8 février 2008

Rapport Attali : une 317ème proposition ? Chiche !

img_blog_attali_080208.jpg

Anodine mais amusante réflexion de Philippe Mabille dans La Tribune du 8/02 : « Pourquoi Jacques Attali a-t-il arrêté son bras à 316 mesures précisément, et pas 300 » (chiffre repris pour la couverture du livre). Pourquoi pas un autre nombre ?

Il s’aventure : « clin d’œil aux 613 mitzvot (commandements) qui…furent donnés par Dieu à Moïse et fondent la Torah » ?

La tradition juive a toujours entretenu le mystère des nombres et pas seulement chez les Cabalistes.
J’ai donc posé la question, ce matin, à J. Attali et j’attends la réponse.

Mais je me risquerais bien à une autre explication. Il y aurait bien eu l’opportunité d’intégrer une 317ème mesure dans le rapport. C’est l’abrogation de la loi Lang.

A part libraires et éditeurs, les lecteurs connaissent de moins en moins cette loi (1981) qui interdit de pratiquer des rabais sur les livres. C’est typiquement une mesure corporatiste. La Fnac, puis E. Leclerc, s’étaient battus contre cette mesure qui faisait partie des « déjà » 101 propositions de Mitterrand. Les tribunaux nous avaient re-toqués au grand soulagement de la profession arc-boutée à l’époque, comme les taximen aujourd’hui.

Je n’arrive pas à croire que « le tombeur » des professions protégées ait incidemment oublié cette affaire.

Il y a quelques jours, je débattais sur Radio Classique, avec Denis Jeambar et Eric Le Boucher (rédacteur en chef au Monde et membre de la Commission Attali). Ironiquement, je lui ai demandé l’origine de cet oubli. Il avait l’air sincèrement interloqué : « Tiens, oui, personne n’a abordé le sujet en commission ».

Soit, mais de la part de J. Attali, esprit si universel, j’ai du mal à le croire.

Il m’est venu cette idée, cette impression, ce début de soupçon, que, peut-être…il valait mieux qu’il en soit ainsi pour que le rapport soit diffusé ! Vous imaginez les cris d’orfraie des libraires si notre homme était revenu sur le sujet. Quant à Bernard Fixot, nul doute qu’il aurait dû mettre le livre au pilon.
Bon ! Les méchantes langues trouveront là argument : « Il vaut mieux s’attaquer au corporatisme des autres professions plutôt que de s’en prendre au sien ».

Dans le doute, je lui donnerais le bon Dieu sans confession. Mais à une seule condition : qu’il nous dise son avis sur cette législation…à cent lieues des recommandations de la Commission Attali.

P.S. de dernière minute : Jacques Attali vient de me répondre, la Commission et lui-même sont favorables au maintien de la loi Lang.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 8 février 2008 dans Actualités / Débats (Pol.) , Politique
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Les commentaires : 54

poste_parLe 9 février 2008 - 0:41 v a dit :

Bonjour,

je ne suis ni libraire ni éditeur, mais achète (et donc lis) en moyenne quinze livres par mois ; donc, en théorie, l'abrogation de la loi Lang serait pour moi une bénédiction, du moins pour mon compte en banque.

Cependant, je suis résolument contre.

En effet, en quoi la baisse du livre pourrait-elle inciter les gens à acheter plus de livres, alors que les bibliothèques municipales permettent le prêt de livres récemment sortis et ce, à moindre coût ? Si les livres se vendent peu, ce n'est pas à cause de leur prix (certaines fois exorbitant, j'en conviens), mais à cause du manque d'intérêt provoqué par la lecture. Et, hormis quelques rares gros lecteurs comme moi, ce changement n'amènerait aucun changement dans la vie du quidam client. Qui plus est, sauf votre respect, quand je vais acheter un livre, ce n'est pas comme quand je vais faire mes courses alimentaires, j'aime qu'un autre passionné me donne envie de découvrir des auteurs que je ne connais pas encore, or, dans les espaces culturels de chez vous ou d'ailleurs, ceci est impossible, les vendeurs aussi efficaces soient-ils sont en grande majorité avant tout des vendeurs et non des passionnés, contrairement à la grande majorité (pas la généralité) des libraires.

Corporatisme, peut-être, mais le fait que le prix des disques n'ait pas connu de limitation étatique ne l'a pas empêché de disparaître au profit d'autres supports souvent illégaux, causant qui plus est la disparition de vendeurs passionnés avant d'être commerçants.

Alors pourquoi vouloir éradiquer une loi dont le seul but est de permettre de garder à la France un statu de pays où la culture n'est pas une simple marchandise ?

poste_parLe 9 février 2008 - 10:13 Ludovic a dit :

Etonnant que l'Europe ne soit pas encore passée par là. En Belgique par exemple, les prix "imprimés" par les éditeurs ne sont souvent que décoratifs...

poste_parLe 9 février 2008 - 15:07 tom a dit :

Je ne vois pas en quoi un prix du livre plus bas permetrrait de relancer la croissance !?

D'ou son absence des propositions d'attali...

poste_parLe 9 février 2008 - 16:02 loran a dit :

exact... quel oubli... je penche assez pour votre explication...

poste_parLe 9 février 2008 - 17:52 liberatore a dit :

bonjour,

A partir du moment que des distributeurs et des fabicants sont condamnés pour entente sur les prix pour exemple l'affaire lego/ carrefour il est difficile de comprendre que la justice tolère cette situation pour le livre. Soit on a le droit soit on a pas le droit d'imposer un prix de vente.
Un Lego est aussi formateur pour un gamin qu'une bd...

