2 mars 2006
COOPERNIC, l’avenir de LUCIE, le partenariat avec Système U

Je réponds à des questions et commentaires déposés sous ma note du 16 février, par BOYE WILLY, Erosoft, MICHEL, Chapoteau et quelques autres.
L’annonce de la création de COOPERNIC a suscité des interrogations sur l’avenir de la coopération E. Leclerc/Système U en France. D’autant qu’à l’origine, les deux enseignes partageaient le projet commun de fédérer d’autres indépendants européens. Jean-Claude Jaunait, former Président de Système U jusqu’à 2004, n’avait cessé de solliciter les adhérents de l’UGAL (Union des Groupements de Détaillants Indépendants de l’Europe) pour les convaincre de nous rejoindre. Et les adhérents de Système U nourrissaient, avec nos partenaires italiens du groupe CONAD, un même désir de partenariat. Ce n’est donc pas par défaut de projet, ni par démission, ni même désintérêt que Système U n’a pu faire partie du lancement de COOPERNIC. C’est l’attitude des pouvoirs publics français, et les risques inhérents à l’évolution de la politique nationale de concurrence qui ont rendu ce projet impossible.
Pour comprendre, un peu d’histoire :
1) Le partenariat E. Leclerc/Système U
L’union de coopératives LUCIE qui devait devenir le creuset de la collaboration entre les deux enseignes, a été fondée le 1er mars 1999. La vocation de LUCIE était de fournir à nos adhérents respectifs des prestations, des équipements et des moyens de gestion susceptibles d’améliorer leur performance. La coopérative a donc lancé des opérations économiques communes, dans des conditions paritaires pour les deux groupements (de coûts comme de résultats). De 1999 à aujourd’hui, ont été traités en commun l’approvisionnement en carburants, le référencement national des grandes marques PGC et les premiers prix alimentaires.
LUCIE n’a pas démérité. Au sein de la coopérative, nos adhérents ont même étendu le champ de leurs activités en construisant un référentiel commun de détention de gammes en optimisant les coûts logistiques de la distribution des produits premiers prix.
Preuve que ces synergies ont été bien exploitées et que nos adhérents y ont trouvé leur compte : les deux enseignes, depuis 1999, n’ont cessé d’accroître leurs parts de marché. Elles ont résisté au hard-discount et damer le pion à leurs collègues intégrés.

2) La mauvaise volonté des pouvoirs publics
En plein débat sur la loi Galland, et sous la pression de certains groupes intégrés qui refusaient la réforme, les pouvoirs publics ont volontairement choisi d’ignorer la formidable opportunité que constituait l’émergence d’un grand réseau d’indépendants européens, piloté par nos deux enseignes françaises.
Dès le mois d’août 1999, le Ministre de l’Economie et des Finances jetait la suspicion sur LUCIE en saisissant le Conseil de la Concurrence, parallèlement à une action intentée contre Cora/Casino. Dominique Strauss-Kahn a eu beau me dire qu’il ne pouvait « pas faire autrement » que de porter les deux affaires devant le Conseil. Dans un cas, il s’agissait d’une concentration dont il pouvait être pertinent d’étudier les effets sur un même marché. Dans le cas de LUCIE, rien de tel puisque le statut coopératif de cet organisme lui conférait un cadre légal pré-établi. Je suspectais d’autant plus un mauvais coup que les pouvoirs publics français n’avaient rien trouvé à redire à la récente méga fusion Promodès-Carrefour, vite entérinée.
Inutile de vous dire que, comme cadeau de baptême, les pouvoirs publics pouvaient faire mieux. Comment voulez-vous que, dans ces conditions, nous puissions négocier avec les fournisseurs de manière efficace.
Lors du débat sur la nouvelle Loi de Régulation Economique (NRE), les pouvoirs publics ont tout fait pour limiter la capacité de négociation d’une coopérative comme la nôtre à la seule production de prestations commerciales communes…ce qui aurait eu pour effet de transformer notre partenariat en entente…
La loi Jacob/Dutreil a, de surcroît, rendu quasiment impossible la négociation des tarifs… LUCIE ne peut donc fonctionner de manière optimale…
3) La réaction de E. Leclerc et Système U
Dans ces conditions, Serge Papin (nouveau Président de Système U) et moi-même avons été obligés de prendre acte de l’évidente mauvaise volonté des pouvoirs publics à l’égard de nos projets. D’autant que nos deux groupes sont devenus les principales cibles des contentieux « très politiques » lancés à l’initiative du Ministère des Finances à notre égard (procès à Nantes et à Nanterre). De là à dire que les pouvoirs publics, comme dans l’affaire de l’attribution des stations d’autoroute, ont privilégié servir la cause des distributeurs intégrés…
Les adhérents de Système U et de E. Leclerc ont donc décidé d’un commun accord :
- de limiter les missions de LUCIE au partenariat économique inattaquable sur le plan juridique (carburants, logistique, etc…),
- de souscrire, chacun de son côté, à une alliance internationale : Système U ralliant EMD, E. Leclerc poursuivant seul son projet de fédérer, dans COOPERNIC, REWE Allemagne, CONAD Italie, COOP Suisse, COLRUYT Belgique.
