10 août 2005

Gestion de l'eau : les pratiques individuelles contre l'intérêt collectif

...Toujours en Dordogne, en limite nord-ouest du département. Deux journaux locaux : Sud-Ouest et la Charente Libre. Les problèmes consécutifs à la sécheresse alimentent la chronique quotidienne.

L’Aquitaine et la Charente sont particulièrement touchées. Les autorités tempèrent : « La préparation très en amont de la gestion des ressources en eau devrait éviter une situation telle qu’on a connu en 1976 ».
Tout en langue de bois !
Il suffit de lire les échanges aigres-doux entre agriculteurs des 2 départements pour comprendre qu’on va à la catastrophe : environnementale d’abord, économique ensuite.
En année pleine, l’agriculture pompe en moyenne 49% des ressources en eau. Mais ce chiffre grimpe à 80% pendant l’été.
C’est l’extension des surfaces irriguées qui, a asséchée les nappes phréatiques et les cours d’eau. Dans le seul département des Deux-Sèvres, 20 000 hectares sont arrosés quotidiennement. Vu le déficit pluviométrique (-50%), les stocks ne se renouvellent plus.
Paradoxe : Ce sont leurs confrères du secteur de l’élevage qui en font les frais. Pas assez d’eau pour les troupeaux (Dordogne). Pas assez d’herbage pour les nourrir, pas de deuxième coupe en prairie. « Cela fait 10 ans que ça dure, depuis le développement de l’agriculture intensive, déclare un Poitevin, condamné à fournir de l’eau potable (payante et chère) à ses vaches. « Et je passe mes journées à édifier des clôtures puisque les bêtes ne sont plus gardées par des barrières naturelles de conches» (Charente Libre-6/08).

Du côté des producteurs de maïs, on se défend. Les surfaces irrigables auraient diminué de 30% (en un an ? mon œil !). Mais on voit toute la limite du discours quand on lit les projets du président des producteurs de maïs de Dordogne : « Il faut faire des réserves, soit collinaires, soit en tête de bassins, soit par des pompages en hiver ». Avec cette précision : « Le coût total de ce chantier, à classer parmi les grands travaux nécessaires à notre pays (sic), correspond à l’équivalent de 5km d’autoroutes ».
Au frais de qui ? N’est-ce pas le signe qu’on va continuer le gaspillage ?
Il faut revoir les choix de culture. Et arrêter cette course à la productivité, dans des régions insuffisamment dotées en capacité d’irrigation. La profession agricole ne peut se soustraire à cette responsabilité.
Cependant, il ne sert à rien de rester dans le procès. Il faut accompagner les mutations, et discuter des conditions de reconversion.

Et puis, l’agriculture n’est pas seule coupable.
L’évolution du climat exige que chacun, à son niveau, modifie ses comportements. Pour preuve, ces informations sur les terrains de golf. Les chiffres sont probablement gonflés par la polémique. Mais, il semblerait que l’arrosage d’un green prélève l’équivalent de la consommation d’une ville de 3 000 habitants selon les uns (jusqu’à 12 000 selon une autre source).
Il y en a 600 dans l’hexagone…
Cet exemple (pas exclusif) pour dire qu’il ne suffit pas de désigner les paysans à la vindicte populaire. La gestion durable des ressources en eau est désormais une question politique qui exige une coordination nationale et l’implication de tous.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 10 août 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Développement durable
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4 août 2005

Bois exotique : Le scandale du bois illégal

img_blog_040805_bois1.jpg

Long coup de téléphone, hier, d’un de nos collaborateurs chargé de sélectionner les articles pour le catalogue de « plein air » (printemps 2006). Il m’entretenait des difficultés d’obtenir des certificats loyaux et précis sur l’origine des bois exotiques rentrant dans la fabrication des meubles de jardin. Et pestait contre l'inertie des administrations des pays exportateurs et importateurs alors qu’elles sont plus à même de contrôler la légalité des filières que les acheteurs de Castorama ou de Monsieur Meuble basés à Bordeaux ou à Clermont.

1) La problématique :
Avec la Grande-Bretagne, la France est le plus gros importateur de bois tropicaux d’Europe (dont un quart destiné aux marchés publics). Or, selon Greenpeace, la moitié du bois négocié dans le monde provient de sources illégales ou de forêts surexploitées. Des forêts primitives qui ne se renouvellent pas : désastre écologique, contrebande, privation de ressources pour la population autochtone.

2) Les alternatives :
Greenpeace, Robin des Bois, et WWF proposent qu’on favorise le label FSC (Forest Stewardship Council) qui certifie les bonnes pratiques forestières. Mais seulement 4 % de la forêt mondiale en est digne.

Boycotter les 96 % restants ? …J’ai accompagné, l’année dernière, au Vietnam, en Chine et en Malaisie, une mission d’exploration pour étudier l’idée de boycott sélectif. Vu les dizaines de milliers de personnes qui vivent de cette filière, c’est, pour moi, complètement exclu.

