12 mai 2005
Le bond en avant du commerce équitable
Après de timides tentatives, les produits du commerce équitable s’installent dans les rayons de la plupart des hypermarchés. Thé, café, chocolat, riz, sucre, jus de fruits équitables sont souvent produits en mode bio. Arrivent aussi les produits non-alimentaires (cotonnades). Leur commercialisation fait vivre plusieurs millions de petits producteurs dans cinquante pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.Les producteurs reçoivent une rémunération supérieure de 30 à 50% au cours des matières premières. Le profit est reversé aux coopératives qui l’utilisent pour répondre aux besoins fondamentaux de l’économie villageoise (santé, éducation, logements). Les importateurs ont pour nom « Alter Eco », « Ethiquable », « Lobodis », « Méo », « Malongo », etc… Ils vérifient que les produits sont respectueux de la qualité de l'environnement et des normes sociales établies par l’OIT. L’association Max Havelaar décerne son label après avoir contrôlé l’intégrité de l’ensemble de la filière équitable.
Du 30 avril au 15 mai, dans toute la France, se déroulera la Quinzaine du Commerce Equitable. J’y ai engagé mon enseigne. 180 produits référencés, catalogues, promotions… Un engagement que je souhaite durable...
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![]() | Europe, réfendum : Raisons de dire OUI |
1) Je voterai « oui », le 29 mai. Un « oui » sans arrogance, sans mépris pour ceux qui doutent sincèrement, mais un « oui » suffisamment raisonné pour être militant.
2) J’ai toujours été contre le principe de ce référendum. Comment ne pas comprendre qu’en exigeant une réponse simple à un problème aussi complexe, les Français refuseraient de se faire piéger par une question aussi manichéenne. Au jeu du « stop ou encore », il est plus tentant d’empocher une mise (que l’on connaît) que de tenter un pari aussi incertain.
3) Mais le texte constitutionnel constitue, malgré tout, une avancée. Il conforte l’existence politique de l’Europe (nomination d’un Président et d’un Ministre des affaires étrangères). Il renforce le caractère démocratique des institutions en donnant plus de pouvoir au Parlement pour contrôler la Commission. Il intègre des objectifs sociaux, environnementaux et citoyens.
Pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, un acte solidaire est donc commis par 25 pays alliés de cultures différentes. Forcément, c’est un compromis. Chaque peuple y a laissé quelque espérance. Celle des Polonais et des Italiens, par exemple, qui voulaient une référence spécifique aux origines chrétiennes de l’Europe. Les Français ont fait partie de ceux qui s’y sont opposés. Dire « non » aujourd’hui, ce serait donner l’impression de « jouer perso » après avoir exigé de « jouer collectif ».
4) D’un point de vue purement tactique, je ne vois pas ce qu’il y a à gagner à voter « non ». A supposer qu’il y ait électrochoc puis tentative de renégociation, il y a fort à parier que Polonais, Espagnols, Italiens, Portugais, Irlandais et Anglais appuieraient des solutions encore plus libérales. Et quels seraient alors nos arguments : la France est de plus en plus isolée du fait de ses contre-performances économiques (avec 10 % de chômeurs et les déficits publics, elle n’est vraiment plus un modèle sur le plan social). Cette situation ne nous autorise pas à faire le coq !
Dire « oui », même à une Constitution imparfaite, c’est être assuré de rester dans l’histoire, c’est assumer le leadership qu’on attend des pionniers, c’est garantir notre audience et notre part de voix dans le futur concert européen.
Posté par M.E.L. le 12 mai 2005 dans
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25 mars 2005
Pouvoir d'achat : La querelle des chiffres
Les indicateurs de pouvoir d'achat (1990-2004)![]() |
C'était dans « Libération » du 11 mars 2005. Yvon Jacob, du comité exécutif du MEDEF, répondait aux questions de Grégoire Biseau : « Si on en croit l'INSEE, il n'y a pas eu de recul du pouvoir d'achat. Il n'y a aucun doute sur le fait qu'il a continué à progresser... Il n'a pas baissé. ». On peut comprendre la prudence du MEDEF face à la déferlante des revendications concernant les augmentations de salaires. Pour autant, peut-on nier les évidences.
L'année dernière, j'avais lancé une polémique en contestant l'interprétation des chiffres de l'INSEE. J'avais essayé de trouver l'explication de l'écart entre les indices officiels (à la hausse) et les hausses ressenties par les consommateurs. Avec l'aide du BIPE, bureau d'études de grande renommée, nous avions démontré que l'indicateur de l'INSEE ne prenait pas suffisamment en compte la situation réelle des ménages. Une famille détermine son pouvoir d'achat réel en commençant par mettre de côté l'argent nécessaire au paiement des dépenses incompressibles (impôts, loyer, transport, assurances, remboursement d'emprunts). En tenant compte de l'évolution de ces postes, le BIPE confirmait la baisse du pouvoir d'achat effectif des consommateurs français en 2003 et 2004.
Il semble que la leçon d'objectivité n'ait pas été retenue. L'INSEE a certes revu ses propres estimations à la baisse et réactualisé son indicateur du niveau de vie. Mais le MEDEF, lui, continue de nier l'impact de la stagnation ou de la baisse du pouvoir d'achat depuis la fin 2002. Personne n'a intérêt à souffler sur les braises. Beaucoup de PME ou d'entreprises exportatrices ne sont pas à même de supporter des augmentations importantes de salaires. Et puis, il y a les entreprises qui ont embauché dans le cadre des 35 heures. Comment leur reprocher aujourd'hui d'avoir choisi l'emploi plutôt que les augmentations de salaires ? Pas de réponse simplificatrice.