4) Toute la messe n’est pas dite
Les adhérents E. Leclerc et Système U ont la ferme conviction de partager les mêmes valeurs, une même histoire, et poursuivent un même objectif : défendre la libre entreprise, leur indépendance, l’efficacité du lien coopératif, un projet consumériste ancré dans chacun de leur territoire d’implantation…
Parallèlement au maintien de certaines formes d’échanges, E. Leclerc et Système U ont décidé, dès 2005, de se rapprocher de leurs cousins d’Intermarché. Et avec eux…
- Nous avons rejoint la Fédération du Commerce Associé, FCA, (Cf. blog du 19/05/2005), au sein de laquelle, avec Système U et Intermarché, E. Leclerc va plus que jamais défendre le statut des distributeurs associatifs, la pertinence de leur mode d’organisation et de leur modèle économique. En rejoignant les enseignes spécialisées du Commerce Associé, nous pensons pouvoir faire école, aider d’autres commerçants à s’organiser, et à se positionner comme réseau alternatif au modèle boursier.
- Nous avons adhéré à la FCD avec le statut spécifique de membre associé. Nos trois enseignes d’indépendants travaillent de concert dans les Commissions « Social », « Formation », « Développement Durable » et « Sécurité Alimentaire ». Au sein d’une FCD qui devient de plus en plus une vraie interprofession, nos adhérents auront l’occasion de défendre leur vision, la confronter à celle du commerce intégré, et « peaufiner » leur lobbying.
Voilà donc pourquoi la création de COOPERNIC, avec d’autres distributeurs indépendants européens, n’empêchera pas les adhérents des réseaux E. Leclerc et Système U d’écrire quelques autres pages communes de l’histoire de la distribution française.
Et puis, qui sait si un jour…
Posté par M.E.L. le 2 mars 2006 dans
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Les commentaires : 15
Le 23 mars 2006 - 18:27 M.E.L a dit :
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Réponse à LEFEVRE (12/03/06)
Vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : ACDLec, 52 rue Camille Desmoulins, 92451 Issy-les-Moulineaux.
Le 23 mars 2006 - 18:24 M.E.L a dit :
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Réponse à Florence (08/03/06)
Je pense que nous pouvons partager avec les Coop suisses un même fichier fournisseurs et étendre ainsi nos gammes. Mais bien sûr, il faut adapter les marques. Et nous pouvons aussi leur faire découvrir nos labels.
Le 14 mars 2006 - 9:17 LOLLIERON a dit :
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Monsieur Michel-Edouard Leclerc,
Je vous remercie de votre réponse. Ca fait plaisir de voir qu'un grand patron comme vous, qui doit être occupé plus que de mesure, reste malgré tout disponible et HUMAIN.
Et, pour tout vous dire, j'avais déjà trouvé cette adresse et me suis permise de vous y écrire. En espérant bonne reception de mon courrier, je vous souhaite une bonne continuation.
Encore merci.
Le 13 mars 2006 - 21:36 Krabi a dit :
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La grippe aviaire cotée en bourse : http://www.lesmotsdelinfo.com/word.php?word=Grippe%20aviaire
Le 12 mars 2006 - 17:50 M.E.L a dit :
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Re-Florence (6/03/06)
Vos questions sont pertinentes. Je ne peux pas vous répondre aujourd’hui. Non pas que je manque de réponses. Mais elles sont vraiment confidentielles. Elles concernent la stratégie de nos groupes respectifs. Pas la peine d’offrir aux amis internautes qui travaillent chez les concurrents une information qui pourrait leur permettre de trop anticiper et de réagir.
Le 12 mars 2006 - 17:49 M.E.L a dit :
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Re- lollieron (6/03/06)
Vous pouvez m’écrire
Michel-Edouard Leclerc
ACDLec
52 rue Camille Desmoulins
92451 Issy les Moulineaux Cedex
Le 8 mars 2006 - 18:10 Florence a dit :
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Salut,
Je viens de lire une autre note intéressante 'le label bio, équitable, environnement : la leçon des COOP suisses'.
A première vue, ils sont plus soucieux que nous de l'écosystème. Mais on y vient! Le commerce équitable était inconnu il y a 10 ans, aujourd'hui, le terme en tout cas est passé dans les moeurs! Quant à passer à l'achat, il y a encore un peu de travail. Auriez-vous quelques chiffres concernant la progression des ventes des produits Max Havelaar, par exemple?
Dans votre note du 7 mars 2006, vous dites que l'Europe manque de personnalité. Je répondrai que l'Europe créée est d'abord verte.