Nos acheteurs ont proposé la politique suivante :

a) Refus d’achat de bois illégaux. Exigence d’un certificat d’origine.
b) Diminution d’articles en bois « menacés » (teck). Recherche de bois de substitution : nouvelles sources d’approvisionnement provenant de forêts contrôlées (pays de l’Est et du Nord). Remplacement du bois par d’autres matériaux (fonte, grès, etc…).

3) Les contrôles :
Pour garantir la qualité écologique de cette offre, notre enseigne a adhéré au « Tropical Forest Trust », une ONG regroupant plusieurs acteurs mondiaux de la filière bois, engagée dans le développement durable.

TFT assiste nos acheteurs (contrôle des sources légales) et oriente nos fournisseurs vers les forêts bien gérées ; l’objectif étant de développer les aires labellisées FSC.

Notre enseigne est la première chaîne française d’hypers à avoir adhéré au TFT, mais déjà y travaillent des spécialistes parmi lesquels Castorama et GP DECORS. TFT nous a beaucoup aidés pour la confection du catalogue 2005.

4) Les Administrations, l’Etat, l’UE…
La difficulté majeure, quand on est bien intentionné et motivé, c’est l’absence de traçabilité dans la filière. Chaque année, les Douanes publient un bilan des saisies pour contrefaçon (textile, montres, luxe…). Mais pour le bois, rien n’est encore fait. L’importation illégale n’est pas reconnue comme un délit. Le thème fait toujours débat au sein de l’UE alors qu’au sommet de Johannesburg (2002), nos représentants s’étaient engagés à sanctionner les mauvaises pratiques. Promesse non tenue…

Pas facile alors pour nos cadres et les ONG, de trier le bon grain de l’ivraie !

C’est aussi la raison pour laquelle Sébastien Risso de Greenpeace affirme : « Tant qu’ils ne prendront pas des mesures correctives, la Commission et les Etats membres resteront complices de la destruction des dernières forêts anciennes de la planète ». (Libé 8/07)

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 4 août 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Développement durable
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4 juillet 2005

Pauvreté : Bob Geldoff, le G-8 et la perspective d’un plan Marshall…

Le contre-sommet d’Edimbourg n’a pas fait recette. A part la manifestation (qui a tout de même mobilisé 200 000 personnes), le forum altermondialiste est peu fréquenté. Et les intervenants sont bien incapables de produire la moindre plate-forme alternative, sauf (ce qui est déjà un bon point) à organiser la pression médiatique sur les chefs d’état réunis pour le G-8.

L’aide aux pays pauvres suscite un formidable élan de solidarité. Mais la limite du mouvement est tout autant culturelle qu’institutionnelle.

- Culturelle :
Les ONG, depuis 10 ans, ont fustigé les états, et surtout les organisations internationales. La donne a changé. Plus personne ne conteste que la mobilisation d’une aide massive passe par l’engagement des états les plus riches et de leurs dirigeants. Hors ce schéma, les interventions, même les plus généreuses, n’auront jamais l’impact suffisant.

- Technique :
Aucun mécanisme de répartition ne s’avère aujourd’hui complètement performant.
L’intérêt des concerts de Geldoff, comme l’intervention de multiples personnalités (Mandela, Tony Blair, Bill Gates ou même Claudia Schiffer), c’est de rallier un maximum de citoyens au soutien de la Cause. Mais on n’échappera pas à ce travail ardu et ingrat : redéfinir une organisation responsable et efficace pour contrôler l’utilisation de l’aide publique.

1) La cause :

Les nations favorisées ne peuvent plus rester aveugles. Dans la seule Afrique, 310 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 1 dollar par jour). Le continent noir concentre sur son sol toutes les plaies du monde (misère matérielle, déficit éducatif et sanitaire, désertification, endettement, épidémies, dépendance, etc…). L’espérance de vie recule (46 ans !) avec l’accroissement de la mortalité infantile et le sida… Certaines régions d’Amérique Latine ou d’Asie suivent la même pente.
Au rythme actuel d’appauvrissement, les analystes considèrent qu’il faudra attendre le milieu du siècle prochain pour réduire des deux tiers la mortalité des enfants et éradiquer, pour moitié, la pauvreté. Insoutenable !
L’aide extérieure est indispensable. Le continent possède des ressources considérables. Mais la corruption et le détournement des richesses, avec la complicité des élites, voire des nations occidentales, ont gâché les chances de l’Afrique, et probablement aussi les effets d’une partie de l’aide publique déjà accordée.

2) L’aide :

Il y a quinze jours, les 8 nations les plus riches ont annoncé l’annulation de 40 milliards de dollars de dettes concernant 18 des pays les plus pauvres. C’est un premier pas appréciable. Mais dans les comptes de l’ONU, ce sont 53 états africains qui ne bouclent pas leur budget. Et vu l’accroissement des besoins (éducation, santé, infrastructures), les effets de ce ballon d’oxygène seront vite épuisés. Aux Nations Unies, Jeffrey Sachs, coordinateur d’un groupe de réflexion sur le chiffrage des aides, suggère qu’on se fixe un objectif sur 2015. D’après les économistes qui l’entourent, on pourrait diviser par deux le niveau de pauvreté en doublant les contributions actuelles.

