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12 janvier 2006

Labels bio, équitable, environnement : La leçon des Coop Suisse !

Les consommateurs suisses sont parmi les plus gros acheteurs de produits issus du commerce équitable (pour l’anecdote, 50 % des roses vendues au pays de Guillaume Tell sont labellisées Max Havelaar ! ! ! ».
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Idem pour le bio : 30 % des produits agricoles helvètes, compte tenu de cet engouement, se revendiquent de cette certification.

Le rôle de la distribution coopérative a été exemplaire dans ce développement. Migros, puis les Coop de consommateurs ont largement relayé l’aspiration quasi naturelle des Helvètes pour la défense de leur environnement. Au point qu’aujourd’hui, Coop Suisse (2ème distributeur) y commercialise 50 % des produits bio. Avec des taux records qui interpelleront tous les professionnels hexagonaux : 50 % du marché du lait, 51 % des œufs, 35 % des carottes, etc…

J’avais, hier, organisé le déplacement à Bâle de toute une task force : cadres et adhérents de mon enseigne engagés dans le développement durable (secteur achats, logistique, contrôle qualité). Visite passionnante, depuis l’arpentage des rayons d’hyper où s’affichaient bien visibles les différents labels écologiques, jusqu’au siège de la coopérative avec les chefs de projet et les « category managers ».
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La stratégie des Coop s’appuie sur le développement de « labels de compétence » :

- Coop Naturaplan distingue les aliments biologiques certifiés par un « bourgeon » ainsi que viandes et œufs issus d’élevages respectueux des animaux.
- Coop Naturaline labellise les textiles et les cosmétiques produits selon un cahier des charges écologique et éthique. Exemple : vente de coton bio et équitable, origine Inde.
- Coop Oecoplan souligne les produits et emballages dont les engagements environnementaux sont certifiés. Et aussi les services tels le réseau des « pressings-maison » qui ont remplacé le perchloréthylène par un solvant moins polluant.
- Max Havelaar est partenaire des Coop et labellise les produits du commerce équitable.
- A ces certifications viendront bientôt s’ajouter un label « végétarien » et un autre « antiallergénique ».
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Pour ceux que le détail de ces initiatives intéresse, Coop Suisse édite une brochure très complète, en français ou en allemand, qu’on peut acquérir au siège des Coop (Info Service, Case postale 2550, 4002 Bâle).

De cette visite, mes collaborateurs et moi-même avons retiré beaucoup d’enseignements. Je livre, pêle-mêle, quelques observations particulières.

1) Les Coop se sont engagées à fond, dès le début des années 90, dans le développement durable. Inutile de dire que même à l’époque, ce n’était ni une mode, ni un véritable investissement marketing. Le groupe a tout de suite rencontré un problème d’offre limitée. (Les producteurs bio peinaient à exister au milieu d’une agriculture hyperproductive avec sa surproduction de lait et ses montagnes de beurre).
Le distributeur s’est donc investi dans des accords de filières, avec des partenariats individualisés.
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2) Coop a donc dû appuyer le développement de ces gammes grâce à ses propres marques.

a) Aujourd’hui encore, peu ou pas de marques de producteurs (pas d’AOC, d’indications spécifiques de terroir comme en France…). Même les produits locaux sont aux marques et aux labels « Coop Suisse ». On ne peut certes pas parler de « filières intégrées », mais, à coup sûr, les producteurs sont dépendants du marketing de l’enseigne.

b) Conséquence : la production bio en Suisse s’est terriblement concentrée. En France, elle est atomisée dans des centaines d’exploitations. En Suisse, 4 à 5 « grosses firmes agricoles », par segment de marché, y compris dans l’élevage, proposent l’offre labellisée vendue chez Coop.

