8 juillet 2008

Le blog, le service consommateurs et quartier libre (juillet 2008)

Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 8 juillet 2008 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Quartier libre & d'hiver
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26 mai 2008

Le blog, le service consommateurs et quartier libre (mai 2008)

Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 26 mai 2008 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Quartier libre & d'hiver
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17 avril 2008

Le blog, le service consommateurs et quartier libre (avril 2008)

Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 17 avril 2008 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Quartier libre & d'hiver
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13 mars 2008

Le blog, le service consommateurs et rebelote

Plus de 10 000 commentaires depuis sa création, voilà qui témoigne de la vitalité de ce blog. Je n’en espérais pas tant. Je remercie tous les contributeurs pour leur fidélité, même si, parfois, ils ne ménagent pas leurs critiques.

Mais enfin ! Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.
Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 13 mars 2008 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Quartier libre & d'hiver
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11 février 2008

« Netprix » : la revue Linéaires compare les prix des cybermarchés

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© Linéaires - Février 2008

Je vous ai parlé, mardi, du dernier classement de prix de la revue Linéaires, accessible sur internet. La revue a pris une autre initiative intéressante. Elle a comparé les performances prix des enseignes du Net entre elles (Auchandirect, Telemarket, Ooshop, Houra). Et elle a comparé aussi leur niveau de prix avec celui des hypermarchés.

1) Au premier classement (Netprix), « Auchandirect » arrive en tête. Sans lauriers, sans agressivité commerciale, mais sans inquiéter la plupart des enseignes d’hypermarchés.

2) Dans l’ensemble, dit Florent Vacheret, le rédacteur en chef, « les quatre grands cybermarchés nationaux filent du mauvais coton. Les marchands du web affichent en moyenne des prix quasiment 20 % supérieurs aux magasins en dur ».

Les enseignes de cybermarché ne se préoccuperaient-elles pas du prix ?

- Les uns diront : qu’importe, les consommateurs ne sont pas les mêmes. A voir ! La clientèle compare les offres des uns ou des autres sur le Net ou sur prospectus et ne me semble pas aussi segmentée qu’on le dit.

- Les autres se poseront la question : jusqu’où faut-il débaptiser ces sites et les placer désormais sous la bannière unifiée d’un même groupe de distribution (Carrefour/Ooshop ?), au risque de rendre illisible la promesse prix de l’enseigne.

Il y a débat : Quelques adhérents, cycliquement, m’assaillent de leur lobbying pour que nous lancions un site marchand E. Leclerc sur le web. Nous sommes quasiment prêts. Mais s’agissant d’une enseigne dont la performance prix est leader, faut-il que nous prenions le risque d’altérer notre image tant que nous ne pouvons offrir les prix bas du marché sur le Net ?

L’indice « Netprix » de Linéaires confirme qu’il faut être prudent. Les cybercommerces sont notre avenir. Mais rien ne sert de se précipiter. Il ne faut pas courir après le chiffre d’affaires dans n’importe quelles conditions. Nous testons, avec succès un Express Drive à prix hyper (commande sur le Net, fourniture sur site). Nous irons sur le net marchand quand nous pourrons garantir que nous serons les moins chers, et sans trop d’écart avec nos hypers.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 11 février 2008 dans Actualités / Débats (Conso.) , Actualités / Débats (Distrib.) , Actualités / Débats (Eco) , Consommation , Distribution , Economie , Nouvelles technologies , Prix / Concurrence
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19 juin 2007

Le blog, les spams, et tutti quanti…

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Vous avez pu remarquer peut-être que, depuis deux mois, mon blog était envahi de spams. D’où une lecture fastidieuse, et la nécessité de recourir au « tue-mouches » pour voir un peu plus clair dans la jungle des commentaires.

Je pestais moi-même d’autant plus que je suis résolument et farouchement rebelle à ce mode de publicité intrusive, parasite, obsessionnelle…et au demeurant contre-productive ! C’est la troisième fois que nous testions un filtre dont la trame théoriquement imperméable au « bon grain » aurait dû permettre de trier « l’ivraie ». Peine perdue !

Mais voilà, depuis ce week-end, je crois au miracle ! (Mais je me précipite pour toucher du bois). Voici donc notre écran nettoyé.

Il y a un effet pervers : dans le goulot d’étranglement mis en place, quelques commentaires peuvent être malencontreusement écartés et finir dans la corbeille !

Amis blogueurs, il ne faut pas m’en vouloir. Tous les deux jours, j’irai y jeter un œil et m’engage à remettre en ligne le billet ainsi évincé !

Mais je pense que c’est mieux qu’une « chambre d’attente ». Les internautes préfèreront, j’en suis sûr, ce système qui permet d’afficher les posts en temps réel, plutôt que de subir l’attente d’un tri sélectif !

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 19 juin 2007 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Pêle-M.E.L
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26 janvier 2007

E-Commerce, combien de divisions ?

img_blog_260107_achat_inter.jpg

Personne ne doute qu’à terme, le modèle cybermarchand de distribution n’accroisse sa part de marché de manière substantielle. Loin de moi de nier le phénomène.

Mais j’éprouve toujours une certaine difficulté à convaincre journalistes et étudiants que l’absence de mon enseigne dans ce secteur n’est pas fortuite, ni le produit de la frilosité du groupe.

Au risque d’apparaître peu réactif, trop provincial et peut-être même passéiste, je justifie cette prudence stratégique par les 4 affirmations suivantes :

a) Dans le e-commerce, il n’y a pas de prime au premier entrant.

b) A contrario, si mon enseigne y investissait, elle n’aurait pas le droit de décevoir.

c)…Ce qui supposerait qu’elle fasse mieux que l’offre existante.

d)…Ce qui, en l’état des modèles économiques actuels, ne se peut pas.

Il existe d’ores et déjà une formidable attente. Donc, nous irons, c’est sûr.

Mais il y a d’autant moins d’urgence que les consommateurs continuent de plébisciter prioritairement le mode de distribution physique qui est le nôtre aujourd’hui (hypermarchés), n’en déplaise à ceux qui avaient enterré trop rapidement ce concept avec la percée du hard-discount. Le raisonnement est encore plus pertinent quand on constate le développement à deux chiffres de nos Espaces Culturels, de Leclerc Voyages, de nos parapharmacies…à des rythmes (et avec des volumes) largement supérieurs au e-commerce dans les mêmes secteurs.

