5 août 2005
Le monde de Frank Miller : Délivrez nous du mal ?

Peut-on regarder la violence sans s’y complaire ? Et quand la violence est belle, doit-on se sentir coupable d’y prendre du plaisir ?
Ouah ! Du Périgord où je légumise, me voilà pris en flagrant délire philosophique.
Je suis allé voir Sin City. C’est le pourquoi du questionnement !
Le film, annoncé comme un évident blockbuster par les officianados de Marvel Comics, ne passe déjà plus que dans les petites salles marginales. La critique fut plutôt généreuse sur la forme. Mais beaucoup, pourtant élogieux à la sortie de Kill Bill de Tarentino (qui collabore ici occasionnellement) n’y ont vu qu’un exercice stylistique : réussi pour l’adaptation fidèle de la BD, inconsistant et complaisant sur le fond (« dingo et puant » dit-on sur « resonance-online » ; « maniériste », « fasciste » a-t-on lu sur libération.fr. Injuste méprise ! C’est là, mon avis !
Je me suis replongé dans l’univers de Frank Miller, dont l’éditeur français, Rackham publie cette année un beau « collector » de dossiers tirés de Sin City (cf. visuel).
Pour Marvel Comics, (et aussi DC Comics/USA), Miller a d’abord dessiné un Batman complètement « remastérisé », à la mode psy « The Dark Knight Returns » avait déjà tous les traits de sa géniale-future-œuvre-la plus aboutie : Cynisme, humour noir, violence, expressionnisme… et cette brutalité gratuite magnifiée, qu’on retrouvera dans sa première adaptation cinématographique (un quasi-bide) : Robocop 2.
Mais Sin City est un véritable opéra de papier. Nietzsche, (et Fritz Lang) auraient salué ! Le graphisme s’éternise somptueusement sur les formes arrondies (femmes, voitures … excusez la juxtaposition !) et énerve le crayon dans le mouvement (bagarre, chutes, poursuites…).
Les gueules des héros (anti-héros) sont patibulaires à souhait. Elles sont passées sous les roues d’un semi-remorque, marquées des rainures d’un pneu, recousues main, mais d’une main qui tiendrait un scalpel !!!
Les femmes, victimes malmenées ou putes (mais jamais soumises) restent éclatantes, souvent vengeresses, toujours victorieuses.
C’est cet univers que revisite le film de R.Rodriguez, avec l’élégance du vice, la précision du bistouri, une qualité d’image à la Beineix (« La lune dans le caniveau »), sauf que la pellicule est en noir et blanc, rehaussée d’aquarelle aux couleurs chaudes, fluo (jaune, orange, rouge).
Esthétisant, le film est superbe, baigné d’une atmosphère polarde des années 30, visuellement parfait, jusqu’au moindre cadrage comme sur du papier glacé. Quelques longueurs dans ces trois histoires de détectives au grand cœur, délabrés mais tenaces ! On se laisse prendre par la magie. Moi j’ai franchement aimé.
C’est ici qu’est le tour de force, le génie de F. Miller.
Je peux comprendre que pour certains spectateurs, le sujet rebute. Moi-même, je n’ai jamais été client (encore moins friand) des films d’horreur : les massacres à la tronçonneuse, les moignons offerts à la gourmandise de molosses agressifs, les éviscérations… et toute la quincaillerie des films gores me font plutôt gerber.
Mais Miller pastiche. Il filme des stéréotypes. L’esthétisme crée la distanciation. L’invraisemblance, l’outrance des scènes les plus glauques n’enlèvent rien au sadisme ambiant, mais objective suffisamment le délire pour qu’on ne suffoque pas.
Cette brutalité sublimée (qui frôle toutefois le grotesque mais sans jamais y succomber) laisse sa place au spleen, à la solitude, et finalement, à la tendresse des personnages.
Oh, certes, ils ne sont pas d’une épaisseur psychologique ahurissante. Mais dans leurs rôles, Bruce Willis, et surtout Mickey Rourke, complètement déjantés, sont fantastiques. Et Jessica Alba est la plus émouvante des femmes fatales. On tuerait pour elle !
