24 janvier 2008
Rapport Attali : qui a intérêt à caricaturer le débat ?

316 propositions. 240 pages d’une densité impressionnante. Des dizaines de contributions expertes, venant d’hommes de gauche ou de droite, et de personnalités européennes rarement consultées sur des sujets aussi concrets et engageants ! Voilà qui méritait certainement mieux que l’indécente et scandaleuse présentation qu’en a faite le JT de 20 heures sur France 2, hier soir.
Jacques Attali, présent sur le plateau, en est resté médusé, tout autant que nous, spectateurs. Et il a certainement fallu qu’il aille rechercher tout au fond de lui un gisement de patience et de calme avant de dire, posément, son indignation, et de balancer, stoïquement mais fermement, quelques claques à la rédaction. Je n’aurais pas aimé être à la place de David Pujadas.
Il faut arrêter ces mauvais scénarios à la française, ceux qui autorisent désormais les médias à distribuer bons et mauvais points, à qualifier ou disqualifier avant même que d’avoir nourri l’information de leurs clients. Comment peut-il y avoir débat dans ces conditions.
J’ai lu, hier soir, une bonne partie du rapport. Et j’ai essayé d’apprécier son contenu à la lumière des deux ou trois qualificatifs qui ont circulé dans toute la presse avant même sa publication…histoire d’apprécier comment tout cela a été catalogué.
1) Le rapport Attali serait ultralibéral :
Incontestablement, la commission veut s’attaquer à toutes sortes de rentes, de situations. Elle propose des dispositifs de dérégulation : retour à la liberté des prix (j’approuve, sauf la levée de l’interdiction de revente à perte), d’implantation des commerces, des hôtels et des cinémas, et ouverture de professions à numerus clausus.
Mais dans le même temps, la commission propose des mesures d’accompagnement (rachat des plaques de taxi, réduction des délais de paiement aux PME, renforcement du pouvoir des autorités de concurrence), des mesures qui ne se réfèrent évidemment pas à la théorie de la « main invisible » chère aux partisans du laisser-faire.
Certes, de nombreuses mesures préconisées, s’agissant de la recherche ou de l’innovation, tentent de rapprocher les entreprises privées de l’université et des centres de recherche. Mais pour autant, cette politique tient plus du volontarisme politique, du projet de « civilisation » que de l’asservissement aux seuls critères des marchés.
Mauvais procès donc que d’affubler d’une étiquette libérale (en forme de repoussoir) un rapport qui aborde aussi bien l’aménagement du territoire, la revalorisation du salaire direct, le transfert des cotisations sociales sur l’impôt, la création par la puissance publique de technopoles et d’écopoles…
2) Les mesures ne seraient pas financées ?
C’est justement le contraire. On peut discuter des méthodes, on peut discuter des moyens, on peut rester incrédule. Mais là encore, c’est un mauvais procès. Toutes les propositions sont étudiées dans leur interaction par rapport à leur effet sur la création de richesses ou sur les besoins de financement.
3) Ce groupe d’experts menacerait la légitimité du Parlement ?
Holà, déjà des grands mots ! Mr Accoyer ne connaît décidément pas la « mesure » !
S’il a effectivement souhaité l’application de l’ensemble de ses recommandations (il y croit, c’est normal, non ?), Attali n’a jamais prétendu imposer une république d’experts ou de technocrates. Ce sont des arguments de beaufs qu’on lui oppose ! En réalité, il insiste, comme tous les autres membres de la commission, sur la nécessaire cohérence entre l’application des mesures de dérégulation et des mesures de contrôle ou d’accompagnement.
En tant que tel, le rapport Attali constitue d’abord une formidable boîte à outils. Avec une vision globale (vis-à-vis de la mondialisation, de l’impact des technologies sur les rapports sociaux…) qui décoiffe et qui surprend les penseurs recroquevillés sur les seuls paramètres d’une France nostalgique de sa grandeur passée… Le gouvernement, tout autant que l’opposition, y a librement accès. Personne ne peut douter justement que cette matière première, intelligemment présentée, puisse et doive nourrir le débat public.
Fi donc du cynisme médiatique, des procès personnels (on aime ou on n’aime pas Jacques Attali ou ce qu’il représente, and so what ?) !
Moi, en tout cas, ce qui me plaît, c’est que les membres de la commission aient osé écrire qu’il serait bon que nos gosses parlent anglais couramment dès la sixième, qu’on supprime l’empilement des strates administratives qui plombent le budget de l’Etat et nos impôts. Des citoyens qui, dans leur diversité, ont osé rêver de la fierté retrouvée de notre pays pour faire la course en tête, en tout cas dans le Top Ten des nations qui tentent de maîtriser le destin de leur population.
