17 mars 2006
Pandémie, canicule : La grande distribution incontournable ? Plus que vous ne l’imaginiez !

© Adieu, un film d'Arnaud des Pallières
L’un de mes adhérents de la région parisienne a glissé sur mon bureau, une lettre à entête d’un « service interministériel de défense et de protection civile ». Elle est signée du directeur de cabinet du préfet du Val d’Oise.
J’ai d’abord cru à un gag. Imaginez votre réaction en tombant sur le paragraphe suivant : « Dans le cadre de la rédaction du Plan de Gestion des Décès Massifs, mes services recensent des entrepôts susceptibles d’accueillir des corps avant mise en bière. C’est pourquoi je vous remercie de bien vouloir m’indiquer la surface de votre entrepôt de froid positif qu’il vous serait possible de réserver à cet effet, ainsi que la température utilisée dans celui-ci. »
Nous voilà transportés dans l’univers de Blade Runner, ou mieux encore des « Immortels » d’Enki Bilal. Frisson garanti.
Je me concentre un peu, relis la lettre. Elle est bien adressée au directeur de l’un de nos 16 entrepôts régionaux.
Quoi, que lis-je, m’interpellais-je ? Nous aurait-on menti en haut lieu. La pandémie (grippe aviaire) serait-elle à nos portes, fatale, telle la Grande Faucheuse en massiv-attack?
Point du tout. L’investigation à laquelle se livre ce service interministériel répond à une tout autre préoccupation :
« Suite à la canicule de l’été 2003, un groupe de travail a été mis en place afin d’étudier l’organisation des pouvoirs publics face aux situations de décès massifs.
Un rapport édité en mars 2004, fait apparaître des solutions susceptibles d’optimiser la procédure de gestion des décès massifs. » ...etc.
Oui, vous avez bien lu. Officiellement, la grande distribution serait donc, le cas échéant, requise pour stocker les dépouilles de tous les aïeuls, morts d’un mauvais coup de chaleur…abandonnés par une progéniture égoïstement installée dans le confort des CPE et du téléchargement gratuit…
Auchan, Carrefour et les autres Monop pourraient se féliciter de la reconnaissance tardive, discrète, mais ainsi officialisée de leur indispensable intermédiation. Certains de mes collaborateurs, qui ont lu Reiser et goûté aux facéties de Vuillemin (auteurs insolents d’Albin Michel), voient dans cette demande administrative l’opportunité de proposer une nouvelle diversification commerciale pour l’enseigne : plutôt que de stocker des macchabées (j’ai déjà un oncle qui officie dans les pompes funèbres, tout en parasitant l’enseigne), pourquoi ne pas transformer nos entrepôts frigorifiques en nurseries estivales du troisième âge. Surtout, que la bière, elle, est stockée tout contre… Bof !
Plus sérieusement ! Cette missive nous transporte crûment dans une réalité dramatique que les deux dernières générations de Français n’ont pas eu à connaître, et dans une hypothèse que le risque de pandémie nous oblige malheureusement à anticiper.
Mais s’il s’agit vraiment ??? d’anticiper la canicule, ne serait-il pas plus utile de faire le recensement des bâtiments qui, abritant des personnes âgées, ne sont pas dotés d’un système d’air conditionné. Et, incidemment, de prévoir qu’on leur porte, cet été, une petite bière…bien fraîche. Qu’en pensez-vous ?
Posté par M.E.L. le 17 mars 2006 dans
Actualités / Débats (Distrib.)
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23 décembre 2005
Bonnes fêtes à toutes et à tous...
Chers amis,
Je m’octroie un petit « break » de 8 à 10 jours. Je reste dans les environs, toujours accessible et en alerte, si nécessaire (le métier le veut). Mais, je vais en profiter pour respirer un peu. J’ai conscience d’être en retard dans les réponses que je me dois de faire à certains internautes. Je vous propose de reprendre nos échanges la première semaine de janvier.
D’ici là, je vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes.
Posté par M.E.L. le 23 décembre 2005 dans
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28 novembre 2005
Derniers sondages politiques : le Père Noël arrive en tête
Le temps d’un week-end, je me replonge dans la lecture des magazines. J’y redécouvre la semaine politique. Le spectacle est assez désopilant !
Le Père Noël : Après les émeutes et le commentaire de Jacques Chirac à la télé, deux jeunes de banlieue :
- « Tu connais la différence entre le Président de la République et le Père Noël ?
- Non.
- Eh bien, le Président, il n’existe pas. C’est une invention pour faire rêver les petits enfants des banlieues ! »
Le Président : Personnellement, j’ai trouvé très creuse son intervention. Opinion partagée ? Hubert Coudurier, dans Le Télégramme, n’a jamais eu de sympathie particulière pour la gauche. Mais il a la dent dure pour le Grand Timonier de l’Elysée : « A force de commenter l’actualité sans la faire, le Chef de l’Etat donne l’impression de ne plus maîtriser la destinée nationale »… « Je ne parle pas de son impopularité relative, mais de son incapacité à rassembler et même à comprendre ».
Les lunettes du Président : J’entends encore le rédac chef d’un quotidien national essayer de me convaincre sur la signification du binocle : la vieillesse, l’usure, le besoin de réassurance. Un signe politique, quoi ! Et je vous passe les commentaires psys, façon Minnie Grégoire. Comme celui de Pierre Cardot, député UMP : les lunettes « n’étaient pas le symbole d’un discours du cœur, parce que ça veut dire qu’il lit…(le prompteur) ! ». Tout ça nous aura valu un tiers de page dans Le Figaro du 20/11, pour conclure : « Les lunettes de J.C., une nécessité plus qu’un accessoire ! ».
Les lunettes de François Hollande : « Culbuto » lui aussi en porte…des binocles. Et ça ne lui a pas trop mal réussi. Au Mans, dans le grand pot de rillettes, c’est même lui qui a fait la viande alors que les autres ont été réduits en miettes. Ah, ah, d’aucuns imaginaient Porcinet chez le salaisonnier à faire l’andouille. Il s’est révélé excellent tacticien. Il apprend vite ! Faut dire que des coups, il n’arrêtait pas d’en attraper. Mais au Congrès, c’est lui qui a roulé DSK, Aubry et Montebourg dans la saumure. Il porte des lunettes, mais Afflelou devrait lui signer un contrat.
Demander le programme : Pour museler son opposition, il a fait ami-ami avec Fabius. Tout cela a un prix. Mais ce n’est pas le PS qui paiera, ce sont les Français.
A gauche toute, donc, le Père Noël is back, mais revanchard : retour en arrière sur la réforme des retraites (même Chérèque en est irrité), retour aux 35 heures et heures sup payées le double, renationalisation d’EDF « à cent pour cent » (avec quels sous ?), SMIC à 1 500 euros (les femmes de ménage de la rue de Solférino sont pour !).
Le poids des mots, le choc des ego : Vous me direz, tout ça, ce sont des mots. D’ici 2007, il y aura de l’élagage. J’en conviens. Il y aura du boulot. Par exemple, sur la loi de modernisation sociale : on nous promet de dissuader « les entreprises qui licencient aux seules fins de répondre à des exigences financières ou sous la pression de leurs actionnaires ». Diable, y aurait-il d’autres motivations ?