c) S’il existe en Suisse des organismes « nationaux » labellisateurs, on n’en voit pas beaucoup les sigles sur les produits (contrairement au Label Rouge ou au logo AB (Ecocert) en France). Du coup, les labels Coop représentent 30 % des ventes de l’enseigne ! ! ! Coop fait cependant appel à Max Havelaar pour les produits équitables, mais pas sur tous les produits (notamment d’origine Asie).
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3) En France, les ONG y verraient malice (Cf. débat sur la multiplication des certifications privées et l’auto-saisine des pouvoirs publics dans cette affaire). Pas de problème de ce type en Suisse (si j’en crois nos interlocuteurs). Deux explications sont avancées :

a) Les ONG sont très positives (idéologie protestante, Cf. Max Weber ! ! !). Un peu plus vindicatives en Suisse romande qu’en Suisse allemande. Mais elles sont très pragmatiques. Et les 2 millions de consommateurs de Coop sont co-propriétaires (pléonasme) de leur coopérative, d’où maxi confiance.

b) La demande elle-même n’est pas politisée, ni « idéologisée ». Nos interlocuteurs considèrent que l’approche environnement/bio des clients ressort d’une attitude plutôt « égoïste ». Priorité d’abord à la préservation de leur propre santé ou de leur patrimoine (paysage, qualité de vie, tourisme, etc…).

4) Ce contexte particulier a permis aux productions bio et aux produits du commerce équitable de sortir de leur marché de niche. Sans compter qu’indirectement, le prix du bio a bénéficié « d’un écart de prix » relativement faible par rapport à une agriculture conventionnelle déjà très chère (une réglementation très protectionniste met les agriculteurs locaux à l’abri de la concurrence européenne).

5) Mais ce contexte particulier conduit aussi à quelques exubérances et contradictions. Quelques exemples en parcourant un magasin :

a) Les produits bio sont très festifs (ce qui les rend très attractifs). Rien à voir avec le marketing paupérisant de certains produits hexagonaux ou nordiques. Les packagings, comme les arguments publicitaires, revendiquent plutôt le goût, l’achat plaisir…que l’achat militant !

b) Les produits frais bio sont tous recouverts de polyéthylène (pas de PVC bien sûr). Explication étonnante : « Ne pas contaminer le bio dans sa cohabitation avec les produits conventionnels ». Quel gaspillage d’emballage !
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c) Les gammes bio sont richement déclinées. Avec excès, parfois ! Ainsi, ces œufs durs sortis d’une gamme « Pique-nique », bio de chez bio, colorés en bleu ou en rouge(pour ne pas les confondre avec des œufs frais) ! Rien ne justifie évidemment qu’ils soient vendus 1 F suisse de plus que le bio classique (ou alors, ça fait cher la cuisson écolo ! ! !).
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Ou encore, ces œufs brouillés (bio) commercialisés en brique pour 2 ou 4 personnes ! Je ne vous dis pas le prix…
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Enfin, que penser de ces gammes bio spécifiques enfants (exemple : une référence de pomme, au goût sucré !).
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d) Moins anecdotique, mais en complète contradiction avec les objectifs affichés d’économie d’énergie et de lutte contre le gaspillage, toutes les gammes bio sont déclinées en portions individuelles. Avec des dizaines de petits packagings pour abriter « sauces, yaourts, purées de fruits, confitures et condiments », etc…

e) Et pour finir, ces suremballages en carton, détachables, qui entourent le plastique des « ultra-frais », théoriquement justifiés pour que les consommateurs puissent les séparer lors du tri sélectif…alors qu’il suffirait d’imprimer le pot et d’en faire l’économie !

6) Nouveautés : Coop a récemment noué des partenariats de co-branding avec des grandes marques industrielles (Skip, Knorr) ou sélectives (Weight Watchers…) dans le bio et la diététique. Voilà qui ferait bien hurler les associations françaises… Mais apparemment, ici, ça passe…
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Bon, j’arrête là ces remarques. Au-delà de ces commentaires, je retiens la détermination et la performance de Coop Suisse. Exemplaire !

