtres des essences de basse volatilité pour pouvoir procéder à l’incorporation.

Nous nous sommes attaqués à ce marché en pionniers. Nous avons réussi à approvisionner la région de Strasbourg. Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2005, nous avons incorporé 1 500 000 litres d’éthanol.

3) Parlons avenir. Financé par la nouvelle taxe (TGAP) depuis le 1er janvier 2005, le petit monde des biocarburants est en pleine effervescence. Des recherches très intéressantes sont menées un peu partout, et notamment en Poitou-Charentes. D’autres filières, d’autres techniques se mettent en place (pour le gasoil, avec l’ester éthylique de colza, par exemple).

Tous les adhérents de notre association sont prêts à jouer le jeu. Qu’ils soient convaincus par le caractère écologique de la démarche, ou qu’ils cherchent à se bâtir une « bonne image » auprès de la population agricole, ils sont prêts à mettre le paquet pour développer ces initiatives.
Mais deux obstacles doivent être levés, à court terme, pour étendre l’offre de biocarburants.

a) La disponibilité du produit : L’intérêt collectif voudrait, à notre avis, que l’Etat impose aux pétroliers la fourniture de bases essence basse volatilité à partir de leurs raffineries. Je rappelle que, malgré les privatisations dans le secteur, nous sommes toujours sous monopole d’état (loi de 1926). Avec un coup de pouce (ou de semonce), nous pourrions développer considérablement l’incorporation directe d’éthanol dans le SP 95. C’est un engagement de ma part.

b) La communication : La difficulté, c’est de pouvoir communiquer sur le sujet. Depuis quinze ans, pour tenter de justifier des prix plus élevés à la pompe, les majors communiquent sur leurs propres additivations qui n’ont rien à voir avec les biocarburants. Cette publicité, sur leurs performances supposées, a pu jeter le trouble sur les carburants normalisés. Jusqu’où les automobilistes qui y seraient sensibles, accepteront-ils des taux d’incorporation croissants d’éthanol ou d’ester sans craindre pour leur moteur ?

Jusqu’ici, nous avons résolu le problème en ne communiquant pas sur la notion de mélange (c’est ce qu’autorisait la loi). Si l’on veut passer à 15, 20…50 % d’incorporation, ça va poser inéluctablement des problèmes d’acceptation par les automobilistes.

Promouvoir le réflexe écologiste suppose des campagnes qui rassurent. Voilà qui nécessite qu’entre promoteurs des deux types d’additivation, on travaille sur des messages qui ne se brouillent pas. Difficile de bâtir un tel deal entre concurrents. Jouable, mais pas gagné !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 28 septembre 2005 dans Actualités / Débats (Distrib.) , Agriculture , Distribution , Développement durable , Economie , Energies
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27 septembre 2005

Foires aux vins : plaisir d’amateur, avis d’expert !

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Jean-Luc Pouteau, 1er Sommelier de France en 1976, Meilleur Sommelier du Monde en 1983

Il reste beaucoup de bonnes choses à dénicher dans les rayons des hypers, chez les cavistes, et même sur le net. C’était à prévoir. Quelle idiotie que de démarrer si tôt les foires aux vins. Les nôtres commencent mercredi. Nous verrons bien si nous avons eu raison d’attendre. Je viendrai le dire ici, promis.

Pour vous (et pour moi aussi !), j’ai continué à solliciter l’avis de quelques personnalités. Aujourd’hui, deux préconisations. D’abord, celle d’un autre de mes collaborateurs (Charles). Dans le groupe, il est responsable du contrôle de qualité et du développement durable. Mais il partage avec Géry (ma note du 21/09) une passion immodérée pour le vin. Voici son état des lieux :

Chez Auchan
- Château des Estanilles 2001 cuvée prestige, Faugères
- Château Saint-Pierre 2003, Saint-Julien
- Santenay 1er cru Beauregard 2002, Roger Belland
- Château Chasse Spleen 2003, Moulis en Médoc
- Château Poujeaux 2003, Moulis en Médoc

Chez Carrefour
- Rioja Marques de Murrieta 1999, YGAY
- Côte Rotie 2003, Domaine Vernay
- Les Abeilles de JL Colombo 2003, Côtes du Rhône
- Bourgogne blanc 2004, JM Brocard "Kimmeridgien"

Chez Géant
- Château du Cèdre cuvée prestige 2002, Cahors

Chez E. Leclerc
- Château les Ormes de Pez 2003 magnum, Saint-Estèphe
- Chateau Citran 2003, Haut-Médoc
- Chateau du Galoupet 2001 rouge, Côtes de Provence
- Chateau Latour Martillac 2003 blanc, Pessac Léognan
- Chateau l'Hospitalet 2003 blanc, Coteaux du Languedoc

Après l’avis de l’amateur éclairé, je vous invite à découvrir une sélection d’un expert, Jean-Luc Pouteau. 1er Sommelier de France en 1976, Meilleur Sommelier du Monde en 1983, c’est l’un des êtres les plus passionnés que j’ai jamais rencontrés. D’ailleurs, son cursus en témoigne. Bon vivant, c’est à l’école hôtelière qu’il a appris à faire la cuisine. Alors qu’il n’est encore qu’un adolescent, il fait ses premières armes chez le meilleur pâtissier de Rennes. Rien à voir avec l’œnologie ? Vous avez raison, jusque là. Il faut attendre qu’il s’amourache d’une jeune fille dont le père était viticulteur ! A qui croyez-vous qu’il fît la cour ? Au vu de son expertise actuelle, nul doute qu’il s’intéressât au vignoble au moins autant qu’à son épouse !
Aujourd’hui, il est négociant et conseil en vins auprès de restaurateurs, de cavistes, ou de particuliers. Pour éviter tout risque d’incorrection à l’égard d’un de ses clients, il a préféré concentrer sa sélection sur plusieurs catalogues régionaux édités dans notre groupe (Ile-de-France, Normandie et région toulousaine). Pour votre plaisir et votre édification personnelle, retenez donc, quel que soit l’endroit où vous les trouverez (mais attention au prix !), quelques-uns de ses coups de cœur :

- Château Perrou 2003, Bergerac
- Château Saint-Go 2000, Côtes de Saint-Mont
- Expression de Château Saint-Go 2004, Côtes de Saint-Mont (blanc)
- Seigneurie de la Varière 2002, Anjou
- Château Haut-Theullet 2002, Monbazillac
- Château Chasse-Spleen 2002, Moulis
- Château Lynch Bages 2002, Pauillac
- Château La Dominique 2003, Saint Emilion
- Cos d'Estournel 2002, Saint-Estèphe
- Château Cambon La Pelouse 2003, Haut-Médoc
- Château Rollan de By 2003, Médoc
- Château Jean de Gué 2003, Lalande de Pomerol
- Château de Santenay 2001, Mercurey 1er cru Les Puillets
- Domaine Harmand-Geoffroy 2003, Gevray-Chambertin
- Domaine Harmand-Geoffroy 2000, Mazis-Chambertin Grand cru
- Château d'Escabes Privilège 2002, Gaillac
- Château Doisy-Daëne 2003, Sauternes
- Château Laroche Viella 2002, Madiran
- Château de Gache 2003, Buzet
- Les haut de l'enclos des Bories 2002, Minervois La Livinière
- Terroir de Trias 2003, Côtes du Rhône Village Beaumes de Venise
- Gewurztraminer Grand cru Mamburg 2004, Henri Ehrhart
- Clos de los Siete 2004, Argentine

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. N’hésitez pas à déposer vos commentaires critiques ou vos propres préconisations.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 27 septembre 2005 dans Actualités / Débats (Conso.) , Actualités / Débats (Eco) , Agriculture , Distribution
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26 septembre 2005

Journal du 17 au 26 septembre 2005 : revue de presse

Dans le désordre, en passant du « grave » au « léger », je continue de réagir à ces infos collectées pêle-mêle dans la presse.