Ce que je trouve le plus affligeant, c’est l’aveuglement, sur fond d’excitation, des zélateurs du net, si prompts à afficher les performances supposées des cybermarchands alors que la prolifération des chiffres publiés un peu partout masque un développement beaucoup plus lent qu’on ne le dit.

Deux papiers récents viennent illustrer ce débat.

A - L’un, publié dans Le Monde (17/01/07), sous le titre « Les ventes en ligne en forte progression en 2006 », synthétise les enquêtes récentes menées par le FEVAD (Fédération des Entreprises de Ventes à Distance), un cabinet d’analyses spécialisé dans le secteur du net, et l’ACSEL (Association pour le Commerce et les Services en Ligne).

En gros, qu’y lit-on ? Que le commerce en ligne a atteint, en 2006, 10 milliards d’euros en France (hors services financiers), soit une progression de 40 % versus 2005, et 100 % en deux ans ! On prévoit même 20 milliards d’euros en 2008. Une fusée, nous dit-on…même si, dans l’hexagone, elle poursuit une trajectoire modeste comparée à la fulgurance du développement de l’e-commerce aux USA, en Grande-Bretagne ou en Allemagne.

B - « Soit », répond Olivier Dauvers, dans sa Tribune Grande Conso (n° 38, janvier 2007). C’est indéniable, mais de là à s’enflammer, il faut raison garder avant de faire feu de tout bois sur les « conservateurs » qui n’y ont encore pas mis le doigt. Arguments :

1) D’abord, même à ce niveau, le e-commerce ne représentera, en 2011, que 4,7 % de l’ensemble de la distribution française. Ce n’est pas négligeable, mais ça reste tout de même marginal !

2) Ensuite, il faut savoir regarder les chiffres de plus près :

- Sur les 10 milliards réalisés en France, en 2006, la billetterie (SNCF, Air France, low-costs, etc.) représente à elle seule 35 % du CA. Ce n’est donc pas un chiffre enlevé aux ventes des hypers, des supers, ou même des grands magasins.

- Les 6,5 milliards d’euros restants ont été réalisés par plus de 16 000 sociétés, ce qui ne représente certainement pas un record de productivité, loin s’en faut.

- Olivier Dauvers rappelle ainsi que les 4 cyberépiciers français (Ooshop, Auchan Direct, Telemarket et Houra) ne réalisent, somme toute, que 300 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé, soit « pas davantage que les ventes de deux bons vieux hypers traditionnels ».

- De même si le taux de progression est élevé (40 %), il est dû principalement à l’arrivée de nouveaux acteurs (plus 44 %). A périmètre constant, la progression reste tout à fait semblable aux autres formes de distribution.

3) Je conçois bien volontiers que, sur ce créneau, quelques sociétés remportent des réussites notables, telles que « Fnac.com » ou « Amazon.fr ». Ou même sur des marchés de niche (voyages, vente de vins ou de parfums), l’e-commerce permet de belles aventures commerciales.

Le tableau serait malgré tout positif et mériterait l’emballement médiatique si, en solde de tout cela, les déficits ne venaient noircir le tableau. Quand on sait qu’il ne reste que 20 % des sociétés du net créées au siècle dernier !!!

Donc, voilà, désolé d’être ainsi rabat-joie. Les faits sont têtus. Ca ne sert à rien de s’exciter. L’e-commerce, c’est l’avenir…mais ça reste l’avenir !

Pour qui se bat pour la durabilité de son enseigne et la pertinence de son offre au regard des attentes sociales, tout marché n’est pas bon à prendre si ce n’est pas dans des conditions favorables aux consommateurs.

Il ne s’agit pas de frilosité, ni de manque d’anticipation. Il s’agit de convenir que la distribution n’est pas simplement affaire de communication, mais aussi de bonne gestion.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 26 janvier 2007 dans Actualités / Débats (Conso.) , Actualités / Débats (Eco) , Consommation , Economie , Nouvelles technologies
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13 octobre 2006

Le blog, vous et moi

Beaucoup de contributions. Beaucoup de questions. Malheureusement, je suis très souvent en déplacement.

Je promets de répondre à partir de lundi.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 13 octobre 2006 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies
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6 octobre 2006

Mon pari : un blog personnel, un service consommateur, deux manières de dialoguer qui se complètent

Je reviens brièvement sur cette affaire de points sur le site internet. Incontestablement, vos interventions sur ce blog ont été efficaces. Elles m’ont permis d’être tenu au courant, de réagir, et de questionner les services commerciaux concernés. En cas d’incident, de crise, c’est bien ainsi.

Mais je voudrais insister sur un point (sans jeu de mots). Mon blog est une sorte de journal personnel. Vous me croyez ou non, je ne dispose pour cet exercice d’aucune équipe relais, hormis l’intervention d’une formidable webmaster qui, en mon absence, assure tout le suivi technique de ma relation avec vous.

Bien sûr, je pourrais demander qu’on mette à disposition plus de moyens. Mais ne serait-ce pas une manière de trop me lier à la communication institutionnelle de l’enseigne alors que, justement, ce qu’attendent de moi les internautes (ils me l’expriment de multiples manières), c’est de la disponibilité personnelle.

Sur ce blog, je réfléchis « tout haut » à des préoccupations qui me sont propres, mais aussi professionnelles. J’essaie de répondre à toutes sortes de questions qui me sont formulées, lors de rencontres quasi hebdomadaires, par des étudiants, des salariés de mon enseigne, des cadres et des chefs d’entreprise exerçant dans mon métier ou dans d’autres.

Je veux garder à ce blog un caractère spontané et une liberté de ton comme d’analyse qui ne soit pas complètement « phagocytée » par une prise de parole à caractère purement commercial.

Certains s’en étonnent ou s’en offusquent : « Plutôt que de parler de politique, occupez-vous de vos clients ! ». Mais les deux choses sont-elles incompatibles ?