Tiens, écoutez ça aussi. Pour encourager la production, « une solution pour taxer les revenus excessifs liés aux importations de masse des produits concurrents des produits communautaires sera mise en place ». Zut, les agriculteurs vont devoir changer les marques de leurs tracteurs !
Rien de mieux qu’un bon petit programme protectionniste pour satisfaire l'ego des éléphants et les rabibocher entre eux!
Question style : J’en connais un qui singe Villepin. Plutôt bien d’ailleurs. C’est Montebourg. Il sait manier le discours, celui-là : « Nous n’avons pas voulu ajouter à la défaite de nos convictions le déshonneur d’y avoir consenti ». Comparant ses collègues trahis à des « souriceaux prisonniers des serres de l’aigle » (quoi, Hollande, un aigle ?), le voilà, impérial, désignant « notre parti immobilisé en légion romaine, figé jusqu’en 2007 ».
Décalage : Comment ne pas comprendre la flopée de sarcasmes, les envolées de bois verts, et le quasi mépris des éditorialistes étrangers, déjà échaudés par les remontrances présidentielles après la relation des émeutes d’il y a quinze jours. On en prend plein les dents !
Ceci dit, les éditorialistes français y sont allés aussi au karcher : « Le PS ? Un parti vieillissant…déserté par les ouvriers et les employés, mais colonisé par les représentants de la fonction publique et du monde intellectuel » (Jean-Yves Boulic, Ouest France, 21/11)…Un parti qui de conservateur « devient maintenant le parti de la restauration se plaçant à contre-courant…des autres partis socio-démocrates voisins…accroché à une conception jacobine de l’économie. Le PS révèle une défiance non seulement vis-à-vis du secteur privé, mais aussi de la société civile » (D. Reynié, Le Figaro, 22/11).
Marketing politique : J’ai bien aimé la métaphore du Nouvel Economiste. Henri J. Nijdam dixit : « Le marché est là (la demande politique), pas le produit ». Le PS « sait ce qu’il ne veut pas : ni social-libéralisme, ni socialisme de rupture ». Mais le socialisme reste « un logiciel à moderniser ». Coquin et malin, Marcel Botton, le PDG de Nomen (création de marques), disserte sur le rapport contenant-contenu : « Très empâté, le noir est désagréable. Il faudrait impérativement affiner le trait. Peut-être colorer le vert des feuilles… ». Il parle du sigle du PS bien sûr.
Et la droite dans tout ça : Pas possible de dire qu’elle en sort grandie. Le duel Sarko-Villepin efface les rivalités Sarko-Chirac. Du coup, Sarko ne cesse de se raidir. Je ne parle pas de son revirement tactique concernant la communication de sa vie privée. Je parle du coup de barre à droite. Voudrait-il récupérer les voies perdues de la droite en 2002 qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Pour le coup, c’est le peuple qui chausse ses lunettes. Il reste bouche bée devant cette polémique sur la polygamie : pas très délicat, c'est sûr. Je n’ai toujours pas compris le lien avec nos incendiaires (avoir plusieurs femmes ferait de nous des adeptes du coktail molotov?). A lire l’interview de Bocuse dans L’Expressmag, j’ai des doutes. Il dit entretenir trois épouses. Il explique benoîtement que « cela exige de la santé et une bonne organisation ». Bocuse foutant le feu aux voitures devant son restaurant? J’y crois pas.
Le danger : « tous pourris » ? Retour aux banlieues : Nos deux gamins dissertent toujours sur l’arrivée de Noël.
- « Tu sais ce qu’ont en commun le Père Noël et le Président ?
- Non.
- Eh bien, tous les deux, ils sentent le sapin ! »
Du Président à la classe politique, il y a des liens qui, s’ils étaient noués, pourraient faire dériver notre démocratie vers les pires des affrontements ! Le mieux, pour désamorcer tout ça, ne serait-ce pas de demander aux Français quels sont les cadeaux qu’ils souhaiteraient trouver dans leurs sabots. Parions qu’ils préfèreraient qu’on leur parle emploi et pouvoir d’achat.
Posté par M.E.L. le 28 novembre 2005 dans
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26 septembre 2005
Journal du 17 au 26 septembre 2005 : revue de presse
Dans le désordre, en passant du « grave » au « léger », je continue de réagir à ces infos collectées pêle-mêle dans la presse.
1) Claque et claque
Les « sorties » patriotiques de D. de Villepin avaient su rassembler les chœurs de la majorité contre le méchant HP. « Il faut qu’il rende des comptes et qu’il rembourse ». Il est vrai que ces gens-là, avec cette manière d’annoncer froidement les licenciements, méritaient de se faire taper sur les doigts.
Mais, ce matin, Patrick Stark en met une au Premier Ministre : Non, HP n’a pas touché de subventions pour créer des emplois. PS : « Je ne peux pas rembourser des subventions que je n’ai pas touchées ». Il rappelle, par la même occasion, qu’HP a payé 700 millions d’impôts en France. (Le Fig Eco, 26/09)
La passe d’armes ne changera probablement pas le sort des salariés licenciés de HP. Mais le type qui a conseillé Villepin dans cette affaire, c’est sûr qu’il va vite être sur le marché du travail.
2) Journée de solidarité
Les lumières de l’Esprit Saint continuent d’éclairer nos élites. Malgré le fiasco du lundi de Pentecôte 2005, personne n’ose revenir sur la loi. Alors, ça donne des contorsions pas possibles. Ainsi, dans l’Education Nationale où l’on prépare un projet d’arrêté : seuls les personnels se plieront à une journée supplémentaire : « elle sera consacrée aux élèves…sans les élèves qui auront le droit de déserter les bancs de l’école ». Combien vous pariez que les syndicats d’enseignants sauront trouver les arguments pour rejoindre…les élèves sur les sentiers buissonniers !
3) Carburants
Connaissez-vous l’impact de la hausse des carburants sur le budget d’un automobiliste ? Gérard Huguenin (« L’argent, ce qu’il faut faire et que vous ne savez pas » - Editions Eyrolles) a fait un calcul. Il est publié dans « Economie matin », un « gratuit » que j’ai piqué dans un studio de BFM… Et bien, pour un véhicule qui brûle 7 litres au 100 et qui roule 15000 km/an, le surcoût a été de 420 € sur une année, soit…11 jours de SMIC. 52 heures de travail dont 60% du coût vont enrichir les caisses de l’Etat. Comme le fait remarquer GH, ce n’est pas en roulant à 100 km/h sur une autoroute qu’on rattrapera…le temps perdu.
4) Gratuit !
Justement, puisqu’on en parle… J’ai rencontré chez BFM Thibault Lecarpentier. Il a fondé un cabinet de prospective (OBSAND). Cet ancien chargé de cours à l’Université Paris VII s’est intéressé à l’utilisation par les consommateurs des offres promotionnelles dans le secteur aérien. Résultat : « il faudra 25 ans pour « écluser » tous les miles gratuits émis par les compagnies aériennes. Vu les surenchères auxquelles elles se sont livrées ces derniers temps, « le volume des miles en stock , chez les usagers, représente, en kilométrage, l’équivalent des billets émis en un an ». Curieux, de la part de consommateurs dont on n’arrête pas de dire qu’ils sont rationnels et accros des réductions ! Manière aussi de démontrer que le coût d’une promotion dépend avant tout de son utilisation !