Sincères salutations

poste_parLe 9 février 2008 - 18:33 a dit :

Ah Liberatore est de retour!

poste_parLe 9 février 2008 - 18:34 manuel a dit :

Mr LECLERC,
bonjour, je me permets de vous écrire car en fait, avant d'emettre des avis devant le grand public et surtout devant les micros, il faut, comme je le pense "montrer patte blanche et balayer devant sa porte".en effet vous retirer des produits de vos ventes, malgrè que ceux-ci se trouvent encore dans les rayons voir dans les chariots de vos clients et repris par vos vendeurs!!!
Quelles méthodes !!!!: d'une part, le procédé est anti-commercial mais de plus vous êtes légalement condamnable pour refus de vente.
D'ailleurs si ce n'était que ce seul procédé. Egalemment quand vous êtes en tract, vous ne disposez jamais assez de produits en grande suffisance voir dès le premier jour des erratums indiquant le manque de tel produit etc. Sachez tout de même que le manque d'erratum ne vous dédouane pas d'avoir les produits mais surtout vous devez proposer un produit de substitution ayant au minimum les mêmes caractéristiques que l'article en promotion.
Enfin, je pense savoir qu'il ne pourra rien vous arriver car vos magasins fonctionnent en franchise. De plus, il est vrai que vous vous decrivez comme le premier defenseur du pouvoir d'achat(balayez...) et faites acte d'exemplarité en pensant au pouvoir d'achat de vos salariés.

poste_parLe 9 février 2008 - 18:40 T'as raison a dit :

En effet mel est très loin d'être honnête a part essayer de montrer son "nez" a la télé et faire de la démagogie

poste_parLe 9 février 2008 - 19:39 v a dit :

un tel déferlement d'intelligence fait plaisir à lire...

poste_parLe 9 février 2008 - 22:22 Gilles a dit :

Marrant, je ne pensais pas MEL anti-loi Lang et anti-prix unique.
Je suis pour cette loi personnellement, et j'espère que MEL comprendra que les BD d'auteurs qu'il aime bien n'étant pas très rentable, elles soient, après abrogation de la loi Lang, plus édité ni leurs consoeurs...
Gilles.
E.Libraire.

poste_parLe 10 février 2008 - 9:14 317eme section a dit :

yen aurait eu 33 on aurait évoqué l'enfer de Dante, d'autre part il me semble qu'il en ait 314, ce qui est bien plus athée et pragmatique, car par opposition a 1, 3.14 amene forcement a Planck probablement plus pres de la vérité que l'hsitoire d'un bouquin de priere, avant de partir dans un délire mystique ce serait assez interessant que tu nous donne une approche de la valeur du 1 physique et mathemathique
vedi veni comi vis comica

poste_parLe 10 février 2008 - 13:14 liberatore a dit :

Bonjour,

Comment est fixé un prix aujourd'hui?
Il n'y a plus d'équilibre entre le prix de revient et le prix consommateur.
Soit les marges sont exponentielles, soit elles sont négatives pour le fabricant.
Combien de livres publiés pour un best seller?
J'aimerais savoir si M.E.L peut se fournir en produits de marques via le commerce internationale.
En effet le coup le plus dur qu'il pourrait asséner serait de s'approvisionner en produits d'importation. Il est possible que la vache qui rit fabriquée en france soit plus abordable en Ukraine par exemple.
En tout état de cause je considère que le prix de vente doit correspondre à la réalité du marché.
Il faut bien admettre que le pouvoir d'achat est stagnant et que le distributeur cherche avant tout le moyen d'améliorer les rotations des produits de son magasin.
Si un produit disparait il est remplacé par un autre ne l'oublions pas.

Alors personnellement je suis pour des négociations au cas par cas entre distributeurs et fabricants en fonction des intérêts de chacun. A mon sens le jugement de l'affaire Lego est une erreur car le prix du jouet aurait été corrigé par le marché qui est le vrai régulateur des prix.

Sincères salutations

poste_parLe 10 février 2008 - 18:06 a dit :

En effet mel est très loin d'être honnête a part essayer de montrer son "nez" a la télé et faire de la démagogie

poste_parLe 10 février 2008 - 23:42 ant0ine a dit :

Hello,
Manuel, plus bas disait :

"le premier defenseur du pouvoir d'achat(balayez...) et faites acte d'exemplarité en pensant au pouvoir d'achat de vos salariés."

A lire le Marianne du 9 au 15 Février, il n'y aurait pas que dans le domaine du pouvpir d'achat des salariés Leclerc qu'il y a du job à faire mais tout simplement pour leurs droits fondamentaux ...

Je sais, Michel, que vous ne vous mêlez pas des franchises , puisqu'elles sont indépendantes, mais tout de même cette facilité a ne pouvoir rien y faire, finallement, commence personnellement à me lasser grave.

Quant au rapport Attali, le mieux pour lui c'est la poubelle ... recyclable off course !
Cordialement

poste_parLe 11 février 2008 - 10:21 Florence a dit :

Salut,

En considérant que les dépôts-ventes, les magazins de troc, les sites comme e-bay vendent des livres à des prix records (secondes mains), les parts de marché du livres, de la BD, des CD ou des DVD par les grandes surfaces, par les libraires ou par la FNAC ne peuvent que diminuer.
Sans règlementation, c'est laisser libre court à cette nouvelle concurrence devenue de mode.
Diminuer le prix du livre peut être une solution. Mais cela ne doit pas être la seule.
La règlementation doit s'imposer à toutes les différentes formes de commerce.
Il y aurait là encore, beaucoup à faire.