Effet de manche ou conviction sincère, Tony Blair propose un plan Marshall de 25 à 50 millions de dollars (sur 3 à 5 ans) pour le continent noir.

Sous la pression des médias et de l’opinion, les chefs d’état semblent aujourd’hui vouloir rivaliser de bonnes intentions. C’est déjà une chose positive.

3) Problématique de la répartition :

Les difficultés sont de trois ordres. Il ne faut pas les minimiser. Si les deux premières dépendent de choix politiques, la troisième est un vrai casse-tête.

a) L’engagement des états :

Dans les sondages, l’opinion publique est toujours généreuse. Devant la feuille d’impôts, elle l’est moins. C’est toute la difficulté des chefs d’état qui, dans un contexte budgétaire difficile, doivent mobiliser des ressources. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon sont à peu près « carrés ». Ils se sont engagés sur un calendrier. Ce n’est pas le cas des Etats-Unis (qui consacrent moins de 0,16 % de son PIB à l’aide au développement). Ce n’est qu’en partie vrai pour le Japon et la Russie.

b) Les financements :

Plusieurs solutions ont été proposées. Aucune n’a fait l’unanimité : taxe Tobin sur les flux financiers, taxe sur le kérosène et plus généralement le transport aérien, projet anglais de « retour à meilleure fortune » (on financerait des projets rentables qui permettraient d’amortir la dette ? ? ?).

c) Les organismes répartiteurs :

C’est, à mon avis, le problème majeur.
Rien ne garantit qu’après un nouvel élan de générosité, les aides ne finissent dans les sables du désert. Il ne s’agit pas d’évoquer ce problème comme une sorte de caution pour justifier l’inaction. Mais ne l’oublions pas. L’aide au développement est aujourd’hui de 70 milliards de dollars annuels. Jamais elle n’a été aussi élevée. Si elle n’est pas efficace, c’est qu’elle est mal distribuée.
Abdoulaye Wade, Président sénégalais et coordinateur de la dette pour l’Union africaine, s’exprime ce matin dans Libé (04/07). Il propose la création d’une commission mixte : membres du G-8, plus chefs d’état des pays bénéficiaires. Il en appelle à l’esprit de co-responsabilité, et propose la co-gestion des projets par les administrations des 53 états concernés.
Je ne doute pas qu’il trouve là une manière de surmonter l’incapacité des états africains à travailler de manière coordonnée : « L’institution que nous avons mise en place s’avère inopérante. C’est le triste constat ».
Mais pourquoi devrait-on faire confiance à des élites qui, depuis 30 ans, ont fermé les yeux sur la corruption.
A quoi cela servira-t-il de multiplier les sommes versées si les populations africaines restent spoliées du fait de la surenchère confiscatoire que se livrent bourgeoisie nationale et entreprises internationales.

On a posé sur ce blog la question du contrôle et du rythme d’utilisation des fonds pour la reconstruction en Asie (après le tsunami). Les sommes nécessaires et les enjeux pour l’avenir des populations africaines méritent qu’on focalise notre attention sur l’organisation des aides tout autant que sur leur financement.

Saurons-nous ici formuler quelques propositions !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 4 juillet 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Actualités / Débats (Eco)
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28 juin 2005

Tsunami : Après les dons, les projets E. Leclerc / La Voix de l’Enfant

Tous vos journaux font les comptes. Dans les notes d’actu sur mon site (14 et 31/01/05), je m’étais aussi engagé à le faire.

Rappel :

Suite au drame du 26 décembre 2004, les Centres E.Leclerc ont mis en place un dispositif d’envergure afin de récolter un maximum de fonds. Le samedi 15 janvier, pour chaque passage en caisse, l’enseigne a reversé 1 € à la Voix de l’Enfant, soit un total de 2 084 394 euros. De leur côté, les clients avaient la possibilité, s’ils le souhaitaient, d’abonder l’opération en décidant de verser également 1 € au moment du paiement de leurs achats. 376 539 personnes ont participé à l’opération.

Au total, c’est donc 2 460 933 euros qui ont été remis par E.Leclerc à la Voix de l’Enfant.


Les comptes et les projets concrets :

Cette somme destinée à la reconstruction d’écoles, de dispensaires et de toutes les infrastructures indispensables aux victimes et à leur protection a été répartie entre 3 pays fortement touchés : l’Inde, le Sri Lanka et la Thaïlande. Pour le moment, la moitié de la somme a été engagée sur le terrain dans des projets de grande envergure de 2 à 3 ans et versée à des associations locales qui sont maîtres d’œuvre : ICCW (Indian Council for Child Welfare), Terre de Vie, ou encore la Chaîne de l’Espoir.