Je continue de passer du coq à l’âne…
5) Alertez les bébés !
Toujours dans la newsletter de « Economie Matin » (26/09), un édito sarcastique consacré aux mesures du gouvernement en faveur des familles. J’insiste, je ne connais pas ce canard, ni auprès de qui il émarge. Mais, on y pratique une pédagogie des chiffres qui parle toute seule.
Jean-Baptiste Giraud compare la mesure Villepin (750 € par mois, pendant un an, pour inciter les Français à faire un troisième enfant) au traitement des parents suédois (450 jours avec une indemnité équivalente à 80 % du salaire plafonné à 3000 €. Idem au Luxembourg… Le modèle social français a vraiment du plomb dans l’aile.
On objectera que l’état des finances publiques ne permet pas de faire des miracles. Oui, mais ce sont bien nos enfants qui, demain, financeront nos propres retraites « et les soins de santé des 3ème et 4ème âges ». Ca fait un peu chiche le cadeau de baptême.
6) Traite des femmes
Nos futures mamans trouveront probablement dans la chronique de Michel Fitoussi (Le Télégramme de Brest, 21/09), matière à consolation. Enfin, si l’on peut parler ainsi ! On y apprend qu’au Népal, la Cour Suprême « vient de déclarer hors la loi la coutume qui veut que les femmes soient parquées dans des étables quand elles ont leurs règles ». On serait dans Charlie Hebdo, on aurait le droit à des commentaires graveleux. Pour ma part, ça me laisse sans voix.
7) Terrorisme
Affligeant débat, la semaine dernière à l’ONU. Toutes les puissances occidentales surenchérissent pour dire combien elles sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais il n’a pas été possible de voter une résolution pour blâmer ne serait-ce que les massacres de civils dans les attentats.
Il faut dire que nombre d’Etats n’ont dû leur indépendance qu’après des guerres de libération nationale. Et que de la « résistance aux forces d’occupation », aux contraintes « de la lutte pour la juste émancipation des peuples », la frontière entre violences légitimes et terrorisme pose d’évidents problèmes sémantiques et philosophiques à certains.
Nos sociétés démocratiques et laïques ont su condamner tout crime, fût-il de nature politique. Les églises, hors islam radical, revisitent leur histoire et font de plus en plus leur autocritique. Elles admettent aussi qu’aucune guerre ne saurait être justifiée même en invoquant le nom de Dieu. Mais à l’ONU, la condamnation des actes les plus barbares fait toujours débat. Les vieux guerriers des mouvements de libération s’estiment non coupables. Au risque même d’entretenir la confusion entre les objectifs de ces mouvements d’insurrection (comme si on ne pouvait pas en condamner ex-post la violence) et les attentats aveugles commis par Ben Laden. Affligeant !
Posté par M.E.L. le 26 septembre 2005 dans
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13 septembre 2005
Journal du 5 au 12 septembre 2005 (fragments)
Quand je me déplace (train, avion…plutôt que voiture), j’épluche la presse et j’annote les articles qui touchent à l’exercice de mon métier. Il y a aussi ces petites brèves…qui prêtent à clin d’œil. Je partage.
1) Economie : Dans le magazine Breton, ce mois-ci, le portrait et une interview de Patrick Le Lay. On y trouve des choses assez marrantes, comme la sympathie (on pourrait même dire l’affection) de PLL pour les militants bretons. Il a des mots très durs contre la France. On le savait très investi sur TV Breizh (où il a tout de même supprimé les émissions en breton ! ! !). Mais venant du plus grand fabricant français de la culture de masse, cet engagement régionaliste surprendra plus d’un…
Quelques perles aussi : « Les Bretons ne sont pas business ». Sympa pour J.P. Le Roch (Intermarché), J.G. Le Floch (Armor Lux), X. Leclercq (Brit Air), Pinault (PPR), Bolloré, Gourvennec (Prince de Bretagne), Yvon Jacob, mon paternel, et PLL lui-même…
Et cette conclusion (sans rire) : « Les Bretons ne parlent jamais d’argent ». Ne toussez pas : PLL, c’est Sœur Emmanuelle à la tête de TF1.
2) Société : Ouest France (8/09) publie un graphique extrait du rapport mondial sur le développement humain ! Des comparaisons alarmantes : en France, 329 médecins pour 100 000 habitants ; au Rwanda, un seul pour la même population. Encore : taux de scolarisation au Japon ou en Suède : 100 % ; au Niger : 6 % ! ! !
Et puis, très curieusement, cette donnée sur le nombre de femmes occupant une fonction dirigeante ou parlementaire. Qui respecte le plus la parité dans le monde ? C’est le Rwanda qui serait tête de classe avec 49 %, comme la Suède.
Bon, l’histoire ne dit pas en quelle estime l’on tient au Rwanda ces « super women ». Mais parions qu’en ce pays si prompt à exalter les valeurs guerrières et à manier le coupe-coupe, on ne trouvera pas une seule Alliot-Marie aux armées, ni une Condoleezza Rice à la diplomatie. C’est la limite du discours des seules statistiques.
3) Economie : Depuis deux ans, le Brésilien, Vanderlei Luxemburgo, règne sur le jeu du Real Madrid. Le Parisien (12/09) l’a interrogé sur la manière dont il comptait redorer le blason du club. A priori, je ne suis pas un passionné du sujet, mais comme le personnage est qualifié de « maître tacticien », je me plonge dans l’ITW, des fois qu’il y aurait des leçons de management à prendre. Pas déçu : « Les joueurs doivent me respecter, être à ma disposition, et bien jouer au foot. Le reste, je m’en occupe. Maintenant, si l’un d’eux n’accepte pas cette vision, je l’enlève et j’en mets un autre ». Heureusement, il rajoute : « J’aime l’ordre, pas les robots ! ». Ouf…
J’espère que mes collaborateurs apprécieront, en comparaison, combien je suis cool !
4) Economie : J’ai d’abord cru à un gag. Dans ses pages « rebonds » (12/09), Libé publiait une contribution sur l’économie française. On pouvait y lire : « Aux USA, la part de la consommation des ménages tourne autour de 70 % du PIB. En France, 55 %… Comment mobiliser la consommation privée, telle est la question centrale ». L’auteur appelait à réduire le taux d’épargne des ménages (ce qui ne coûterait rien à l’Etat, contrairement à l’endettement !) en « modifiant notre système fiscal », en augmentant les salaires, etc… Un petit traité de Keynésianisme. Certes, on y rappelle que l’ennemi reste le libéralisme, mais « refuser d’imiter le modèle US, n’interdit pas de s’en inspirer ». Qui croyez-vous qui signa le libelle : Bayrou, Strauss-Kahn, je moi-même ? Manqué. C’est Isaac Joshua, qui indique, non sa profession, mais son statut de « membre de la Ligue communiste révolutionnaire ». Mince, avec un tel discours, Sarko n’a plus le monopole de la « rupture ». A moins que ce ne soit la nouvelle manière des Trotskos de faire de « l’entrisme » en noyautant le discours social-démocrate.