Tchao M.E.L.

poste_parLe 13 février 2008 - 8:21 Sam a dit :

Absolument! Abrogeons la Loi sur le prix fixe du livre! Cessons de faire payer au consommateur l'ensemble de l'inefficience de la chaine du Livre! Loi necessaire pour faire vivre la diversité culturelle? Mon oeil! Avec les moyens d'aujourd'hui, et notamment internet, on trouve tous les ouvrages que l'on cherche et rapidement (sauf chez les libraires bien sûr). les livres sont trop chers, mettons un peu de concurrence là-dedans!

poste_parLe 13 février 2008 - 9:14 Francis Geffard a dit :

Aujourd'hui,comme hier, la liberté a un prix, et le juste prix du livre, c'est cette liberté garantie pour tous ceux qui sont attachés à la vie intellectuelle et culturelle de notre pays et ils sont plus nombreux qu'on pourrait le penser.
Une liberté que plusieurs milliers de libraires,inféodés à rien ni personne,sont toujours mieux à même de défendre que quelques grandes enseignes, lesquelles n'ont finalement pour ambition que d'étendre leur hégémonie.
Une liberté,enfin,qui bénéficie à toutes les maisons d'édition,de la plus importante à la plus modeste, et à tous les auteurs, du plus célèbre au plus anonyme, et ce dans tous les domaines, du roman au pamphlet, du livre d'enfant au document : l'assurance que ce qui est écrit et publié sera mis à la disposition du plus grand nombre, sans considération autre que la liberté de lire, de penser, et de réfléchir.
Une liberté qui nous fait parfois cruellement défaut et dont la valeur est en fin de compte inestimable.
Une liberté, enfin, que pour le bien de tous, il ne faut finalement confier à personne en particulier mais à tous en général. Et,de cela, la loi sur le prix unique du livre votée par tous les partis politiques confondus en 1981 est l'unique garante. Ne l'oublions pas.

poste_parLe 13 février 2008 - 9:27 didierlaurent a dit :

si il y à bien une loi de bonne faite par Mr Jack Lang, c'est bien la loi lang sur le prix unique du livre.
Sachons que toute l'europe en particulier l'Allemagne nous envie une telle réglementation sur le prix du livre, les libraires et les petits libraires sont gagnants, les editeurs et les petits éditeurs aussi sont gagnants, et les lecteurs biensûr qui peuvent acheter n'importe où un livre sans avoir recour à la comparaison de prix entre distributeur: Fnac, auchau, carrefour, leclerc, presse...
Cette réglementation permet au livre de concerver son statut de devoir d'education, ou le livre n'est pas une simple marchandise, les seuls qui pourraient en retirer profit seraient bien les gros distributeurs qui baisseraient les prix mais de trés peu, ceci pour communiquer afin d'attirer des clients. Nous viverons alors comme en Italie, comme en Angletterer la mort des petits commerces de librairies

Christophe Didierlaurent Editeur


poste_parLe 13 février 2008 - 9:27 didierlaurent a dit :

si il y à bien une loi de bonne faite par Mr Jack Lang, c'est bien la loi lang sur le prix unique du livre.
Sachons que toute l'europe en particulier l'Allemagne nous envie une telle réglementation sur le prix du livre, les libraires et les petits libraires sont gagnants, les editeurs et les petits éditeurs aussi sont gagnants, et les lecteurs biensûr qui peuvent acheter n'importe où un livre sans avoir recour à la comparaison de prix entre distributeur: Fnac, auchau, carrefour, leclerc, presse...
Cette réglementation permet au livre de concerver son statut de devoir d'education, ou le livre n'est pas une simple marchandise, les seuls qui pourraient en retirer profit seraient bien les gros distributeurs qui baisseraient les prix mais de trés peu, ceci pour communiquer afin d'attirer des clients. Nous viverons alors comme en Italie, comme en Angletterer la mort des petits commerces de librairies

Christophe Didierlaurent Editeur


poste_parLe 13 février 2008 - 11:30 Raymond Chabaud a dit :

Bonjour
Je pense être le seul libraire français (et depuis près de 30 ans) à être résolument contre la loi Lang qui a ouvert la porte du livre à la grande distribution et a détruit le réseau des librairies de province.
J'ai écrit un livre sur le sujet, refusé par six éditeurs qui craignaient le boycott des grands libraires de province, l'un d'entre eux et non des moindres m'yant écrit qu'il était entièrement d'accord avec moi mais que "certaines idées ne doivent pas être publiées"
La loi Lang a été une vraie catastrophe pour la librairie. Un seul chiffre : en 1981, la FNAC faisait 1% du marché du livre, aujourd'hui 18%. Et ce ne sont même pas des libraires....

Raymond Chabaud

poste_parLe 13 février 2008 - 12:30 Patrick a dit :

Effets attendus de l'abrogation de la Loi Lang :

Baisse des prix -> Diminution du nombre de libraires -> Diminution du nombre d'éditeurs -> Concentration des points de vente -> Concentration des éditeurs -> Quelques grands groupes vendent dans quelques points de vente -> Remontée des prix.