Au Sommet sur le Développement Durable de Johannesburg, l’ONU lui a décerné le Prix International des Partenariats en faveur du Développement Durable. Bravo, c’est mérité. A nous de relever le défi…
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Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 12 janvier 2006 dans Actualités / Débats (Conso.) , Commerce équitable , Distribution , Développement durable , Environnement , Objectif qualité
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Les commentaires : 20

poste_parLe 25 mars 2006 - 0:10 Jean-Michel FITAMANT GUENGANT a dit :

Bonjour.
J'ai plaisir à lire les différents avis que suscite le commerce équitable. Le besoin de coordination et de normalisation démontre au moins une volonté, parfois malhabile, de développer plus de valeur humaine dans nos échanges commerciaux et dans la vision que nous avons de notre consommation. En ce qui me concerne, je suis en homme de terrain. Je suis breton (ma grand-mère landernéenne connaissait très bien Mr Leclerc Père), mais je réside au Mexique où je dirige Égrégos, une jeune et très petite entreprise sociale dont le but est de développer des coopératives et collectivités de travail dans le monde rural et artisanal du Mexique défavorisé, la plupart du temps, auprès de communautés indigènes. Nous travaillons sur toutes sortes de projets : des coopératives agricoles, des préparations culinaires, des articles céramiques, etc.
Comme nous créons (ou presque) les entités depuis l'origine, nous sommes à même de pouvoir enseigner d'emblée le respect des normes sévères que nous impose l'Europe. Et c'est un véritable défi. Inimaginable pour certains. Mais ces personnes, aussi pauvres soient-elles, ont un sens des valeurs tel (mais aussi des conditions de vie tellement misérables) qu'ils prennent vite conscience des enjeux auxquels ils prennent part et finissent par faire preuve d'une incroyable conscience professionnelle !
Le problème est que, si vous vous battez pour normaliser les produits biologiques et issus du commerce équitable en Europe, nous, on se bat sans argent pour essayer de vous convaincre d'acheter nos produits, sans moyens pour expédier la moindre caisse ou un container. Nous sommes seuls. Dans les années 60, les producteurs de café du Chiapas et de Oaxaca (un peu au Sud de chez nous) ont entamé un mouvement vers un café plus équitable, mais il a fallu 40 ans pour arriver là où on en est aujourd'hui! Nous avons des produits extraordinaires dont nous sommes convaincus du succès auprès des consommateurs s'ils étaient connus. Mais comment venir vers vous ?
Pour la petite histoire, la première fois que j'ai pris contact avec l'un des membres de la PFCE en France, le premier commentaire que j'ai reçu a été de mettre en doute la sincérité de ma démarche sociale au Mexique !!! Bon courage !
Les gens avec lesquels je travaille ne peuvent se permettre d'attendre d'être "trouvés" par les intervenants locaux (s'il en existe) de Fédérations européennes. Ils ne peuvent même pas être identifiés par les agents d'importation locaux puisque, évoluant dans une économie parallèle de système d'échange basé parfois encore sur le troc (Hé oui, ça existe encore - Réveillez-vous !), même le gouvernement ignore à peu près tout d'eux. J'en sais quelque chose. L'un de mes principaux partenaires institutionnels étant le Secrétariat de Développement Rural de l'État de Jalisco, ils se prennent la tête à pouvoir me renseigner sur des données de base... Personne ne sait où sont les pauvres et ce qu'ils font. Les statistiques officielles sont issues d'équations aux données interpolées et facteurs aléatoires tellement nombreux qu'ils feraient rire (ou pleurer, selon le cas) un technicien de l'INSEE.
Bon, j'arrête là ! Simplement pensez à nous, contactez-nous pour qu'on puisse vous parler de nos produits merveilleux, des gens qui travaillent ici, de leurs attentes, de leur conditions de vie : jmfitamant@hotmail.com
Merci à vous tous qui en Europe vous engagez dans un sain militantisme. Merci à vous tous qui dépensez de l'argent pour qu'un enfant puisse être convenablement éduqué et à terme, rompre la spirale de la misère familiale dans laquelle sa famille croupit depuis trop longtemps.
Jean-Michel FITAMANT GUENGANT
Zapopan, Jalisco, México.