Eh bien, non. Ici, je veux pouvoir parler de politique. C’est mon droit. Je n’ai certes pas à me soustraire à mes obligations professionnelles, à ma responsabilité sociale, mais ce blog est mon journal de bord. J’ai choisi d’y faire partager des idées, des émotions, des rencontres. Chacun y est le bienvenu. Après tout, ce qui intéresse des centaines d’internautes n’est pas opposable aux préoccupations des autres, et tant pis si ça dérange : « on ne peut pas plaire à tout le monde ».

Il n’y a pas beaucoup de chefs d’entreprise (c’est le moins qu’on puisse dire) qui acceptent de se rendre disponibles, de sortir de leur rôle et de tenter un dialogue direct, fût-ce au risque de recevoir des boulets d’invectives.

Moi, j’accepte de m’exposer. Vous pouvez constater que je ne censure personne. Je pourrais, comme d’autres « grands patrons », faire répondre par une direction de la communication, produire des propos aseptisés, finalement sans aspérités, ne pas risquer de prêter le flanc à la critique. Tel n’est pas mon choix. Nous vivons dans une société qui ne sait plus écouter, qui limite les relations humaines à leurs aspects fonctionnels. Une société dont les élites finissent par se soustraire à une obligation de parler vrai. J’ai la naïveté de croire que, sur un blog tel que celui-ci, on peut tenter une autre forme d’échange qu’un dialogue de sourds.

Ma webmaster a mis en ligne ce qui pourrait constituer la charte de ce blog. Vous y retrouverez aussi les coordonnées du site Allo E. Leclerc sur lequel il est préférable de poster critiques et demandes d’informations pratiques. Ne l’oubliez pas, je ne suis pas un homme de bureau, je suis, tous les jours, dans les entreprises, en province ou à l’étranger. Sans vouloir me défausser, vos interventions sur ce blog ne me permettent pas d’agir rapidement ni efficacement. Au mieux suis-je amené à les relayer vers Allo E. Leclerc au gré de mes déplacements. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et des améliorations souhaitées.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 6 octobre 2006 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies
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21 janvier 2006

Le blog et les commentaires

Je réponds à lol, Pat, G.Data, Jean-Marie Le Ray (commentaires postés sous ma note « Quartier libre » du 13/01/06). Ils font allusion à une interview dont je n’ai pas eu connaissance, où j’aurais exprimé une certaine déception sur la qualité des échanges sur le blog.

Je n’éprouve pas vraiment de déception. Plutôt des interrogations.

Il y a un an, j’étais complètement néophyte sur le sujet. Tous les articles que j’ai lus concernant la blogosphère vantaient la qualité des échanges (forme et contenu) entre internautes.

Ayant acquis un peu d’expérience, je nuancerais le diagnostic en tenant compte de l’existence de deux catégories d’internautes :
a) Il y a d’abord des intervenants intéressés par une note ou un sujet et qui s’investissent, critiquent, polémiquent…mais dans l’idée d’affirmer une opinion, d’étayer leurs arguments ou d’enrichir le débat.
b) Il y a aussi toute une population que j’appellerais « les graffiteurs » pour qui cet espace d’échanges n’est qu’un mur, comme un autre, sur lequel il faut taguer. Peu leur importe le contenu. L’important étant de se faire connaître (d’exister) à travers une posture purement interpellative, comme le fait de pouvoir dire : « Je lui en ai mis une, j’ai interpellé Mel, Juppé ou Strauss-Kahn, etc… » ou d’imprimer tout simplement quelques états d’âme (ce qui pour certains est un euphémisme).

Jusqu’à un certain point, la co-existence de ces types d’intervenants ne posait pas problème. Mais il arrive un moment où « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Au point, certains jours, d’aboutir à une sorte de bouillie de laquelle il est difficile de trier le bon grain de l’ivraie. Ou même, de rechercher un commentaire particulier.

Or, j’écris toutes ces notes d’abord pour moi-même. Et pour des internautes, professionnels, étudiants, journalistes, ou tout simplement consommateurs qui y trouveraient intérêt.

Depuis deux mois, ils me disent avoir du mal à frayer leur chemin dans la multiplicité des commentaires, et s’en fatiguent. Pour preuve, une petite moitié d’internautes fidèles à ce blog, préfèrent maintenant m’envoyer leurs commentaires sous forme de mails ou par lettre !!!

Voilà qui me laisse perplexe. J’en ai discuté avec d’autres blogueurs, auteurs de BD, journalistes, ou hommes politiques. Ils éprouvent la même difficulté. Au point que, maintenant, ils avouent ne plus répondre systématiquement aux commentaires, ou très peu…ce qui est dommage, vous en conviendrez.

D’autres, comme Loïc Le Meur, me disent carrément : « Fais le tri, intéresse-toi prioritairement à ceux qui font l’effort de rechercher le dialogue et d’exprimer les idées qu’ils défendent. C’est d’abord ton blog, ton carnet de notes. Tu n’as aucune obligation de répondre à tout vent. La réponse, c’est « un plus », une marque d’intérêt. Ca se mérite aussi. Tant pis pour ceux qui viennent gâcher cette opportunité… ».

Finalement, comme vous avez pu vous en apercevoir, je continue de répondre, à mon rythme (et trouvez donc un chef d’entreprise qui s’y consacre avec autant de persévérance !!!). Je fais aussi un peu de nettoyage en effaçant les éructations gratuites et les invectives et en ne gardant, sous les notes, que les commentaires qui s’y réfèrent (les autres sont reclassés dans « Quartier libre & d’hiver »).

J’ai aussi commandé un logiciel anti-spams pour convaincre les cyber-potards américains que nous n’avons pas besoin de leur pharmacopée (un millier de spams depuis le début de l’année).

C’est, ragaillardi et avec enthousiasme que je vais donc poursuivre notre relation sur ce blog. Bon courage à tous ceux qui me suivent dans cette aventure.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 21 janvier 2006 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies
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16 janvier 2006

Musique, cinéma sur internet : les limites et le prix du téléchargement

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Vendredi soir, Guillaume Durand inaugurait la nouvelle formule de « Campus » (France 2). Il y recevait notamment Alain Bazot (directeur des publications Que Choisir), Jean-Jacques Annaud, cinéaste, et la chanteuse Zazie. Thème du débat : téléchargement, qui doit payer ?