C’est aussi ça la marque d’une grande démocratie.
Posté par M.E.L. le 24 janvier 2008 dans
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29 août 2006
Fabius, Jospin, Lang, Strauss-Kahn et l'offense faite à Ségolène

Je ne sais pas si les participants à l’Université d’été du PS, ce week-end à La Rochelle, sont satisfaits de l’image qu’ils ont donnée d’eux-mêmes. Mais une chose est sûre : le concert des éléphants, le soir, quand retombe le rideau, a quelque chose de fascinant. Et de franchement pathétique.
Fascinant… parce que selon une règle bien connue de ceux qui sont passés maîtres dans l’art de la communication, tout bruit, tout commentaire ou toute critique exagérément faits autour d’un adversaire, surtout s’il est déjà populaire, ne conduisent qu’à renforcer sa « visibilité », sa notoriété, sa légitimité. Ségolène n’a jamais autant engrangé…
Pathétique… ? A défaut d’opposer leurs idées, d’afficher leur propre programme ou d’exprimer leurs différences, les propos des multiples prétendants socialistes s’apparentent au comportement de certains critiques cinématographiques : « Trop populaire, trop médiatique », comme on dirait « trop commercial pour être un bon film, un vrai film, une œuvre… ». On croirait lire certaines tribunes de Télérama ou des Cahiers du Cinéma quand de farouches opposants à toute culture populaire font la fine bouche devant l’audimat.
1) Dans le genre, le clown le plus triste, c’est quand même notre Jack Lang. Franchement, comme le rappelle Guy Konopnicki dans Marianne (26/08), « Jack Lang n’a pas été le plus inutile des ministres, ni d’ailleurs des socialistes ». Mais faut-il être « faux derch » pour reprocher à Ségolène Royal de n’être « qu’une production du système médiatique » quand lui…maître du genre… abusa du système !!!
2) Pas mal non plus la sortie de Laurent Fabius : « Si on pense qu’on peut s’en sortir par le look, ce n’est pas possible » dit-il sans élégance. Ramenant la popularité de Ségolène à sa seule capacité médiatique, il sait être encore plus goujat : « Bien sûr, il faut utiliser les techniques nouvelles et ce que d’aucuns appellent l’interactivité, la relation directe entre la société civile et les lieux de pouvoir. Mais les tuyaux ne donnent pas le contenu. La technique ne remplace pas la politique. Il faut avoir des idées, des convictions, exposer les enjeux, dire quelles sont nos décisions demain et quels seront nos actes ». Toutes capacités dont Ségolène, évidemment, serait dépourvue !
3) Dominique Strauss-Kahn aime les femmes. Il le dit et cela se sait. Plus malin, il évite l’attaque directement machiste, mais c’est pour mieux se positionner en homme d’expérience. Mais l’expérience est-elle définitivement incompatible avec la popularité ?
4) C’est ce que semble croire Lionel Jospin qui revendique la sienne. Ce à quoi Ségolène répond par avance : « J’entends dire çà et là qu’il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèdent ici-bas. Mais cela ne suffit pas. Je sais surtout que ce qui compte, c’est la capacité à mobiliser l’expérience collective… ».
Ah, décidément, « tous contre Ségolène ! ».
Mais ils devraient être plus prudents, nos éléphants. Outre qu’à leur tour, avec leurs petites phrases, ils alimentent la peopolisation qu’ils dénoncent par ailleurs, ils placent l’élue de Poitou-Charentes sur orbite. Et, finalement, la confirment dans ses choix : ne pas dévoiler trop tôt un programme dont tous, hypocrites, réclament « les bonnes feuilles ». Un piège puisque, parallèlement, militants et éléphants s’évertuent à rappeler qu’il faut jouer collectif et faire prévaloir les idées du parti.
De toute façon, tactiquement, Ségolène joue sur du velours. « Le PS tourne aujourd’hui « La Croisière s’amuse » (Jean-Luc Mélenchon dixit). Et dans cette ambiance, suicidaire est celui qui voudrait entamer un débat de fond !
Comme beaucoup de citoyens, j’ai hâte de connaître les principaux engagements de Ségolène Royal sur l’Europe, la mondialisation, l’entreprise et l’économie de marché, l’environnement, la réforme du système éducatif, etc. Pas question, quels que soient, demain, les candidats, d’aller déposer un chèque en blanc dans l’urne.
Mais les reproches qui lui sont faits par ses pairs sentent la bile et me paraissent finalement terriblement machistes ! Et en tout cas, je ne vois pas qui, dans les accusateurs, pourrait se soustraire aux mêmes critiques. Tous ont connu la popularité. Tous ont connu les mêmes conditions d’exercice du pouvoir, en tant que ministre ou sur le plan local. Alors…Messieurs les éléphants, ayez l’affirmation plus modeste…
Dans Le Figaro Magazine (26/08), Isabelle Adjani a livré à JC Buisson une passionnante interview. On y lit cette phrase très vraie : « Je suis indéniablement en décalage avec le rythme du monde moderne qui exige que l’on ait tout fait avant même d’avoir entrepris quoi que ce soit ». La notion de « devenir » n’existe presque plus.