poste_parLe 8 mars 2006 - 15:30 M.E.L a dit :

Réponse à JOUFFOY (15/02/06)

D’accord, et pas d’accord !
OK pour votre observation sur la « culture du bien-être » dans les pays protestants. OK aussi pour la relation privilégiée du binôme producteur/distributeur en Suisse. J’ajouterais que cette relation a été artificiellement construite à l’abri d’un protectionnisme agricole (quotas d’importation, prix élevés, etc…) qu’il est impossible d’envisager dans nos pays de l’UE.
Mais pas d’accord avec votre opinion selon laquelle il est impossible d’établir une relation de long terme avec nos fournisseurs, vu l’annualité des contrats.
a) D’abord, cette annualité est purement formelle. 99 % des contrats sont reconduits. Au moins dans leurs termes principaux. Les discussions (les négociations annuelles), même si elles mobilisent trop d’énergie et d’hommes, portent finalement toujours sur les aspects marginaux de l’échange. Incontournables (prix, ristournes, tarifs), mais sans remettre en cause la relation de confiance avec les marques ou les producteurs pour ce qui concerne la qualité de leurs produits et leur capacité d’innovation.
b) Le lancement des gammes de commerce équitable dans la grande distribution démontre ce qui pourrait être fait avec le bio. Jusqu’à il y a 4 ou 5 ans, les produits de commerce équitable étaient distribués dans des circuits relativement confidentiels (militants ou à fort pouvoir d’achat). C’est l’organisation de l’approvisionnement, l’élargissement des gammes et la construction de marques à l’initiative de Malongo, Alter Eco, Ethiquable, etc…, qui ont rendu possible la permanence de cette offre dans la distribution de masse. La croissance de ce marché se fait aujourd’hui à deux chiffres dans l’hexagone.
Voilà pourquoi, si la production bio était mieux organisée, moins atomisée, et plus au fait des réalités marketing, logistiques et tarifaires, elle aurait un bel avenir dans nos rayons.
Aujourd’hui, sauf quand il est proposé par des grandes sociétés multinationales, c’est nous qui allons chercher le bio. Et reconnaissez-le : le bio est cher, vu les résistances idéologiques, culturelles, ou tout simplement personnelles…à rechercher des économies d’échelle.

poste_parLe 15 février 2006 - 22:20 JOUFFOY a dit :

Réponse à MEL - Le 15 février 2006 - 14:40

MEL, je suis en phase avec vos arguments à propos des capacités marketing et de l'organisation marché que peuvent avoir les groupements de producteurs bio en Suisse ! Oui, ceux ci peuvent très certainement aborder les principaux distributeurs hélvètes au même titre qu'un géant du CPG.

Mais cristalliser l'insuccès ou la laborieuse progression des produits bio en France sur le seul argument du corporatisme et du militantisme agricole sous estime quelque peu l'ampleur du problème ! C'est une part de la vérité, mais il y a d'autres aspects qu'il faut aussi mettre en avant. Vous oubliez par exemple :

1. Le consommateur : si on résonne par grandes typologies de population, les habitudes de consommation et les attentes entre un consommateur moyen français et un consommateur lambda suisse, à propos du bio, sont très différentes. La Suisse, à forte culture protestante, et surtout du côté allémanique de la confédération, a depuis très longtemps privilégié la culture de la santé et du bien être par l'alimentation saine, donc le bio ! D'où la position avancée des producteurs bio, parcequ'ils ont des canaux de vente et de consommation assez naturels en Helvétie ! Ce qui est loin d'être le cas en France avec le consommateur moyen français poussant tous les samedis sont caddy en super ou en hyper, toutes CSP confondues (hormis les bobos :). Nous avons donc en France une agriculture bio beaucoup moins organisée, moins structurée, plus atomisée !