1) Claque et claque
Les « sorties » patriotiques de D. de Villepin avaient su rassembler les chœurs de la majorité contre le méchant HP. « Il faut qu’il rende des comptes et qu’il rembourse ». Il est vrai que ces gens-là, avec cette manière d’annoncer froidement les licenciements, méritaient de se faire taper sur les doigts.
Mais, ce matin, Patrick Stark en met une au Premier Ministre : Non, HP n’a pas touché de subventions pour créer des emplois. PS : « Je ne peux pas rembourser des subventions que je n’ai pas touchées ». Il rappelle, par la même occasion, qu’HP a payé 700 millions d’impôts en France. (Le Fig Eco, 26/09)
La passe d’armes ne changera probablement pas le sort des salariés licenciés de HP. Mais le type qui a conseillé Villepin dans cette affaire, c’est sûr qu’il va vite être sur le marché du travail.

2) Journée de solidarité
Les lumières de l’Esprit Saint continuent d’éclairer nos élites. Malgré le fiasco du lundi de Pentecôte 2005, personne n’ose revenir sur la loi. Alors, ça donne des contorsions pas possibles. Ainsi, dans l’Education Nationale où l’on prépare un projet d’arrêté : seuls les personnels se plieront à une journée supplémentaire : « elle sera consacrée aux élèves…sans les élèves qui auront le droit de déserter les bancs de l’école ». Combien vous pariez que les syndicats d’enseignants sauront trouver les arguments pour rejoindre…les élèves sur les sentiers buissonniers !

3) Carburants
Connaissez-vous l’impact de la hausse des carburants sur le budget d’un automobiliste ? Gérard Huguenin (« L’argent, ce qu’il faut faire et que vous ne savez pas » - Editions Eyrolles) a fait un calcul. Il est publié dans « Economie matin », un « gratuit » que j’ai piqué dans un studio de BFM… Et bien, pour un véhicule qui brûle 7 litres au 100 et qui roule 15000 km/an, le surcoût a été de 420 € sur une année, soit…11 jours de SMIC. 52 heures de travail dont 60% du coût vont enrichir les caisses de l’Etat. Comme le fait remarquer GH, ce n’est pas en roulant à 100 km/h sur une autoroute qu’on rattrapera…le temps perdu.

4) Gratuit !
Justement, puisqu’on en parle… J’ai rencontré chez BFM Thibault Lecarpentier. Il a fondé un cabinet de prospective (OBSAND). Cet ancien chargé de cours à l’Université Paris VII s’est intéressé à l’utilisation par les consommateurs des offres promotionnelles dans le secteur aérien. Résultat : « il faudra 25 ans pour « écluser » tous les miles gratuits émis par les compagnies aériennes. Vu les surenchères auxquelles elles se sont livrées ces derniers temps, « le volume des miles en stock , chez les usagers, représente, en kilométrage, l’équivalent des billets émis en un an ». Curieux, de la part de consommateurs dont on n’arrête pas de dire qu’ils sont rationnels et accros des réductions ! Manière aussi de démontrer que le coût d’une promotion dépend avant tout de son utilisation !

Je continue de passer du coq à l’âne…

5) Alertez les bébés !
Toujours dans la newsletter de « Economie Matin » (26/09), un édito sarcastique consacré aux mesures du gouvernement en faveur des familles. J’insiste, je ne connais pas ce canard, ni auprès de qui il émarge. Mais, on y pratique une pédagogie des chiffres qui parle toute seule.
Jean-Baptiste Giraud compare la mesure Villepin (750 € par mois, pendant un an, pour inciter les Français à faire un troisième enfant) au traitement des parents suédois (450 jours avec une indemnité équivalente à 80 % du salaire plafonné à 3000 €. Idem au Luxembourg… Le modèle social français a vraiment du plomb dans l’aile.
On objectera que l’état des finances publiques ne permet pas de faire des miracles. Oui, mais ce sont bien nos enfants qui, demain, financeront nos propres retraites « et les soins de santé des 3ème et 4ème âges ». Ca fait un peu chiche le cadeau de baptême.

6) Traite des femmes
Nos futures mamans trouveront probablement dans la chronique de Michel Fitoussi (Le Télégramme de Brest, 21/09), matière à consolation. Enfin, si l’on peut parler ainsi ! On y apprend qu’au Népal, la Cour Suprême « vient de déclarer hors la loi la coutume qui veut que les femmes soient parquées dans des étables quand elles ont leurs règles ». On serait dans Charlie Hebdo, on aurait le droit à des commentaires graveleux. Pour ma part, ça me laisse sans voix.

7) Terrorisme
Affligeant débat, la semaine dernière à l’ONU. Toutes les puissances occidentales surenchérissent pour dire combien elles sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais il n’a pas été possible de voter une résolution pour blâmer ne serait-ce que les massacres de civils dans les attentats.
Il faut dire que nombre d’Etats n’ont dû leur indépendance qu’après des guerres de libération nationale. Et que de la « résistance aux forces d’occupation », aux contraintes « de la lutte pour la juste émancipation des peuples », la frontière entre violences légitimes et terrorisme pose d’évidents problèmes sémantiques et philosophiques à certains.
Nos sociétés démocratiques et laïques ont su condamner tout crime, fût-il de nature politique. Les églises, hors islam radical, revisitent leur histoire et font de plus en plus leur autocritique. Elles admettent aussi qu’aucune guerre ne saurait être justifiée même en invoquant le nom de Dieu. Mais à l’ONU, la condamnation des actes les plus barbares fait toujours débat. Les vieux guerriers des mouvements de libération s’estiment non coupables. Au risque même d’entretenir la confusion entre les objectifs de ces mouvements d’insurrection (comme si on ne pouvait pas en condamner ex-post la violence) et les attentats aveugles commis par Ben Laden. Affligeant !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 26 septembre 2005 dans Pêle-M.E.L
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24 septembre 2005

Jacques Lacarrière, écrivain-voyageur, s’envole pour l’Olympe

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A Sarajevo (2001) - Photo Jean Bibard

Jaques Lacarrière, érudit, poète, essayiste, et marcheur infatigable…a quitté les chemins de traverse. Ce grand traducteur d’Hérodote, amoureux du théâtre grec (Sophocle) côtoyait, dans ses rêves, tous les héros de la mythologie antique.