Sur le même mode, mais à l’inverse, oserais-je dire qu’il n’est pas décent, quel que soit le candidat à la présidence de la République, d’attendre de lui (ou d’elle) qu’il en ait déjà les attributs, les idées, l’aura et le crédit…avant même que d’avoir jamais été en fonction !
Posté par M.E.L. le 29 août 2006 dans
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21 août 2006
Nicolas Hulot, candidat virtuel : un effet Coluche ?

Convention Perspectives E.Leclerc 2003 I © Ph. Jacob
On peut penser ce que l’on veut du bonhomme. Admirer son sens de la communication, ses talents de pédagogue, la constance de son combat pour l’environnement, ou… s’agacer de ses excès d’ego, son incapacité à dépasser les coups de gueule, ses mises en scène héritées de Cousteau (toujours au premier plan, devant la caméra, privant le spectateur d’un regard direct sur les merveilleuses images que par ailleurs il sait nous offrir !).
Moi, je ne vous le cache pas, il m’irrite, mais je l’aime bien ! Je suis convaincu que les hommes de sa trempe tels que le furent aussi Haroun Tazieff, Jig (petit nom de Cousteau) ou même aujourd’hui Bono, peuvent faire bouger «le système ». Ils ne sont prisonniers d’une idéologie. Certes, ils roulent pour eux-mêmes. Mais leur liberté de ton, leur liberté tout court, les rend crédibles aux yeux d’un large public, même si souvent, pour prendre la parole, ils se sentent obligés de « forcer le trait ».
Son interview dans le JDD (30/07/06) va faire des vagues. Sans mauvais jeu de mot, il a produit un petit tsunami sur les plages où s’encanaillaient, devant les paparazzis de la presse people, les têtes d’affiche (leurs bodies aussi) de la gentry politique.
C’est qu’il fait mal, le bougre : pas de cadeau, ni pour Chirac qu’il a longtemps conseillé, ni pour Sarkozy qu’il a cru convaincre, ni pour le couple Royal dont il comptabilise les silences. Même les verts passent gentiment sous les sables abrasifs de Nicolas Hulot.
Que dit-il en substance ?
1. Qu’il y a urgence. Le péril climatique ne menace pas seulement la biodiversité des espèces. Il menace aussi les hommes.
2. A l’échelle des mutations attendues, les organisations internationales comme les partis politiques nationaux ont certes pris conscience du problème. Mais au-delà des promesses et des principes, aucune mobilisation, quelles que soient les bonnes volontés ou les réalisations, n’est à la hauteur du défi.
3. Trois domaines focalisent l’attention de N.H :
L’énergie, secteur pour lequel il prône un plan drastique d’économies, une fiscalité pour pénaliser les produits voraces, et l’élargissement du bouquet des énergies renouvelables.
Le transport : il n’a pas de mot plus acerbe pour fustiger une industrie automobile qui d’un côté crée la tentation avec des voitures qui dépassent 200 km/h, et de l’autre côté un discours public qui culpabilise la vitesse et la surconsommation.
L’agriculture enfin, dont il imagine qu’il faut repenser le modèle, trop polluant, et trop consommateur de ressources.
4. Il sait, notre Nicolas, que du passage du principe aux actes, il y a le poids des lobbies, des corporations, des intérêts privés. Et c’est pour dénoncer un substantiel manque de courage dans la classe politique, qu’il met son poids dans la balance en réclamant des initiatives concrètes et majeures.
Dans l’histoire de la vie politique française, des hommes ont déjà su taper sur la table pour soutenir des causes tout aussi louables. On se rappellera l’Abbé Pierre, et son franchissement de ligne rouge, pour accéder à la politique. Plus récemment, ce fut Coluche, qui, plus encore que les Restos du Cœur, diffusa et donna ses lettres de noblesse au discours Humanitaire.
L’intervention de Nicolas Hulot produira, sans aucun doute, le même effet. Les médias cet été lui ont donné un fort écho. Pour le moment, les partis politiques ont réagi en mode mineur. Nul doute qu’ils seront obligés de remonter au créneau, et de prouver leur engagement.
Les vacances sont bientôt terminées. Elles pouvaient servir d’alibi. Dès le premier septembre (le temps de Universités politiques), la chasse sera ouverte. Je parle de la chasse aux initiatives, aux programmes ! Et pour une fois, le plus fervent des chasseurs, croyez-moi, s’appellera Nicolas Hulot.