Vous voulez savoir l'effet de l'abrogation de la loi Lang ? Achetez vos livres aux US, à 25 ou 30 dollars l'unité.

poste_parLe 13 février 2008 - 14:10 partouche gae¨lle a dit :

Bonjour Monsieur Leclerc,

Vous ne connaissez rien au métier de libraire. Vos vendeurs aux rayons livres sont incompétents devant la moindre question et vous pensez pouvoir changer quelque chose à la loi sur le prix unique du livre en France. Retournez sagement à vos paquets de lessive, merci. Les ménagères en ont réellement besoin, ce qui n'est pas le cas des livres.
Cordialement,
Gaëlle Partouche

poste_parLe 13 février 2008 - 15:59 bertrand a dit :

Si la loi Lang était abrogée, en sera-t-il de même pour le droit au retour ? Rappelons le principe de l'actuel fonctionnement : les libraires, et ceux qui vendent des livres, ont le droit de retourner - en leur facturant - les invendus aux éditeurs. La prise de risque est assez mince (hormis les frais de gestion)...

poste_parLe 13 février 2008 - 23:00 Fournier Marc-André a dit :

En attendant, ou pas, un geste des politiques "mettez les e-books (livrels) en vente dans vos magasins oyez :-)"
Pardon Antoine pour cet emprunt.

poste_parLe 14 février 2008 - 9:28 mulo a dit :

petite question pas franchement en rapport avec ce sujet, mais un petit peu quand-même : combien le rapport attali nous coûte-t-il ?
c'est juste pur avoir une idée...

poste_parLe 14 février 2008 - 17:08 julien a dit :

merci Patrick.
il y a encore des pigeons qui pensent que libéralisation = baisse des prix pour tous.
en fait ça ne marche que pour les gros acteurs économiques qui ont le poids de forcer cette liberté dans ce sens. Un consommateur isolé sera toujours la victime de cette liberté (qui va dans les deux sens : la fin du prix unique, c'est aussi le droit de vendre plus cher !).
vous pensez que le prix de l'électricité va baisser pour les particuliers ? je pense pour ma part qu'il va surtout baisser pour les plus gros consommateurs et que vont être diluées ces ristournes sur les factures des particuliers (c'est la péréquation libérale)

poste_parLe 14 février 2008 - 21:26 jg92 a dit :

Cher monsieur Leclerc,

Savez vous seulement ce que rapporte à un éditeur (je ne parle pas des grands groupes mais des indépendants) chaque livre vendu?
Une fois les frais payés (électricité, loyer, ...), il ne reste pas grand chose.
Etudiez le prix d'un livre avant de parler, pensez aux auteurs (prix plus bas, moins de droits).
Tous les libraires n'ont pas le taux de marge qui, j'imagine, est celui des magasins de votre groupe.
La loi Lang est la garantie de la vie littéraire en France.

Julien, libraire

poste_parLe 15 février 2008 - 8:12 cottin pascal a dit :

Je suis scandalisé, mais non surpris par la proposition de supprimer la loi Lang sur le prix unique du livre!La culture ne semble pas interresser Mr Leclerc, seul lui semble interessant le profit et la mise en avant des best-sellers!!!La disparition d'éditeurs de qualité n'est pas votre souci, seul l'abrutrissement des masses et la non élévation de la culture vous semble essentiel;libraire depuis 1986 dans des librairies indépendantes, les lecteurs apprécient la diversité proposèe.Alors que des pays comme la Belgique cherchent à aller vers un prix unique,vous allez à l'encontre de la culture!Il serait interessant pour vous que vous regardiez les "modèles" britanniques et états-uniens pour vous rendre compte que la personne qui a le plus à perdre dans cette forme de libéralisation allant vers l'épicerie est dommageable en premier au lecteur qui n'achète pas que de la grosse production;lorsque vous désirez acquérir un ouvrage sortant de ces best, alors le prix est prohibitif, mais effectivement, vous avez certainement la posibilité personnelle de vous les acheter, ce qui n'est pas le cas de tout français! Le livre n'est pas un produit comme un autre, ne le saviez-vous pas?
Un Libre erre en furie

poste_parLe 15 février 2008 - 8:48 Jean a dit :

Avec une telle proposition, il fallait évidemment s'attendre à la réaction de certains libraires qui se pensent être les seuls à avoir le monopole de la diversité culturelle! mais quelle illusion! Si le livre n'est pas un produit comme un autre (et quel mépris dans ces post envers les "épiciers" ou les vendeurs de lessive....), rien ne lui ferait plus bien aujourd'hui, justement, qu'un peu de dynamisme commercial...Ce n'est pas en maintenant des prix artificellement haut surle livre que l'on va redonner le goût à la lecture, ou que le livre va avoir plus d'attrait aux yeux du lecteur...

poste_parLe 15 février 2008 - 12:14 PAG a dit :

Ne touchez pas à la loi Lang, marchand de soupe !

poste_parLe 15 février 2008 - 13:47 frederic - libraire a dit :

Bon...
Avouez, Mr Leclerc, que cela ne vous arrangerait pas vraiment cette abrogation !
Je pense plutôt que vous vous placez, bien à propos, du côté du hurlement des loups (amazon en l'occurence), qui, sous couvert de défendre le "pauvre" consommateur, jugent inique cette loi. Il est facile de pousser des cris d'orfraie sachant - et vous le savez - que cette loi ne sera pas remise en cause et qu'elle vous convient autant qu'aux libraires "indépendants". Me vient alors un souvenir d'adolesccent... A l'époque les premières émeutes de sauvageons -1982 ou 83- qui s'en prenaient aux hypers, avaient défrayé la chronique. Monsieur votre père, magnanime, avait déclaré en grande pompe avoir pris la décision de cesser illico la vente d'armes de chasses - objets de convoitise - montrant l'exemple aux concurrents de l'époque. Monsieur Leclerc ! Vous étiez les seuls ( avec les "Record" ) à en vendre...
Tout celà pour vous dire que vous pourriez choisir des chevaux de bataille plus réels, partez au combat sans effets de manches, vous n'en serrez que plus convaincant.
Cordialement

poste_parLe 15 février 2008 - 14:44 Marie-Line a dit :