Notre combat prend ici tout son sens. La baisse des prix des grandes marques n'est pas susceptible d'affecter l'emploi en France. Les marges existent dans la grande industrie comme dans la distribution. En baissant de 5 % les 10 000 articles les plus consommés (50 % du panier moyen), on peut redonner du pouvoir d'achat et booster la consommation. Même si ça ne se substitue pas à une augmentation de revenus, qui peut encore être contre la baisse du prix de l'Ariel, du Coca Cola ou des lames Gillette ?
![]() | Contre l'obésité, l'étiquette minceur |
Obésité ? 3 millions d'enfants européens sont concernés. Le fléau guette près de 14 millions d'autres enfants atteints de surpoids. Inutile de faire la fine bouche : les crèmes glacées, les sauces au ketchup, les pop corn ont scellé le sort de nos chères têtes blondes. Le modèle américain de la « mal bouffe », l'épouvantail Mac Do ? Peut-être, mais pas seulement. N'en déplaise à notre José Bové national, nos propres confiseurs, nos esthètes de la graisse d'oie et du cassoulet ont aussi leur part de responsabilité. Tous coupables, tous, producteurs d'outre-monde, multinationales de la barre chocolatée ou cuisiniers savants de nos Périgord, vous vous retranchez derrière les vertus du goût, vous prônez le régime basses calories, vous parlez de cuisine allégée, mais, tous, vous omettez de signaler les excès de sel ou les trop-pleins de sucre. Alors, à quoi bon virer la graisse si c'est pour nous pénétrer de glucose. A quoi bon plaider pour la chasse aux pneus si les étiquettes mentent par omission ou entretiennent la confusion.
Au niveau européen, il a été créé une commission : l'IOTF (International Obesity Task Force). On dirait un nom issu des « think tanks » conservateurs qui entourent George Bush. Son Président, Markos Kyprianou, se veut alarmiste. On attendait donc des directives contraignantes. Non, il préconise « l'auto-régulation » : « Je suis sûr que les industriels trouveront les solutions qui ne rendront pas nécessaire une nouvelle législation ». Pourquoi pas ! Les gouvernements, dont celui de la France, ne cessent de vitupérer contre l'immixtion des « technocrates » dans la législation sur les produits alimentaires. On peut aussi y voir une part de naïveté. Il suffit d'écouter les professionnels. Pour la Fédération du Commerce et de la Distribution, « ce n'est pas aux magasins de dire aux clients quoi manger ». Quant à Franck Riboud (Danone), il rappelle à qui veut l'entendre que « deux heures de sport supplémentaires à l'école offriraient la meilleure thérapie » (ce qui n'est pas totalement faux !).
Mais si personne ne se mobilise, pourquoi crier à l'urgence ! Mon groupe, encore une fois, fait œuvre de pionnier et lance une nouvelle campagne. Destinataires ?
Les consommateurs. Il faut changer les comportements. Trop de foyers négligent l'hygiène alimentaire. Avez-vous lu cette enquête sur les habitudes culinaires des étudiants de la région PACA : 40 % des jeunes se contentent de boire un soda sucré le matin au petit-déjeuner et ne s'offrent, pour dîner, qu'une conserve négligemment cuisinée. Graisses et sucre... toujours. Mais pour changer les habitudes, il importe que le consommateur soit bien informé. De ce point de vue, la responsabilité des industriels (et des distributeurs quand il s'agit de marques génériques) est lourde. La multiplication des allégations nutritionnelles entraîne une confusion des repères. Par exemple, certains emballages de céréales destinées aux enfants revendiquent leur apport en vitamines et en énergie. Mais le packaging dissimule la forte concentration en ...sucre et graisses, toujours.
Leclerc, chevalier blanc ? Pas du tout. L'exigence vaut pour nous aussi. En plus des informations légales indispensables, il nous faut revoir toute l'information sur les produits alimentaires à notre marque (Marque Repère). Les étiquettes mentionneront donc : la composition nutritionnelle par portion individuelle, la mesure des nutriments dits « du groupe 2 » (taux de sodium, de fibres, acides gras saturés), des idées d'association de produits pour un repas ou une journée équilibrée, et l'indication de l'équivalence nutritionnelle du produit, par comparaison avec des aliments de base (par exemple : un verre de lait). Gros travail en perspective.
A peine sortie dans les hebdomadaires, notre nouvelle campagne me vaut quelques demandes nerveuses d'explications. Je m'y attendais. Il y a deux ans, nous avions lancé une campagne de ce type pour demander l'harmonisation des étiquetages sur les crèmes solaires. Les industriels avaient quelque peu rouspété, mais les efforts ont été remarquables. Faisons le pari qu'après cette nouvelle mobilisation, de réels progrès soient enregistrés.
Posté par M.E.L. le 25 mars 2005 dans
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10 mars 2005
Les marges arrière réhabilitées ?
Réforme de la loi Galland : le projet de loi modificatif soumis par le gouvernement à l'avis juridique du Conseil d'Etat, ne prévoit qu'une répercussion partielle des marges. Ainsi n'est-il retenu que la possibilité de déduire du prix de revente les marges arrière supérieures à 20%. Le texte n'est pas encore définitif. Il va y avoir discussion, arbitrage. On peut quand même s'étonner !Tour à tour, le Conseil de la Concurrence, la Commission Canivet et la Commission pilotée par les deux députés UMP, Ollier et Chatel, avaient admis que la négociation commerciale privait les consommateurs du bénéfice d'une partie de cette manne : la coopération commerciale. On rappelle que la loi Galland permettait aux distributeurs de répercuter, dans les prix, les rabais et les ristournes obtenus sur la facture du fournisseur. En revanche, tous les budgets acquis au titre de la coopération commerciale (prestations de services : têtes de gondole, emplacements publicitaires) restaient au seul profit du distributeur, constituant ainsi les fameuses marges arrière.