En Inde : habitat, soins primaires, soutien économique et éducation

En partenariat avec l’association « Maison de Sagesse » : 44 405 euros en 2005.

1) Aide aux villages de pêcheurs touchés directement par le tsunami dans la région de Cuddalore, le long du fleuve, près de Nellikuppam, lieu d’action de « Maison de sagesse ».

- Reconstruction d’habitations dans les villages les plus pauvres.
- Reconstruction de la flotte de pêche : bateaux, moteurs, filets de pêche.
- Amélioration de l’accès à l’eau dans la région de Cuddalore : pompage et système d’analyse des eaux de puits.

2) En partenariat avec le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE) : soutien au développement de 8 villages côtiers du Sud Est de l’Inde et amélioration des conditions de vie des populations : 406 133 euros répartis sur 3 ans

- Relance de l’économie locale par le biais d’un programme de reconstruction de la flotte de pêche et par la mise en place de groupes d’entraide, pour favoriser la solidarité communautaire.
- Développement de l’accès aux soins : un médecin et 2 infirmières assureront des visites médicales à domicile afin de pallier aux problèmes médicaux urgents et assurer les campagnes de vaccination.
- Aide à la scolarisation et activités pour les enfants : achat d’uniformes, de matériel scolaire, centre de soutien scolaire dans chaque village (chaque centre pouvant accueillir jusqu’à 50 enfants), création d’espaces de jeux et d’écoute.

3) En partenariat avec Guild of Service : 60 180 euros répartis sur 2 ans.

- Construction de 2 écoles primaires (75 à 100 enfants concernés par école) et de 6 crèches dans la région sud du Chennai.

Au Sri Lanka : habitat et conditions de vie

En partenariat avec Terre de Vie : 44 800 euros en 2005.

- Reconstruction de maisons provisoires à Dutch Bar, le quartier Est de Batticaloa, sur le cordon lagunaire, complètement rasé.
- Amélioration de la vie dans le camp de Kallar où 800 familles ont choisi de rester : mobiliers, bourses scolaires…
- Construction d’un lotissement de 12 maisons à Palangathure (40 km au nord de Colombo).
- Remise en état du centre artisanal de Batticaloa (Est de l’île) et aménagement de chambres pour éducatrices.

En Thaïlande : faire face à l’urgence

En association avec la Chaîne de l’espoir : 32 844 euros sur 3 ans.

- Soutien aux familles victimes : aide à la scolarisation des enfants, aide au retour à la vie professionnelle des familles dans la Province du Buriram.
- Financement des frais de scolarité des enfants orphelins de l’un ou de leurs deux parents (achat de l’uniforme, des fournitures scolaires, du repas du midi et suivi médical)


Dossiers en cours d’étude et de finalisation en Inde

1) En partenariat avec Arunodhaya : 200 000 euros répartis sur 2 ans.

- Construction d’un centre pour les enfants (aide psychosociale, activités de récréation, aide aux devoirs).
- Suivi des élèves dans les 10 écoles du territoire d’intervention de l’association.
- Formation de groupes d’entraide de femmes (micro-crédits) afin de mettre en valeur leur statut social et économique par l’initiative.
- Allocations supplémentaires à celles de l’Etat pour l’achat de bateaux de pêche et de filets.

2) En partenariat avec l’Indian Council of Child Welfare : programme d’aide et de réhabilitation dans la région de Cuddalore (Sud de Pondichéry) : 340 330 euros répartis sur 3 ans.

- Construction de 100 maisons permanentes.
- Rénovation et provision des infrastructures : construction de routes, approvisionnement en eau potable, assainissement, réverbères.
- Réouverture et fournitures pour 12 écoles qui se trouvent sur la côte (achat d’uniformes, de fournitures scolaires, bourses scolaires pour 300 enfants ayant perdu leur soutien de famille).
- Flotte de pêche pour 50 familles de pêcheurs : subventions partielles ou complètes pour le remplacement des bateaux et filets.
- Parrainage des enfants orphelins et de parents célibataires, centre d’alimentation pour les enfants orphelins et indigents.


Suivi financier et contrôle :

Les Centres E. Leclerc et la Voix de l’Enfant sont liés par une convention qui prévoit le suivi des opérations. VdE est une fédération de 66 associations de protection de l’enfance en France et dans le monde. Elle est présente depuis des années dans cette région touchée par le séisme. Elle s’est mobilisée dès les premiers jours et a créé une plate-forme « Séisme Asie Enfants » pour apporter un soutien efficace et pérenne à ses associations membres et partenaires locaux présents sur place.