Ah, qu’elle est fascinante, la ville du péché. Tarentino jouait du sabre à outrance et son humour épongeait l’hémoglobine (« Kill Bill »). Miller va beaucoup plus loin. Il ne parle ni de morale, ni de justice. Les êtres se battent pour leur survie dans ce Gotham qui ressemble fort à la ville corrompue où sévit le vieux Batman. Même la police a des airs de Rapetout. L’humanité est réduite à son bestiaire de spéculateurs, de sénateurs corrompus, de curés vicieux, de violeurs, de tueurs, de cannibales…
Au milieu d’eux, la pureté se cherche une raison d’être.
La tâche est quasi impossible. Voilà pourquoi les héros sont forcément des paumés. Il faut ne plus y croire et n’avoir plus envie de vivre pour défendre l’Amour…
« Sin City est un film noir qui parle de ce qui est sombre, et il ne s’agit pas que de l’histoire, mais de ce que les personnages ont de sombre en eux-mêmes » dit Robert Rodriguez. Frank Miller rappelle aussi que dans toute dramaturgie (chez les auteurs grecs comme dans le théâtre shakespearien), la violence est extrême. Elle produit la tension nécessaire à l’expression des caractères, et des fantasmes, qui en sont les exutoires.
Loin de sacraliser la violence, Sin City, qui en est repu, est un film qui dérange… parce que cette fascination pour « La beauté du diable » est l’aveu de notre propre culpabilité.
Posté par M.E.L. le 5 août 2005 dans
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1 août 2005
La culture est partout à sa place

Je ne sais pas si vous aurez l’occasion de le regarder, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre la réalisation d’un film publicitaire pour nos espaces culturels. Il sera projeté dans les salles de cinéma durant ce mois d’août.
1) Depuis une dizaine d’années, mon groupe s’est lancé sur le marché des produits culturels (disques, livres, vidéo, multimédia). En zones très fortement urbanisées, ce sont surtout la Fnac et Virgin qui développent les plus gros chiffres d’affaires. Mais les Centres E. Leclerc sont principalement implantés en province ou en banlieue, sur des zones de chalandise où les leaders hésitent à investir du fait d’une prévision de rentabilité plus faible.
J’ai toujours été convaincu qu’en matière culturelle, c’est l’offre qui fait la demande. Si un livre n’est pas exposé ou promotionné, son auteur a peu de chance d’attirer l’attention du public. Puisqu’à peine 28 % des Français poussent la porte d’une librairie, que la pub sur les livres est toujours interdite à la télé, et que les émissions littéraires sont trop tardives pour obtenir une grande écoute, j’ai choisi l’offensive : mettre des livres et des disques partout, sans tabou, dans les hypermarchés et même dans les petits supermarchés. Et bien sûr, dans des magasins spécialisés (nos Espaces Culturels et multimédias), où l’on peut offrir jusqu’à 90 000 références de livres, recevoir des écrivains, réaliser des expositions, écouter des concerts…
C’est comme ça que les « épiciers de Landerneau » sont devenus le deuxième libraire de France, juste derrière la Fnac. La part des produits culturels et multimédia dépasse désormais 3,5 % du chiffre d’affaires du groupe et progresse avec un taux à deux chiffres.

Mais plus que la performance globale du CA, c’est la pénétration d’une offre culturelle élargie en zones sub-urbaines et rurales qui m’intéresse. Je n’ai jamais cru à l’existence « d’un désert culturel français ». S’il est vrai qu’il est plus facile d’aller au théâtre ou au concert quand on habite Lille, Paris ou Lyon, il ne faut pas négliger l’intensité d’une attente forte de la population provinciale.
2) C’est pour contrer le snobisme culturel ambiant que j’ai confié à l’agence Australie le lancement d’une campagne de publicité dans les magazines avec des images un peu « décalées » : Andy Warhol jouant au baby-foot dans un café, Baudelaire attendant le bus aux côtés d’une famille dans un abri, la Callas posant sur le capot d’une jolie voiture à côté d’un jeune de banlieue.

Mais j’ai voulu aussi profiter de la nouvelle législation qui autorise les distributeurs à faire de la publicité sur une trentaine de chaînes câblées (Paris Première, TPS Cinestar, France 4, TF6, LCI, RTL9, TCM, Discovery Channel). Nous lui avons donné une dimension compatible avec le passage en salle de cinéma.