5) Economie : C’est une idée très partagée. Face à la compétition des pays à bas coût de main-d’œuvre, la France doit se spécialiser et exporter des produits à haute valeur ajoutée. En corollaire, il faut délaisser la production des matières brutes… On laisse les tee-shirts et les chaussettes aux Chinois et on leur vend du nucléaire et des Airbus.
Pas si sûr ! En tout cas, il y a des exceptions. Les Echos (12/09) rappellent l’excellente performance des producteurs de lin basés en Normandie, dont la demande chinoise absorbe 60 à 75 % de la production. « Les Chinois ont bien tenté de se passer du lin normand en cultivant eux-mêmes cette plante industrielle, mais sans succès » (rendements plus faibles, qualité moins fine). Eh oui. En Normandie, on cultive ! A Shenzhen, on tisse, on file et on fabrique les vêtements ! La mondialisation à l’envers, ça existe !
6) Politique : C’était dans la nouvelle formule (1/09) du journal Challenges. Cette phrase du « former President of MEDEF » : « Je suis un socialiste anglais ». On le savait imprévisible et parfois fantasque…On comprend qu’au PS, certains cherchent sérieusement à se repositionner plus à gauche !
Posté par M.E.L. le 13 septembre 2005 dans
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31 août 2005
Journal du 21 au 31 août 2005 (fragments)
En parcourant la presse, et en écoutant les médias… quelques remarques à la pelle.

Photo : J. Cohen / NZP
1) Politique : Le PS a clôturé ses Universités d’été. Quelle mauvaise comédie. C’est fou, ce que les éléphants peuvent être tristes, confinés dans leur zoo.
Qu’on ait reçu ce pitoyable spectacle depuis la plage ensoleillée ou en parcourant le journal dans le métro, on reste interloqué par tant d’irresponsabilité. Aucune volonté programmatique, pas l’ombre des prémisses d’un projet pour le pays, aucune référence concrète aux problèmes de fond que rencontre la société française (mutation du travail, mondialisation et délocalisations, déclassement de nos universités, politique d’immigration, stagnation de l’Europe, crise du modèle énergétique, etc, etc…). Jack Lang (aux Grandes Gueules sur RMC) n’aura trompé personne en affirmant que le débat de fond a eu lieu dans les ateliers (vachement discrets, les ateliers) et en soulignant que la presse s’est « focalisée sur les querelles de chefs » (n’empêche…c’est à cette occasion que lui-même a annoncé sa participation « irréversible » à la course aux présidentielles…).
En tout cas, Villepin a du bol. La droite échange, à guichet fermé, avec son unique poil à gratter : François Bayrou. Et la contestation populaire ne peut compter sur aucun relais susceptible de fournir les bataillons d’un gouvernement alternatif.
Au final, deux voies s’offrent au PS. Par deux voix exprimées. Celle de Michel Rocard, décidément inusable, qui du Nouvel Observateur au Figaro, stigmatise les nostalgiques du trotskisme et du léninisme, pour qu’ils aillent rejoindre le musée Grévin ; il préconise la création d’un vrai parti social-démocrate qui, enfin, aurait accepté les règles de l’économie de marché et de la mondialisation. Celle de Julien Dray aussi, qui à l’inverse, propose le rassemblement du PS en assénant ces trois vérités :
1) La présidentielle rend fous les hommes politiques. 2) Depuis vingt ans, à chaque étape, chacun a cru que les autres étaient devenus insupportables (ce qui n’a pas empêché que…tout le monde a été avec tout le monde). 3) La force va toujours à la force. Pour gagner, la gauche doit être unie.
Le problème pour le PS, c’est que s’il faut être uni pour gagner les élections, il faut encore le rester pour pouvoir gouverner. Et vu les divergences…c’est pas gagné !
2) Société : Une femme à la tête du MEDEF. On va écouter avec intérêt son intervention aux Universités d’été patronales. Mais pour gâcher le plaisir, le « British Journal of Psychology » vient de publier une étude menée sur 24 000 étudiants. Elle révèle que les hommes ont en moyenne 5 points de QI supplémentaires par rapport aux femmes.
Je n’ai lu qu’un résumé de cette étude. C’est à mourir de rire. On y apprend que les différences sont génétiques. Le cerveau de l’homme est 10 % plus gros que celui d’une femme, ce qui lui donnerait une plus grande puissance cérébrale. Voilà qui expliquerait la supériorité magistrale des hommes sur la liste des « Nobel » ou des grands maîtres aux échecs. Sans rire, nos scientifiques estiment que les hommes sont « plus efficaces pour les tâches très complexes ».
Moi, je ne donne pas cher du QI de nos scientifiques. A nier le poids des contraintes culturelles, à focaliser la recherche sur les seuls critères biologiques (à supposer qu’ils soient pertinents), on reconduit la gente féminine vers les fourneaux et la vaisselle. On se demande s’il fallait vraiment mobiliser 24 000 étudiants pour obtenir un tel constat.
3) Culture : Passionnante interview du grand cinéaste italien Dino Risi, dans Le Monde du 23/08.
On y lit des choses très drôles sur ses querelles (je t’aime, moi non plus) avec Vittorio Gassman. Des aphorismes du genre : « L’humanité est stupide, il faut l’être soi-même un peu pour la comprendre ». Et cette révélation : « Jusqu’à 30 ans, je n’avais pas de chance avec les filles. Mais dès que j’ai fait des films, celles-ci sont venues vers moi. »
Moi aussi, un jour, je veux faire du cinéma…
4) Société : Chaque jour, courageusement, des ONG et des associations humanitaires témoignent des ravages de la drogue dans le monde. Chaque année, dans les instances internationales, politiques et fonctionnaires stigmatisent les pays producteurs. Et comme tout au long de cet été, la guerre contre les « narcos » nous vaut de beaux commentaires sur les prises spectaculaires, en mer ou dans les aéroports, arrestations à la clé.
Ce qui m’épate, c’est le décalage entre l’activisme médiatique et policier et la croissance constante du marché de la drogue. C’est aussi l’hypocrisie de cette « real politic » qui se retranche derrière les conséquences sociales ou géopolitiques, quand on dispose pourtant de tous les moyens d’éradiquer le mal. (Je réagis à deux infos parues dans Ouest France, cette semaine…)
Ainsi de ce qui se passe en Afghanistan. Les soldats US, anglais et français y ont pris pied. Certes, la situation est confuse dans certaines régions. Mais militaires et ONG sillonnent le pays. Alors, quand l’ONU publie les stats des surfaces d’opium cultivées (103 000 ha ! ! !), on ne comprend pas pourquoi personne n’ait songé à les napalmiser.
Idem pour la Colombie. Alors qu’au Congrès, courageusement, des élus US proposent de lancer sur les cultures un papillon mangeur de feuilles ou un champignon dévastateur, le débat s’enlise et se focalise sur les seules questions écologiques (d’ailleurs discutables). Tant pis pour les priorités et les conséquences sur la vie des drogués ! ! !