Ainsi donc, après les avoir vilipendées, assimilées à l'argent de la « drogue » (Christian Jacob) et dénoncé le produit d'un « racket » (l'ancien ministre Dutreil, le député Charrier, la FNSEA)..., voilà que le gouvernement entend obliger les commerçants à conserver 20 % de marge minimum sous cette forme. Comprenne qui pourra !
![]() | SACS PLASTIQUES Biodégradables ou recyclables ? |
Même si elle est technique, cette question est passionnante : les enjeux financiers sont considérables et de la réponse dépend l'instauration d'un vrai comportement écologique. Donc, vaut-il mieux donner, en sortie de magasin, des sacs recyclables et consignés au client, ou donner des sacs biodégradables ?
Les Centres E. Leclerc ont mené campagne pour les sacs recyclables. Ils ont pu considérablement diminuer l'offre de « sacs bretelles » en sortie de caisse. Nous les avons remplacés par des sacs plus solides, sans publicité, réutilisables et bien sûr recyclables. Pour que cette dernière opération soit possible, ils ont été consignés, au prix de 0,15 €. (Comme les chariots SNCF, les usagers ne rapportent les sacs que pour récupérer leur investissement, fût-il modeste).
La majorité des clients a joué le jeu : peu de grincheux, 88 % de satisfaits, les jeunes étant les meilleurs agents de propagande. Cette initiative a permis de ramener le nombre de sacs distribués de plus de 1 milliard en 1995 à 49 millions en 2003, soit 20 fois moins : cela représente 3 600 tonnes de plastique économisé à la source chaque année, l'équivalent de 60 Airbus A 320. Ce n''est pas rien ! Et puis, nous sommes désormais copiés. Les premières résistances sont tombées. Des associations écologistes, convaincues par le soutien apporté par le Festival du Vent à Calvi, ont préconisé la généralisation du système. Du coup, les autres distributeurs ont eu moins peur de s'opposer aux réclamations des clients.
Plus récemment, des propositions de sacs biodégradables ont fait leur apparition. Il s'agissait jusqu'ici de sacs à base d'amidon, mais dont l'écobilan n'était pas satisfaisant. Seules les cellules d'origine végétale entourant les particules de plastique pouvaient se dissoudre, laissant 90% des résidus enfouis dans la nature. D'autres solutions étaient difficilement applicables : sacs aquadégradables, dont la cohabitation est difficile avec des produits frais, à fort taux d'humidité ; ou emballages photodégradables, avec d'évidents problèmes de stockage et de conservation. Sans compter que le prix de toutes ces technologies rendait prohibitive une approche générale du projet.
Lors du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, Ségolène Royal m'a permis de rencontrer le responsable d'une importante unité de recherche à l'université de Poitiers. En partenariat avec la région Poitou-Charentes dont elle est la Présidente, Ségolène envisage la création d'une filière charentaise de production de sacs biodégradables. Angoulême et sa région disposent d'un fort savoir-faire dans le domaine de la papeterie, et la production agricole du Poitou s'y prête bien. Cette fois-ci, les agrochimistes de l'université de Poitiers ont travaillé sur des modèles de sacs entièrement à base de céréales, assurant la biodégradabilité totale de l'objet. Il reste encore à apprécier exactement le coût final du produit, mais l'affaire est sérieusement menée.
Si la distribution se met à distribuer des sacs biodégradables, et surtout s'ils deviennent gratuits, ce sera évidemment un succès phénoménal. Mais alors, ne va-t-on pas assister à la reprise d'un formidable gaspillage, et surtout à la déculpabilisation chèrement obtenue des consommateurs qui redeviendront laxistes et indifférents au sort de ces sacs. Sacs, il faut bien le dire, qui seront certes biodégradables, mais continueront à polluer les paysages, les plages, et plus généralement notre environnement, pour quatre ou cinq ans, avant de se déliter. Comme dirait Lénine, en regardant son caddie : que faire ? Réduire la pollution à la source (diminution des sacs distribués) ou les laisser proliférer (fussent-ils biodégradables).
Posté par M.E.L. le 10 mars 2005 dans
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24 février 2005
La baisse des prix : une affaire politique
Pour la deuxième année consécutive, mon enseigne lance une campagne pour obtenir le droit de baisser les prix. Pour commencer : trois affiches, placardées sur les murs de France et dans la presse, et dont le graphisme pop art s’inspire des créations de l’Atelier des Beaux-Arts en 1968. A gauche comme à droite, les vieux guerriers ont salué avec humour le clin d’œil. Seuls quelques grincheux ont crié au détournement d’héritage. Le Premier Ministre, lui n’a pas aimé. Surtout l’affiche avec le CRS. Il trouve que c’est un appel à la violence au moment où les lycéens justement se retrouvent dans la rue. Je ne veux pas polémiquer avec lui; même si franchement son propos est excessif à notre égard. Il ne le sait peut-être pas, mais j’ai une réelle estime pour lui. Sa tâche est immensément difficile, surtout que pour réformer la Loi Galland (ma cible), il a contre lui une partie de son camp.Pour autant, je ne vais pas le contredire. La matraque, sur l’affiche, c’est bien un symbole violent : celui des prélèvements obligatoires et des hausses de prix qui s’abattent sur le pouvoir d’achat des Français. Il a raison, ça fait mal au portefeuille...
Je l’avoue aussi : avec cette campagne, je poursuis un but politique. Je veux inciter le gouvernement et les parlementaires à tenir compte des attentes populaires. Pas question de se laisser enfermer dans l’élaboration d’un compromis interprofessionnel, négocié au final dans l’antichambre d’un ministère. Il nous faut une réforme qui laisse profiter les consommateurs d’un vrai retour à la concurrence.