2. La distribution : le microcosme hélvète présente une particularité forte que ne présente malheureusement pas la distribution francaise : la logique de relation à long terme, dans un souci sociétal de développement durable du tissu économique national ! Cette logique étant même poussée au maximum vu qu'un distributeur, avant de commercialiser un produit importé dans ses raysons, doit prouver qu'il ne peut pas acheter le même produit en Suisse (ce qui est aussi vrai avec le marché du travail vu que la Suisse régule son flux de frontaliers en fonction des besoins de production non fournis par des suisses. C'est une vision presque nationaliste présentant quelques ... dangers ! Mais pour un petit pays comme la Suisse, elle a le mérite de construire une économie forte, basée sur une valeur ajoutée helvétique" (comme l'ont fait le Japon et l'Allemagne au sortir de la guerre). Et là, je me retourne vers vous, MEL, pour vous dire que le GALEC et tous ses concurrents sont très très très loins de cette vision sociétale, de cet engagement à long terme permettant l'investissement, l'innovation, ... et la contruction d'un binôme producteur distributeur fort, solide ! Je laisse aux pratiquants de la relation producteurs - distributeurs décoder.

3. Le producteur : là, je vous rejoins. Oui, il y a en France un milantitisme et un syndicalisme agricole (dans le bio aussi, bien sûr) puissant et très méfiant de la distribution ! Mais on se demande pourquoi ? La distribution française est elle en mesure de s'engager sur un plan à long terme permettant l'investissement ? Non, ce n'est pas possible, vu que les relations sont sur la base de contrats annuels, renégociables en cours d'année et révocables assez facilement ! La distribution française garantit elle un niveau de prix suffisant pour permettre à ces producteurs bio français plutôt mal organisés (par rapport à leurs voisins suisses) de vivre à peu près "normalement" (c'est à dire gagner un peu plus que le SMIC) ? Je ne pense pas, et une nouvelle fois je laisse les pratiquants de la distribution juger de mes propos !

Donc, MEL, je réitère mes propos, et j'affirme sincèrement que la différence de pratiques commerciales entre un distributeur français et un distributeur suisse et la différence dans les habitudes de consommation sur les bios font que ces producteurs suisses pourtant bien organisés rentreraient bien vite dans le canton de Vaud après un passage en France (au GALEC et comme ailleurs dans la distribution).

Encore merci pour cet espace de liberté !

Christophe JOUFFOY

poste_parLe 15 février 2006 - 14:40 M.E.L a dit :

Réponse à JOUFFOY (16/01/2006)

Non, Jouffoy, vous faites fausse route. En Suisse, les labels bio sont produits par des organisations très puissantes et capables d’opérations marketing et promotionnelles de qualité. Elles traitent avec la Migros, les Coop Suisse, Denner, les HD ou Carrefour, comme le ferait un Nestlé ou un Danone.
En Suisse, les producteurs bio ne cultivent pas le complexe du « petit », n’appréhendent pas la grande distribution, n’opposent pas de critères idéologiques à la commercialisation du bio en grande surface.
C’est donc un problème culturel. En France, les propagandistes (mais aussi les pionniers, il faut le dire) du bio et du commerce équitable ont souvent tenu un discours anti-grandes surfaces. Ca tient, en grande partie, à la politisation et au militantisme des acteurs de la filière. Rien de tout cela en Allemagne, en Suisse ou dans le Nord, et plus généralement dans les territoires anglo-saxons.

poste_parLe 20 janvier 2006 - 15:43 pierre le clair a dit :

pauvre cedric
pauvre jouffoy....

pauvres de nous qui avons encore quelques illusions sur l'implication réelle des structures de la grande distribution dans ce type de combat...tant que cela ne rapporte pas immédiatement.