- Alain Bazot défend la licence globale (et non pas la « gratuité », comme on lui en prêtait l’intention). Il plaide pour la libre copie à des fins privées, la répression des seuls pirates professionnels, pour un abonnement forfaitaire (licence globale) et un système de redistribution au prorata des titres (par auteur).

- Jean-Jacques Annaud conteste : « Au tarif proposé, la licence globale, c’est quasi de la gratuité. La production cinématographique est devenue une industrie lourde. Elle se rémunère sur toute une déclinaison de produits commerciaux (recettes en salles, passage sur TV partenaires (TF 1 ou Canal +, co-investisseurs), diffusion des DVD et droits dérivés, etc…). Une industrie qui ne fait pas seulement vivre des auteurs, mais des milliers de salariés. Avec des écarts de coûts considérables selon les films. Pas question donc de forfaitiser. Chaque œuvre a droit à rémunération pour ce qu’elle est ».

- Zazie (qui n’a pas beaucoup pu s’exprimer) dit la même chose.

J’ai trouvé que les arguments d’Alain Bazot contre les plates-formes de téléchargement légal n’étaient vraiment pas crédibles. De toute façon, on n’échappera pas, quel que soit le mode de paiement, à un système de répartition, donc à une forme de contrôle.

1) Les arguments de circonstance…contre le téléchargement légal

Pour beaucoup de Français, les productions culturelles sont chères (versus pouvoir d’achat) : « les majors se sucrent, les auteurs touchent peu par rapport à la marge des producteurs et des diffuseurs, les maisons de disques deviennent des sociétés financières, ne prennent plus de risques (jeunes auteurs), multiplient les compils, profitent du système, etc… ». Bien qu’excessives, toutes ces accusations contiennent une part de vérité et expliquent en partie le marasme du marché des CD.

Pour autant, peut-on (en réaction) plaider la gratuité, ou encore ramener le débat aux seules nécessités de rémunérer l’auteur en faisant fi de l’économie générale du disque ou du cinéma. Et surtout, peut-on tirer argument de l’immaturité d’un marché en pleine gestation pour refuser le téléchargement payant ?

A mon sens, non. Et c’est ce que je reproche à Que Choisir.

A. Bazot dit en quelque sorte : l’offre actuelle est trop pauvre. Elle n’est pas assez diversifiée. Pas question de rémunérer des sociétés de téléchargement (disques et cinéma) dont le catalogue est si médiocre ! ! !

Pour moi, c’est vraiment un mauvais procès.

a) D’abord, parce que cette offre est encore naissante, fragile et qu’évidemment elle va s’étoffer.

b) Malgré ce que dit Que Choisir, le modèle économique sur lequel s’appuient les plates-formes de téléchargement est encore non rentable. A 0,99 € le titre (plus copie privée autorisée), il n’y a pas de perspective d’équilibre. Même la Fnac n’imagine pas retrouver ses petits avant 5 ou 6 ans.

c) Sans être pléthorique, l’offre commence sacrément à s’étoffer… Si l’on se réfère aux dix sites les plus prisés (itunes.fr, fnacmusic.com, virginmega.fr, etc…), plus de 600 000 titres sont déjà en ligne.

d) Enfin, si l’on considère le catalogue mondial potentiellement disponible, on est certes loin du compte. Mais après tout, soyons objectifs. Pour qui habite en province dans une ville de moins de 50 000 habitants, l’offre téléchargeable est déjà cinquante fois supérieure à l’offre des meilleurs disquaires des années 90. L’offre de films y est mille fois supérieure à ce qu’on trouve (avec une durée très limitée) dans les meilleures salles, et dix à quinze fois supérieure aux titres présents dans les vidéoclubs.

Arrêtons donc de faire la fine bouche. Les libertaires du net seraient-ils devenus les premiers aliénés de la société de conso. Ca me fait penser à ces gosses qui, dans nos magasins, poussent les parents à acheter les iPods les plus chers au motif qu’il leur faut « à tout prix » 4 000 titres téléchargeables, sinon rien.

Le marché en ligne va évidemment dupliquer encore tout ça. D’autres sociétés de téléchargement vont voir le jour. Les catalogues vont s’étoffer. Encore faut-il que les opérateurs trouvent un intérêt à investir. Ce ne sera certainement pas le cas si le marché n’est pas rentable.

2) La rémunération au prorata des ventes ou des audiences

a) Une fois acquis le principe du téléchargement payant (c’est pas gagné), la question du mode de paiement importe finalement assez peu. Facturation à chaque téléchargement ou paiement forfaitaire…l’important, c’est que la rémunération couvre les frais. Qu’on se le dise, sur le long terme, personne ne vendra à perte !

Les internautes doivent cependant être cohérents. Si l’on veut des catalogues diversifiés, il faudra bien que le prix du téléchargement (forfaitaire ou pas) intègre la possibilité de mettre en ligne des productions artistiques à coût marginal élevé ou (autre manière de le dire) avec des potentiels d’audience moins grands (œuvres d’avant-garde, plus élitistes, moins grand public, de recherche, etc…). Comment atteindre cet objectif sur la base d’un forfait moyen identique. Quel intérêt à enrichir un catalogue, à prendre des risques sur des titres à faible rotation, si tout le monde reçoit la même base forfaitaire ?

Comme Denis Olivennes, PDG de la Fnac, je ne crois pas à la compatibilité du système de la licence globale (du forfait) avec la défense de la diversité culturelle… A débattre !

b) Jean-Jacques Annaud, Zazie et tous les artistes espèrent bien vivre de leurs créations. C’est normal et souhaitable. Quel que soit le mode de paiement, il faudra bien réallouer ces sommes en tenant compte des écoutes accordées à chaque auteur.

Dès lors, on n’échappera pas au problème de « relevé de compteurs ». Techniquement, comme je le disais dans ma note du 6 janvier, ça ne pose pas de problème technique majeur. Les plates-formes de téléchargement légales s’y sont engagées. Les sociétés éditant les logiciels et régissant les échanges peer to peer…n’ont aucun argument juridique, ni technique, pour se soustraire à cette obligation.
Encore faut-il que les internautes, rebelles à cette idée qu’ils assimilent à un contrôle, acceptent ce qu’ils croient être une atteinte à la liberté. La préservation de toute liberté de création…vaut bien cette exigence comptable (que, paradoxalement, on a bien fini par accepter pour tous les paiements CB, y compris sur internet ! ! !).