C’est Rob Sanders que nous avons choisi comme réalisateur. A son actif : des films publicitaires pour Volkswagen, Nike…

Et ça donne un spot très sympa, en forme de clin d’œil : un couple de bobos rentre dans un bar tabac provençal. Il y trouve ce qu’il pensait y chercher : un univers de b.o.f. à la Deschiens, a-culturés en apparence, et plongés dans le coma d’une indifférence totale. Sauf que, une fois les amoureux partis, les indigènes ressortent leur Gallimard de dessous la table et zappent le motocross à la télé pour se rebrancher fiévreusement sur un opéra.

Un film contre les poncifs donc, pour rappeler que la culture est partout à sa place et qu’elle n’est pas l’apanage d’une élite.
A la lecture du synopsis qu’on m’avait proposé, j’avais peur que l’opposition des deux mondes tourne à la caricature. En fait, je trouve ce clin d’œil plutôt bien réussi. N’hésitez pas, si l’occasion s’en trouve, à me faire part de vos critiques.
> Voir le film Espaces Culturels E.Leclerc
Posté par M.E.L. le 1 août 2005 dans
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25 mai 2005
Google Print : Bibliothèque universelle ou asservissement du savoir ?
Dépassé, le projet fabuleux et quelque peu mégalomane de François Mitterrand !. Au classement du Grand Livre des Records, la dimension de notre Bibliothèque Nationale n’a plus rien de pharaonique, si ce n’est probablement celle de ses coûts d’entretien. L’initiative récente de Google risque même de reléguer Alexandre le Conquérant au rang d’un génial mécène égaré dans son siècle… Car ce dont il s’agit aujourd’hui n’est rien moins que la constitution d’une bibliothèque universelle, une tour de Babel des savoirs, des langues et des littératures.
Passionnant en lui-même, le projet Google de numérisation de milliers de livres est tout à fait emblématique des problèmes (éco, culturels, politiques) suscités par la nouvelle économie internet.
J’ai, depuis trois mois, épluché tous les articles qui décrivent ce projet. Et ce week-end, je me suis replongé dans une lecture étonnante, riche de toutes les utopies, mais parsemée de trompe-l’œil et de chausse-trappes.
Rappel : Il y a dans le monde, actuellement, des milliers de projets de numérisation (archives de musées, d’entreprises, fonds de bibliothèques, mémoires de recherches, doc administratifs, etc…). Dans le domaine culturel, deux propositions ont fait l’objet d’un débat public. La première émane de « Amazon.com ». En octobre 2003, le libraire en ligne a lancé le programme « Search inside the book ». Près de 200 éditeurs sollicités, l’ambition de rendre consultables jusqu’à 120 000 livres !
Et puis, il y a eu « Google Print ». La firme de Mountain View (Californie) a confirmé l’accord de 5 des plus grandes bibliothèques anglo-saxonnes de lui confier la numérisation de leur fond (Harvard, Stanford, bibliothèque du Michigan, New-York Public Library, Oxford). Avec un objectif encore plus incroyable : 15 millions d’ouvrages scannés, 4,5 milliards de pages, le tout disponible dans 6 ans ! ! !
Ces projets ont suscité aux USA un immense enthousiasme et, finalement, assez peu de critiques. Parmi celles-ci, listons les principales parce qu’on n’a pas fini d’en parler :
1) Problèmes techniques : manipulation des ouvrages lors des opérations de scanning.
2) Problèmes liés au financement par la publicité.
3) Problèmes des droits d’auteur et du copyright (idem que pour la musique en ligne…).
En Europe, le débat s’est focalisé autour de la réaction de Jean-Noël Jeanneney, Président de la BN. Aux propositions de Google, il a opposé des arguments supplémentaires qui dépassent largement les aspects techniques du dossier.
4) Problème de la destination des données. Pour JNJ, « accumuler, ce n’est pas organiser ». Il faut (et qui doit ?) s’occuper de la codification, des répertoires, des indexations. C’est un travail que le bibliothécaire ne peut abandonner à l’intégrateur. Même dans ce cas, il faut déterminer des standard communs à toutes les bibliothèques. Sinon, on fait un Quid ou on prend le risque de disperser les données dans les millions de pages de Google.