et je me retiends pour modérer mes propos afin de rester dans le "lecleriment" correct...

poste_parLe 19 janvier 2006 - 18:03 M.E.L a dit :

Réponse à HERVE SEROL (12/01/06)

Je fais, chaque matin, le même parcours que vous. On a beau dire que la Seine est propre, que de tas d’immondices agglomérés entre les péniches et le long de certains quais… Oui, il y a du boulot !

poste_parLe 19 janvier 2006 - 18:02 M.E.L a dit :

Réponse à jeff (13/01/06)

Vous avez en partie raison. Il ne faut pas adapter les mêmes méthodes aux entreprises, sans tenir compte de leur taille ou de leur puissance de vente. C’est la raison pour laquelle j’ai créé dans le groupe une commission spécialisée dans les rapports avec les PME. J’y ai nommé des interlocuteurs qui leur sont accessibles par région et au niveau national. Eventuellement, ils peuvent arbitrer…
Je rappelle aussi que 90 % des produits de la Marque Repère sont fabriqués par des PME, que nous développons une gamme spécifique (Nos régions ont du talent) entièrement dédiée aux produits régionaux, y compris l’artisanat.
La difficulté vient en fait d’un problème psychologique, tout autant que commercial : les PME réclament une discrimination positive (dans la négociation commerciale). Mais en fait, elles revendiquent aussi de pouvoir être référencées nationalement, et d’être reconnues « dans la cour des grands ». C’est cette contradiction qu’il nous faut gérer avec une certaine diplomatie.

poste_parLe 19 janvier 2006 - 18:00 M.E.L a dit :

Réponse à Avranges (13/01/06)

Rien n’est comparable. Les consommateurs ont des comportements différents en Suisse et en France. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont les bonnes pratiques ; les expériences et les initiatives qui sont éventuellement reproductibles dans notre enseigne. Et de fait, nous avons fait une bonne moisson.
Je réponds enfin à votre observation sur le pouvoir d’achat. Evidemment, nos campagnes intéressent les Suisses au plus haut point. Le niveau des prix en Suisse est très élevé. J’en veux pour preuve que 50 % des clients du centre E. Leclerc d’Annemasse viennent de la Confédération.

poste_parLe 16 janvier 2006 - 20:34 JOUFFOY a dit :

Bonsoir MEL ! Encore mille mercis pour cet espace de liberté qui, au risque de me répéter, est tout à votre honneur ! Même si ils n'ont pas le même statut que vous, il serait tellement appréciable que MM. Mulliez, Van de Velde, Naouri, Bourriez et consorts fassent de même :)))

J'ai lu avec attention votre post à propos du succès (réel) des produits Bio auprès de vos deux confrères helvétiques, Migros et Coop ! Comme j'ai lu vos remarques, bien sûr très pertinentes.

Cette lecture instructive m'appelle également quelques remarques. Au-delà du fait que la distribution suisse n'a rien à voir avec ce qu'il se passe en France (micro marché réparti entre deux compétiteurs historiquement implantés dans le tissu local et préservant autant que faire se peut l'industrie helvétique), je constate une nouvelle fois que la concentration industrielle (3 ou 4 fournisseurs par gamme de produits) est le seul résultat possible, au détriment justement
de la préservation d'un tissu industriel sain et prospère... N'est ce pas ce qu'il est déjà arrivé en France et en Europe (en fait, dans tous les pays industriels), avec un effet terrible sur les emplois industriels ????

Sinon, comme Jeff le précise, j'adorerais être une petite souris pour voir comment réagirais vos acheteurs du GT5 à la SCACHAP, SCAPEST, SCAOUEST, ... si jamais un producteur de produits bio venait en référencement ? Avez vous songé à inviter ces quelques fournisseurs suisses qui semblent satisfaire les consommateurs hélvétiqes à venir faire un tour de table dans vos centrales d'achats ???? Pour être honnête, je pense que ces mêmes fournisseurs tourneraient les talons très rapidement, assez surpris des méthodes d'achat "français", très loin des pratiques suisses basées sur le partenariat long terme, sur la responsabilité commune et civique, ... !