Je suis totalement favorable au maintien de la loi Lang.Un prix unique protège le livre de toutes les magouilles pécuniaires:
De la diversité sur les rayons et pas seulement les auteurs poussés par le marketing.
La liberté du lecteur de choisir en toute équité, de lire aussi des ouvrages moins connus au même prix dans toute la France.
La liberté d'échapper à un esprit formaté par le pouvoir de Saint Fric...
Priez pour nous...
Une libraire

poste_parLe 15 février 2008 - 16:25 Marc a dit :

Monsieur,

Suite à un article de livre Hebdo, j’ai été intéressé de voir que vous relanciez le débat sur le prix du livre et notamment sur l’utilité de la Loi Lang. J’ai donc lu votre blog du 8 février. Je ne souhaite aucunement être désagréable mais j’ai été un peu déçu de l’absence d’argument. Le contenu de votre remarque se borne à exprimer un jugement sur la profession de libraire et celle d’éditeur. Je suis enclin à trouver des avantages à la loi 81-766 du 10 août 1981 et j’aurai été intéressé d’échanger des arguments de façon constructive. Toutefois étant à la fois éditeur et libraire, je trouve désagréable vos réflexions méprisantes sur nos professions.
Personnellement, je ne constate pas de grands défauts dans la situation de la diffusion du livre en France. Ayant une majorité de nos lecteurs à l’étranger, je remarque que les prix des livres français sont moins élevés que ceux de nos confrères étrangers. Je remarque que la diffusion des livres est beaucoup plus dense sur le territoire français que dans d’autres pays. La spécialisation des librairies et la liberté de choix des libraires permettent une diffusion de qualité tant pour les éditeurs que pour les lecteurs ; sans affecter pour autant le prix du livre.
Entre autre avantage du prix unique, je donne en exemple l’égalité des lecteurs quant à l’acquisition des livres. En effet en matière scientifique, contrairement aux usages de nos confrères étrangers qui mettent un prix public très élevé pour le grand public et accordent des remises jusqu’à 50% au sein des congrès professionnels, la loi française assure un accès égal à la littérature scientifique.
Enfin, sans minimiser leur sentiment altruiste pour faciliter l’accès à la culture ni minimiser leur intérêt professionnel pour les biens culturels, les démarches des chaines de magasins tel la Fnac, Virgin, et autres ; des sites internet tel qu’Amazon, Alapage, Chapitre, et autres ; des grandes surfaces tel que Carrefour, U, Leclerc et autres ; sont autant de preuves que la situation du livre en France n’est pas si affectée par le soi-disant mouvement corporatiste que vous dénoncez.

poste_parLe 15 février 2008 - 16:41 claire a dit :

ça lui plairait bien à M.E.L., ce soit-disant défenseur du porte monnaie de la ménagère française (surtout du sien en fait), de faire enfin crever ces satanés libraires indépendants qui l'mpêchent de faire main basse sur le marché du livre, après avoir décimé les épiciers, les garagistes, les drogueries, les bouchers, les disquaires... qu'est-ce que j'oublie?

poste_parLe 15 février 2008 - 17:04 LEPETIT Jacques a dit :

Je suis pour le prix fixe des livres. Où que nous soyons en France, nous devons acheter les livres au même prix. Cela protège les petits éditeurs, les livres techniques... que l'on ne trouve pas dans les grandes surfaces. Et surtout, cela protège les libraires qui font un véritable travail d'information et de conseil.
Je suis client chez Leclerc mais n'y achète jamais mes livres car mon libraire m'offre un accueil à nul autre pareil.
Alors gardons un prix fixe pour les livres.

poste_parLe 15 février 2008 - 18:00 Mathieu a dit :

Je pensais que vous étiez pour la diversité, le soutien à la création et l'initiative. Cette proposition va à l'encontre de ces principes. Suite à vos diverses prises de parole depuis 2 ans, j'ai l'impression que votre pensée n'a qu'une seule ligne directrice : le populisme. Vous jouez sur les réflexes épidermiques des gens sans pousser plus loin le raisonnement sur les causes profondes des problèmes de pouvoir d'achat.

poste_parLe 16 février 2008 - 11:33 Patno a dit :

En réponse à Jean:
Sachez qu'en matiere de "dynamisme commercial", le secteur de la vente de Livres n'a pas à rougir. Et enfin, il est vrai que le prix d'un poche -environ 5 euro, le prix d'un paquet de cigarettes- est "artificiellement haut"... Ca fait longtemps que vous habitez sur Mars?

poste_parLe 16 février 2008 - 18:42 Marie a dit :

La littérature (comme les oeuvres d'art) fait partie de notre patrimoine.Quel respect de la création aurait-on si elle était bradée ! Sous prétexte de penser aux consommateurs, il semblerait que M.E.L. pense avant tout à s'en mettre "plein les fouilles", au détriment des auteurs et des vrais professionnels !
Merci à M.J.LEPETIT, je partage son avis.

poste_parLe 17 février 2008 - 19:27 Florence a dit :

Salut,

Marie, les livres se revendent dans des sites d'occasion à 0,50 €. Et ça, vous ne pensez pas que ça ne tue pas le livre ? Pour les supports audio et vidéo, le "tout numérique" sauvera la mise. Mais, il y a quoi pour le livre ?

