1 juin 2005

Nicolas Hulot, son « Défi pour la Terre » et ses opposants

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Nicolas Hulot (Convention Perspectives E.Leclerc - nov. 2003)

Les ministres et les gouvernements passent. La terre continue de tourner. Et la question de notre environnement reste un problème durable !

Je soutiens à cent pour cent l’initiative de Nicolas Hulot : « un Défi pour la Terre ». Cette opération n’a rien de révolutionnaire, elle ne changera pas, à elle seule, la face de la planète. Mais elle est nécessaire et salutaire…pour imposer la défense de l’environnement dans la conscience collective.

Je connais NH depuis longtemps. Nous avons fréquenté les mêmes cailloux le long des côtes malouines. Nous avons débattu dans des émissions de télévision ou de radio. Il a encouragé mon enseigne quand, au risque de mécontenter les clients, elle a décidé de réduire la distribution de sacs plastiques dans les magasins. Il est venu me soutenir devant plus d’un millier de nos salariés qu’il s’agissait de mobiliser pour la cause du développement durable. De cette relation est né un partenariat. La Fondation décerne son label à des produits maison (Marque Repère) quand nous nous engageons sur un objectif environnemental. Et c’est avec la Fondation NH que nous organiserons, en 2005, la prochaine édition « Nettoyons la nature » qui rassemblera, autour de ce projet pédagogique, plus de 200 000 jeunes à travers toute la France.

Mais parlons de sa nouvelle initiative. Son défi ? Faire appel à la conscience éco-citoyenne de chacun, mobiliser les bonnes volontés, créer un effet réseau pour que « tous les petits ruisseaux finissent par faire une belle rivière ».

Tout le monde, donc, sur le pont. Il s’agit, dans tous les gestes de la vie quotidienne, d’économiser l’eau, l’électricité, de s’équiper en basse tension, de garder son cabas pour les prochaines courses, d’éviter les sur-emballages, etc… Bref, une opération dans l’esprit « Un enfant, un arbre », « Nettoyons nos plages », tri sélectif des déchets, etc…

A peine lancée, dans le cadre de la semaine du développement durable (du 30 mai au 5 juin), son action suscite les commentaires désabusés de nombreux détracteurs.

1) Il y a ceux qu’irrite NH lui-même : ses coups de gueule, sa manière de marcher devant la caméra et d’avoir l’air de donner des leçons à tout le monde. Comme si Cousteau, Tazieff ou les leaders de Greenpeace n’ont pas eux-mêmes été les metteurs en scène des causes qu’ils défendaient. Comme si le photographe qui shoot Théodore Monot dans le désert du Hoggar n’était là qu’en touriste, rencontré au hasard d’une méharée ! ! !

2) Il y a ceux qui, franchement dédaigneux, trouvent tout ça très scout, genre discours catho moralisateur sous le préau ! Sans doute, cela est-il vrai au moins pour les apparences. Mais notre NH a pour lui cette formidable audience auprès des jeunes, ce dont ne sauraient se prévaloir tous ces intellectuels qui le snobent et dont l’engagement écologique fait cruellement défaut.

3) Il y a aussi ceux qui disent qu’encore une fois, on fait reporter sur les seuls citoyens la responsabilité écologique alors qu’il faudrait s’en prendre aux états, aux institutions et aux responsables politiques. Mais alors qu’à son initiative, on vient de modifier notre propre constitution et qu’on lui connaît un engagement réel sur la scène internationale, peut-on opposer ces deux types d’interventions ?

4) Il y a enfin tous ceux qui contestent son partenariat avec des entreprises. Là, l’accusation vise la crédibilité de toute l’action de NH à travers sa fondation. C’est ainsi que le réseau « Sortir du nucléaire » qui regroupe 700 associations locales, a demandé à NH d’annuler son partenariat avec EDF, « poids lourd du nucléaire »…

Nicolas Hulot a réagi et je veux lui apporter, ici, mon soutien.

1) On ne peut pas interpeller en permanence les entreprises, leur demander d’agir positivement en faveur de l’environnement ou de l’éthique. Et quand elles le font, leur cracher dessus au nom d’une idéologie anti-capitaliste ou d’un angélisme qui rêverait d’un processus de production entièrement propre. L’important, comme le dit NH, c’est de créer un processus collectif d’amélioration des comportements.

2) Vu les enjeux, mais aussi les inerties, on n’arrivera pas à défendre la planète « les uns contre les autres ». Toutes les activités industrielles, à un moment ou à un autre, sont polluantes. « On ne peut occulter que l’agriculture prélève 70 % de notre eau, qu’elle est la deuxième source d’émission de gaz à effet de serre…qu’elle utilise des pesticides…et continue de gaver les animaux d’antibiotiques, voire d’antidépresseurs ». Il faut aider les paysans (et les industriels) à changer d’objectif et les accompagner dans leurs réalisations au lieu de vitupérer contre eux.

3) C’est enfin à travers l’expression de la demande que les consommateurs peuvent agir sur le tissu industriel. En réclamant des produits plus durables, plus économes en énergie, en achetant des produits bio ou de l’agriculture raisonnée.

La boucle est bouclée. On en revient à l’importance des comportements individuels et aux attitudes citoyennes.

En tant qu’initiative parcellaire, le « Défi pour la Terre » de NH ne saurait constituer, à lui tout seul, un projet écologique. Mais c’est du concret. Alors, que celui qui fait mieux, propose…

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Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 1 juin 2005 dans Environnement , Portraits / Rencontres (DD)
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1 janvier 2005

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Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 1 janvier 2005 dans Engagements , Management , Objectif qualité , Portraits / Rencontres (DD) , Portraits / Rencontres (Eco) , Pouvoir d'achat
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