Mais cet humaniste aimait partager l’émotion de ses plus belles découvertes, ses rencontres fortuites, tout autant que l’amour du grec et la fascination qu’il avait pour « les pionniers du christianisme primitif ». De lui, j’avais particulièrement aimé « Les Hommes ivres de Dieu » (1961), un essai sur ces ermites qui, dans les premiers siècles, questionnaient la Vie depuis les déserts de pierres d’Egypte. (Il réitéra avec « Les Gnostiques » en 1973).

Si je veux lui offrir un hommage, aujourd’hui, c’est pour lui rendre la paternité de toutes ces notes et observations que je consigne sagement, tous les jours, dans des carnets ou sur ce blog… Et ce, depuis 1976, date à laquelle j’ai découvert « L’Eté grec » (Plon). Sur les traces de Nicolas Bouvier (autre pèlerin de son espèce) et avant de découvrir Chatwin, Naipaul, et tant d’autres écrivains-voyageurs, il sut initier quelques lecteurs de ma génération au bonheur d’une écriture ouverte sur le monde et curieuse des hommes de toute espèce.

Je n’ai fait sa connaissance que bien plus tard, en rejoignant l’équipe des « Etonnants voyageurs », établie chaque année sous les remparts de Saint-Malo. Discret, toujours pédagogue et surtout passionné, il savait « donner » à ses interlocuteurs. Inutile aussi de vous dire qu’il savait être digne des héritiers d’Epicure, dès qu’à table ou à la dégustation, il fallait faire honneur !

Les héros ont toujours leur talon d’Achille. Jacques Lacarrière est mort des suites d’une opération pourtant bénigne au genou et qui s’est envenimée. Il paraît qu’il a laissé un testament à son éditeur. Il y aurait consigné son souhait de voir ses cendres éparpillées au-dessus de la Grèce. N’y voyez aucune coquetterie d’écrivain. L’auteur de « Chemin faisant ou la mémoire des routes » (1974) continue, pour nous, son travail de balisage et nous invite à mettre ses pas dans les siens.

Avec joie…malgré la peine !

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Avec notre ami Michel Lebris, au festival Etonnants Voyageurs (2001)

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 24 septembre 2005 dans Arts / Culture , Livres
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23 septembre 2005

Industrie/Commerce : Les hausses tarifaires contre la baisse Dutreil

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Photo: Arnaud Baumann (2001)

Dix ans de loi Galland et les habitudes restent installées. Même les plus mauvaises. Avec l’automne, les feuilles des tarifs tombent, lourdement lestées. Renaud Dutreil voulait des baisses de 5 %. Il en aura, mais il faudra se battre (et lui, ne pas se tromper de camp !).

De l’avis de toutes nos équipes commerciales, il est trop tôt pour pouvoir apprécier l’ampleur du mouvement. Peu de CGV (conditions générales de vente) reçues au Galec (notre groupement coopératif d’achat). On les attend pour fin octobre. Les fournisseurs testent leurs scénarios. Pour l’heure, seuls nous parviennent les nouveaux tarifs. Nul ne peut dire encore par quel biais l’effet de ces hausses pourra éventuellement être compensé.

J’imagine que le scénario sera le même que celui que décrivait le rapport Canivet pour dénoncer les effets pervers de la loi Galland : une vague de hausses de prix, une proposition d’augmentation des marges arrière (pour compenser…). Dans quelle proportion ? Ce sera l’un des enjeux majeurs de la négo 2006.

Rien de changé, donc. C’est le « système » qui veut ça : à force de parler de réforme, on en oublie que nous sommes toujours sous l’égide de la loi Galland. La loi Dutreil/Jacob va permettre potentiellement des baisses de prix puisque les distributeurs pourront répercuter une partie des marges arrière (tout ce qui est au-dessus d’un matelas de 20 %). Un distributeur pourra vendre d’autant moins cher qu’il en aura engrangées. L’essentiel de la négociation se portera encore sur les marges arrière ou sur les ristournes, plus que sur le tarif, évidemment.
Une autre raison explique cela. C’est la volonté des industriels de gommer progressivement la discrimination opérée, par eux, entre enseignes, et que l’abrogation des marges arrière, d’ici deux ou trois ans, risquerait de révéler. Tout le monde sait, dans nos métiers, que la coopération commerciale a été le siège d’une véritable différenciation (euphémisme) dans les conditions d’achat. Le statut juridique de ces prestations le permettait puisque la coop com rémunère des actions « spécifiques ». La créativité de nos amis industriels va être sacrément sollicitée, dès cette année, pour essayer de « racheter » ces écarts historiques. Par exemple, certains fournisseurs ne font pas mystère de vouloir segmenter leur offre promotionnelle avec des produits réservés pour Leclerc et d’autres pour Carrefour, histoire que chacun puisse jouer avec son ballon. D’autres vont essayer de nous rendre aveugles, en jouant au « bonneteau ». Imaginez l’industriel parlant à l’acheteur : « Tu la vois, ta marge arrière, sur la marque alpha ? Eh bien, maintenant, je l’enlève…et houp, je la reporte sur cette autre marque bêta, moins bataillée sur les prix. Comme ça, si tu veux baisser alpha, t’as qu’à prendre sur ta marge. Et si tu veux cogner sur bêta…ça m’arrange, je voulais justement la repositionner. C’est pour ça que je t’en donne les moyens ».

De ces préludes amoureux, je tire déjà une certitude. Nos amis industriels vont tout faire pour essayer de maîtriser le mouvement de baisse. Certains rêveraient de l’annihiler qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Nous sommes entre nous, je ne vais pas balancer des noms à la vindicte populaire ! Et puis, j’insiste au risque d’apparaître flagorneur, la partie n’est pas facile à jouer, même vue du camp d’en face.

Mais, dans le secteur de l’hygiène et de la droguerie, on ne prend pas trop de gants pour nous annoncer, dès octobre (et encore au 1er janvier), des hausses de 5 à 10 % plus difficilement justifiables. Je vous prie de croire que, si elles passent, elles gommeront toute velléité de baisse de prix en magasin. Je ne sais pas s’il est déjà « au parfum », mais Renaud Dutreil va vite comprendre qu’avec un tel train de hausses, ce n’est pas 5 points de marge que les distributeurs devraient rogner, mais près de 10 pour atteindre l’objectif ministériel ! ! ! C’est mal parti (ce n’était déjà pas crédible !).