Un Franco Suisse !

poste_parLe 16 janvier 2006 - 16:40 Cédric a dit :

justement moi aussi je m'intéresse au commerce équitable. Un projet professionnel j'entends. J'en parlerai d'ailleurs (dans quelques mois j'espère) au GALEC. Espéront que les acheteurs comme les adhérents s'intéressent au problème d'aussi près que MEL. Je trouve que l'idée de vendre de la qualité plutot que de tout miser sur l'achat militant est une bonne chose. Les produits commerce équitable peuvent être bien meilleur et tout aussi compétitifs que les autres. La condition et ca a été dis en dessous c'est toujours pareil c'est les volumes.

poste_parLe 14 janvier 2006 - 2:44 Athanor à Ealyn a dit :

JE vais me faire avocat du diable LOL mais... Effectuant mes achats à la concurence (magasin Bio ou Carrefour par exemple), en matière de fruits et légumes Bios, je constate malheureusemnet une dégradation de la qualité, apparemment en faveur de la quantité...

Avec le bio on avait la qualité et le gustatif, à l'origine...

Maintenant ? Bien mes tomates bios sont finalement qualibrées et apparemment cultivées bios en serre :

RESULTAT : Aussi fade que les tomates classiques traitées ; aucun goût.
Si seulemetn on pouvait continuer à cultiver les tomates bio de façon non industrielle, de façon à ce qu'on mange encore des produits naturellement bons...

Ma seule solution sera sinon : Ne manger que des fruits et légumes de saison, et manger de bonnes tomates du jardin en été...

poste_parLe 13 janvier 2006 - 17:29 Mohamed Sevran a dit :

.Désole:
Je disais donc le prix plus ou moins élevé des produits du commerce équitable est essentiellement du au volume relativement faible de ces produits. Les filières équitables peuvent être aussi productive que les autres à condition qu'ils fassent du volume.


PS : merci MEL pour ta réponse ( 2006 Mondialisation etc...) mais le projet est déjà en marche avec une autre enseigne. Néanmoins félicite de ma part le directeur du Leclerc de Clichy car j'ai l'impression que malgré l'environnement difficile du magasin, les produits équitables cartonnent!!!!!!!!!!!
Cela serait bien que tu fasses une visite médiatique dans le magasin de Clichy histoire d'améliorer l'image de la ville et du département.

poste_parLe 13 janvier 2006 - 17:11 Mohamed Sevran a dit :

effectivement M.E.L la Suisse est un exemple à suivre. Par ailleurs il se vent plus de bananes équitables en Suisse que de bananes issues d'une filère traditionnelle. Je pense que c'est la preuve qu'au dela de l'aspect solidaire de la demarche, le commerce équitable constitue un mode d'echange de plus en plus competitif. Alter Eco chez nous en france est une entreprise qui se developpe très vite et qui devient de plus en plus competitive. Le prix elevés des produits du commerce équitable n'est pas

poste_parLe 13 janvier 2006 - 16:18 passombre a dit :

Avant on disait: Fumer en Suisse !
Maintenant peut-on dire:Manger en Suisse !

poste_parLe 13 janvier 2006 - 15:26 Avranges a dit :

MEL,

Peut-on décemment comparer la distribution en Suisse et celle en France : le PIB par habitant n'est pas tout à fait le même non ?