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 16 janvier 2006 dans Actualités / Débats (Arts) , Arts / Culture , Musique , Nouvelles technologies
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6 janvier 2006

Musique en ligne : les artistes redécouvrent les vertus du commerce

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Hier, Jacques Chirac est revenu sur le projet de loi gouvernemental concernant le téléchargement de la musique en ligne. On se rappelle le tollé : alors que le Ministre de la Culture soutenait un texte réprimant le piratage, des députés socialistes (et de la majorité !) faisaient passer un amendement qui défendait l’instauration d’une redevance forfaitaire (la licence globale) pour rémunérer les auteurs de titres librement échangés sur le web.

J’aurai l’occasion de reparler ici des solutions techniques et des conséquences économiques du développement commercial d’internet. C’est un sujet passionnant. Il pose des problèmes très complexes concernant le respect des droits de la propriété industrielle, mais aussi la responsabilité des hébergeurs et des serveurs. Vu que tous ces problèmes doivent être traités en même temps à l’échelle mondiale, le chantier est énorme…

Pour l’heure, je voudrais juste insister sur deux erreurs qu’ont commises les milieux culturels en cédant à la revendication libertaire (et utopique) de la gratuité. Et surtout en opposant systématiquement le monde de la culture et le monde du commerce (non sans mépris pour ce dernier).

1) Le mythe de la gratuité

En février 2005 (ma note du 11/02/05), des journalistes du Nouvel Observateur avaient demandé d’accoler mon nom à celui d’artistes et de personnalités qui refusaient la répression des internautes abonnés au « peer to peer ». Je n’avais pas donné suite car cette pétition me semblait complètement contradictoire avec le respect des droits d’auteur et la garantie d’un système de rémunération pour les artistes.

a) Non, personne ne peut « raser gratis ». Toute production génère des coûts ! Tout producteur, réalisateur ou créateur doit pouvoir vivre de ses œuvres ! Quel mécanisme garantira leur pitance si personne ne paie ? Qui, si ce n’est l’Etat (par un régime de subventions et de répartition) ou les opérateurs commerciaux privés (qui se refinanceront par exemple par la publicité !). Allez ! Soviétisation ou hypermercantilisme, c’est Charybde et Scylla !

b) Le problème d’ailleurs ne se pose pas que pour la musique en ligne. Exemple : si chacun se met à copier librement et échanger les articles du Nouvel Observateur, il n’y aura plus de vente dans les kiosques, plus d’argent qui rentrera chez Perdriel, plus de journaliste pour soutenir les pétitions sur la gratuité…CQFD ?

La solution, c’est le téléchargement payant (mais pas cher, bien sûr !).

Normal qu’on puisse réaliser des copies destinées à un usage personnel. Mais dès que l’on sort de ce cadre et qu’on participe à un système d’échange portant sur des milliers de titres (livres, CD, DVD, etc…), l’internaute fait, d’une manière ou d’une autre, « œuvre de commerce ». Il est normal qu’il verse son obole.

2) La diffusion de la culture passe (aussi) par le commerce

C’est une originalité très française. Le débat instaurant le prix unique du livre dans les années 80 avait révélé cette coquetterie idéologique. Le monde artistique a toujours été indifférent, voire méprisant, à l’égard de la fonction commerciale. « Moi, je fais de l’art, je ne vends pas des petits pois… ».

Le produit culturel n’est certes pas un produit comme les autres (pas plus qu’un médicament d’ailleurs), mais il s’échange sur un marché. Avec un prix. Et il fait vivre toute une multitude d’agents commerciaux (éditeurs, diffuseurs, galeristes, imprimeurs, etc…). C’est d’ailleurs le dynamisme de ces commerçants (au sens large) qui entretient la permanence du contact entre l’artiste et son public.

La césure était apparue lors de l’explosion des radios musicales, dans les années 80. Les possibilités d’enregistrements privés et les risques liés au piratage avaient justifié le rôle de la SACEM, organisme auprès duquel tous les diffuseurs musicaux reversent une taxe correspondant au taux d’écoute. C’est ce que nous faisons, par exemple, dans les magasins qui diffusent de la musique (la SACEM reçoit les déclarations ou relève les compteurs).

La dématérialisation des supports de vente ne fait qu’amplifier le problème, mais sans en changer la nature. Le commerce de la culture sur le web nécessite que les diffuseurs soient astreints aux mêmes règles que les médias traditionnels (radios, TV), ou autres commerçants (disquaires, libraires, …) et soient tenus pour responsables du piratage, des contrefaçons et des téléchargements illégaux qui passent par leur entremise.

Il n’existe aucun obstacle pour que chacun de ces opérateurs tienne une comptabilité des titres diffusés et reverse directement à son « fournisseur » les rémunérations contractuellement définies. Difficultés techniques ? Certainement pas plus que pour la mise en place des échanges interbancaires lorsqu’un touriste paie par CB au bout du monde ! ! !

D’aucuns objectent et affirment : le téléchargement « peer to peer » n’est pas concerné puisqu’il s’agit d’un échange dans la sphère privée. Erreur et confusion : quand les internautes téléchargent, ils utilisent des logiciels, propriété de sociétés privées qui n’ont aucune raison d’échapper à leur responsabilité (eMule, BitTorrent, KaZaa, Bearshare, etc…).

Quant à l’échange lui-même, il est de nature marchande (mais oui !). Même s’il ne met pas en jeu une monnaie sonnante et trébuchante, l’internaute s’oblige, en retour (c’est là qu’est l’acte commercial), à pouvoir lui-même être téléchargé. Comme le dit Karl Marx dans les dix premières pages du Capital, le troc, c’est du business, même si c’est la forme la plus primitive du commerce.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 6 janvier 2006 dans Actualités / Débats (Arts) , Actualités / Débats (Eco) , Arts / Culture , Musique , Nouvelles technologies
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3 octobre 2005

Le blog : la règle du jeu

Quelle tambouille ! A vouloir mélanger librement trop d’ingrédients, tout cuistot sait d’avance le bouillon infâme qu’on en retire. Le chef, le vrai, le créatif, sait donner cours aux impulsions, mais pratique aussi la discipline du bon goût sans laquelle il n’est point de grand art.