D’ici à ce qu’il organise, lui aussi, une énième table ronde après celles de Nicolas Sarkozy et Thierry Breton…

Ah, décidément, l’automne sera chaud !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 23 septembre 2005 dans Prix / Concurrence
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22 septembre 2005

Voile : Corentin Douguet chez les pros

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Je le lui avais promis. Il m’attendait sur les pontons de La Rochelle, champagne à la main, pour baptiser son bateau. Il avait peur que je lui fasse faux bond, vu la pression de Thierry Breton pour que j’assiste à la table ronde sur le pétrole. Mais je n’ai qu’une parole. Et j’avais vraiment envie de faire plaisir à ce jeune champion, prêt à en découdre pour affronter l’Atlantique dans la transat 6.50 qui a pris le départ dimanche dernier.

Vous ne pouvez pas imaginer combien Corentin Douguet est un type hyper sympathique. Je ne le connaissais que par ses exploits. A 31 ans, ce Nantais, aujourd’hui établi à La Rochelle, cumule un joli palmarès. 1er du National 6.50 en 2002 (avec A. Tripon, un autre surdoué) et 7ème du National Figaro. Il confirme son talent en 2003, dans le Tour de France à la Voile, en skippant « Ville de Douarnenez » (2ème amateur). En 2004, il est vainqueur de la Select 6.50, et finit 4ème à la Mini Fastnet. Et depuis, c’est « la totale ». Il aligne les premières places dans le Mini-Pavois, le Mini Fastnet, et la Transgascogne 2005.

Pour ceux qui ne connaissent pas la voile, imaginez tout simplement le bagage psychologique et l’énergie qu’il faut rassembler pour traverser Manche et mer d’Irlande dans une baignoire en plastique avec, pour toute nourriture, des pâtes lyophilisées et, comme sèche-linge, une bonne claque de vent entre deux averses ! ! !

Ce qui m’intéresse, chez ce diable d’homme, c’est sa vitalité…et son sens extraordinaire de l’organisation. Certes, il a de l’atavisme : arrière petit-fils et petit-fils d’officiers de la « marchande », il est lui-même titulaire de ce diplôme, acquis en deux ans d’études à l’Ecole Nationale de la Marine Marchande de Nantes. Mais surtout, il sait ne pas vivre sa passion en gardant pour lui ses émotions. Il partage, se crée des liens d’amitié avec des voileux, avec d’autres « fêlés du bastingage ». Pas étonnant que dans le tour de table pour constituer son budget, tous ses amis nantais ont répondu « présents ». Dont Pierre Chartier, patron de deux centres E. Leclerc à Nantes, lui-même adepte du cabotage et de la régate, à qui je dois de lui avoir été présenté.

A partir de ce réseau, Corentin a tout organisé. Il a créé une association (EURL) pour baliser financièrement et administrativement son parcours dans la vie professionnelle. Pour faire la course en tête, il lui fallait un bateau techniquement au top (sorti de chantier, avec mât en carbone, un 6.50 coûte 150 000 euros !). Pour payer les traites, s’offrir chichement un mini smig, participer à cinq ou six courses dans l’année, il fallait un budget de 100 000 euros. Serré, mais jouable ! Il travaille beaucoup lui-même sur son engin.

La recherche des sponsors, c’est « L’enfer du Nord » pour tous les marins. Les marques de voiles, de vêtements, de lunettes ou de matériels, ne rechignent jamais à apposer leur logo sur un bateau techniquement au point. Corentin a reçu le soutien de Bermudes (qui teste sur lui la qualité de ses cirés), Boero (résistance des peintures et antifoulings), Cébé, nke (pour un « solitaire », la qualité d’un pilote automatique et la fiabilité de l’électronique sont des atouts essentiels). Mais tout ça ne suffit pas. Il faut aussi des sous, trébuchants ou en billets ! C’est là qu’il est fort, très fort, puisqu’il a réussi à décrocher le sponsoring de deux enseignes (la nôtre et Bouygues Telecom) alors qu’on ne voit pas souvent nos logos sur les pontons.

Comment s’y est-il pris ? C’est là qu’il est bluffant. Malgré mon engouement pour la voile, et mes quelques qualités de chaloupeur, l’enseigne est réputée pour ne pas investir dans la voile au niveau national. Comme le dit mon père : « Qui veut bien gérer, n’entretient pas ses maîtresses ! ». L’adage est d’autant plus sage que, connu de tous les marins, il permet de répondre par avance et par la négative aux dizaines de prétendants qui, chaque jour, sollicitent la générosité de Philippe Séligmann, mon collaborateur chargé de la com. (Une seule entorse : dans la course autour du monde, et alors qu’il « roulait » sous les couleurs de l’enseigne Euromarché, Eric Tabarly mangeait du « Leclerc », mais sans avoir le droit d’en parler). C’est donc à partir de tout un réseau d’amitiés qui, de Pierre Chartier (Nantes pour Leclerc) à Nicolaï (pour Bouygues), a permis de rassembler une cinquantaine de contributeurs, fiers d’être à ses côtés pour le départ.

Oui, j’étais très fier d’être à La Rochelle, vendredi soir, dans une ambiance euphorique pour aider à la promotion de ce « jeune talent ». Pour l’anecdote et rajouter au côté chaleureux de cette équipée, sachez que, dans le peloton, un joli petit bout de femme lui « court après » : Marine Chombart de Lauwe skippe DCF. Elle est sur un bateau de série, mais entend bien ne pas le laisser prendre trop de large d’ici Puerto Calero (seule étape aux Canaries) et compte lui « remettre la main dessus » à Salvador de Bahia (Brésil), ligne d’arrivée de la Transat. Cette future championne est sa compagne dans la vie. C’est pas un beau scénario, ça ?

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 22 septembre 2005 dans Portraits / Rencontres (Soc.)
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21 septembre 2005

Foires aux vins : quelques coups de coeur

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Suite à ma note du 12/09, plusieurs d’entre vous (Alain Gouny, Paola) sollicitaient quelques recommandations devant la pléthore d’offres publiées dans les catalogues. Pour un néophyte, le choix n’est pas toujours facile.

Aussi, ai-je demandé à quelques personnalités ou collaborateurs passionnés de se plonger dans la lecture comparée des publicités et de tester quelques bouteilles. Je vous livre, dès aujourd’hui, l’avis de deux collaborateurs.

Au passage, vous apprécierez, qu’ici, on est capable de dire du bien des concurrents, ce qui n’est pas courant dans le secteur. Mais il me semble que c’est une manière de respecter votre libre arbitre.