Vous rêvez devant le marketing suisse, est-ce que votre communication en faveur du pouvoir d'achat intéresse et fait rêver les Suisses ?

poste_parLe 13 janvier 2006 - 14:18 Brosse Xavier a dit :

Oui l'enseigne Leclerc à une très bonne qualité et le fait que l'onu favorise le commerce équitable n'est pas la seule solution ! il faut que les sociét soient "interressée" aussi pour les résultats en bénéfices qualité quantité mais bien faire comprendre que le commerce équitable est comme la grande distribution liée aux autres secteurs d'activitées industries, immobiliers, équipements aménagements du territoire ! l'objectif est de qualifiéer la sociét appliquée une gestion spécialisée de l'avolution équilibre pour le but du commerce équitable et de la sociét en général qualité pour la clientèle !
Le fait de spécialisée comme un b to b , une qualification clientèle connaisances habitudes pratiques intérêts moeurs et évolution temps lieux distances perment une qualité de résultas et une solbailité d'activité et donc de développer des spécialisations comme des situations du marché le commerce équitable !
LECLERC comme marque doit faire de la qualité, il en a les capacité et surtout être de bonne concurrence car il ne peut résoudre à elle seule la problèmatique du commerce équitable et des échanges internationaux dans leurs intérêts tout en préservant et protègeant ses clientèles spécifiquement par un mode de consommation adaptée moderne et efficace pour la société les clients les personnels !
le commerce équitable ne doit pas nuire aux autres produits il ne doit pas non plus être accaparé par une société nuisible et conservatrice !

poste_parLe 13 janvier 2006 - 13:20 jeff a dit :

Bonjour MEL

vous êtes favorable au commerce équitable, alors appliquez ce précepte pour une équite dans le commerce pour la petite PME française et de grâce arrétez en commission d'achat d'amalgamer les gros avec les petits, il n'en restera bientôt plus.
Il fallait le dire.

poste_parLe 13 janvier 2006 - 11:16 pierre le clair a dit :

à nous de relever le défi ?
encore faudrait il en avoir la volonté réelle (et non seulement affichée dans tel ou tel blog)
ciel, j'avais promis de modérer mes propos en 2006......

poste_parLe 12 janvier 2006 - 22:57 aureuscodex a dit :

Oui Hervé Serol a raison, sauvegarder ce qui nous reste sur notre planète qui a déjà tellement souffert, la nature est généreuse, mais il ne faut pas continuer à la bouleverser.
Merci à tous ceux qui s'en préoccupent et à Hervé Serol.

poste_parLe 12 janvier 2006 - 21:12 HERVE SEROL a dit :

RE bonjour...
Marcherions nous sur la tête? aurions nous oublié d'où nous venions et souhaiterions nous ignorer où nous allons? certainemen, droit dans le mur! En effet, le commerce équitable, c'est bien, celà permet de faire vivre plus dignement des gens dans des pays dits "pauvres"....mais que faisons nous réellement pour notre planète, pour la préserver, la faire durer? Je suis passé au GALEC mercredi, j'ai longé la seine sur quelques kilomètres et j'ai non seulement vu flotter des bouteilles et des bidons mais des agents remontaient des carcasses de voitures....et pas des tractions avants ou des 4CV; des véhicules récents.....sans parlé des dizaines de canettes qui jonchaient les quais....et les passants qui....passaient, sans rien voir; ils avaient le même regard que lorsque ils regardent un SDF, le regard de l'ignorance....Comment sensibiliser le citoyen? PUB, presse, TV, subventions, substitution....je pense que plutôt que de dire les choses, il faut agir et donner aux citoyens de véritables outils qui lui permettraient de faire "chaque jour un geste pour l'environnement", il est "encore" judicieux d'apprendre aux gens à pécher plutôt que de leur donner du poisson! ces outils existent et sont simples; Apologiature, fidèle Blogueur de M.E.L a pu en voir un sur notre site....et peut être bientôt dans les Hypers Leclerc...(merci aux gens du GALEC, (RP, LH, CG pere et fils du SCAPEST)pour leur accueil et leur gentillesse!
Sincères salutations
HERVE SEROL
www.cdcsarl.com


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