L’expérience réalisée la semaine dernière conforte l’analogie. Impossible pour qui n’est pas un doux dingue de la blogosphère de s’y retrouver dans cette succession chaotique de commentaires (ma note du 29/09). Ah, les libertaires ! C’est peu dire qu’ils sont leurs propres ennemis. Pouah ! Quel charabia… Sortons donc les muscles, imposons un peu d’élégance et profitons de tous ces excès pour y remédier. Organisons ce blog pour qu’il soit plus lisible.

Voici comment je vois les choses : principes et règles de fonctionnement.

I- Principes :

1- Un blog n’est pas un forum d’échanges.

2- C’est un journal, une série de notes publiées…pour être commentées, amendées et même critiquées. C’est un support de l’échange…

3- Chacun peut créer son blog. Et revendiquer sa différence. C’est là une des conquêtes extraordinaires de l’internet.

4- Ce blog-ci, c’est le mien. Il n’est pas opéable. J’y revendique mon indépendance. Je n’ai pas l’intention de le laisser phagocyter, ni détourner au profit des marchands de soupe ou d’anathèmes ! Quant aux taggueurs, s’ils font de l’art, je prends, sinon…je jette.

5- Pas de censure hors respect de la loi (pas de propos racistes, pornographie, pédophilie, etc…). Chacun peut commenter, interpeller. Il faut qu’on puisse trouver, ici, son intérêt ou son plaisir. L’accès est libre et le restera. (On va essayer ! ! !)

6- Dialoguer, c’est respecter l’autre. On peut s’irriter, s’engueuler, pratiquer l’ironie…et même se lancer dans des disputes… Mais l’idée, c’est de faire avancer le schmilblick… Les postures agressives, les propos violents, les insultes, n’ont pas de place sur ce blog. (Je rappelle que je suis légalement responsable du contenu rédactionnel !).

7- « On ne peut pas plaire à tout le monde ». J’ai choisi d’intervenir sur des thèmes où je pouvais apporter une expertise. Ou encore, parce que c’est sur ces rubriques que j’étais quotidiennement interpellé. Je ne conteste pas à d’autres le droit de concevoir leur propre blog autrement. Mais ceux qui viennent ici s’exprimer doivent aussi respecter la qualité de l’échange qui s’y déroule.


II- En conséquence, nous allons organiser comme suit :

1- Je publie une note quatre ou cinq fois par semaine (les thèmes recouvrent les rubriques à droite de l’écran).

2- Les commentaires sous ces notes doivent pouvoir nourrir la discussion. En tout cas, rester en connivence intellectuelle avec le sujet abordé.

3- Les internautes qui voudraient intervenir « hors sujet » pourront déposer leurs contributions dans une rubrique « quartier libre & d’hiver ». Cet espace « quartier libre » sera renouvelé chaque mois. Bien sûr, je m’engage à les lire et à essayer d’y répondre, comme aux autres commentaires.

4- Tous les commentaires qui ne sont pas liés aux thèmes de la note seront relogés dans « quartier libre ». On ne censure pas (contrairement à d’autres blogs), mais on classe, on améliore le confort de lecture.

5- Ainsi, chacun pourra s’y retrouver. Les passionnés d’un sujet suivront le déroulé successif des notes et commentaires, sans avoir à jouer à saute-mouton avec les tags envahisseurs. Ceux qui sporadiquement auront nourri « quartier libre » retrouveront facilement leurs contributions en tapant leur pseudo sur le moteur de recherche (à droite de l’écran).

6- J’écris seul mes notes. Même si je sollicite l’avis de collaborateurs ou d’amis, je ne dispose, pour ce blog, d’aucune équipe relais. Les internautes qui me sollicitent pour des raisons professionnelles, trouveront un lien plus efficace en me contactant, selon les sujets, aux adresses suivantes :

- Service consommateurs Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 (Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe).

- Recrutement/Ressources humaines : GALEC, 52 rue Camille Desmoulins 92451 Issy les Moulineaux cedex (Tél. 01 46 62 52 00).

- Relations fournisseurs/Relations clients : GALEC, 52 rue Camille Desmoulins 92451 Issy les Moulineaux cedex (Tél. 01 46 62 52 00).

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 3 octobre 2005 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies
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Le blog : quartier libre & d'hiver

Je publie une note quatre ou cinq fois par semaine (les thèmes recouvrent les rubriques à droite de l’écran). Les commentaires sous ces notes doivent pouvoir nourrir la discussion. En tout cas, rester en connivence intellectuelle avec le sujet abordé.

Les internautes qui voudraient intervenir « hors sujet » peuvent déposer leurs contributions dans cette rubrique « quartier libre & d’hiver ». Cet espace sera renouvelé chaque mois.

Bien sûr, je m’engage à les lire et à essayer d’y répondre, comme aux autres commentaires.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 3 octobre 2005 dans Blogs et sites , Nouvelles technologies , Quartier libre & d'hiver
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25 mai 2005

Google Print : Bibliothèque universelle ou asservissement du savoir ?

Dépassé, le projet fabuleux et quelque peu mégalomane de François Mitterrand !. Au classement du Grand Livre des Records, la dimension de notre Bibliothèque Nationale n’a plus rien de pharaonique, si ce n’est probablement celle de ses coûts d’entretien. L’initiative récente de Google risque même de reléguer Alexandre le Conquérant au rang d’un génial mécène égaré dans son siècle… Car ce dont il s’agit aujourd’hui n’est rien moins que la constitution d’une bibliothèque universelle, une tour de Babel des savoirs, des langues et des littératures.

Passionnant en lui-même, le projet Google de numérisation de milliers de livres est tout à fait emblématique des problèmes (éco, culturels, politiques) suscités par la nouvelle économie internet.

J’ai, depuis trois mois, épluché tous les articles qui décrivent ce projet. Et ce week-end, je me suis replongé dans une lecture étonnante, riche de toutes les utopies, mais parsemée de trompe-l’œil et de chausse-trappes.

Rappel : Il y a dans le monde, actuellement, des milliers de projets de numérisation (archives de musées, d’entreprises, fonds de bibliothèques, mémoires de recherches, doc administratifs, etc…). Dans le domaine culturel, deux propositions ont fait l’objet d’un débat public. La première émane de « Amazon.com ». En octobre 2003, le libraire en ligne a lancé le programme « Search inside the book ». Près de 200 éditeurs sollicités, l’ambition de rendre consultables jusqu’à 120 000 livres !