1) La sélection de Jean-Luc Roché :

Jean-Luc est propriétaire d’un centre E. Leclerc à Loches. Au niveau national, il est le responsable des foires aux vins et du référencement des fournisseurs. Plutôt expert dans la connaissance des vins de Loire et des Bordeaux. Il a lui-même quelques parts dans un vignoble. Toute la profession lui reconnaît un réel talent pour dénicher les flacons les plus prometteurs et repérer les viticulteurs les plus sympas (ceux qui soignent amoureusement leurs produits). Une demi-heure après mon coup de fil, il me propose le choix suivant :

Chez Système U :- Fitou, JM Cazes, 2001
- Costières de Nîmes, Château de Nages 1999
- Château Chantegrive, Graves, 2004

Intermarché :
- Domaine des Trahan, rosé d’Anjou, 2004

Auchan :
- Château Reynan, Bordeaux blanc sec
- Muscadet, Côtes de Grandlieu sur Lie 2004, le Demi-Boeuf
- Gaillac, Château Candastre 2003

Carrefour :
- Château La Varrière Bonnezeaux 2003
- Château Le Bois Pertuis, Bordeaux 2003
- Château La Dauphine 2002, Fronsac

Leclerc :
- Château Jean de Gué, Lalande de Pomerol, 2003
- Château Reignac, Bordeaux supérieur, 2003
- Château de Laussac, Côtes de Castillon, 2003
- Château La Varrière, Anjou Village Brissac, 2003
- Château Thieuley, Bordeaux blanc sec, 2004
- Château Sérame, Corbières, 2003
- Château Haut Theuley, Monbazillac, 2002
- Château de l’Hospitalet, Côteaux du Languedoc, 2002
- Gigondas, Cuvée de l’Estate 2003
- Château La Bienfaisance, St Emilion Grand Cru, 2003

2) Géry est l’un de mes plus proches collaborateurs. Son job n’a rien à voir avec l’œnologie (il est responsable du développement de notre alliance avec Système U). Mais hédoniste, passionné par le vin, il ne se passe pas un jour sans qu’il rapporte au bureau une belle bouteille qu’il aura dégottée chez un caviste de ses amis. A chaque fois que nous partons au restaurant, c’est à lui que toute l’équipe confie le choix des vins. Jamais déçue. Il était du jury qui a sélectionné l’offre que nous avons fait déguster à plus de 600 personnes, la semaine dernière, Cour Saint-Emilion à Bercy… Histoire de promouvoir nos propres foires aux vins (comme vous le savez, elles démarrent plus tard que les autres). Il suggère les crus suivants :

Monoprix :
- Sancerre blanc Alphonse Mellot, Domaine de la Moussière 2004
- Châteauneuf-du-Pape rouge Chapoutier,1999
- Vin de pays (Languedoc/Provence) Collection Pinot Noir Gérard Bertrand, 2002
- Chablis 1er cru William Fèvre, Côtes de Lechet 2003

Auchan :
- Coteaux du Languedoc, Château de la Négly 2004
- Côtes du Roussillon, Jean-Luc Colombo, La chance de Saint Luc 2004
- Châteauneuf-du-Pape, Domaine de la Solitude 2003

Carrefour :
- Clos de Vougeot Dominique Laurent 2002
- Cornas, Domaine Courbis 2002

Intermarché :
- Collioure, Domaine du Mas Blanc 2000

Leclerc :
- Château de l’Hospitalet, Côteaux du Languedoc, 2003
- Château Reignac, Bordeaux supérieur, 2003
- Hermitage, Mure de Larnage 2000, Chapoutier
- Cabardès, l’Esprit de la Bastide 2000

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Dans vos commentaires, n'hésitez pas à faire profiter les autres internautes de vos propres coups de cœur. Soyons simplement sincères et ne donnons pas place à quelques dérives publicitaires qu’on essaie d’éviter sur ce blog.

Je vous proposerai d’autres sélections prochainement.

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Thierry Lhermitte, fin connaisseur, a été épaté par notre petite sélection...

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 21 septembre 2005 dans Actualités / Débats (Distrib.) , Actualités / Débats (Eco) , Distribution , Economie
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20 septembre 2005

OGM : le passage en force !

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Je rebondis sur la polémique suscitée par Le Figaro (6/09). Le quotidien dévoilait que plusieurs centaines d’hectares de maïs transgénique avaient été semés encore cette année dans le sud-ouest. Rien d’illégal (la variété utilisée avait été autorisée avant le moratoire européen de 1999). Mais la discrétion, voire le secret, dont sont entourés ces semis continuent d’alimenter (à juste titre) bien des suspicions.

Je ne fais partie des ayatollahs anti-OGM. Pas d’accord avec les faucheurs. Je ne vois pas pourquoi, pourvu que les protocoles et les conditions techniques soient contrôlés, on ne pourrait pas expérimenter. Il faut être ouvert à l’innovation. Comme beaucoup, je pressens l’intérêt et les promesses du génie génétique dans le domaine de la santé, et même pour l’écologie (économie de pesticides, d’eau, résistance aux intempéries, aux insectes, etc…).

Mais je défends ici qu’il appartient aux promoteurs des OGM d’assumer leurs responsabilités et de garantir la totale innocuité de leurs produits. C’est aussi aux pouvoirs publics de vérifier leurs assertions et de contrôler, sur le long terme, les effets des cultures OGM sur l’environnement et la santé.

Or, comme tous les Français, je constate que le lobby veut passer en force, sans même nous avoir expliqué en quoi les OGM vont améliorer notre ordinaire.

1) La première question c’est en effet : « Qu’est-ce qu’une alimentation issue de produits OGM offre de mieux qu’un produit « naturel ». Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je n’ai toujours pas la réponse.

2) Le risque sur l’environnement : dissémination, contamination croisée, sur-résistance et mutation de certaines espèces, etc… On amuse le peuple avec de prétendues barrières de séparation (25 mètres) ! Probablement, parce que l’on sait d’avance que les abeilles et les acariens respecteront les zones interdites ! ! !

Moi, je m’en tiens à l’attitude des sociétés d’assurances. Je cite (Nouvel Economiste 15/09) : « Il s’agit d’un risque émergent que nous ne pouvons pas couvrir aujourd’hui. C’est comme si on nous demandait d’assurer un prototype. Faute d’informations sur les effets sur la santé humaine, ce risque est donc exclu des polices d’assurances, au même titre que les effets des ondes électromagnétiques ou le terrorisme biologique ». Vous êtes « rassurés » ?

3) Enfin, il y a l’impact sur les filières bio et même sur toutes les filières non-OGM. On n’arrête pas de nous dire que les consommateurs auront le choix (c’est la thèse de la double filière).

Baratin ! Vu, l’accroissement des cultures OGM dans le monde (plus 20 % par an), le pré carré des producteurs non-OGM aura du mal à organiser sa résistance. Voilà déjà qu’on parle de sécuriser « les filières naturelles » (un comble !). Qui devra supporter le coût de la certification, des labels, et de cette « sécurisation » ? « Nous avons accepté de payer un prix supérieur pour garantir nos filières » annonce le président des « Poulets fermiers de Loué ». Erreur, c’est le consommateur qui paiera. Oui, c’est ça qui va se passer. Celui qui voudra manger « naturel » (je ne parle même pas de bio), devra acquitter un sur-prix. Ca ne vous choque pas, vous ?