Tchao M.E.L et tchao Marie

poste_parLe 19 février 2008 - 22:02 Rodolphe a dit :

Monsieur Leclerc prend actuellement 40% de marge sur chaque livre vendu (10% de plus qu'un libraire indépedant): jolie hypocrisie que de vouloir se plaindre... Sur 700 romans parus lors de la rentrée littéraire, vos magasins n'en référencent pas le quart, et moins de 60 jours plus tard, seuls quelques uns sont encore en rayon. Heureusement qu'il reste des libraires pour présenter 75% de l'offre absente de vos linéaires ! Non, Monsieur Leclerc, restez poli avec la Culture. A vous les boîtes de conserve, aux libraires cultivés les livres de nos très nombreux auteurs...

poste_parLe 26 février 2008 - 12:51 Laurent C. a dit :

Bonjour,

Abrogation de la loi LANG. Pourquoi pas...

Mais pourquoi ne pas commencer par l'application de lois existantes ?

Je pense ici à la loi 2001-624 du 17 juillet 2001.

Depuis cette date, le code des assurances, le code de la sécurité sociale et le code de la mutualité (code de la mutualité, articles R211-2 et R211-3), rédigés en termes rigoureusement identiques, autorisent les sociétés d’assurance, les institutions de prévoyance et les mutuelles à pratiquer les opérations d’assurance « branche entière », à condition de bénéficier d’un agrément administratif à cet effet.


Toute personne résidant en France a donc, depuis cette date, le droit de s’assurer pour l’ensemble des risques sociaux (maladie, retraite,…) auprès de l’un de ces organismes, ainsi qu’en libre prestation de services (l) auprès de sociétés d’assurance européennes bénéficiant d’un agrément dans leur pays d’établissement.

En clair, l'application de cette loi allègerait tout d'abord énormément la facture de l'assurance maladie de tout un chacun, redonnant immédiatement du pouvoir d'achat aux ménages. Mais encore plus important, l'application de cette loi stopperait la creusement du fameux trou de la sécu (dette cumulée de 100 milliards d'euros) et surtout éviterait ce qui paraît inélcutable aujourd'hui... la spoliation de l'avenir de nos enfants !

Espérant le commentaire de MEL à ce sujet

Cordialement
Laurent C.

poste_parLe 27 février 2008 - 13:52 Savant américain point com a dit :

Très cher Michel-Édouard Leclerc, vous devriez abandonner ce vieux cheval de bataille en admettant que la loi Lang a profité à l'édition autant qu'aux libraires. Évidemment, elle n'a pas laissé le champ libre à la très grande distribution, puisque celle-ci était visée. Que les règles soient les mêmes pour tout le monde dans ce domaine (et dans celui du tarif syndical pour les auteurs, sujet finalement connexe) fait sans doute des livres un peu plus chers. Et alors ? Regardez en bande dessinée : en dehors de Glénat/Soleil/Dargaud/Delcourt et quelques autres, quel éditeur pourraît se passer du circuit des petites librairies (que la loi protège) ? Ce n'est pas une loi corporatiste, c'est une loi qui protège un tout petit peu les petits contre la puissance des grands.

poste_parLe 27 février 2008 - 17:32 marie a dit :

Ne touchez pas à la loi Lang MERCI

poste_parLe 5 mars 2008 - 13:59 stéphane a dit :

La loi Lang a permis en france de réoxygéner la création, ce que nous envient les autres pays européens.
En effet, sans le soutien des petits libraires (maintenus en vie grace à la loi lang), de nouveaux éditeurs et auteurs ont pu émerger, et être ENSUITE signés chez de plus gros éditeurs qui ne les auraient pas remarqués avant.
La bande dessinée n'aurait résoluement pas le même visage aujourd'hui sans la loi Lang, c'est une évidence.
Que serait la BD aujourd'hui sans les auteurs issus des petites structures ? Elle serait ce qu'elle était en belgique jusqu'il y a peu : une énième génération de sous-franquin, de sous-charlier, de sous-hergé.

poste_parLe 5 mars 2008 - 14:05 stéphane a dit :

Message précédent : il faut lire "grace au soutien des petits libraires"...

poste_parLe 9 mars 2008 - 14:21 Frederic a dit :

Pour répondre à Liberatore, et ainsi donner tort au texte de Mr Leclerc, un Lego n'est pas comparable à un livre. Plus que de formation il est question d'Histoire, de culture, de sciences, d'art. Or, si Mr Leclerc pouvait faire le livre à prix coûtant comme l'essence pour attirer le chaland, on se retrouverait avec Marc Levy et de la BD. (Je précise que je n'ai rien contre la BD) Vendre un Lego Star Wars ou un Lego Western, l'impact n'est pas le même que de vendre Marc Levy ou Primo Levi.