Et puis, il y a eu « Google Print ». La firme de Mountain View (Californie) a confirmé l’accord de 5 des plus grandes bibliothèques anglo-saxonnes de lui confier la numérisation de leur fond (Harvard, Stanford, bibliothèque du Michigan, New-York Public Library, Oxford). Avec un objectif encore plus incroyable : 15 millions d’ouvrages scannés, 4,5 milliards de pages, le tout disponible dans 6 ans ! ! !

Ces projets ont suscité aux USA un immense enthousiasme et, finalement, assez peu de critiques. Parmi celles-ci, listons les principales parce qu’on n’a pas fini d’en parler :

1) Problèmes techniques : manipulation des ouvrages lors des opérations de scanning.

2) Problèmes liés au financement par la publicité.

3) Problèmes des droits d’auteur et du copyright (idem que pour la musique en ligne…).

En Europe, le débat s’est focalisé autour de la réaction de Jean-Noël Jeanneney, Président de la BN. Aux propositions de Google, il a opposé des arguments supplémentaires qui dépassent largement les aspects techniques du dossier.

4) Problème de la destination des données. Pour JNJ, « accumuler, ce n’est pas organiser ». Il faut (et qui doit ?) s’occuper de la codification, des répertoires, des indexations. C’est un travail que le bibliothécaire ne peut abandonner à l’intégrateur. Même dans ce cas, il faut déterminer des standard communs à toutes les bibliothèques. Sinon, on fait un Quid ou on prend le risque de disperser les données dans les millions de pages de Google.

5) Problème de l’hégémonie de Google : Est-il raisonnable qu’à terme, l’accès aux données soit subordonné aux préoccupations financières d’une seule société privée.

6) Problème de l’hégémonie linguistique : Puisqu’il s’agit d’une multinationale, quelle place va-t-on garantir aux productions de langue française, aux autres langues que l’anglais, dans les répertoires, les classements, et la promotion.

7) L’avenir des bibliothèques : Peut-on lancer un programme de numérisation et en confier l’exploitation à une entreprise dont l’objet n’est pas lié à l’avenir physique du livre. S’agit-il, dès lors, de mettre un contenu à disposition des internautes, au détriment des bibliothèques ou, au contraire, de faire venir les lecteurs dans les bibliothèques ?

8) La question déontologique : à supposer qu’on résolve toutes les questions précédentes, jusqu’où peut-on disséquer un livre, le présenter en « page d’informations », sans respecter l’ouvrage dans sa cohérence et menacer ainsi son intégrité. « Un livre de littérature n’est pas qu’un ensemble de pages écrites ».

Sur la base de ces questions, 19 bibliothèques européennes (Allemagne, Finlande, Grèce, Espagne, Belgique et toutes celles qui sont implantées dans l’ancien bloc de l’Est) ont signé leur adhésion à un contre-projet européen. Pour le moment, au stade de l’idée, avec demande de financement auprès de l’UE…

Oui, cette affaire est passionnante parce qu’elle remet en cause l’inertie de notre secteur culturel public (l’offre de Google a réveillé nos gestionnaires publics). Elle oblige les acteurs culturels à « penser la démarche technologique » non pas simplement comme média, comme support, mais comme façonneur de contenu (30 ans après Marshall Mac Luhan, c’est pas trop tôt).

Le chantier est immense. Une chose est certaine : en focalisant le débat sur les techniques de numérisation, on se trompe. D’abord parce qu’on peut résoudre la moitié de ces problèmes en élaborant des cahiers des charges adaptés. Mais surtout, cet aspect de la question restera mineur si l’on ne traite pas de l’essentiel : l’exploitation des contenus et les critères de sélection par les moteurs de recherche.

Google n’a jamais fait mystère de ses objectifs : accroître la masse de données accessibles pour multiplier les occasions de ramasser de la publicité (je ne polémique pas, je ne fais que citer le leitmotiv d’Adam Smith, le responsable du projet). Du quantitatif donc.

Ce que réclame Jean-Noël Jeanneney, c’est du qualitatif. Nous retrouvons ici la problématique sur laquelle nous avons échangé, celle des critères de référencement et de classement des moteurs de recherche (blog du 4 mai). A suivre, donc…

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 25 mai 2005 dans Actualités / Débats (Arts) , Nouvelles technologies
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4 mai 2005

Google, Yahoo, Altavista : moteurs ou directeurs de recherches ?

Cette question, j’ai commencé à me la poser en regardant mes enfants devant l’ordinateur. Surveiller le temps de jeu, mais favoriser les recherches pour préparer un exposé ou un devoir. Arbitrage nécessaire, vu le temps passé. Il faut dire que les mots s’additionnent, au gré des pages consultées. Dans la pléthore de réponses, beaucoup de citations périphériques, d’anecdotes, avant d’arriver au contenu… nécessité de trier.

Récemment, travaillant avec mes collaborateurs sur le projet de ce site, je consultais ma propre « fiche » en tapant mon nom sur le moteur de recherches. Quelle ne fut pas ma surprise de devoir éplucher des dizaines de références, la plupart anecdotiques, avant d’arriver à un article de contenu un peu substantiel.

C’est donc avec toute la candeur d’un néophyte que j’ai organisé la semaine dernière une rencontre avec Mats Carduner, directeur général de Google, ainsi que deux de ses collaborateurs. Echange passionnant, interlocuteurs de qualité. Nous avons parlé de ce blog et des échanges qui s’y déroulent. Il est d’ailleurs correctement « référencé » dans les premières pages, quand on tape mon nom sur Google.

Et pourtant, s’il est cité, c’est d’abord parce que d’autres en ont parlé. Normal, m’a-t-on répondu. Des sites, comme celui de Loïc Le Meur ont une audience exceptionnelle. Et les informations qui y circulent impactent forcément sur les moteurs de recherche. Je comprends bien tout cela. Il n’empêche. Il suffit que Loïc dépose sa note, avant même d’avoir été lu par un quelconque internaute, pour qu’elle se trouve en tête de la première page à « mon nom ». Alors que des contributions (sans prétention, plus majeures dans des sites de journaux pourtant référencés) ne s’y retrouveront pas !