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 20 septembre 2005 dans Agriculture , Consommation , Développement durable , Economie , OGM , Objectif qualité
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19 septembre 2005

Prix des carburants : les coulisses d’une table ronde

A.S. : Quel week-end ! Sur fond d’interviews et de polémiques sur le prix des carburants. Et puis, l’ordi en panne. J’ai dû tout dicter. D’ici demain, j’aurai mis en ligne les réponses à presque tous les commentaires. A certains, qui demandent des développements, je préfère répondre par une note dédiée (sur mon rôle dans un groupe d’indépendants (re à Pierre et à 2lb2), sur les biocarburants…). A l’avenir, il ne faut pas que je me laisse trop déborder. Il faut juste que je trouve le bon tempo. Désolé, donc, encore une fois, pour ces retards (je vous rappelle que pour vous y retrouver, vous pouvez taper votre pseudo sur le moteur « recherche »).

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Raffinerie de Feyzin, le long de l'autoroute A7
Revenons sur la question du pétrole et du prix des carburants.

Les discussions qui ont précédé la table ronde de vendredi, autour de Thierry Breton, avaient quelque chose de surréaliste.

Au départ, TB voulait créer un contre-feu à l’effet produit par la publication des super profits réalisés par les majors (100 milliards ! ! !) dont près de 10 milliards chez Total ! Ravage assuré dans les cerveaux des Français durement touchés au portefeuille (Cf. mon blog du 5/09). TB, enfourchant un registre plus sarkozien, a cru pouvoir « jouer de la carotte et du bâton ».

Première réunion préparatoire, vendredi 9 septembre. Il menace les pétroliers de taxer leurs bénéfices. Mais les conseillers insistent auprès des GMS : « C’est aussi votre intérêt de communiquer sur des baisses. C’est la seule manière de redorer « votre » image dans l’opinion ! ». Tu parles ! Vu les écarts de prix avec les majors, les GMS n’avaient aucun intérêt à se retrouver sur la même photo...sauf pour servir l’image d’un ministre qui se serait attribué le rôle d’arbitre.

Mes collaborateurs, comme leurs collègues, se sont donc rendus à une deuxième réunion (mardi 14/09) en traînant lourdement les pieds. Ils ont dû expliquer aux conseillers du Ministre et à la DGCCRF (ce qui est un comble, vu les contrôles actuels) que les marges étaient plates (nos prix sont au seuil de revente à perte ! ! !). Des centres E. Leclerc comme ceux de Clermont-Ferrand finissent par être, toute l’année, à prix coûtant. D’ailleurs, du fait de la concurrence entre GMS, les prix de vente HT, dans nos zones de chalandise, sont les plus bas d’Europe.

Nouvelle convocation, le jeudi 15/09, à la queue leu leu, comme à confesse. Un Directeur de Cabinet propose d’étaler les hausses. Réponse : vu la rotation des stocks (2 à 3 fois par jour dans un grand hyper, 48 heures dans un super !), c’est déjà ce qui se pratique (il est arrivé, qu’en une semaine, les prix aient augmenté de 8 cents, alors forcément, on lisse…). Leclerc, le champion des prix, ne peut-il faire un effort supplémentaire ? Re-réponse : mais on serait à vente à perte ! ! ! Et vous venez de durcir les sanctions ! ! ! Re-re-réponse : le gouvernement sera tolérant (sic !)…

Rien n’y fit. Le Ministre voulait se sortir d’un piège où l’avait porté une communication un peu trop velléitaire. Il lui fallait trouver une sortie, une « initiative », et les conseillers s’évertuaient à convaincre nos collaborateurs qu’il ne fallait pas « laisser à Total le bénéfice d’une baisse éventuelle ». Comme si ça pouvait nous gêner. Comme si le repositionnement d’un des acteurs les plus chers pouvait nous porter préjudice.

TB s’est rendu compte que même s’il était populaire, un discours anti-pétroliers trouvait très vite ses limites. Personne ne serait dupe, surtout pas les journalistes. Les taxes atteignent 60 % environ du prix des carburants. Tout le monde sait bien que la balle est dans le camp de l’Etat. Le discours public ne manque pas d’air quand il se contente de dire : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

Voilà pourquoi la table ronde n’a rien apporté au débat. Certes, TB a pu nourrir sa conférence de presse des promesses du groupe Total. Constatant que le deal entre ce groupe et le gouvernement avait été noué préalablement, les autres majors sont sortis furieux. D’autant que les GMS, qui avaient flairé le piège, n’étaient pas du rendez-vous.

J’insiste : je ne conteste pas au Ministre des Finances le droit (et le devoir) de réunir tous les pétroliers pour les mobiliser, quitte à faire pression. Mais de deux choses l’une. Ou les profits pétroliers sont dus à des dysfonctionnements, et alors il faut lancer les autorités de la concurrence sur le chantier. Ou les pétroliers ne sont pas coupables d’exactions, et alors il ne faut pas faire semblant d’attendre d’eux qu’ils remettent au pot, surtout que depuis la privatisation du groupe Total, l’Etat ne dispose d’aucun pouvoir sur le secteur (voilà qui jette un trouble sur l’idéologie du tout privatif défendu par les ultra-libéraux !).

Pour moi, toute cette histoire a permis d’occulter le débat sur la fiscalité pétrolière (curieusement, l’opposition se tait). Il ne s’agit évidemment pas de réclamer une baisse des impôts (ce serait démagogique), mais de fixer un plafond. Si le prix du baril repart à la hausse, je suis certain que l’opinion ne se satisfera pas de ces quelques promesses. L’impact sera tellement fort sur le revenu des ménages modestes et moyens, et plus généralement sur la consommation, qu’il faudra bien accepter de revoir la question.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 19 septembre 2005 dans Actualités / Débats (Eco)
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17 septembre 2005

Hermann, le franc-parleur

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C’est ainsi que Frédéric Bosser qualifie l’inclassable Hermann Huppen, dit « Hermann ». L’éditeur de la revue DBD lui a consacré un « dossier » fort documenté (09/2002). Et dans sa préface, il rejoint tout à fait l’opinion de Sophie Flamand qui posait, dans Bodoï (02/2005), la question récurrente : « Hermann Président ? »…du Festival d’Angoulême, bien sûr.

Oui, le bonhomme étonne et détonne dans ce milieu du 9ème art, souvent retranché derrière une ironie qualifiée « de gauche », et qu’il conviendrait toujours d’interpréter au second degré.

Hermann, lui, affiche des gènes…disons plus « bruts de béton » : « Je l’avoue, je suis peut-être un peu rugueux…J’ai des tics…J’ai un penchant à l’indignation plus fort que la plupart des gens, et ça ne me simplifie pas l’existence… ». Autant le dire tout de suite, Hermann est impitoyable avec lui-même.

Rendez-lui visite, rentrez dans ses meubles, brossez-vous les pieds sur le paillasson de sa méfiance et…passé le temps d’un apprivoisement réciproque, vous découvrirez un être terriblement attachant. « Je râle, je grinche, donc je suis ! ». Peut-être, mais nous, on ne vit pas avec…alors, profitons simplement de cette rencontre avec ce grand maître de la Bande Dessinée.