Je comprends que les opposants à la baisse des prix prennent ombrage de notre campagne. Mais pourquoi celui qui veut « lutter contre la vie chère » cherche-t-il à se priver par avance d’une action populaire, en dénigrant l’un de ses meilleurs alliés (les centres E.Leclerc) dans la lutte contre l’inflation ? Voilà qui laisse planer bien des doutes sur la réalité de ses intentions !
![]() | ECONOMIE : Fusion Procter - Gillette, la loi du plus fort |
La presse économique mondiale a repris sans recul, ni remarque critique, l'argument « proforma » conçu par les RP des deux protagonistes : « Si fusion il y a, c'est qu'elle est rendue nécessaire par la concentration croissante de l'appareil de distribution. L'expansion des Wall-Mart Carrefour, Tesco, Metro, à l'échelle mondiale, justifie ces rapprochements. » Et dans toutes les pages roses que consacrent à l'économie les gazettes occidentales, on nous annonce d'autres fusions ou acquisitions pour faire pendant aux ambitions impériales des épiciers planétaires.
L'argument est faux. Il n'a qu'un mérite : parer à l'avance les critiques des organisations anti-trusts qui pourraient légitimement s'inquiéter de la construction de tels oligopoles. Dans les hypers, les trois leaders que sont Procter/Gillette, L'Oréal et Unilever, fournissent à 80-90% l'offre en linéaires (couches, rasoirs, colorants et shampoings). Toute fusion dans ce secteur ne fait mécaniquement que renforcer ce leadership.
Alors, contrepoids de la distribution ? De qui se moque-t-on ? L'un de mes proches collaborateurs qui a fait ses classes chez Unilever avant de rejoindre notre enseigne, me rappelait récemment ce morceau d'histoire industrielle : en 1929, les dirigeants de Lever Brothers Limited avaient invoqué les synergies entre les savonneries éponymes et la Société Margarine Unie de Rotterdam pour justifier la naissance du mastodonte Unilever. A l'époque, la distribution, c'était quelques grands magasins, et surtout des milliers d'épiceries. Mais Sam Walton (fondateur de Wall Mart) avait 11 ans et Edouard Leclerc, mon père, 3 ans. La distribution moderne n'était pas née que l'industrie des biens de consommation se concentrait déjà.
Comme le pressent Stéphane Lauer (Le Monde, 12/02), ces mouvements financiers ont donc moins pour objectif de « rééquilibrer les rapports de puissance industrie/commerce » que de prendre des parts de marché aux autres industriels. Il s'agit de tuer la concurrence et de conforter le leadership des marques de quelques groupes mondiaux. Ceux-ci dépensent des sommes énormes en marketing, en publicité, en budgets de coopération commerciale, avec pour conséquence, la marginalisation de leurs challengers, voire leur éviction. Ce sont encore ces mêmes groupes qui imposent les fameux accords de gamme obligeant les distributeurs à détenir un énorme assortiment pour pouvoir bien acheter les quelques références incontournables.
On peut comprendre la motivation financière : il s'agit de générer des économies d'échelle et permettent de concentrer toute la force de frappe sur vingt ou trente marques leaders désormais mondialisées. On peut néanmoins s'interroger sur l'intérêt commercial à long terme d'une telle opération. Les dirigeants de ces trusts ne font même pas mystère de leur intentio : une fois la part de marché renforcée, ils supprimeront, dans leur propre portefeuille de marques, toutes celles qu'ils jugeront secondaires. Il en résultera forcément un appauvrissement de l'offre.
Voilà les distributeurs confortés dans la nécessité de développer leurs marques propres. Les grandes marques, il faut les avoir en rayon ! Impossible de ne pas les référencer, elles sont « pré-vendues » par le matraquage publicitaire. Mais les distributeurs n'ayant plus aucun pouvoir sur les marges et sur les prix de vente, il leur faut trouver un levier de négociation et un complément de gamme. Seules les marques génériques peuvent offrir cette marge de manoeuvre. Même l'offre des PME, dans ce paysage, s'en trouve trop fragilisée pour constituer une véritable alternative.
Je suis prêt à prendre les paris. Cette course à la taille, dans la distribution comme dans l'industrie, peut tarir le dynamisme du marché. Un régime de concurrence contribue à la diversité et à l'animation de l'offre. L'oligopole pousse à la standardisation de l'offre, à sa banalisation et finit par créer l'atonie de la consommation.
A suivre...
Posté par M.E.L. le 24 février 2005 dans
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8 février 2005
Des livres pour le Mali
Vingt mille livres pour le Mali. Un programme de dotation étalé sur quatre ou cinq ans. Telle est l'initiative qui me vaut aujourd'hui d'être à Bamako, en compagnie des écrivains Laurent Gaudé (Prix Goncourt 2004), Fatou Diome, Roland Brival, ou encore l'excellent poète Yvon Le Menn. Demain, je réceptionnerai les premiers six mille livres offerts par les adhérents des centres E. Leclerc de toute la France. C'est Michel Le Bris, mon complice breton, président du Festival Etonnants Voyageurs qui a eu cette idée.Le livre, au Mali, est un produit cher. Les libraires qui travaillent sous notre enseigne (les Espaces Culturels) ont d'abord proposé que l'on offre des livres à la population via l'excellent réseau des libraires maliens. Il y avait cependant le risque de casser un marché déjà trop fragile. Michel Le Bris a proposé que nous alimentions les bibliothèques scolaires et publiques d'une dizaine de grandes villes.