Les réponses des équipes Google ont leur logique : d’abord, les sites référencés doivent être bien établis, sérieux, validés pour leur « pertinence ». Sur les millions de sites et de blogs, il faut faire un tri. Mais que penser par exemple du critère de « popularité d’un site ». Si l’on cherche « Loi Galland », ce n’est pas un terme qui va faire de l’audience… Je savais bien sûr aussi qu’il existait un algorithme, dont les équations sont sans cesse actualisées, et qui reste tenu secret. Un peu à la manière de la recette du Coca-Cola. Mais nous savons aussi que dans chaque pays, des petits génies de l’informatique, comme notre ami Loïc, ont appris à manier quelques ficelles, à capter l’attention des moteurs de recherches. Rien de choquant à tout cela, pourvu d’en avoir conscience. Je retiens de ces discussions :

1 - Incontestablement, des moteurs de recherches type Google apportent des avancées considérables dans l’accès à l’information. C’est vraiment une révolution extrêmement positive.

2 - Mais un moteur de recherches est un robot. Il n’a pas d’âme, il ne pondère pas, il sélectionne sur la base de critères techniques. Un jeune internaute (scolaire) doit être instruit de la nécessité de trier lui-même toutes ses informations.

3 - L’internaute n’est pas seul dans sa recherche. Il est piloté. Le moteur de recherches influe sur la collecte. Il intervient comme un véritable directeur de recherches. Il faut donc savoir, en bon cartésien, toujours préserver « un doute critique » sur l’appréciation du contenu collecté.

4 - Enfin, il faut savoir se méfier. Faire le tri entre les informations choisies sur des critères marchands (rôle de la pub sur les pages sélectionnées) et aussi, pour tenir compte des informations propulsées par les experts et contre experts du système. Ceux-là, qui ont su créer des liens, se faire référencer, légalement, mais parce qu’ils connaissent les rouages du système, finissent par produire des sons, du bruit, des informations, dont le statut finit par être équivalent, bien qu’artificiel, à une information librement collectée.

Dans ce contexte, je comprends les réticences de Jean-Marcel Jeanneney, président de la Grande Bibliothèque, à l’égard de la proposition de numérisation faite par Google. Derrière l’offre technique et commerciale, il y a sans contexte un enjeu politique. J’aimerais que nous en reparlions.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 4 mai 2005 dans Nouvelles technologies
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31 mars 2005

Vers la fin du téléchargement gratuit ?

Deux décisions, concernant l'univers de la presse, sont relativement passées inaperçues, alors qu'elles illustrent un tournant dans la querelle qui oppose les zélateurs du téléchargement gratuit et les partisans de l'abonnement payant. 1) Tous les grands journaux dont les archives et les articles constituent une mine d'or inépuisable pour les chercheurs, les étudiants ou même les services de documentation des entreprises, ont commencé à tarifer leurs prestations sur le net. L'initiative avait timidement été lancée, l'année dernière, par le Télégramme de Brest. Elle est reprise aujourd'hui par Le Parisien, l'Alsace et les Dernières Nouvelles d'Alsace. Le journal Le Monde qui vient de re-maquetter son site, prétend encore maintenir la gratuité d'accès aux articles publiés quotidiennement, mais fait payer les recherches dans son service documentaire. Tous ces quotidiens ont le même problème : ils ont créé des sites dont la fréquentation augmente, mais les ventes en kiosques stagnent ou baissent. Sans qu'on puisse véritablement parler de transfert de clientèle, cette concurrence entre deux offres, l'une gratuite et l'autre physique et payante, ne peut plus durer. Le risque de cannibalisation de l'information par le web est réel. Une aubaine, certainement, pour l'internaute. Mais une faillite, à terme, pour les médias privés de recettes. La pratique de la tarification devient inévitable. La question n'est plus celle de la gratuité mais du niveau de prix acceptable par les internautes. Le bilan du premier exercice réalisé par le Télégramme de Brest donne une idée de l'effort pédagogique et promotionnel à réaliser : baisse d'audience de 75 % depuis l'instauration d'un accès payant, plafonnement du fichier d'abonnés à 700 clients... sans report, non plus, sur l'achat en kiosques. 2) L'autre illustration de cette problématique, c'est l'accord pour la cessation de la diffusion des dépêches de l'Agence Française sur le site « Google USA ». Google reprenait gratuitement les dépêches de l'AFP, estimant que ce référencement ne pouvait que valoriser l'audience et la notoriété de l'agence parisienne (une claque tout de même pour les services commerciaux de l'AFP aux USA !). L'AFP s'en est émue, a produit ses avocats et a repris son copyright. Il n'y aura pas de procès. Voilà qui est clair. Les opérateurs sont en train de prendre conscience de la nécessité de protéger leur fonds de commerce. 3) Jusqu'ici, la presse française et, plus généralement, le monde des médias ont toujours été relativement frileux dans le débat sur la tarification du net. Qu'il s'agisse du piratage ou tout simplement du téléchargement peer to peer d'oeuvres musicales ou cinématographiques, les rédactions ne se privaient pas de faire la leçon et de tancer les marchands. C'est toujours le principe de la liberté de l'internaute et de la démocratisation par le net qui prévalait dans toutes les prises de position. Mais puisque voilà leurs propres intérêts commerciaux et leurs fonds de commerce menacés, nos journaux vont peut-être comprendre que la défense du droit à la création vaut bien celui du consommateur (un comble, c'est moi qui le rappelle !). L'accès à l'info suppose avant tout que soient viables les métiers qui produisent ces informations. La gratuité est un mythe. Dès lors qu'une initiative exige salaire et investissement, il était démagogique de faire croire à toute une génération d'internautes que le service ne serait pas payant. Il existe des modèles de financement mixte faisant appel à la publicité, aux ventes de fichiers, etc... Ces pratiques peuvent permettre d'en diminuer le prix. Mais de toute façon il y aura paiement. C'est à cette seule condition que l'économie du net sortira de sa bulle idéologique pour nous éviter une deuxième catastrophe financière.

Michel-Edouard Leclerc

Posté par M.E.L. le 31 mars 2005 dans Nouvelles technologies
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27 février 2005