Aux côtés de Carole Bouquet, marraine de la Fédération, et de Martine Brousse, la directrice, j’aurai l’occasion de présenter un premier bilan détaillé à la presse, mardi 5 juillet.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 28 juin 2005 dans Actualités / Débats (DD)
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21 juin 2005

« Le cauchemar de Darwin » : L’enquête inachevée

blog_210605_cauchemar_darwin.jpgJe suis allé voir, ce week-end, le film du cinéaste autrichien, Hubert Sauper. Ce documentaire soulève, depuis sa sortie en salle, de nombreux débats, notamment dans les cercles altermondialistes.

Le sujet : HS a enquêté sur l’impact écologique, social et politique de l’exploitation d’un poisson, « la perche du Nil », dans cette région de la Tanzanie. Ce poisson est un prédateur, originaire d’Éthiopie, qui a été introduit dans le lac Victoria dans les années 60.

- Désastre écologique : la perche a décimé les autres espèces.
- Impact économique : la pêche, devenue industrielle, est désormais la principale ressource d’exportation de la Tanzanie.
- Conséquence sociale : Toute une population anciennement agricole est venue se fixer sur les rives du lac. Misère, prostitution, sida, et malnutrition sont le lot quotidien de milliers de Tanzaniens réduits à manger les carcasses d’un poisson devenu trop cher pour le marché intérieur.


Le débat : Si je suis allé voir ce film, c’est moins pour ses qualités esthétiques et cinématographiques (pas évidentes du tout) que parce qu’il sert d’argument à des appels au boycott. La perche du Nil est en effet commercialisée sur tous les étals européens. Forte est la tentation d’espérer améliorer le sort des Tanzaniens en procédant par la pression. L’ONU, la Banque Mondiale et la Commission Européenne ont co-financé l’installation des pêcheries. Difficile pour ces institutions de rester indifférentes à la pression des ONG et des consommateurs…d’autant qu’on parle aussi, dans cette affaire, de trafic d’armes.

Mon opinion : J’ai été, comme tous les spectateurs dans la salle, évidemment bouleversé par la détresse de toute une population marginalisée, réduite à quémander, dans des conditions sanitaires et alimentaires scandaleuses. Mais comme les autres spectateurs anonymes dont je cherchais à connaître l’avis en sortant de la salle, j’ai trouvé ce film très frustrant. Aussi suis-je allé sur internet rechercher les interviews que j'ai pu trouver de l’auteur. HS dit qu’il a voulu montrer comment un processus de développement, même bien intentionné, produit des effets économiques, sociaux et environnementaux étroitement corrélés les uns avec les autres. Il insiste d’ailleurs pour dire qu’il aurait pu tourner le même sujet dans les mines de Centre Afrique ou dans les exploitations de café ou de cacao des pays tropicaux. Véritable métaphore de la mondialisation actuelle, ce film voudrait démontrer les effets pervers de l’insertion d’un pays (la Tanzanie) dans le commerce international. HS ne milite pas pour une alternative quelconque. Son travail de cinéaste s’arrête là : « Une petite pièce du puzzle, de ce manque de conscience de notre époque ».

Boycott ou pas boycott : Par delà ce qu’a voulu HS, c’est la question à laquelle il nous faut répondre. Le débat a fait rage en Suisse. La chaîne de distribution MIGRO a répondu qu’elle continuerait de vendre la perche du Nil, considérant qu’un boycott n’aurait aucun effet positif sur les populations locales. Mais d’autres enseignes, comme COOP, ont annoncé qu’elles étudiaient le retrait de ce poisson de leurs étals.

J’ai été tenté de faire de même. Débat à l’interne. Question : avons-nous tous les arguments pour procéder de la sorte. Sommes-nous sûrs de l’impact ?

De fait, le film est partial. Questionné par un internaute, il y a déjà un mois, j’avais fait faire quelques recherches.

1) Le désastre écologique est évident. En détruisant les autres espèces, la perche du Nil a privé les pêcheurs d’une activité lucrative. L’industrialisation des pêcheries a causé des dommages dans l’environnement. Mais a contrario, arrêter la commercialisation n’aura d’autre effet que de renforcer la prédominance du prédateur. Et peut-on techniquement faire marche arrière ?

2) Le documentaire est très démonstratif de la précarisation et du désespoir des populations périphériques aux activités de pêcherie. Mais, somme toute, ce même constat peut être fait dans toutes les villes de Tanzanie. Pour avoir stationné à Dar es Salam ou à Arusha, je peux témoigner que, partout, ce sont les mêmes scènes d’alcoolisme, de drogue, de prostitution, etc… Boycotter les pêcheries n’y changera rien, ni sur les bords du lac Victoria, ni ailleurs en Tanzanie.

3) Le film a ceci d’irritant : HS n’interroge aucun salarié, aucun cadre, aucun pêcheur. On ne connaît pas les salaires, la répartition des profits et les revenus globaux de cette activité. Difficile d’imaginer que toutes nos institutions aient financé cette industrialisation sans qu’au moins, sur le plan économique, il n’y ait quelque avantage pour la population.