Quel talent ! Tous les dessinateurs de renom lui rendent hommage. Son œuvre force le respect. Inégale ? Absolument. Il ne s’en défendrait pas. Car pour lui, point de rente, il est toujours en recherche !

Avec Greg, il a « commis » « Bernard Prince », « Comanche ». Avec Vernal « Jugurtha ». Mais de l’aventure au polar, du western à la science-fiction, il saute par dessus les genres romanesques, et s’émancipe…de son propre style. Même si « la patte » reste visible, la composition et l’écriture graphique des « Tours de Bois-Maury » (Glénat) n’ont rien de commun avec la nervosité du trait dans « Jeremiah ». Du crayon, il passe à de superbes encrages, excelle aux pastels, découvre et prend plaisir à la « couleur directe »…toujours en « prise de risque ». Avec son fils, enfin, il signe les « Liens de sang » (dont j’apprécie beaucoup moins la dernière livraison, trop phraseuse à mon goût…Désolé, Hermann !).

A sa sortie, « le milieu » avait moins apprécié « Sarajevo-Tango ». Le public, habitué des histoires plus « ados », découvrait un artiste militant, oubliant qu’il avait déjà balisé toute son œuvre d’un engagement total contre les injustices sociales et toutes les formes d’hypocrisie.

Les apparences ne sont qu’apparences. De droite, Hermann ? Probablement. D’extrême droite ? Personne n’a osé le dire, nombreux aimeraient le « prendre en faute ». Disons avec Frédéric Bosser que l’homme est « entier » et que sa « franchise » tranche forcément dans une époque où le politiquement correct règne en maître absolu.

Reconnaissons « qu’être populaire » ou « plaire » n’est pas son souci. « Le public s’indigne, mais il veut du spectacle ». Des ennemis ? Forcément, du côté des intégristes de tout poil. « Il y a des suceurs de bible qui n’hésitent pas à bousiller des tas de gens » (allusion autant à Bush qu’aux ayatollahs).

Je lui ai rendu visite deux fois, dans son modeste et discret appartement de Bruxelles. La musique est sa maîtresse (pardon, Madame Huppen). Son univers témoigne de l’amitié partagée avec d’autres dessinateurs dont les œuvres peuplent les murs.

Je vais vous dire : ce type est exigeant : « J’aime bien que ça grimpe. Le plat m’ennuie ».

Il parle de vélo. Il parle de sa vie… Il n’a pas fini de nous étonner.

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N.B. : Les citations sont extraites des deux publications précitées. Celles que je lui ai « volées », je les garde pour le tome 2 « d’Itinéraires dans l’Univers de la Bande Dessinée », album d’entretiens pour lequel j’ai pris (aussi) un sacré retard…

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 17 septembre 2005 dans Portraits / Rencontres (BD)
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16 septembre 2005

Prix des carburants : bruits et chuchotements…

D’abord, mille pardons à tous ceux auxquels je dois des réponses. J’ai conscience d’être très en retard. Je m’en occupe samedi et dimanche, et garantis que tout sera en ligne, lundi soir…

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Photo : Eric Feferberg / AFP

Branle-bas de combat depuis deux ou trois jours. Thierry Breton a convoqué tous les acteurs de la filière pour obtenir d'eux « une série de propositions qui permettent de limiter les effets de la hausse ». La rencontre devait avoir lieu ce matin à 10 heures. Elle est reportée à 16 heures. Personnellement, je ne pourrai pas y être. (Je serai à La Rochelle pour « baptiser » le bateau de Corentin Douguet qui va se lancer sous nos couleurs, dimanche 17 à 17h17, dans la Transat 6.50.)

Néanmoins, j’ai suivi, avec mes équipes, toutes les réunions préparatoires.

En gros, le Ministre a senti les limites des menaces proférées à l’encontre des compagnies pétrolières. Une taxe ? Pourquoi pas. Encore faudrait-il qu’elles paient déjà leurs impôts en France. Et puis surtout, il y a un côté complètement incongru dans cette histoire. L’Etat a privatisé Total, perdant ainsi le moyen d’intervenir dans la politique pétrolière. (Le discours fumeux sur le patriotisme économique et la défense des actifs stratégiques en prend un sacré coup !). Et pour ma part, je pense que la priorité aujourd’hui, c’est d’abord de négocier, avec les compagnies, la sécurité de l’approvisionnement futur de la France. Ce sera, je vous l’affirme, un vrai enjeu.

Le Ministre souhaite aussi « qu’un effort soit fait pour mieux répercuter les baisses ». D’accord avec ça. De toute façon, c’est ce qui se passe déjà sur le marché. Vous pensez bien que les grandes surfaces s’alignent les unes sur les autres, et forcément sur la moins chère.

Compte tenu de l’actualité, je n’ai pas beaucoup le temps de développer mes arguments, ici. Si ça vous intéresse, je vous invite à jeter un œil sur l’interview que j’ai donnée à Frédéric Pons, dans Libération, ce matin. (Pour la photo, nous avons bien rigolé. Le photographe souhaitait « fixer » une partie de mon équipe pétrole. Nous avions rangé les bureaux, et les ordinateurs crachaient en mode « couleur maxi » pour faire un joli décor. En fait, Fred Kihn, le photographe, nous a demandé de descendre dans le garage. Et il nous a shootés en « posture américaine » (Men in Black, version brigade financière). En découvrant nos minois ce matin, on s’est vraiment fait peur !).

Si vous le voulez bien, je reviendrai sur ces sujets, lundi : taxe sur les compagnies pétrolières, biocarburants, marges de distribution…

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 16 septembre 2005 dans Consommation , Energies , Pouvoir d'achat , Prix / Concurrence
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15 septembre 2005

Gag ou manip : pour qui « roule » Challenges ?

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La presse internationale vient de publier les excellents résultats des Centres E. Leclerc sur le marché français. Avec un accroissement de 0,4 pts de part de marché, et le meilleur taux de fidélité de toute la distribution, l’enseigne (17 %) creuse l’écart avec Carrefour (13,5 %) et les autres hypers. Mon ego n’aurait pas été égratigné si j’avais pu lire, dans la presse hebdo, quelques citations élogieuses du genre : « en hausse », « patron plus », etc…

Eh bien, mes adhérents et moi-même sommes longtemps restés interloqués à la lecture d’une note publiée sur le site internet de l’hebdomadaire Challenges : « La grogne monte chez Leclerc ». Un gag ? Une manip ? Une erreur d’enseigne ? Lisez plutôt le boulet :

On y apprend l’existence de « tensions à l’intérieur » des Centres E. Leclerc. « La fronde aurait atteint pas loin d’un tiers du parc des hypers en France. Ces adhérents n’apprécient pas que la valorisation de leurs magasins puisse perdre de 20 à 30 % depuis un an ». Tout ça écrit sans nuance et sans qu’aucun rédacteur n’ait pris la peine de s’interroger sur la crédibilité ou l’outrance des chiffres cités.