5) Problème de l’hégémonie de Google : Est-il raisonnable qu’à terme, l’accès aux données soit subordonné aux préoccupations financières d’une seule société privée.
6) Problème de l’hégémonie linguistique : Puisqu’il s’agit d’une multinationale, quelle place va-t-on garantir aux productions de langue française, aux autres langues que l’anglais, dans les répertoires, les classements, et la promotion.
7) L’avenir des bibliothèques : Peut-on lancer un programme de numérisation et en confier l’exploitation à une entreprise dont l’objet n’est pas lié à l’avenir physique du livre. S’agit-il, dès lors, de mettre un contenu à disposition des internautes, au détriment des bibliothèques ou, au contraire, de faire venir les lecteurs dans les bibliothèques ?
8) La question déontologique : à supposer qu’on résolve toutes les questions précédentes, jusqu’où peut-on disséquer un livre, le présenter en « page d’informations », sans respecter l’ouvrage dans sa cohérence et menacer ainsi son intégrité. « Un livre de littérature n’est pas qu’un ensemble de pages écrites ».
Sur la base de ces questions, 19 bibliothèques européennes (Allemagne, Finlande, Grèce, Espagne, Belgique et toutes celles qui sont implantées dans l’ancien bloc de l’Est) ont signé leur adhésion à un contre-projet européen. Pour le moment, au stade de l’idée, avec demande de financement auprès de l’UE…
Oui, cette affaire est passionnante parce qu’elle remet en cause l’inertie de notre secteur culturel public (l’offre de Google a réveillé nos gestionnaires publics). Elle oblige les acteurs culturels à « penser la démarche technologique » non pas simplement comme média, comme support, mais comme façonneur de contenu (30 ans après Marshall Mac Luhan, c’est pas trop tôt).
Le chantier est immense. Une chose est certaine : en focalisant le débat sur les techniques de numérisation, on se trompe. D’abord parce qu’on peut résoudre la moitié de ces problèmes en élaborant des cahiers des charges adaptés. Mais surtout, cet aspect de la question restera mineur si l’on ne traite pas de l’essentiel : l’exploitation des contenus et les critères de sélection par les moteurs de recherche.
Google n’a jamais fait mystère de ses objectifs : accroître la masse de données accessibles pour multiplier les occasions de ramasser de la publicité (je ne polémique pas, je ne fais que citer le leitmotiv d’Adam Smith, le responsable du projet). Du quantitatif donc.
Ce que réclame Jean-Noël Jeanneney, c’est du qualitatif. Nous retrouvons ici la problématique sur laquelle nous avons échangé, celle des critères de référencement et de classement des moteurs de recherche (blog du 4 mai). A suivre, donc…
Posté par M.E.L. le 25 mai 2005 dans
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13 mai 2005
Fondation Pinault : Les mauvais fruits de "l'exception culturelle"
Quelles que soient les véritables motivations de François Pinault, l’abandon du projet d’établissement de sa fondation dans l’île Seguin est vécu, par notre Administration, comme un véritable camouflet. Il sanctionne le mépris que manifeste trop souvent le secteur public à l’égard des initiatives culturelles privées dont il n’a pas le contrôle.
Personne ne conteste l’importance des collections rassemblées par François Pinault et son épouse. 2 500 pièces ! 30 années durant, le propriétaire de Christie’s, de Gucci et de la Fnac a amassé des « Mondrian », des « Rebeyrolle », des « de Kooning », beaucoup d’œuvres pop art (Andy Warhol et Rauschenberg), et probablement le meilleur (installations, toiles gigantesques, sculptures) de la production de la dernière génération de peintres contemporains. Il n’est que d’écouter Jean-Jacques Aillagon, l’ancien directeur de Beaubourg et Ministre de la Culture, tout entier à son enthousiasme pour décrire ces peintures dont il fut, quelques mois, l’intendant auprès du bouillonnant patron breton.