Quand même ! Je lis dans « Libé » du 2 mars 2005 que les deux mille et quelques tonnes commercialisées sur le marché français en 2004, ont fourni neuf millions d’euros de revenus à la Tanzanie. Dans « Le Progrès » du 19 avril, on chiffre à deux cent mille tonnes par an la production de ce poisson dont les devises récoltées sont utilisées en priorité pour rembourser la dette extérieure du pays (80 millions de dollars d’intérêts annuels).

Conclusion provisoire : J’exclus le boycott. HS est le premier a reconnaître que ce serait contre-productif. Pour les pêcheurs : baisse de revenus ; pour les employés des usines : chômage. Pour le pays, absence de recettes, etc…

Puisque nous sommes nous-mêmes interpellés, en tant que distributeur et citoyens, essayons de réagir efficacement.

a) Je vais demander aux institutions qui ont accompagné ce projet de nous présenter l’ensemble de leur argumentaire et un état des lieux indiscutable.

b) N’étant jamais aussi bien servi que par soi-même, je vais proposer à quelques-uns de mes cadres de se rendre sur place et de réaliser un audit social et économique.

c) Enfin, sur la base de ce travail, je vais prendre contact avec Max Havelaar et des ONG impliquées en Tanzanie pour voir si, concrètement, on ne pourrait pas mettre en place une filière « commerce équitable ». Et si l’on ne peut pas revenir sur le désastre écologique, au moins devrait-on, en contrepartie des achats, faire respecter une charte éthique.

Aux actes…

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 21 juin 2005 dans Actualités / Débats (DD)
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16 juin 2005

Respect des clauses sociales : Efficacité et limites des audits éthiques

Ce matin, j’ai réuni une vingtaine de collaborateurs et de consultants de retour d’Asie et d’Amérique Latine. Objectifs : établir un rapport d’étape sur les audits sociaux ; mesurer leur efficacité et les limites de l’exercice.

D’abord, un premier bilan chiffré : entre 2000 et 2005, notre enseigne a fait auditer 300 fournisseurs. En gros, toutes les fabriques qui participent à la fourniture des produits commercialisés sous nos marques d’enseigne auront été couvertes par ces investigations. A ce travail propre à l’enseigne, il faut adjoindre les résultats d’un autre millier d’audits réalisés par les autres enseignes d’hypermarchés. Nous avons en effet décidé tous ensemble de mutualiser tous nos audits respectifs dans une banque de données, mise en place par la Fédération du Commerce et de la Distribution, de manière à optimiser le coût de ces opérations, et ne pas les rendre redondantes. (Blog du 18/05/05)

Sur le fond maintenant : qu’en est-il du constat sur le terrain. Je livre cette synthèse.

1. L’interdiction de faire travailler des enfants de moins de 14 ans est rédhibitoire. Son défaut d’application vaut boycott du fournisseur. A travers nos audits, aucune infraction à cette règle n’a été constatée. Idem chez nos concurrents.

2. Par contre, 80% des usines visitées ont des problèmes (d’inégale importance) avec les règles de sécurité (protection personnelle, stockage ou exposition aux produits chimiques).

3. Dans la grande majorité des fabriques, le temps de travail réglementaire est largement dépassé (quelquefois jusqu’à 100-120 heures).

4. 50% n’appliquent pas de salaire minimum ou des primes d’heures supplémentaires (il est vrai que, comme en Chine, il n’y a pas toujours de législation de référence).

5. Un grand nombre de fabriques ne sont pas en règle avec les recommandations de l’OIT concernant les assurances des salariés au travail et les assurances sociales en général.

Bien qu’impressionnante, cette liste, de l’avis de mes interlocuteurs, ne permet pas de mesurer la réalité des progrès accomplis. Il faut rentrer dans le détail de chaque relation avec les fournisseurs.

Depuis 4-5 ans, me disent-ils, une véritable prise de conscience s’est imposée. La pression concomitante des ONG, des institutions internationales, des médias, et des acheteurs (à travers les chartes comme les nôtres) a créé un réflexe positif. Charles Ly Wa Hoï, notre coordinateur « développement durable » insiste : « Beaucoup d’entreprises intègrent nos exigences éthiques dans leur démarche qualité. Elles en font même désormais un élément de leur marketing. Les progrès sont plus significatifs dans le domaine de la sécurité ou de l’hygiène, dont les adaptations sont du domaine technique et finalement assez peu coûteuses. Mais le gros du chantier, ça reste les salaires, les horaires et les contrats de travail ».

La généralisation des audits a fini par faire taire les susceptibilités et les résistances psychologiques. Les administrations locales profitent de nos recommandations pour faire appliquer un peu plus les lois nationales.

J’interroge chacun, responsable de son secteur : textile, jouets, papeterie, etc… La conviction est générale. Les audits ne sont pas mal faits. Les enquêteurs sont rodés.
Michelle Wong qui dirige notre bureau à Hong-Kong, rappelle qu’au début, les tensions sont fortes dans les mois qui suivent les plans d’actions correctives que nous demandons. Mais, le sens du « business » de nos fournisseurs, l’envie de garder les marchés, ou de se valoriser…tout ça fait que ça finit par marcher.