C'est très bien de voir qu'il existe d'autres labels en Suisse et ce serait bien de les importer ou de les faire connaître. Mais en contrepartie, si les labels suisses ont pour nous des noms exotiques qui peuvent plaire, il faut impérativement imposer nos AOC et nos labels qui je pense, peuvent par leur caractère et leur terroir s'imposer comme des produits de qualité.
Tchao M.E.L.
Le 8 mars 2006 - 17:53 erosoft a dit :
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J'avais lu après coup dans le télégramme, qu'effectivement l'état jouait les troubles fêtes dans l'alliance U/Leclerc.
Mais je suppose qu'une fois COOPERNIC approuvé par Bruxelles, U viendra se rallier à vos cotés, sans que notre ministre de l'économie ne trouve quelque chose à redire, non?
Le 8 mars 2006 - 17:25 Florence a dit :
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Salut,
La progression en part de marché de système U est plus élevée que pour Leclerc?
Pourquoi?
Tchao M.E.L.
Le 7 mars 2006 - 18:03 Florence a dit :
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Salut,
La politique Leclerc est un peu près reprise par toutes les enseignes concurrentes. Carrefour crée sa propre marque 'Carrefour' et Cora lance la marque 'Winny' (ça fait déjà un petit bout de temps). Néanmoins, les produits 'ECO+' restent, à l'intérieur de notre enseigne, réellement compétitifs par rapport aux autres marques à bas prix de nos principaux concurrents.
La départementalisation effectuée à l'intérieur même de notre enseigne (manège à bijoux, espace culturel,...) est reprise par Cora, entre autre, avec leur parapharmacie à l'intérieur même de la surface de vente (à Cora Cormontreuil (Marne)) notamment.
Reste les produits frais. Un agriculture a crée une surface de vente avec uniquement des produits du terroirs (Fruits et légumes frais, boucherie traditionnel, charcuterie) ; si les prix sont très élevés, j'ai été surprise d'y voir autant de monde. Pourrait-on assister à un retour aux produits régionaux frais, à la tradition?
Ce type de structure se développe, certes avec des superficies de vente très modestes, mais on a l'impression qu'un retour aux sources se profilent à l'horizon. De surcroît, les différents scoops médiatiques successifs (tremblotte du mouton...), selon moi, y contribueraient pour beaucoup. A réfléchir donc!
Tchao M.E.L.
Le 7 mars 2006 - 9:51 Willy Boyé a dit :
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S@lutation Michel,
Merci pour votre précision, on remarquera enK'or une fois que les pouvoirs publics freinent l'économie des distributeurs indépendants nationaux tout en prônant une europe avec de veritables acteurs internationaux !
mais bon ... @vançons !
Bien Kordialement,
Willy
Le 6 mars 2006 - 20:20 LOLLIERON a dit :
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Bonjour Monsieur Edouard Leclerc,
Je n'ai pas trouvé d'autres moyens que celui-ci pour vous faire part d'un problème concernant un de vos magasins, j'en suis désolée.
En effet, j'ai été employée chez un de vos gérants indépendants, qui, je n'ai pas peur des mots, est dictatorial.
J'aimerai donc vous donner plus de détails concernant cette situation, voici mes coordonnées:
Melle LOLLIERON Gwénaëlle 06.33.78.76.06
gwen_0912@hotmail.com
N'hésitez pas à me contacter, s'il-vous-plaît, ainsi nous pourrons parler plus intimement de ce sujet.
D'avance merci de votre attention.
A bientôt!!!
Le 6 mars 2006 - 19:49 Florence à @ Pise a dit :
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Salut,
La coopération, comme Coopernic, est de mettre en commun une politique et d'apporter un savoir-faire dans le but de rester compétitif face à la concurrence.
Est-ce qu'il existe un risque de compétitivité entre les enseignes de Coopernic? Je pense que non dans l'immédiat, la clientèle de système U, bien que ne faisant pas partie de Coopernic, n'est pas la même et correspond à une clientèle de proximité d'une part. D'autre part, les enseignes faisant partie de Coopernic, bien qu'Européennes, n'exercent pas sur le sol français en tant que commerce.
Mais sur le long terme? Il est tout à fait logique qu'une quelconque enseigne ait la volonté d'agrandir 'son territoire'.
Quelles ont été les clauses signées sur le sujet?
Une coopération seulement politique où existe-t-il des clauses de non concurrences?
Que va nous apportez Rewe politiquement et économiquement parlant?
Tchao M.E.L. et tous mes remerciements pour les réponses que vous m'avez déjà faites car vous n'êtes ni obligé de le faire (bien qu'en tant que commerçant?...), et le temps doit cruellement vous manquer compte tenu des responsabilités qui vous incombe. Très sincèrement.
Le 3 mars 2006 - 16:46 Minouche a dit :
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Une remarque sur les photos :
Il n'y a rien qui ressemble plus à une grande surface qu'une ... grande surface.
Cette "architecture" ne fait pas vraiment rêver...








Le 23 mars 2006 - 18:27