Tant que la lutte contre la drogue ne sera pas associée à un plan de développement économique permettant la reconversion des fermiers de la drogue et tant qu’on ne quittera pas le terrain de l’imprécation, la drogue continuera de tuer.
Posté par M.E.L. le 31 août 2005 dans
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29 juillet 2005
Vous, moi, le blog et la période estivale
Vous êtes plus de 18 000, chaque mois, à venir zapper sur ce blog. Eh bien, je vous le dis tout cru, cette statistique me remplit d’allégresse… Je n’imaginais pas une telle audience.
Oserais-je vous dire, chers amis, que je suis content de nous. De moi ? Oui, parce que j’ai réussi à maintenir une certaine constance dans la production des notes. Tous mes collaborateurs et amis m’attendaient au tournant. Eh bien, ils s’étaient trompés. Je prends beaucoup de plaisir à ces rendez-vous quasi quotidiens. Je ne m’en sens pas esclave. Même si, je le reconnais, je prends un peu de retard pour répondre à vos commentaires (mais je réponds toujours, je crois). Et vous ? C’est pareil ! Tous les journalistes qui sont venus voir ce blog gratifient vos commentaires d’une excellente notation : qualité des échanges et de la rédaction. Ils sont d’autant plus étonnés que nous abordons, contrairement à d’autres blogs, des sujets qui pouvaient apparaître trop sérieux.
Bref, si nous continuons comme ça, en fin d’année, je pourrai vous inviter à sabrer le chouchen (non, je ne vous infligerai pas ce liquoreux breuvage que, dans nos Cornouailles, on inflige aux touristes, mais un bon Breiz Cola produit en Finistère !) avec petits fours et Kouign-aman…
Vous l’aurez compris. Les vacances approchent… Je me lâche… Pendant les trois prochaines semaines, je vais me mettre un peu au vert. Vous avez toute latitude, bien sûr, de continuer à nous proposer les commentaires qu’il vous plaira de rédiger. Mais moi, ne m’en veuillez pas, je retiendrai la plume.
Attention : je plie les gaules, mais ne romps point. Précisons peut-être les termes de mon contrat : trois ou quatre notes maxi la semaine, et réponses à vos interventions tous les trois ou quatre jours. Ok ?
Je reste connecté. Je ne saurais me détendre sans les sarcasmes de Pierre, l’ironie d’Erosoft, les synthèses de Babylone (au fait, t’es où ? Tu es tombé amoureux ?), et les lettres exotiques de Florence Jean depuis son île Maurice… Et vous Sébastien, il me semble que ça commence à faire un bon bout de temps que vous êtes parti traverser nos provinces. Faudrait voir à ne pas trop abuser !
Bon, sérieux ! Mon job m’oblige, de toute façon, à rester en France. Entre randonnées sur les sentiers périgourdins, descentes en canoë-kayak, agapes entre amis et remontée des abers bretons (je renvoie au dictionnaire tous les incultes), je reste connecté à la vie du groupe. Mes collaborateurs vont partir aussi. Devoir de vigilance, je reste disponible.
C’est le lot des chefs (bof !). Une petite épidémie de listéria, des agriculteurs en colère qui manifesteraient, un concurrent qui voudrait organiser un coup de Trafalgar pour piquer un magasin ici, organiser une méga promo là, il me faut pouvoir regagner la capitale, ventre à terre. Personne n’est indispensable. Mais s’il y a crise, conflit, ou difficulté majeure, je n’imagine pas déléguer le sale boulot alors que je continuerais de jouer les panneaux solaires au bord d’une piscine.
J’emporte avec moi quelques livres (une bio de Jim Morrison, des albums de Frank Miller, quelques romans suggérés par nos libraires…), des disques, mon portable. J’achèterai les journaux. Veille active…mais je prendrai mon temps.
Je vous souhaite aussi de bonnes vacances, si vous avez, comme moi, la chance de pouvoir en profiter. Kenavo !

Posté par M.E.L. le 29 juillet 2005 dans
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25 juillet 2005
Lance Armstrong : Le statut de l’icône
Je ne suis pas un adepte de la petite reine, encore moins du vélo à la TV. Enfant, je jouais au Tour de France sur les plages du Nord-Finistère. Les cyclistes de plomb qui arboraient déjà les marques des sponsors, avançaient au gré de la trajectoire des billes sur le sable mouillé… Mais depuis, je n’ai retenu des circuits que le nom de quelques héros victorieux ou malheureux : Louison Bobet, Poulidor, Anquetil, Merckx, Hinault. Il ne faudrait pas m’en demander plus sur ce sport…
Ce week-end, cependant, j’avoue : j’ai été fasciné. Sept victoires dans le Tour pour Lance Armstrong, quel exploit ! Et quel athlète ! Son ascension a été fulgurante. Survivant du cancer, il me fascine par sa détermination, sa méthode, sa constance dans l’effort. Ca force le respect.
Mais déjà, voilà que se délient les mauvaises langues. Puisqu’il ne sera plus en selle l’année prochaine, tirons donc sur le futur retraité. Les bouteilles de champagne ne sont pas encore éclusées qu’il est la cible de deux types de salves.
Il y a d’abord les revanchards. A défaut de preuve, la rumeur fera l’affaire : un soupçon de dopage. « Jamais pris, intouchable, protégé par les autorités américaines… », que n’a-t-on entendu déjà. Je ne suis pas naïf, le milieu cycliste n’est pas tout blanc. Mais réduire la performance à l’adjuvant chimique, voilà qui est méprisant. Pour lui, mais aussi pour les autres, sur le podium. Oublierait-on que les seconds et les troisièmes ne sont qu’à quelques minutes du premier ! ! !
Les adversaires tirent donc en dessous de la ceinture quand bien même le cancer y fut déjà cruel, ravageur et possiblement meurtrier. Armstrong ira au procès comme il a gagné le Tour, sans passion apparente, avec méthode.
Justement ! C’est sur le registre de l’affectif que d’autres entendent lui porter l’estocade : « inhumain, manque d’émotion, froideur texane » ! Et c’est vrai qu’à l’image d’un Bjorn Borg ou d’un Schumacher, il ne peut masquer sa distance. Dans le peloton, on ne se prive pas de relayer : « Je ne partirais pas en vacances avec lui » (Didier Rous) ; « Je n’ai pas d’affection pour lui » (Da Cruz)… La solitude des coureurs de fond perdure jusque sur les podiums. Il n’est que d’écouter la colère de l’écrivain Philippe Delerm (Fig Mag 23/07) : « Il mouline implacablement… et cette mécanique trop parfaite nous ennuie. Ses tapes dans le dos ont un petit air condescendant. Son regard reste dur… ».
Comprendre, décrypter, mettre en relation ses qualités et défauts supposés avec la tactique du héros, voilà qui me passionne et interpelle tout homme d’action.
Bruyneel, le manager de Discovery Channel, son équipe, balaye évidemment toutes les suspicions et les rancoeurs : « Ca atteint un point où cela ne nous touche plus ». Mais quand on creuse les propos, si nombreux dans les journaux, on trouve quelques clés… La pression, le stress forcent le rythme : « C’est une sacrée angoisse parce que tout le monde a les yeux posés sur vous… Deuxième, ça devient une défaite… Ce n’est pas facile quand tout le monde, les adversaires, les équipes, certains journalistes n’ont qu’un seul objectif en tête, qu’il perde » (Re Bruyneel).