Nos libraires ont négocié avec les éditeurs : Gallimard, Flammarion, Actes Sud, Le Seuil, etc... Les premières palettes contiennent un fond de littérature européenne et africaine, des BD, livres pratiques, essais. Le choix a été fait par des instituteurs, des bibliothécaires, des écrivains. Xavier Darcos a mobilisé la filière du Ministère de la Coopération, et c'est par la " valise diplomatique " qu'arrivent les livres. La répartition vers Ségou, Tombouctou, Gao, etc, se fera sous le contrôle de l'AFLAM qui regroupe des amoureux de la lecture et le Ministère de la Culture malien. (A suivre)
![]() | Mort d'un pionnier André Essel en 1983 (Sipa) |
Une demi-page dans Libération et dans Les Echos, une colonne dans Le Monde. C'est peu au regard des publications autour du départ du PDG de Carrefour. C'est peu au regard de l'apport historique d'André Essel à la vie économique pendant 40 ans.
André Essel a achevé sa révolution. Il est décédé le 31 janvier dernier. Il a paisiblement rejoint le Bazar Céleste où il siègera à la gauche du Grand Epicier qui s'illustra, aux temps anciens, en chassant les marchands du Temple. Il inspirera désormais son héritier spirituel le plus digne d'une longue filiation chaotique : Denis Olivennes (l'actuel PDG de la FNAC, revendiquant lui aussi d'avoir fricoté avec le trotskisme).
Sa mission : redonner à cette institution, (en belle forme !) l'image d'agitateur culturel dont il avait lui-même bridé l'expression militante en l'obligeant à coucher dans le lit du capitalisme, un jour de 1970. Ce jour-là, André Essel et Max Théret introduisaient le monde de la finance dans le cœur de l'entreprise.
J'ai rencontré André Essel à de multiples reprises. Je l'ai vu débattre en privé et en public avec mon père. Ils ont beaucoup de choses en commun. Ils ne s'aimaient pas plus que cela, mais partageaient plus de valeurs qu'ils ne voulaient le reconnaître (ah ! L'ego des conquérants !).
Par ses idées, tant que par l'action, André Essel fait partie du panthéon des pionniers de la distribution française. Il en a écrit l'une des plus belles pages de la légende. Il est aussi de la race de ces entrepreneurs politiques, de ceux qui ont largement contribué à l'éveil des mentalités, à faire rentrer notre pays dans la modernité.
Comme Jacques Maillot, Gilbert Trigano, Antoine Riboud et Edouard, mon père, il n'a jamais craint d'être minoritaire. Forts en gueule, ceux-là n'ont jamais fui la polémique (décidément, la marque de fabrique des jésuites ressemble à celle des trotskistes ou des situationnistes !). Et comme eux, il fut un précurseur visionnaire, inspiré, passionné !
A son actif, il y avait évidemment la création de la FNAC. Quand il quitte le terrain du militantisme et de la propagande des idées socialistes, et qu'il crée sa première entreprise en 1954 avec Max Théret, il accepte de flirter avec les règles de la gestion, de la comptabilité, des exigences financières. C'est déjà une rupture avec son milieu idéologique. Très vite, il rejoint Edouard Leclerc dans la dénonciation des rigidités du droit français de la concurrence. Ensemble ou parallèlement, ils bataillent contre les prix imposés, le refus de vente et le protectionnisme. En 1960, alors que le mouvement consommateur est encore inexistant, il lance dans la revue "Contact" les premiers tests comparatifs et oblige les industriels à justifier des qualités supposées de leurs produits.
D'abord focalisé sur la commercialisation des premiers produits techniques (ce qui amène la FNAC à se heurter, comme Darty, aux mêmes réticences des industriels), il s'intéresse (le premier en France) à la billetterie et aux réservations de spectacles. Dès 1966, il engage la FNAC dans le champ culturel en juxtaposant aux magasins, des galeries photos ouvertes aux jeunes artistes. Tout au long des années 70, la FNAC va essaimer, faire entrer la librairie dans l'air de la modernité, démocratiser l'accès à la musique, et multiplier les lieux de rencontres (les "forums") entre les artistes, les écrivains et leur public.
Mais dans cette soif d'action et d'entreprendre, le militant avait sous-estimé les besoins financiers de cette expansion. Comme le journal Libération qui ouvre aujourd'hui son capital à Edouard de Rothschild, André Essel doit vendre, au début des années 70, 40 % des actions de la FNAC à l'UAP et à Paribas, et 4 ans plus tard, aux GMF et aux magasins Coop. Il s'ensuivra ce qu’il qualifie dans ses mémoires "les années glauques de la FNAC". Comme nous, il avait pesté contre le projet d'instaurer un prix unique du livre (loi Lang). Sous la présidence de son successeur, l'intrigant Barouin, la FNAC céda aux injonctions mitterrandiennes.
Celui qui admirait l'activiste américain Ralph Nader (il l'avait fait venir à Paris) et qui citait Herbert Marcuse plutôt que Raymond Aron, a eu beau jeu de dénoncer, par la suite, les positions conservatrices des nouveaux actionnaires. Sans doute était-ce une manière de ne pas assumer son propre reniement.
Il n'empêche, il voulait "changer le monde". Il y a sacrément réussi. Voilà pourquoi les actuels dirigeants de la FNAC ne renieront pas l'héritage de ce génial fondateur. Voilà aussi pourquoi je leur demanderai, sans droits d'auteur, la possibilité de puiser moi-même, dans son histoire, les raisons de continuer à "m'agiter".