Croyez-moi, ça sent le coup fourré.

L’un de mes collaborateurs a téléphoné au journal. On lui a péniblement expliqué qu’une note d’agence boursière était à l’origine de l’info (mais pas question de la communiquer). Pour l’analyste signataire, les patrons de magasin « estiment qu’ils ne se sentent pas obligés de baisser leurs prix, comme le veut Michel-Edouard Leclerc ». Mon collaborateur a évidemment expliqué que l’information était d’autant plus incongrue que la politique commerciale du groupe était élaborée par les adhérents eux-mêmes et que ceux-ci venaient d’adopter (à l’unanimité) le plan d’action commerciale pour 2006. Ce que, chichement, d’ailleurs, relate l’hebdo : « Dans l’entourage de Leclerc, on explique que ce n’est pas au moment de négociations commerciales que l’unité des adhérents va se démentir ».

Le démenti n’a servi à rien. Ce matin, Challenges s’entête. Il a repris l’info dans sa version papier. Et voilà, c’est parti…sur BFM, etc… Du délire !

Fallait-il que Challenges soit sur une mauvaise pente pour reprendre, à son compte, une information aussi décalée.

La baisse de la valeur des magasins ? Oserais-je méchamment rappeler qu’il y a encore quelques semaines, Challenges se faisait une fierté de citer un max de nos adhérents dans la liste des Français dont le patrimoine s’est valorisé en 2004. (Et comme ça, pschitt…ils auraient perdu 30 % ?)

J’ai fait mon enquête. La note boursière existe bien. Elle est rédigée par un analyste de Fideuram Wargny. Cette banque est récidiviste. En juin dernier, elle soutenait déjà les initiatives de Carrefour qu’elle valorisait par rapport à Leclerc.

La rédaction de Challenges (qui, la semaine dernière, saluait la performance de Carrefour sans parler de la nôtre) aurait pu s’interroger sur cette concomitance.

Et puis, depuis quand les analystes du CAC 40, en général focalisés sur les chiffres et les ratios, dissertent-ils sur la psychologie des indépendants. Et ils sont vraiment forts ces types-là pour pouvoir apprécier, par avance, des résultats financiers alors qu’aucun chiffre n’est encore publié. (Les prévisionnels s’annoncent excellents).

D’accord, l’information économique n’est pas facile à vendre. Mais le groupe de Claude Perdriel nous a toujours habitués à plus de précautions et d’élégance. A vouloir être trop racoleur, Challenges est en train de perdre son crédit. Est-ce que la rumeur d’OPA sur Danone était du même acabit ?

Ce matin, la rédaction me propose de répondre « à quelques questions sur la manière dont on dirige un groupe d’indépendants ».

Excusez-moi, Claude, Vincent, Christine et les autres, mais vous en faites vraiment un peu trop. C’est lourd !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 15 septembre 2005 dans Actualités / Débats (Distrib.)
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14 septembre 2005

Oligopole : haro sur les prix du gaz bouteille

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Ante-scriptum : « J’hésitais à vous en parler. Je ne veux surtout pas transformer ce blog en tribune publicitaire. Mais après réflexion, j’ai pensé intéressant de montrer à quel point peuvent subsister des dysfonctionnements dans un marché, a priori, ouvert à la concurrence. Et "Cloitre" (quelqu'un de la maison ?) a commencé à en parler le 08/09/05. »

Réunion de travail, ce matin, avec mes collaborateurs du département « énergie ». Nous lançons, ce mois-ci, une très grosse offensive sur le marché du gaz bouteille en commercialisant un produit 25 % moins cher que le prix du marché.

10 millions de Français achètent environ 50,7 millions de bouteilles de gaz (13 kg), dont 64 % en butane et 36 % avec du propane. La grande distribution en commercialise 65 % (dont 10 % Leclerc), mais elle n’est que « revendeur ». Quatre « acteurs historiques » se taillent la part du lion.

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Ces dix dernières années, toutes les publicités vantaient les mérites de l’équipement des foyers en gaz bouteille. Mais le prix de ce produit a augmenté bien plus que toutes les autres énergies : 26 % de 2000 à début 2005, contre 3 % pour l’électricité sur la même période. Résultat : en France, le prix du gaz conditionné est le plus élevé d’Europe. Exemple : ce printemps, les foyers belges achetaient leurs bonbonnes 44 % moins cher que dans l’hexagone (17,68 € contre 25,54 €).

Par quel artifice est-on arrivé à cette aberration ?
Comme je vous le disais, le marché est libre et, théoriquement, ouvert à d’autres opérateurs. Mais il fonctionne comme un cartel dont les acteurs ne cherchent pas à se « piquer des clients ». De fait, les parts de marché restent stables.
Et puis, avez-vous remarqué : en zone rurale, comme dans beaucoup de petites villes, les revendeurs proposent plusieurs marques. Mais les panneaux publicitaires affichent un seul prix…le même pour tous les produits.

Qu’est-ce qui empêche les consommateurs d’acheter des bouteilles moins cher ?
Outre la quasi uniformité des prix de vente, c’est le système de consigne qui rend la clientèle pratiquement captive.
Tout consommateur qui s’équipe doit commencer par verser une sorte de dépôt de garantie (20 à 30 €). Mais chaque fabricant a « typé » ses bouteilles. Aucun accord d’échange entre fournisseurs ! Un client ne peut donc changer de marque qu’à condition d’investir dans une nouvelle consignation (avec toutes les tracasseries qui vont avec, puisque les marques exigent la restitution de la première facture souvent égarée).

Comment avons-nous procédé ?
Il fallait passer l’obstacle des problèmes logistiques : stockage et capacité d’emplissage. Ces moyens existent en France. Mais évidemment, ils sont réservés aux opérateurs existants. Nous avons donc fait fabriquer nos bouteilles au Portugal (chez un fabricant qui approvisionne une grosse partie du marché européen). Elles sont expédiées à Gand (Belgique) dans un centre remplisseur (auquel seront aussi envoyées les bouteilles vides pour être reconditionnées). Nous avons ouvert 8 plates-formes de stockage intermédiaire en France. Et 14 camions de distribution, spécialement équipés, approvisionnent les points de vente.
Pour recruter les clients intéressés par cette offre, il fallait aussi résoudre le problème de la consigne. Nous ne pouvions pas récupérer les bouteilles à l’effigie des autres marques (qu’en aurait-on fait ?). Le premier achat devait donc inclure un prix de bouteille et de consigne inférieur au prix d’achat habituel. D’où le tableau suivant.

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Avec ce système, dès le deuxième achat, Clairgaz (la créativité de la marque ne vous aura pas échappé, sic !) est vendu 25 % moins cher.

Pour être complet, signalons qu’Auchan s’est, lui aussi, attaqué à ce marché dans la région du Nord. Nul doute qu’en réaction, il va étendre son offre sur toute la Fra