En le voyant franchir la ligne, je me demandais encore ce qui pouvait motiver cet homme, chaleureux envers les siens, mesuré dans ses relations sociales. L’argent, la notoriété, le plaisir. Tout cela, probablement, et il s’en cache à peine. Mais ce côté méticuleux, hyper professionnel ! C’est encore Da Cruz qui résume : « Il a agi comme un chef d’entreprise. Il a fédéré une équipe autour de lui et gère son parcours impeccablement ». Ce que souligne aussi son entraîneur : « Il est différent par sa force mentale, sa capacité à se préparer pour les objectifs qu’il a choisis, à ne rien laisser au hasard ».
Alors, c’est vrai. Loin des facéties d’un Mac Enroe, de la gentillesse d’un Nastase, ou des mondanités de Tiger Woods, Armstrong « bûcheronne ». Gagner est son contrat. Du coup, il impose les exigences de cet investissement professionnel au Tour de France. Les nostalgiques s’en offusquent, ont des regrets. Mais n’était-ce déjà pas la marque d’un Bernard Hinault ou d’Indurain ? Et faut-il être à ce point aveugle, comme Philippe Delerm, pour fermer les yeux devant les caravanes publicitaires, la surenchère d’argent qui a transformé le Tour en un spectacle coûteux, en une tribune commerciale ? N’est-ce pas une sacrée hypocrisie que d’attribuer au seul L.A. cette dérive vers la « marchandisation » ?
En fouillant encore dans les interviews (il ne faisait vraiment pas beau ce week-end), on pouvait lire ces quelques phrases de L.A., pudique tout autant qu’explicite : « Je voulais, malgré leur jeune âge, que mes enfants comprennent ce que je fais pour vivre… Je voulais courir en jaune pour eux, pour que la dernière image qu’ils gardent de leur père en tant que sportif soit celle d’un champion » (Le Parisien 2-4/07).
Faut-il chercher plus loin une autre explication : « Lorsqu’ils guérissent, ces hommes sont transformés par cette terrible lutte, ils deviennent des combattants de la vie, ils prennent leur revanche sur ce corps qui les a trahis trop jeunes…Ils le soumettent, le dominent, le connaissent. Ils ont la rage, la rage de vaincre et celle de vivre » : c’est l’analyse du professeur Bernard Debré (Le Point 21/07).
Cela voudrait-il dire qu’hors le malheur, la possibilité d’une telle performance ne sera jamais donnée à un être sain ?
P.S. : Je signale une jolie BD « L’aigle sans orteils », Lax, chez Dupuis (collection Air Libre). La formidable et touchante aventure sportive d’un des pionniers du Tour, qui devrait plaire à Philippe Delerm. Mais cette histoire émouvante est-elle si éloignée de celle de L.A. ?

Posté par M.E.L. le 25 juillet 2005 dans
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1 juillet 2005
Pêle-M.E.L. – Journal du 27 au 30 juin 2005 (fragments)

1) Politique : Crise de régime : Passionnant dossier consacré à la crise politique par l’hebdo « Les Inrockuptibles » (numéro 499). On rappelle que c’est Jean-Louis Debré qui, le premier, début mai, a parlé de « crise de régime ». Balladur, ce même mois, a acquiescé : « Le moment est venu de modifier nos institutions ». Il y a eu cette phrase de Bayrou : « Comme il n’y a pas d’équilibre des pouvoirs, ce sont les jeux de cour qui prennent le dessus ». A gauche, Montebourg, Emmanuelli ou Strauss-Kahn ont relayé le débat… Alors que la pratique institutionnelle s’apparente à une sorte de monarchie constitutionnelle (le gaullisme, sans la flamme), il n’est pas inintéressant d’observer que le débat est ici relayé et argumenté par un hebdomadaire culturel. Signe qu’avant toute discussion sur la refonte des institutions, c’est le projet de société qu’il faut définir et sur lequel il faut rassembler.
2) Racisme 1: Je ne connaissais que sa voix. Du rythme, une forme de reggae, rien de transcendant. Depuis que j’ai lu les interviews de Capleton, ça m’a coupé le sifflet. Dans ses chansons, il lui est arrivé d’ânonner : « Les sodomites et les PD, je leur tire dessus…Capleton brûle les folles…Ce feu s’applique aussi aux lesbiennes ». Des défenseurs des droits homo (donc des droits de l’Homme aussi !), l’ont sommé de s’excuser. Il a promis, juré. Mais avez-vous lu, comme moi, l’explication de sa rétractation (Libé, 20/06). Navrant ! Il assume, il a bien prononcé ces paroles, « mais je les chante en patois jamaïquain…Je n’ai rien contre les gays…Nous nous adressions aux pédophiles. Les hommes ont droit de vivre leur destinée, mais quand le jugement viendra, il sera impartial ( ! ! !) ». Voilà donc le couperet remis à plus tard. Capleton, avec cette forme d’excuse en bandoulière, va pouvoir se produire dans quelques salles (sauf le Zénith qui a annulé ses concerts). Mais ne croyez pas que l’annulation de la fatwa vaut bénédiction de son auteur. A la question : « Condamnez-vous l’homosexualité », il répond « Ces gens se condamnent eux-mêmes ». Quand on vous dit que la musique adoucit les mœurs !
3) Racisme 2 : Contrairement à beaucoup de penseurs de l’après-68, engagés dans la « déconstruction » des systèmes philosophiques et politiques (sources présumées de tous les totalitarismes), Edgar Morin est un philosophe positiviste. Il continue de faire vivre l’esprit des Lumières. J’aime son travail, une œuvre gigantesque qui donne à réfléchir, mais guide aussi l’action. Un humaniste ! Un homme engagé sur l’Europe, l’impact des technologies sur nos sociétés, sur les rapports Nord-Sud.
Le 2 juin dernier, avec Danielle Sallenave et Sami Naïr, il a co-signé un libre opinion publié dans Le Monde, « Israël - Palestine : le cancer ». Et il a commis une phrase comme celle-ci : « Les juifs, qui furent victimes d’un ordre impitoyable, imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens ». Il y avait, dans ce texte, un appel passionné au réveil de la conscience judaïque. Mais la comparaison n’a pas plu. La Cour d’Appel a condamné notre philosophe pour diffamation raciale.
A deux encablures, un autre tribunal : il jugeait une affaire plaidée par le président de l’Association des commerçants du marché des puces du XVIIIème arrondissement à Paris. Lui, aussi, s’était senti méprisé. Il s’appelle David Chekroun. Un camelot l’a qualifié de « Enculé de ta race ». Eh bien, le tribunal n’y a pas vu motif à diffamation. Le jugement (23 juin) considère ces mots « comme d’autres insultes de la même veine, désormais devenues courantes, sinon communes, telles que « ta race », « fils de ta race » ou « putain de ta race ». Le tribunal poursuit : « L’expression poursuivie ne stigmatise pas l’origine particulière ou identitaire réelle ou supposée de l’autre et le renvoie à la race imaginaire de tous ceux que le locuteur entend, à cet instant, distinguer de lui… ».