Je trouve aberrant que des gens soient encore à débattre de l'utilité de cette loi. La France a été le premier pays à la voter, d'autres ont suivi! Tiens, ça me rappelle quelque chose... Ah oui, les Droits de l'Homme... Rien que de l'anodin. A quand le rabais sur les droits civiques et humains, aussi?

poste_parLe 9 mars 2008 - 14:28 Frederic a dit :

Pour répondre à Florence qui répondait à Marie :
Les livres d'occasion à 0.50 centimes ca existait avant la loi Lang.. Donc non ça ne tue pas le livre, sinon ça l'aurait fait depuis longtemps.
Et de plus, d'où vient le livre d'occasion, sinon du livre neuf? Un éditeur ne peut pas publier un livre à 0.50 centimes! Il faut réfléchir! Comptons ensemble, Florence : 1 auteur, 1 correcteur, 1 éditeur (j'en passe), 1 imprimeur, 1 stockeur, 1 livreur, 1 libraire (tout cela au minimum et idem point de vue salaire). Voilà.
Pour finir, il y aura toujours des collectionneurs, des maniaques, des amoureux qui aimeront la beauté du livre-objet intact.

poste_parLe 9 mars 2008 - 17:25 liberatore a dit :

Bonjour fréderic,

Juste un rappel, pour monter un lego il faut savoir lire la notice et le lego technique a une approche scientifique.
Protéger le livre et les éditeurs est une bonne chose maintenant pourquoi ne pas protéger le jouet? Pourquoi condamner pour une entente sur les prix alors que le prix du livre est identique partout?
Où se trouve l'égalité dans tout ça?
Pour vous rassurer le prix du livre va finir par baisser s'il veut garder sa part de marché sinon son prix va fortement augmenter car les gens ne pourront pas très longtemps assumer l'ensemble des hausses et ce sera un produit à faible tirage qui coutera plus cher.
A mon sens M.E.L tire la sonnette d'alarme parceque la rentabilité de ses rayons livre n'est pas très bonne actuellement.
L'Internet, le jeu vidéo et consors grignotent le temps, l'intérêt et le budget des loisirs des ménages.
Le réalisme est parfois salvateur.Pensez-y.
Sincères salutations

poste_parLe 10 mars 2008 - 9:20 Frédéric a dit :

Où se trouve l'égalité???
Et bien dans les raisons nommées ci-dessus, pardi!

Un adulte peut lire la notice d'un Lego, c'est ridicule comme argument. On ne parle pas du livre comme outil formateur là, mais comme réceptacle de savoir, de sciences, d'art. Sous contrôle bien entendu car Internet, pour ne prendre que l'exemple de Wikipedia, est rempli de ce que l'on appelle du "bruit" en documentation, c'est à dire des informations inutiles sur certains sujets ou erronées.

D'autre part il est logique de condamner une entente sur les prix à partir du moment où ces prix deviennent excessifs! On condamne ainsi une marge trop importante comparée au prix d'achat au producteur, sans parler de la rétention de cette marge par les entreprises.

Merci d'essayer de nous "rassurer" sur la baisse du prix du livre mais le constat actuel depuis cinq ans montre que les prix ne baissent pas. Bien au contraire, même, car le papier coûte plus cher, notamment avec les mesures bio. Cependant, le marché est très stable, en augmentation même. Légère mais constante.

Pour terminer sur la rentabilité des rayons de MEL, je crois que le problème n'est pas de cet ordre... Pourquoi autant d'ouvertures d'Espaces Culturels dans ce cas? On sait qu'en cas de chute, il y mettra du jambon, premièrement. Deuxièmement, la rentabilité relative du livre, ça fait 25a qu'elle est là! Troisièmement, "tirer la sonnette d'alarme", c'est comme l'essence à prix coûtant, la vache-qui-rit, et les bonbons en caisse : c'est de la démagogie publicitaire. Quand on parle du manque à gagner... Je ne crois pas que MEL soit à 5 millions pres!

Je crois que plus que de réalisme vous faîtes preuve d'un fatalisme pour justifier des mesures injustifiables d'une autre manière.

poste_parLe 10 mars 2008 - 21:33 liberatore a dit :

Bonjour Frédéric,

A mon sens le livre est une porte ouverte sur la connaissance, le rêve, l'aventure, l'art, le sport et j'en oublie qui s'adresse a tous les publics.
Pourriez vous 'indiquer ce qu'est un prix excessif?
"constat actuel depuis cinq ans montre que les prix ne baissent pas. Bien au contraire, même, car le papier coûte plus cher, notamment avec les mesures bio. Cependant, le marché est très stable, en augmentation même. Légère mais constante"
Ne démontrez vous pas vous même que le prix est excessif puisque les marges conséquentes?
Sincères salutations

poste_parLe 14 mars 2008 - 8:35 Frédéric a dit :

Décidément le commerce n'est pas votre fort! Ce ne sont pas les marges qui sont excessives mais le prix de départ des matières premières. Quand on voit ce qu'avec 35% de marge sur un livre, une librairie a comme rentabilité, excessif n'est pas un terme de rigueur.

Vous vous plaignez des marges conséquentes, des prix excessifs, et vous dîtes que MEL veut briser la loi Lang s'inquiétant de sa rentabilité... Qu'est ce qu'il va faire alors, d'après, vous? Baisser les prix, ses marges et donc sa rentabilité?
Non... Là, sur ce point précis, faîtes preuve de réalisme.

poste_parLe 8 mai 2008 - 15:47 Aurélien B a dit :

Excusez moi pour ce pavé que je vais écrire bien après la bataille... mais la question de la défense du prix unique du livre est un combat majeur aujourd'hui pour la culture francaise. J'ai réalisé dans le cadre de mon Master de Science politique un mémoire sur le marché du livre en France, je connais parfaitement tous les tenants et les aboutissants de la Loi Lang.

J'ai été choqué au plus haut point en écoutant Mr Leclerc ce matin, jeudi 8 mai, dans l'Edition Spéciale, l'émission de Canal plus. Choqué sur la remise en cause du travail des pharmaciens bien évidemment, mais surtout par son discours sur le domaine qui me concerne en premier lieu, puisque professionnel du livre.