Posté par M.E.L. le 21 août 2006 dans
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7 mars 2005
Homme du privé, intérêt public !
Thierry Breton s'est installé à Bercy. Voilà un homme que l'Etat n'aura pas à loger. Un homme qui accepte de diviser par dix son salaire, qui ne gérera plus en direct son patrimoine d'actions. Démissionnaire de France Télécom, il ne touchera pas les indemnités de départ fastueuses auxquelles il pouvait prétendre par contrat. Il accepte de rentrer dans la fosse, en chaussant les bottes encore sales de Gaymard, pour entrer dans une équipe qui a promis de faire baisser le chômage (au moment où il passe la barre des 10% !), de baisser les impôts, les prix dans les hypers, et les dettes de l'Etat. Pour accepter de tels défis, cet homme, qui n'a pas l'air naïf, a forcément une énorme ambition personnelle. Mais lui faire par avance procès de délit d'intérêt avec la chose publique, parce qu'il était administrateur de quatre ou cinq sociétés privées de renom, voilà qui démontre combien nous sommes tombés sur la tête. Pourquoi ce procès ? Pourquoi chercher déjà une polémique, en le comparant à Nelly Kroes, ex-ministre néerlandaise des transports, qui avait administré plusieurs sociétés avant de devenir commissaire européenne de la concurrence. Qu'il rende des comptes, qu'on lui impose une charte déontologique, qu'on le prive de la gestion de certains dossiers en les déléguant à un autre ministre... Pourquoi pas. Mais il faut savoir ce que l'on veut.
Tous les jours, on reproche aux hommes politiques leur isolement, leur incapacité de « sentir » la vie des Français et leur méconnaissance de l'entreprise. Tout au mieux, nos dirigeants sont « passés » par une entreprise nationalisée où ils ont, sur proposition d'un ministre, assuré une présidence quand d'autres, dans l'ombre, tenaient véritablement les rênes. La société américaine n'a plus ce genre de dilemme, puisqu'à chaque changement d'équipe présidentielle, les fonctionnaires retournent au privé, tandis que les entreprises refournissent à la fonction publique une partie de leurs cadres.
« Je suis un ingénieur et un entrepreneur, j'ai souhaité mettre ma capacité d'entrepreneur au service de mon pays ». Thierry Breton a présidé aux destinées de Bull, privatisé Thompson et France Télécom. Je ne le connais pas. Je ne l'ai rencontré que de rares fois. Je ne sais pas la réalité des succès qu'on lui attribue, ni s'il s'agit de réussites durables (l'Etat est intervenu massivement au capital des sociétés qu'il dirigeait !). Mais si l'on veut un jour attirer les meilleurs cadres du privé, pour qu'ils apportent leurs compétences à l'Etat, il faudra bien arrêter de faire la fine bouche. Applaudissons quand les bénévoles poussent le portail.
Posté par M.E.L. le 7 mars 2005 dans
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23 janvier 2005
Portraits, rencontres
Dans les couloirs d'un Sénat fébrile (c'était jeudi, jour des questions orales au gouvernement), une femme souriante, décontractée et un tantinet provocatrice, promène son petit chien. Dominique Voynet (c'est elle) furète, nonchalante, dans la salle des conférences du Sénat qu'elle fait visiter à sa fille (c'est jour de grève dans l'enseignement public !). Elle s'assied dans un lourd fauteuil de velours rouge, décoche quelques oeillades, et tire par intermittence sur la laisse. Les huissiers semblent en avoir vu d'autres, quelques vieux sénateurs que l'âge rend affectueux, s'égayent du spectacle quand ils ne viennent pas l'embrasser. Un cameraman de France 2 imagine une scène de Lelouch ! Les assistants parlementaires, tout entiers à l'instruction des ministres qui se préparent à intervenir, s'offusquent et désapprouvent. Dans l'hémicycle, derrière la porte, Claudie Haigneré prend la parole. Elle remplace Michel Barnier, en déplacement. Par sa sobriété, son application (elle lit la réponse du ministre), elle impose naturellement le silence. Les sénateurs de gauche et de droite, en cette heure vespérale, réservent leur fiel à Jean-François Copé qui lui succèdera à la tribune. Le sujet est grave, on parle du Darfour, de la détresse oubliée par les médias, effacée par la pléthore d'images ramenées d'Asie du sud-est. Avec sa prestance fragile, son élégance "Chanel" et ses cheveux poivre et sel, Claudie Haigneré ne sera pas désapprouvée. Pas un élu ne contestera la vérité de son émotion. Deux femmes, deux images, deux manières de dire une personnalité.
Posté par M.E.L. le 23 janvier 2005 dans
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