Deux jugements. L’un s’appuie sur une interprétation extrémiste de la notion de diffamation, pour aboutir finalement à une sorte de censure politique alors qu’aucun épithète infamant n’a été prononcé. L’autre, malgré l’insulte, retient la banalisation des propos racistes. Décidément, il n’y a pas que les justiciables dans ce pays qui ont perdu leurs repères…
4) Vacances : Elles arrivent. La Bretagne s’apprête à accueillir les touristes. Tout le pays est à l’unisson. Même la presse locale qui consacre des pages entières à la propreté des côtes, aux capacités hôtelières, aux programmations des festivals, et aux prévisions météo ! ! !
Le Télégramme n’est pas en reste. Il a consacré tout un dossier au mal de mer. On y apprend des choses fort intéressantes. Le vieux loup de mer que je suis a pensé aux ignares que vous êtes question « chaloupe et bordée ». Je relaye avec plaisir deux infos proposées par le journal.
a) Parlons sémantique d’abord. Comment rester digne à l’heure de la « gerbe », réclamer le passage, justifier qu’on quitte son poste et qu’on marche sur le sandwich des autres en vue d’empoigner l’inaccessible bastingage. Le Télégramme propose qu’au lieu de dire votre envie de vomir (risque d’effet de contagion), vous eussiez l’élégance de parler de : débagouler, flaquer, aller au renard, lâcher une fusée, faire un Raoul, compter ses chemises, mettre le cœur sur le carreau… Déjà, rien que de rechercher les mots, on gagne les 3 ou 4 secondes fatales.
b) Pour combattre le mal de mer (un conseil qui s’adresse à vous, bloggeurs urbains), il faut lutter contre les 5 F : la fatigue, le froid, la faim (le débat reste ouvert si on la combat à coups de pâté ou de rillettes), la frousse et…la foif ! ! ! Aux dires des « pêchous », le coup de rouge au premier symptôme, ça aide à passer la lame. Attention : les médecins contestent. Mais, ils conviennent que passé « le rendu du quatre heures », ça soulage et ça aide à retrouver sa dignité.
5) Politique : Pour le moment, ils ne nous ont pas encore donné le mal de mer. Ils se tiennent tranquilles. Ils agissent chacun dans leur sphère, sans qu’en apparence, on sente vraiment les tensions dans le couple. Sarko et Villepin, à défaut de faire la paire, tirent chacun leur attelage. L’un de vous m’a fait parvenir cette affiche de « La Grande Vadrouille » remasterisée. Je ne sais pas qui en a les droits d’auteur. Je vous en fais profiter. Comme on ne va pas beaucoup se marrer pendant les deux prochaines années, profitons-en !

Posté par M.E.L. le 1 juillet 2005 dans
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24 juin 2005
Journal du 15 au 25 juin 2005 (fragments)
Mon métier, le monde qui nous entoure… Tous les jours, je prends quelques notes. Pour moi, pour nourrir mes réflexions, mes discussions avec les collaborateurs, et mes interventions dans la vie associative…
1) Otages : Liesse, concert de joie et conférence de presse : à la Une des magazines, le beau regard de Florence Aubenas. Inconnue du public avant la prise d’otages, elle en devient l’icône. Qui ne s’est pas senti concerné, touché, ému. « Notre société, qu’on stigmatise pour son égoïsme…est capable d’élans de compassion et d’identification au malheur des autres. L’individualisation des mœurs rend possible cette identification. C’est la face positive de l’individualisme… ». G. Lipovetsky, sociologue (Elle, 20/06).
Assurément, notre peuple a du ressort et entretient une forme d’espérance. Les Français sont désenchantés à l’égard de la politique. Mais pour peu qu’une cause passionnante ou un projet collectif leur soit proposé (qui permettrait d’exprimer leur solidarité et leur sensibilité), ils savent se manifester et réagir.
2) Bretagne : Réunion de travail dans les Côtes d’Armor. Premier bassin de production porcine en France. Nous y avons implanté quatre unités de production agroalimentaires. En roulant de Rennes vers Collinée, je découvre, sous le soleil (mais oui !) des routes bien entretenues, des villages attrayants, des jardins ou des maisons où il fait bon vivre. Il y a vingt ans, quand le département s’appelait « Côtes du Nord », une forme de précarité agricole et salariale constituait le ferment d’une gauche régionaliste et révolutionnaire. Les élus d’aujourd’hui (PC ou PS façon Fabius) sont leurs héritiers. Ils ont appelé à voter « non » au référendum. De tous les départements bretons, seul, celui-ci a levé l’étendard de la contestation. Pourtant, dans les villages que je traverse (Saint-Onen-la-Chapelle (35), Vildé-Guingalan , Saint-Jacut-du-Mené, Collinée (22) et Saint-Léry (56)), le taux de chômage est tombé en dessous de 8 %. Et, tous les professionnels de la région (agroalimentaire !) savent ce qu’ils auraient à perdre d’une remise en cause de la PAC. Comment expliquer ?
3) Libéralisme : A quelques kilomètres de là, le convoi de Sarkozy s’arrête à Vitré. Bain de foule et discussions avec les salariés de la SVA (abattoir travaillant avec Intermarché). Ca fuse dans tous les sens. On parle délocalisations, écarts de salaires, modèle social : « Je suis pour le libre échange et la concurrence, mais une concurrence loyale : j’ouvre, tu ouvres. Tu fermes, je ferme… ». Même les plus acerbes à l’égard du maire de Neuilly en convenaient : Sarko à l’OMC ou à la Commission Européenne, ça déménagerait !
4) Jean-Marc Ayrault : L’activisme des chefs de l’UMP ne l’impressionne pas. Mais le député PS de Loire-Atlantique devrait faire attention dans son langage à ne pas désespérer Landerneau. Pour lui, la politique de Chirac « relève plus du calcul d’épicier que d’une vision de chef d’état ». Attends un peu, mon bonhomme, qu’on débatte devant témoins et tu verras ce que vaut le regard de « l’épicier » sur l’organisation de l’état…
5) Délocalisations : La campagne référendaire a été propice aux surenchères démagogiques. Jamais, on n’avait autant parlé de risques de délocalisations. Avec comme boucs émissaires, les pays de l’Est, principalement. Or, l’INSEE vient de publier les chiffres des transferts d’investissements et d’emplois. Sur 13 500 postes délocalisés chaque année, de 1995 à 2004, ce sont l’Espagne (16 %), l’Italie (15 %) et l’Allemagne (14 %) qui ont capté les emplois partis de France. Ce sont nos vieux voisins, nos partenaires fondateurs, et non pas nos amis polonais… C’eût été une bonne idée de publier ces statistiques pendant le débat.