Posté par M.E.L. le 8 février 2005 dans
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31 janvier 2005
Asie, collecte
Samedi 15 janvier, j’ai engagé les Centres E. Leclerc dans une vaste opération de collecte pour venir en aide aux enfants d’Asie du Sud. Les 500 magasins français ont ainsi versé à la fédération "La Voix de l’Enfant" 1 € par passage en caisse, soit près de 2 100 000 €. Les clients étaient invités à participer aussi : 320 000 € récoltés. Et des dons ont été directement envoyés à "La Voix de l’Enfant". C’est l’une des plus grandes contributions privées organisées dans notre pays. J’ai demandé à plusieurs cadres du groupement d’assurer tous les contrôles nécessaires pour l’utilisation de cet argent. "La Voix de l’Enfant" a créé une plate-forme « Séisme Asie Enfants » dédiée à cette initiative. Avec elle, nous contactons des ONG reconnues en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande et en Indonésie. Un programme financier est en cours d’élaboration. Nous en rendrons compte.
Sans attendre le transfert de cette manne, et en plus des sommes collectées, notre bureau de Madras a mobilisé 300 000 €. 20 000 couvertures ont été acheminées pour une ONG du Tamil Nadu. "Médecins du Monde" et "Médecins Sans Frontières" ont reçu une aide d’urgence de 100 000 € chacun. Certains entretiennent déjà l’idée qu’il y aurait trop d’argent. Pour subvenir à l’urgence, peut-être. Mais les besoins de reconstruction (écoles, hôpitaux, habitations) sont énormes (à suivre).
![]() | BD : Le Festival d'Angoulême Voir le site du Festival |
Chaque année, je me rends à Angoulême comme les 210 000 fans qui déambulent dans la ville, à la découverte des expositions, des stands et forums. Une ruche où s’agitent aussi plus de 6 000 professionnels : éditeurs, libraires, journalistes, écrivains, graphistes, etc…
Pour moi, c’est tout bonheur. J’adore cette ambiance. Contrairement à beaucoup de festivals consacrés au cinéma ou à la musique, il n’y a, ici, ni paillettes, ni surenchère publicitaire, ni esbroufe. Le monde de la bande dessinée est magique, mais il est généreux et humble. Derrière les planches à dessin, les piles d’albums et les queues pour les dédicaces, se planquent discrètement d’authentiques artistes, auteurs (mais oui !) de la plus grande production éditoriale française. Certains albums excèdent le million de tirages. Nombreux sont ceux qui dépassent les 10 ou 20 000 exemplaires. Et pourtant, malgré ce succès, on n’affiche ici aucune prétention.
Sous les bulles du Champ de Mars ou près de la mairie, se sont installés les partisans de la fameuse "Ligne claire", nostalgiques ou héritiers du style franco-belge (Hergé, Jacobs, Martin). Ils côtoient les amateurs de comics américains (Marvell !), les amoureux des mangas, les héros de la génération "Pilote", de "A suivre" ou de "Futuropolis". Et les monstres sacrés de cette Académie tapent le carton (ou partagent quelques émois oenologiques) avec les irrespectueux de la bande à Sfar, Blain, Satrapi…
La BD inspire et fait école. C’est la raison pour laquelle les réalisateurs de cinéma, éditeurs de jeux vidéo, publicitaires ou affichistes recherchent la contribution de ces aimables barbares. Les sociétés commerciales d’une quinzaine de pays viennent se disputer un marché des droits très animé. Après le salon de Francfort pour le livre, Angoulême est aussi une place de marché qui rapporte des devises à la France. Ca force le respect !
Mais si elle vit un siècle d’or, la BD commence à souffrir d’une prolifération de titres. 1 500 à 3 000 titres par an, c’est énorme. La durée d’exposition d’un album sur les rayons des libraires ou des hypermarchés est souvent trop courte pour permettre à un jeune auteur de rencontrer son public et de négocier un deuxième album avec son éditeur. C’est le sens de mon investissement professionnel. Passion partagée donc, mais promotion aussi. Il faut faire connaître les jeunes talents, parrainer des prix : "Décoincer la Bulle" avec la complicité d’un jury de quelques scénaristes et de nos amis du journal Bodoï , ou encore le Grand Prix RTL de la Bande Dessinée. Les lauréats auxquels nous aurons attribué les prix à Angoulême seront diffusés dans tous nos rayons, comme chez nos concurrents les plus passionnés. Ici, point d’exclusive. Evidemment, je roule pour Leclerc. Mais si les libraires des réseaux spécialisés, de la FNAC, ou d’autres enseignes d’hypermarchés trouvent à Angoulême le prétexte à rajouter quelques albums dans leurs linéaires, personne ne s’en plaindra au royaume des phylactères.
Posté par M.E.L. le 31 janvier 2005 dans
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19 janvier 2005
France Consommation
Les caddies en berne. A en croire les statistiques, les ventes de produits de grande consommation ont diminué de 0,7 % en 2004. Moi, ce qui m'épate, ce ne sont pas les chiffres (ils étaient prévisibles !), ce sont les commentaires, l'étonnement des analystes ! Cela fait plus d'un an que nous alertions les autorités sur la baisse du pouvoir d'achat effectif des ménages. La montée du hard-discount, l'accroissement des ventes de produits "premier prix", le succès des formules à bas prix et l'engouement pour les soldes ou les promotions... constituaient des signes annonceurs de ce marasme.
On dira que je radote. L'équation était pourtant facile à faire. D'un côté, une France qui, en moyenne, touche 1, 7 fois le SMIC. De l'autre côté, des prix de produits manufacturés qui ont fait la grimpette à deux chiffres en 4 ou 5 ans. Il vient un moment où chaque ménage fait ses comptes !