Les limites maintenant ! 90% de nos collaborateurs dans nos bureaux d’Asie sont des « locaux ». C’est plus par fierté nationale et par conviction personnelle qu’ils se sont engagés dans cette démarche sociale. Ils sont aux avant-postes, ils sont au contact des ONG et croient dans la progressivité et au bien-fondé de la démarche. Mais ils sont tout, sauf naïfs. Ils relèvent trois écueils :

a) S’il faut se référer aux conventions ou aux législations des pays, il faut encore qu’elles existent. En Chine, par exemple, il n’y a pas de texte fondant la liberté d’association (syndicale) ou garantissant un salaire minimum ! Le maintien d’une relation commerciale dépend donc en grande partie de critères subjectifs, y compris, chez nos auditeurs.

b) On ne peut auditer que ce que l’on voit. En amont des usines de transformation ou d’assemblage, il y a une économie villageoise qui peut être le siège de nombreuses discriminations : sexe, culture, religion, âge.

c) Nos audits et notre démarche ne sont efficaces que pour autant que les administrations locales s’appuient sur nos démarches et les relayent en permanence.

d) Enfin, une part encore importante des achats passe par des intermédiaires, importateurs ou industriels transformateurs. La traçabilité n’est pas parfaite. Ces contrôles nous échappent.

Voilà un petit topo récapitulatif que je voulais vous livrer. Pour être encore plus précis, je me propose, dans une prochaine note, de prendre un cas d’entreprise pour que vous puissiez apprécier encore mieux les difficultés, mais aussi l’intérêt de ces initiatives.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 16 juin 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Actualités / Débats (Distrib.)
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18 mai 2005

Commerce éthique : La distribution s’engage sur «Initiative Clause Sociale»

Durant la Quinzaine du Commerce Equitable, sur ce blog comme dans le chat que j’avais organisé le 11 mai, une question revient souvent : si le CE doit être principalement réservé aux producteurs les plus démunis, confortant ainsi malgré tout une certaine marginalisation de ce concept, qu’en est-il des comportements commerciaux en général. Et notamment, à l’égard de la majorité des producteurs d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique Latine, dont les salariés sont l’objet d’exploitation, sont souvent payés au lance-pierre, vivent dans des conditions sanitaires et d’hygiène inacceptables.

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A l’initiative et sous la pression des ONG, industriels et distributeurs se sont d’abord engagés dans des démarches individuelles. L’affaire Nike et les menaces de boycott ont servi d’outils pédagogiques. Les entreprises françaises ne sont pas en reste, au premier rang desquelles les distributeurs très actifs pour avoir élaboré des codes de déontologie désormais affichés à l’entrée de nombreuses usines de Chine, du Bangladesh, de l’Inde, du Vietnam, etc… Elles ont largement été pionniers dans le lancement d’audits sociaux, d’ailleurs de mieux en mieux acceptés par les industriels locaux.

La Commission Sociale de la Fédération du Commerce et de la Distribution a cherché à élaborer une grille d’analyse, utilisable comme référentiel commun par les enseignes, pour améliorer les audits sociaux, les rendre complémentaires plutôt que redondants et diminuer ainsi le coût de chaque contrôle. Rendre disponibles tous ceux qui ont déjà été effectués par d’autres enseignes permettra de constituer une banque d’informations commune.

Ce jeudi, j’engagerai mon groupe pour signer une charte commune. Y souscriront aussi Auchan, Camif, Casino, Carrefour, Cora, Galeries Lafayette, Monoprix, Okaïdi, groupe PPR (Redcats, Fnac, Printemps, Conforama, La Redoute), Système U. Chaque enseigne a établi un code de conduite qui lui est propre (selon son marché, son organisation, la place conférée aux importations ou aux fabrications à l’étranger, etc…). Mais ces pratiques respecteront les clauses d’un code commun « Initiative Clause Sociale » basé sur les principales conventions et recommandations de l’OIT, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les réglementations sociales de chaque pays quand elles existent.
- Pays concernés : Bangladesh, Chine, Maroc, Pakistan, Inde, Thaïlande, Vietnam.
- Secteurs audités : textile, jouet, bazar, bagage, meuble, alimentaire.

Chaque entreprise devra s’engager sur un nombre effectif d’audits, communiquer les résultats aux autres sociétés adhérentes à l’Initiative, et enrichir continuellement les bases de données pour que soit multiplié le nombre de sites de production audités et référencés dans la base commune.