6) Italie, justement : J’étais dans les Abruzzes, la semaine dernière, pour inaugurer trois magasins. Dans la Botte, nous sommes alliés avec la coopérative Conad, numéro deux en Italie. Leurs magasins prennent l’enseigne E. Leclerc en devenant hypers… Superbe décor que ces montagnes avec vue directe sur la mer. Villages accrochés en haut des pics, vallée instable du fait de l’activité tellurique, vieilles églises et forteresses, vestiges de la route des croisades… Je discute avec mon hôte, le responsable de la coopérative. Nous parlons des rigidités françaises, mais aussi de l’individualisme de nos concitoyens. Quoi, un Italien qui me dit ça ! A un moment, sa voiture franchit la ligne jaune (qui est blanche, là-bas). Je lui fais la leçon. Il s’amuse : « Une ligne blanche, ici, c’est franchissement interdit. Mais deux lignes parallèles, alors ça, oui, ça veut dire que c’est vraiment interdit ! ». Comment voulez-vous lutter à armes inégales !
Posté par M.E.L. le 24 juin 2005 dans
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13 juin 2005
Journal du 2 au 9 juin 2005 (fragments)
1) Pauvreté : Le gouvernement vient d’autoriser la location de ce qu’on appelait impudiquement « les chambres de bonnes » dont la surface est inférieure à 9 m² ! Oui, vous avez bien entendu. Cela se passe en France. Cela fait vingt ans qu’au…pipeau, les gouvernements successifs nous jouent la farandole des « logements sociaux ». Combien de fois ne leur a-t-on pas dit que la lutte contre la pauvreté et le droit au logement étaient une priorité politique. Personne n’était dupe : chaque hiver nous valait une interpellation d’Emmaüs ou de l’Abbé Pierre… De là à arriver à cette mesure, voilà qui peut surprendre.
Quelle que soit l’hypocrisie dans laquelle nous vivions (les chambres de bonnes se louaient sous le manteau), et quelle que soit l’urgence, cette décision gouvernementale sonne comme un aveu… Des miettes en bout de table pour le pauvre Lazare : voilà qui ne va pas arranger l’image de notre modèle social à l’étranger !

M.E. Leclerc et l'Abbé Pierre (11 février 1985) : cela fait 20 ans que tous les gouvernements lui tiennent les mêmes promesses...
2) Europe : A force de donner des leçons aux autres, il faudra bien accepter de se regarder en face. J’ai bien aimé l’éditorial courageux d’Alain Genestar (Paris Match 9/06/05). Sévère avec un chef de l’Etat qui s’est « fait élire sur la promesse de réduire la fracture sociale ». (On en voit les résultats !). Sévère avec « le non de gauche » et ses positions sur l’immigration. « Quand la Pologne s’est ouverte à l’Europe, la France y a installé son argent, ses banques et ouvert en grand ses carnets de commandes (j’ajouterai « et ses hypermarchés ! »). En échange, un plombier polonais a osé frapper à notre porte pour réparer les lavabos. Et une partie de la gauche…a crié au scandale, au dumping social… Une fraction de la gauche a rejoint les thèses de la préférence nationale prônées par l’extrême droite ». Quelle dérive pour une gauche qui se disait morale. Avec quels arguments s’opposera-t-elle aux quotas d’immigration par métier préconisés par Sarko ?
3) Communication : Cette campagne référendaire a montré combien l’expression politique était devenue dépendante des médias. Quelle erreur, finalement, d’avoir supprimé la communication politique par voie d’affiches, ou dans les journaux. Les problèmes de financement pouvaient être résolus (comment fait-on dans les autres pays ?). Résultat, comme le dit Jean-Marc Lech (Ipsos), « les stratégies se résument à aller sur TF1 pour parler aux pauvres, sur France 2 pour toucher les gens de gauche et sur France 3 pour s’adresser aux régions. Aucun pays développé n’a ce degré zéro de la communication politique ». Est-ce un hasard si, finalement, la plupart des échanges d’arguments se sont faits sur Internet ?
4) Politique : Deux jours après sa nomination, la toute nouvelle Ministre Déléguée au Commerce Extérieur, Christine Lagarde se lâchait sur Europe 1 et recommandait « la réforme du Code du Travail pour lutter contre le chômage ». Il paraît qu’elle a failli se faire virer illico presto. Elle a eu le droit à un oral de rattrapage pour expliquer que son point de vue était personnel (sic) et pas « celui du gouvernement ».
Un jour, peut-être, on comprendra que la grandeur d’un homme politique, comme celle d’un chef d’entreprise, n’est pas de s’entourer de béni-oui-oui, ni de godillots. C’est justement cette conception monarchique et centralisée du pouvoir qui pose problème. Tactiquement, elle empêche « de ratisser large », en profitant de la diversité des expressions ministérielles. Plus fondamentalement, elle n’autorise plus ni ballon d’essai, ni expérience, ni prise de risque. Pour lutter contre « la pensée uniforme », il faut commencer par accepter ses différences !
5) Emploi : Le Monde titre sur cet engagement de Villepin devant le Parlement : « Je m’engage à donner une activité à chacun ». Ce n’est pas un peu présomptueux tout ça ?
6) Etranger : Lu dans Le Monde du 9/06/05 : « Les Izvestia passent sous contrôle de l’Etat russe ». Avec tout ce qu’on peut lire dans la presse française sur l’évolution politique en Russie, je ne suis pas sûr que les Français avaient pu, une seule seconde, imaginer que les Izvestia aient pu être privatisées ! Voilà donc une nouvelle qui ne surprend personne.
7) Politique : Nicolas Sarkozy a déjà révélé qu’il quitterait le gouvernement avant la fin 2006. Toute la classe politique fait des paris sur le jour qui verra l’explosion du couple Sarko-Villepin. Je l’invite à lire la rubrique que tient quotidiennement Le Parisien sur les problèmes juridiques des Français : « Sachez que la séparation de corps ne dissout pas le mariage, mais le devoir de cohabitation. Chacun des deux époux séparés conserve donc ses droits dans la succession de l’autre… ». Ca va être grandiose !
Posté par M.E.L. le 13 juin 2005 dans
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24 mai 2005
Journal du 19 au 24 mai 2005
1) Lundi de Pentecôte : Le feuilleton continue, tout aussi dérisoire. Le groupe Total a appliqué la loi, les syndicats se sont crispés : grève de 5 jours. Raffarin a cru devoir s’en mêler, ce jeudi (les raffineries sont bloquées, menace de pénurie à quelques jours du référendum ! ! !). Il stigmatise l’absence de dialogue social (laissant entendre qu’avec de si gros profits, Total a les moyens de payer). Résultat : la direction se sent lâchée, elle cède. Les salariés seront indemnisés et bénéficieront d’un jour de RTT supplémentaire. Après ce qui s’est passé à la SNCF, c’est encore un camouflet pour le Premier Ministre qui, décidément, dans cette affaire, a perdu tout le crédit qui lui restait.
2) Défense du livre : Le Syndicat National de l’Edition s’irrite : le journal Le Monde a lancé, ce week-end, une opération commerciale en vendant, pas cher, des livres d’art en kiosque. Voilà, dit le SNE, qui va « altérer l’image du livre, détourner les lecteurs des librairies, et fragiliser leur réseau ». Il est vrai qu’avec un essai sur Matisse à 4,45 €, Le Monde tape fort. Pourtant, on devrait se réjouir. Les ventes de livre