Qu'on arrête donc d'agiter l'anti-modèle hollandais. Dans ce pays, nous dit-on, la guerre des prix a déstabilisé les entreprises et obligé à licencier. Mensonge. Aux Pays-Bas hier, comme en France aujourd'hui, c'est la vie chère qui a freiné les chiffres d'affaires. Oui, j'insiste, il y a une forte élasticité de la demande à toute baisse de prix. J'en veux pour preuve l'accroissement du chiffre d'affaires de mon groupe (+ 7,9 % en décembre, 4,6 % sur l'année), les prix bas, ça marche !
Loi Galland
C’est parti. Le Premier Ministre a clairement donné son feu vert. Christian Jacob et Hervé Gaymard organisent les consultations à un rythme d’enfer. Le calendrier pourrait être le suivant : élaboration du projet de loi fin janvier, soumission au Conseil d’Etat début février, intégration du projet dans la loi de Christian Jacob sur l’entreprise, procédure d’urgence, discussions au printemps, vote en juin, publication début juillet.
Finies donc (a priori !) les mauvaises querelles. On se rappelle : je fus brocardé pour avoir dénoncé l’inflation sur le prix des grandes marques et critiqué l’indice officiel. Je fus stigmatisé pour avoir démontré, avec les experts du BIPE, la baisse du pouvoir d’achat en 2003/2004, analyse confirmée depuis par l’INSEE. Sarkozy a mis les pieds dans le plat, a montré les limites du système, et finalement, tout le monde a convenu qu’il fallait revoir le droit.
Le débat actuel porte désormais sur le contenu de la réforme, sur sa radicalité. En gros, Leclerc et Intermarché réclament le retour à la liberté totale des prix. Système U et Auchan voudraient qu’on garde une marge minimum pour empêcher les comportements trop prédateurs. Casino, Monoprix, les grands magasins et les commerces de centre ville plaident pour le statu quo ou, en tout cas, une limitation de la concurrence.
Il n’y aura jamais de consensus. Les intérêts sont trop conflictuels. Il appartient aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. Le droit n’est pas une négociation. Il doit dire l’intérêt général et placer le consommateur à l’abri des seules revendications corporatistes.
Au fond, tous les ministres conviennent de cela. Mais les députés voudraient ménager une frange de leur électorat (petits agriculteurs ou petits commerçants).
Rien n’empêche pourtant les pouvoirs publics d’avoir une politique plus dynamique à l’égard des commerçants, en les aidant notamment à mieux acheter. On peut aussi accepter l’idée d’une mise en œuvre progressive de la réforme.
Mais je préviens : si on aboutit à une réformette, les consommateurs seront frustrés, et le marché ne bénéficiera pas du coup de fouet nécessaire à la relance. Au contraire, si la réforme permet aux commerçants de faire bénéficier les consommateurs des marges arrière, les prix des grandes marques baisseront significativement, l’offre gagnera en transparence et en lisibilité (tant pis pour les bons d’achat ou toutes ces promos qui pourront disparaître).
Quel est alors l’obstacle ? C’est une contradiction bien française ! Après avoir dénoncé les marges arrière, voilà que députés, ministres, industriels, et même la moitié des distributeurs, souhaitent qu’on en garde une grande partie (15 à 20 %). La politique, c’est compliqué…
Posté par M.E.L. le 19 janvier 2005 dans
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2 janvier 2005
Va-t-on vers la suppression des sacs plastiques jetables ?
Depuis février 1996, mon groupe menait un combat solitaire pour imposer les sacs consignés et recyclables à la place de ces 15 milliards de sacs plastiques dont une partie pollue notre environnement. Avec, depuis, un réel succès, puisque timidement mais sûrement, les autres enseignes de la grande distribution se sont engagées à diminuer de 15 à 25 % le nombre de sacs en sortie de caisse.
Plusieurs collectivités locales ont pris le relais. C'est l'association des " Amis du Vent ", en Corse, qui a donné l'exemple. A Calvi, puis dans dautres sites de l’Ile de Beauté. A l’île de Ré, à La Ciotat, à Montpellier, à Dijon ou en Savoie, campagnes de sensibilisation, actions pédagogiques et engagement des partenaires commerciaux semblent promettre quelques résultats positifs.
Un virage encore plus important vient d’être pris par l’UFC-Que Choisir. On connaît l’influence de cette organisation sur le mouvement consommateur. Je désespérais de les voir s’impliquer ouvertement et nationalement. Son entrée en lice va accélérer inéluctablement le processus de disparition des sacs.
Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, l’UFC-Que Choisir " appelle les consommateurs à ne plus utiliser de sacs jetables ". L’organisation demande aux pouvoirs publics de " soutenir cette démarche en imposant des mesures contraignantes aux industriels et aux distributeurs ".
Rentrée en guerre, l’UFC va même plus loin et conteste l’intérêt des nouveaux sacs biodégradables dont la mise sur le marché est préconisée par plusieurs industriels et députés : " l’innocuité des composants utilisés et de leurs produits de dégradation n’est pas démontrée ". De plus, " on ne peut parler que de sacs fragmentables, mais certainement pas de sacs biodégradables ".
Seul couac dans cette prise de position, l’UFC, de manière complètement incompréhensible, propose une discrimination positive à l’égard " des petits commerces et des supérettes qui concentrent les achats impromptus ". Ils " devraient pouvoir proposer des sacs jetables qu’il ne serait pas choquant de rendre payants ". (Curieuse attitude sélective, résurgence d’une forme de populisme qui attribue systématiquement aux " petits " toutes les vertus…).
Mais sur le fond, et par-delà cette anecdote, nous ne pouvons que nous féliciter de la mobilisation des organisations de consommateurs qui, à l’instar du WWF et de la CLCV, prennent à leur tour des positions courageuses. Elle conforte la démarche que nous avons initialement entreprise et va aider nos salariés (caissières et chefs de rayon) à convaincre les derniers clients récalcitrants.