Les audits porteront sur :
1) Travail des enfants : âge minimum de travail fixé à 15 ans. Les jeunes adultes de moins de 18 ans ne doivent pas accomplir un travail de nuit ou un travail pouvant compromettre leur santé et leur sécurité.
2) Travail forcé interdit. Et toutes les contraintes souvent observées dans ce cas (obligation du paiement d’un dépôt de garantie à l’embauche !).
3) Prohibition des pratiques discriminatoires pour des motifs de race, sexe, couleur de peau, religion, convictions politiques, rang social, orientation sexuelle, etc…
4) Eradication des pratiques disciplinaires, harcèlement ou mauvais traitement physique ou psychologique.
5) Liberté d’association et de représentation. La plupart du temps, la législation existe mais n’est ni appliquée, ni contrôlée.
6) Durée du travail : elle doit être conforme aux réglementations locales en vigueur. Les heures supplémentaires ne doivent pas excéder les limites légales et doivent être rémunérées selon les barèmes légaux. Respect du jour de repos obligatoire.
7) Salaire et avantages : les employés doivent être déclarés, recevoir des fiches de paie et avoir souscrit un contrat. Perception au moins du salaire minimum légal dans leur pays.
8) Santé, sécurité : validation de l’existence de règles de sécurité, d’informations concernant les risques sur les sites, outils de protection personnelle, etc…

Vues de l’extérieur, ces chartes peuvent ressembler à des vœux pieux, des promesses non engageantes. En fait, elles servent surtout de canevas à l’élaboration de grilles plus précises et de critères de sélection objectifs élaborés par des sociétés spécialisées (Veritas, SGS) qui effectuent sur le terrain les audits sociaux.

La signature de cette clause par un nombre aussi important d’enseignes de grande distribution va donner beaucoup plus de légitimité aux sociétés auditrices et crédibiliser la pression que mettent les ONG sur les sites de production en confirmant le caractère apolitique de ces exigences et en les érigeant comme critères professionnels.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 18 mai 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Actualités / Débats (Distrib.)
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22 février 2005

Le train et le camion

 Beaucoup de réactions intéressées suite à mes propos sur Canal +, lors de l'émission "C'est déjà demain" (15 février). J'interpellais François Hollande sur une politique d'économie d'énergie, dans la perspective d'un pétrole de plus en plus cher. Et je citais cet exemple : les Centres E. Leclerc commercialisent 18 % de l'eau en bouteille vendue en grandes surfaces. Les principaux sites de production sont dans l'Est et le Centre de la France. Pour acheminer l'eau vers la seule Bretagne, 4 000 camions nous sont nécessaires. Si l'on additionne toute l'eau transportée par mes concurrents (Intermarché, Système U, Carrefour...), c'est l'équivalent de 20 000 camions qui sillonnent la France dans le sens Est-Ouest. Une aubaine pour les sociétés de transport et pour l'emploi de chauffeur-routier ! Du délire si, objectivement, on considère l'impact écologique (pollution), économique (coût d'entretien des routes) et tous les risques d'accidents. La solution, donc, c'est le "ferroutage" : transport long par le train (un convoi ferroviaire transporte l'équivalent de 41 camions) et dispatching final par la route (la SNCF ne livre pas à moins de 300 km d'un point d'enlèvement). Tous les groupes de distribution sont évidemment intéressés par cette question et cherchent pour des raisons écologiques (mais oui !) ou d'optimisation des flux, à mettre un terme à cette aberration logistique. Problème : selon les distances, le chemin de fer est 30 à 60 % plus cher que le camion ! ! ! La nécessité d'une action publique corrective est évidente. On sait que vu l'état de ses comptes, la SNCF ne peut diminuer ses coûts à ce point. Il n'y a pas d'autre alternative que de taxer le transport routier qui, contrairement à la SNCF, ne paye pas l'entretien du réseau. Si l'on veut que le rééquilibrage des coûts de transport se fasse, il faudra du temps, de la pédagogie, et accompagner bien des reconversions (l'impact social est énorme). Il faudra au moins 10 ans. Et encore, à cette seule condition : commencer maintenant.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 22 février 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Développement durable
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17 janvier 2005

Environnement, développement durable

 Incroyable : alors qu'à juste titre, l'administration tombe sur le paletot de n'importe quel commerçant ou industriel indélicat avec les problèmes sanitaires et d'environnement, le Ministère de l'agriculture annonce qu'il sera indulgent avec les agriculteurs pollueurs. A Bruxelles, notre administration s'est battue pour conditionner l'octroi de subventions au respect de règles écologiques drastiques (ne serait-ce que pour augmenter les seuils d'accessibilité des financements PAC à nos concurrents de l'Europe de l'Est). Mais de retour à Paris, elle fait fi des excès de lisier ou d'herbicides, ramenés au rang de péchés véniels. Comme tous les Français, je comprends la nécessité d'oeuvrer pour le revenu agricole. Cette initiative passe évidemment par l'élévation des standards de qualité, la traçabilité, la certification. A qui fera-t-on croire qu'on cherche à impulser ce mouvement, si on est aussi laxiste et si l'on cède par avance aux menaces des premières fourches ? Pas très courageux tout ça !

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 17 janvier 2005 dans Actualités / Débats (DD) , Développement durable , Environnement
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