Personne non plus ne peut faire passer cette rebuffade comme un caprice de milliardaire. François Pinault est un type sérieux. Il est proche du Chef de l’Etat. Les ministres de la culture successifs ont su le solliciter quand, lors d’une vente, il fallait mettre la main à la poche pour qu’un musée national (Versailles, par exemple) puisse acquérir une œuvre d’art en route pour l’exportation.
Vu l’intérêt du projet, donc, on aurait imaginé un minimum de mobilisation. On aurait pu se rappeler la lutte d’influence entre Madrid, Barcelone et quelques autres villes européennes pour pouvoir accueillir la célèbre collection Thyssen-Bornemisza. Ou la bataille merveilleusement menée par Bilbao pour que la ville basque puisse abriter une part des collections du prestigieux Guggenheim… Et bien, non. Il s’agissait d’une affaire « bassement privée ». L’Etat n’avait pas à dérouler le tapis rouge… On connaît le résultat.
Cette affaire illustre, encore une fois, deux tares spécifiquement françaises :
1) D’abord, cette idéologie qui conduit nos administrations, sous des régimes de droite comme de gauche, à considérer le dossier de la culture comme un territoire quasi exclusif des interventions de l’Etat. Pour être reconnue, l’initiative culturelle doit être publique, scènes nationales et théâtres publics plutôt que théâtres privés (la piteuse querelle des Molière), musées nationaux plutôt que collections privées, châteaux ou demeures particulières. Des fondations, des ministres, des artistes ont permis de faire évoluer le droit et d’obtenir la reconnaissance tardive du mécénat privé (loi Aillagon). Mais si elles préservent le futur, ces dispositions ne changeront rien au fait que Londres a doublé la politesse au marché de l’art français et que les grandes fondations ont élu domicile en Suisse, en Italie ou en Espagne.
2) Et puis, cette affaire permet de rétablir cette cruelle vérité : on a rameuté tous les artistes français pour défendre l’exception culturelle européenne, on a mobilisé tout ce que la francophonie compte d’auteurs et de réalisateurs pour essayer de contrer l’invasion de la musique et des films américains. Mais dans la manifestation de notre suffisance, on a oublié qu’à l’intérieur même de l’Europe, d’autres nations, d’autres administrations revendiquent leur rôle culturel et nous le contestent. La France perd une prestigieuse collection. L’Italie, si souvent raillée pour son dilettantisme, remporte la mise.
A la veille de ce funeste référendum, voilà une leçon qui rappellera aux Français que l’idéologie d’un service public culturel national n’offre qu’un piètre rempart quand d’autres pays savent se rendre plus attractifs.
Posté par M.E.L. le 13 mai 2005 dans
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27 février 2005
Musique en ligne, riposte au piratage
Il y avait là un beau panel de distributeurs de disques et de DVD (Denis Olivennes, FNAC), du cinéma (Olivier Courson, Canal+), et des représentants des auteurs, des producteurs, etc...
Chacun a fait son autocritique, ses propositions, et envoyé quelques scud sur le Nouvel Observateur et son initiative pour la musique gratuite, etc... Evidemment, j'ai émis toutes les critiques à l'égard des majors du disque que nous avons eu l'occasion de développer ici sur ce blog. Les principales mesures sont d'abord à prendre dans les entreprises elles-mêmes (marketing, élargissement de l'offre, baisse des prix...). Mais tous, nous avons convenu que parmi les dizaines de mesures à prendre, il importait d'engager la responsabilité des fournisseurs d'accès à Internet qui sont finalement les seuls bénéficiaires du piratage. Ce sont eux qui, en contrepartie d'un téléchargement gratuit, reçoivent publicité et rétribution. Or, ils ont la capacité de détecter le piratage professionnel, et de déconnecter ceux qui s'y livrent. (ils le font bien, même s'il faut parfois l'imposer par des actions de justice, quand il s'agit de sites pédophiles ou nazis !!!).
Ensemble nous avons décidé que sur la base de ce constat unanime, les pouvoirs publics devaient agir sans délai pour obtenir des fournisseurs d'accès un engagement total dans cette affaire. J'envisage de signer avec Denis Olivennes de la FNAC, une demande en ce sens !
Qu'en pensez-vous ?
Posté par M.E.L. le 27 février 2005 dans
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