12 janvier 2005
Politique / Handicap
POLITIQUE : C'est le temps des soldes. En ce moment, ça rase gratis : annonce d'une croissance à 2,4 % pour 2005, chômage en baisse, moins 20 % sur les impôts d'ici deux ans. Et on vous emballe tout ça en affirmant, main sur le coeur, que la politique « ça ne se résume pas à des effets d'annonce » ! Pas un Français pour croire une telle farce. Le plus pathétique, c'est que les annonceurs ne font même pas semblant d'y croire. De son Béarn natal, François Bayrou a fait ce commentaire très juste : « En politique, le désespoir naît aussi du fait qu'ils sont désespérants ! ». HANDICAP : J'avais rencontré Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d'Etat aux Personnes Handicapées, lors de l'inauguration de « La vitrine des CAT » à Paris, près du Châtelet. Elle m'a demandé de participer à un club de réflexion sur l'insertion des handicapés. Sa thèse : la démission parentale et l'éclatement des familles, l'isolement des handicapés, et surtout les discriminations à l'embauche génèrent une intervention croissante de l'Etat : 13 milliards d'euro au budget, près de 30 milliards si on compte les aides indirectes de toutes sortes. Evidemment, la progression des dépenses devient ingérable. Elle envisage d'augmenter les sanctions (1 500 fois le SMIC pour les entreprises qui refusent d'embaucher un handicapé). Elle souhaite surtout que les managers changent de mentalité, à l'instar des entreprises d'Europe du Nord. Et pour cela, il faudrait, selon elle, que les entreprises comprennent que l'embauche d'un handicapé peut être aussi un atout économique (motivation, baisse de charges, bonne image pour l'opinion ou les salariés, ...etc.). Cette manière de réfléchir m'a d'abord choqué. Le regard sur le handicap peut-il être façonné par l'intérêt économique plutôt que par la générosité, l'émotion, le volontarisme. La réponse mérite que l'on phosphore un peu : si l'on veut que l'effort soit durable, on ne peut pas compter sur la seule implication de quelques personnes motivées. L'entreprise doit aussi y trouver son intérêt. Pour y réfléchir, elle a créé un club (j'en serai) réunissant des chefs d'entreprise volontaires (les présidents de La Poste, Procter, SFR/CEGETEL, Air France, ...etc.) et quelques experts (Agence de Notation Sociale, spécialiste des organisations sociales, chercheurs). La question centrale : comment montrer qu'il peut y avoir un lien entre les initiatives, les expériences dans le recrutement des handicapés et la performance (« affectio societatis », cohérence et fédération des équipes, ...etc.) de l'entreprise. Ceux qui veulent bien nous aider à enrichir notre copie collective sont les bienvenus...
Posté par M.E.L. le 12 janvier 2005 dans
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