Posté par M.E.L. le 2 janvier 2005 dans
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1 janvier 2005
Nitrates en Bretagne : Nettoyage des algues vertes… Avant le lavage des cerveaux ?
L’une des théories à la mode concernant l’avenir du capitalisme, c’est « la création de valeur par destruction de valeur ». Ce qui se passe en Bretagne avec l’épandage excessif des lisiers et le retraitement des algues vertes, semble donner raison à nos gourous ! Jugez-en. Cela se passe dans la baie de Saint Michel en Grève. Conséquence de la concentration des élevages porcins et, (jusqu’à une période récente de l’épandage sauvage et disproportionné des lisiers), le nitrate a fini par polluer la nappe phréatique, mais aussi les cours d’eau et le bord de mer, s’invitant dans les élevages de coquilles Saint-Jacques et sur les plages, sous forme d’algues vertes qui prolifèrent depuis plus de 10 ans. A marée basse, les plages de Plestin les Grèves sont littéralement recouvertes d’un tapis vert, très odoriférant en cas d’élévation de température. (Ne souriez pas, il a fait très chaud en Bretagne ces 15 derniers jours !). Une centaine de communes sont concernées. Elles tentent de ramasser les quelques 70 000 m3 d’algues qu’il leur faut épandre (répandre !) à l’intérieur des terres, dans des trappes constituées par des carrières, des anciennes décharges ...etc. Les agriculteurs ont longtemps été imperméables à la pression des écologistes qui dénonçaient, un peu trop systématiquement il est vrai, l’activité des éleveurs, sans même leur proposer d’alternative. Le syndicalisme agricole s’était enfermé dans une ligne indéfendable du style « le nitrate n’a jamais tué personne ! ». Les mentalités ont évolué. La profession s’est engagée dans un énorme programme d’investissement (stations d’épuration, de décantage, revalorisation (tiens ! tiens !) de cette « matière première » en différents types de compost. Mais le mal a été fait. Et paradoxe, salement, c’est sous une couleur verte qu’il s’affirme. Des élus, ont eu l’idée que la pollution, ça peut aussi rapporter gros. En tout cas, « qu’on peut faire avec ». Ils ont lancé un programme expérimental de lavage et de retraitement des algues vertes, programme réalisé par une société privée qui s’obstine à vouloir traiter les « ulvans », sorte de sucres dont ces algues sont porteuses, capables de modifier les argiles qui rentrent la composition de l’aliment du bétail. Les nano particules de cet argile « améliorent l’action des enzymes » et peuvent « remplacer les antibiotiques facteurs de croissance, interdits depuis janvier 2006 » (Pierre-Yves Tanguy, société Olmix, organisme traitant). Je vous entends. Vous frémissez et faites la fine bouche. Moi aussi. Les plus réalistes (les plus cyniques ?) retiendront que selon le centre d’étude et de valorisation des algues qui pilote cette initiative, outre l’alimentation animale, les propriétés de ces nano particules intéressent l’industrie pour les applications possibles à la matière plastique, à l’emballage alimentaire, et même dans l’automobile (Ouest France du 29/07/06). Les défenseurs de l’environnement commencent maintenant à ruer dans les brancards. Et on les comprend ! On peut effectivement argumenter, en parlant de l’intérêt d’une telle expérimentation. Dans l’absolu, si n’était le contexte, pourquoi pas ? Mais alors que le gouvernement a refusé d’appliquer aux agriculteurs le principe « pollueurs/payeurs » qu’il exige de tout industriel, cette expérimentation s’apparente ici à une provocation. Le programme a été lancé sans qu’aucun discours ne soit venu étayer et crédibiliser une politique de lutte contre la pollution à la source. Difficile d’y voir une intention maligne. Mais les associations écologistes ont quelques bonnes raisons de s’interroger : le CNRS pointe le nez sur ce dossier, financé sur fonds publics. Et fort de la qualité du test (10 à 12 tonnes traitées par jour) le PDG d’Olmix interpelle désormais régions et départements en rappelant que le marché potentiel est immense et que « nos besoins en algues seront énormes ». « Polluez sans gêne, nous traitons la merde pour vous », voilà un modèle économique qui s’est déjà imposé dans toute l’activité du recyclage. Mais les défenseurs de l’environnement, dans cette partie de la Bretagne, contestent sa généralisation. Auraient-ils vraiment tort ?
Posté par M.E.L. le 1 janvier 2005 dans
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24 septembre 2004
Petite baisse des prix à la rentrée
Gouvernement, distributeurs et organisations agricoles ont signé jeudi à Bercy un accord sur une baisse de 2 % en septembre des prix des produits de grande consommation.La baisse des prix était initialement de 5% d'ici 2005.
Gouvernement, distributeurs, industriels et organisations agricolesont signé jeudi (17 juin) à Bercy un accord sur une baisse de prix de 2% en moyenne sur plusieurs milliers de produits de grande consommation le 1er septembre.
LE PREMIER MINISTRE FAIT LE PREMIER PAS
Le 3 juin dernier, Nicolas Sarkozy avait demandé une baisse des prix de 5% d'ici 2005, 3% de moins avant décembre puis 2% avant juin 2005 mais une diminution totale de 5% était jugée trop lourde par beaucoup de professionnels. Une nouvelle baisse de 1% devrait intervenir en 2005.
LA NÉCESSITÉ DE MODIFIER LA LOI GALLAND
Une commission va être chargée d'étudier des modifications de la loi Galland sur la revente à perte. Présidée par le président de la Cour de Cassation Guy Canivet, elle devrait rendre un rapport dès octobre.
Posté par M.E.L. le 24 septembre 2004 dans
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