Autant Mr Leclerc a été repris plusieurs fois au cour de cette émission sur la question des pharmacie, autant personne n'est intervenu lorsque la Loi Lang et la remise en cause de la protection de la librairie indépendante est venue sur le tapis.

Je pensait fort naivement qu'il était clair et évident pour tout le monde que la loi sur le prix unique du livre était une bonne loi, admise par tous les professionnels du livre.

L'exemple du disque n'a malheuresement pas servi de leçon. Le dernier disquaire de France a fermé ses portes en Février dernier, et ce n'est pas seulement la faute au téléchargement sur Internet, légal ou non. Durant des années, les disquaires indépendants ont fait face à une conccurence terrible sur le plan des prix de la part des grandes surfaces de ventes de produits culturel, qui ont cassé les prix. Une fois tous les disquaires coulés, et les grands groupes dans une situation oligopolistique, ils ont relevé leurs tarifs à des niveaux records, bradant seulement de temps à autres quelques titres.

Aujourd'hui, non seulement le prix du disque est plus élevé que jamais, mais c'est surtout l'offre qui est de plus en plus réduite. De moins en moins de titres sont disponibles dans l'offre disque. Le tout se fait bien évidemment au détriment des artistes.

Les premiers protégés aujourd'hui par la loi sur le prix unique du livre sont les auteurs, et les éditeurs. Cette loi est la garantie d'une diversité du livre. Ce sont les libraires indépendants qui font souvent le succès d'un livre à ses début, qui prennent des titres d'auteurs inconnus dans leur rayon. Ce sont les libraires qui font découvrir et connaitre énormément de titres, et beaucoup d'éditeurs vivent grâce à eux. Les gros éditeurs bénéficient également de ce travail de fond des libraires qui ont souvent davantage d'ouvrage de fond que les grandes surfaces culturel ( ne parlons même pas des grandes surfaces alimentaires...).

Michel Edouard Leclerc dit faire ca pour augmenter le pouvoir d'achat des français. Bien évidemment, il oublie de mentionner que l'inflation dans le domaine est plus faible en France que dans les pays sans prix unique.

La disparition de points de ventes livre implique de plus petits tirages sur les livres autres que les best sellers et, au final, une augmentation de leur cout total de fabrication et commercialisation.

La plupart des pays de l'Union Européenne possèdent un système de prix unique du livre sous forme soit de loi, soit d'accord interprofessionnel. Les professionnels du livre belge sont favorables à l'adoption d'un prix unique du livre.

En Grande-Bretagne, le réseau de libraires indépendants est très fragile, alors que l'inflation sur le livre est plus forte que partout ailleurs.

Un abandon de la loi sur le prix unique du libre impliquerai également une éventuelle hausse de la TVA sur le livre.

Bref, tout ces éléments ne vont pas dans le sens d'une augmentation du pouvoir d'achat, bien au contraire.

Et si tel était le cas, le service et le travail des libraires indépendants ne mérite t'il pas d'être soutenu? Les marges sont déjà faibles sur le livre ( environ 35%), faut il enterrer des années, des décennies de passion pour le livre au nom de la rentabilité économique?

Un livre moins cher, oui! Un livre au rabais non!

Il ne faut pas tuer notre édition et sa diversité au nom de la démagogie. Le sujet de la baisse du pouvoir d'achat est à la mode, et Michel Edouard Leclerc l'a bien compris. Ce gourou médiatique manipulateur a réussi à convaincre les gens que la grande surface était le meilleur choix de consommation possible au meilleur prix. Il ne faut pas oublier pourtant que cet homme n'oeuvre pas pour le bien commun mais pour son intérêt personnel, que son combat n'est pas le pouvoir d'achat mais la rentabilité et les bénéfice de son enseigne.

Aurélien Brullebaut

poste_parLe 23 mai 2008 - 16:26 Gerald a dit :

Que M. Leclerc propose l'abrogation de la loi Lang ne me surprend pas. C'est de son point de vue (fort nombriliste) tout à fait compréhensible.

Que des consommateurs pensent qu'ils trouveront leur compte dans l'abrogation de la loi, là, je dit : regardez un peu plus loin que votre petit int^érêt immédiat.

La Loi Lang a permis de sauver la librairie de quartier, de permettre à de petits éditeurs de survivre.

Vous avez envie d'acheter tous vos livres dans les grandes surfaces ? Oubliez alors le conseil, l'engagement, le choix de libraires passionnés. Vous achèterez vos livres comme on achète une livre de beurre.

Les français sont des veaux. Ils ne pensent qu'à leur portefeuille.

M. Leclerc l'a bien compris. Tout comme ce crétin de député qui vient de proposer un amendement mettant fin à 20 ans de protection de notre culture.

poste_parLe 25 juin 2008 - 16:14 Tagada a dit :

Non, le livre n’est pas un produit comme les autres.
Pas de promotions sur les idées, pas de rabais à la curiosité, pas de limite à consommation (abus, même, fortement conseillé).
Le livre est l’aboutissement d’une réflexion, un don, un choix, un parti-pris qui ne naîtra jamais d’un cabinet marketing !

M. Mel, si la culture coûte cher, essayez donc l’ignorance !

Moi j’ai choisi, je retourne à mes livres et particulièrement au « Petit traité de la décroissance sereine » de Serge Latouche, évidemment acheté chez un libraire indépendant au prix de 3,50 euros.


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