28 janvier 2005

BD : festival d'Angoulême

 Chaque remise de prix produit son lot de frustrations. Les lauréats sont aux anges et le méritent souvent. Comme Bruno Le Floc'h, mon compatriote, primé par le jury René Goscinny pour son premier album "Trois Eclats blancs" (Delcourt) ; Abolin et Pont, salués par RTL pour " Où le regard ne porte pas " (Dargaud) ; et Marjane Satrapi avec son " Poulet aux prunes " (récompense de son talent et de la clairvoyance d'un éditeur qui a lancé toute cette nouvelle génération de l'Association). Moi, j'aurais donné le prix du scénario à l'émouvant " Le Tour de valse " de Lapière et Pellejero (Dupuis). J'aurais nommé meilleur premier album " Blankets, Manteau de neige " de Craig Thompson (Casterman). J'aurais aussi salué le talent de Baru (" L'enragé " - Dupuis) et celui de Kalesniko (" Mariée par correspondance " - Paquet). J'aurais eu honte de proposer " Le cri du peuple " de l'immense Tardi dans la liste " de la meilleure série ". Quelle bêtise ! Mais j'ai applaudi l'humour féroce d'Art Spiegelman quand il rappelle, perdu dans les volutes de sa cigarette, que " la bande dessinée, c'est l'enfant bâtard de l'Art et du commerce ". Hommage posthume au génial Will Eisner et aux pionniers des comics US, pour lesquels le fait d'être reconnus comme auteurs populaires était un signe de noblesse !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 28 janvier 2005 dans Actualités / Débats (BD)
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16 janvier 2005

Actualité BD

 En attendant le Festival d'Angoulême (du 27 au 30 janvier), je vous recommande deux expos à Paris. L'une a déjà fait l'objet d'une grosse couverture médiatique, c'est l'expo Miyazaki et Moebius à la Monnaie de Paris, 11 quai Conti (www.miyazaki-moebius.com). Le Japonais et le Français sont deux créateurs d'univers oniriques, colorés et généreux, deux figures de proue du dessin et de l'animation. La juxtaposition de leurs oeuvres, piochées dans leurs collections personnelles, est passionnante. A quelques minutes de marche, 47 quai des Grands Augustins, la galerie de Daniel Maghen (www.danielmaghen.com) révèle l'écriture nerveuse, mais toute aussi colorée de deux jeunes dessinateurs accomplis. Olivier Boiscommun, 33 ans, formé à l'école des Beaux-Arts d'Angoulême, a déjà travaillé avec Joann Sfar et Jean-David Morvan. Il est l'auteur d'Anges d'Halloween, du Livre de Jack, du Livre de Sam, et du célèbre Troll (Les Humanoïdes Associés). Anges et démons jouent à cache-cache avec les humains dans un univers plein d'émotion et de tendresse. Sur le mur d'en face, olivier Ledroit, 35 ans, crache le feu, mobilise les vampires et fait s'affronter les destins de créatures dont le graphisme est hérité de F.W. Murnau (Nosferatu, Faust), de Tod Browning (Dracula), mais aussi de Fritz Lang (Metropolis). Les planches et dessins exposés sont extraits des "Chroniques de la lune noire", "Xoco" ou "Requiem". Entre expressionnisme et gothique, le talent (déjà) d'un Druillet ou d'un Bilal. Dérangeant mais superbe. Au fait, n'hésitez pas à me signaler les belles expos de province ou d'ailleurs. Je me ferai un plaisir de m'y rendre, lors de déplacements professionnels et de relayer vos propres commentaires.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 16 janvier 2005 dans Actualités / Débats (BD)
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