<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">
    <title>Michel Edouard Leclerc</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/" />
    <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/atom.xml" />
   <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1</id>
    <link rel="service.post" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1" title="Michel Edouard Leclerc" />
    <updated>2006-05-17T12:28:29Z</updated>
    
    <generator uri="http://www.sixapart.com/movabletype/">Tubbydev - Tubbyblog - Olivier RAVEAU 2006</generator>
 
<entry>
    <title>Les prix dans la grande distribution : la question des indices</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/les_prix_dans_l.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=596" title="Les prix dans la grande distribution : la question des indices" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.596</id>
    
    <published>2006-05-16T15:44:05Z</published>
    <updated>2006-05-17T12:28:29Z</updated>
    
    <summary>Je poursuis ma réflexion sur la performance affichée des enseignes en matière de prix. Je continue de plaider pour des comparaisons qui portent sur des paniers d’achat réalistes, suffisamment exhaustifs, représentatifs de la consommation des ménages, et non pas pour des indices limités à quelques articles. Sous ma note du 10 mai, « Les prix dans la grande distribution : qui est vraiment le moins cher ? », j’ai répondu à Erosoft , sur l’impossibilité d’afficher nominativement chaque enseigne dans le classement effectué par le Panel de Gestion. Je réponds maintenant à Clément. Ce dernier laisse entendre qu’au fond, ce qui compte ce n’est peut-être pas la performance totale d’une enseigne, mais sa capacité à être moins chère sur « le cœur » de ce qui constitue nos achats quotidiens. La société Panel de Gestion à laquelle je faisais référence dans ma note précédente, publie effectivement un indicateur intermédiaire entre ce qu’on peut appeler une liste de « prix d’appel » (100 à 500 articles) et la liste de tous les articles comparables (jusqu’à 15 000 articles). C’est le tableau que j’ai affiché ci-dessus. Panel International classe les enseignes selon leur performance prix sur un groupe d’articles dits « majeurs...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Conso.)" />
            <category term="Actualités / Débats (Distrib.)" />
            <category term="Actualités / Débats (Eco)" />
            <category term="Consommation" />
            <category term="Distribution" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Pouvoir d&apos;achat" />
            <category term="Prix / Concurrence" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><em>Je poursuis ma réflexion sur la performance affichée des enseignes en matière de prix. <u>Je continue de plaider pour des comparaisons qui portent sur des paniers d’achat réalistes, suffisamment exhaustifs, représentatifs de la consommation des ménages</u>, et non pas pour des indices limités à quelques articles.</p>

<p><a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/les_prix_dans_l_1.php">Sous ma note du 10 mai, « Les prix dans la grande distribution : qui est vraiment le moins cher ? »</a>, j’ai répondu à <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/les_prix_dans_l_1.php#comments">Erosoft</a> , sur l’impossibilité d’afficher nominativement chaque enseigne dans le classement effectué par le Panel de Gestion. </p>

<p>Je réponds maintenant à <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/les_prix_dans_l_1.php#comments">Clément</a>. Ce dernier laisse entendre qu’au fond, ce qui compte ce n’est peut-être pas la performance totale d’une enseigne, mais sa capacité à être moins chère sur « le cœur » de ce qui constitue nos achats quotidiens.</em></p>

<p><img alt="img_blog_160506_tab01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_160506_tab01.jpg" width="355" height="258" /></p>

<p>La société Panel de Gestion à laquelle je faisais référence dans ma note précédente, publie effectivement un indicateur intermédiaire entre ce qu’on peut appeler une liste de « prix d’appel » (100 à 500 articles) et la liste de tous les articles comparables (jusqu’à 15 000 articles). C’est le tableau que j’ai affiché ci-dessus. Panel International classe les enseignes selon leur performance prix sur un groupe d’articles dits « majeurs » (1 500 articles de grande marque principalement).</p>

<p>Cet indice a l’avantage d’être plus « compact » et en apparence plus proche des préoccupations consommateurs. Il n’en reste pas moins insatisfaisant. Il ne reflète pas, même s’il s’en approche, le panier des achats mensuels des foyers français. Par exemple : il n’intègre pas les marques de distributeurs, ni les premiers prix. Je travaille d’ailleurs à la confection d’un indicateur encore plus représentatif. Wait and see…</p>

<p>Mais voyons donc ce qu’il a dans le ventre cet indice majeur du Panel.</p>

<p><u>On peut constater que notre enseigne est toujours en tête, même si les écarts sont très resserrés</u> entre les quatre premières enseignes. Cela n’a rien d’étonnant puisque les produits de cette liste sont parmi les plus « bagarrés » et souvent vendus en limite légale de seuil de revente à perte.</p>

<p></p>

<p></p>

<p><br />
Ce premier relevé portait sur 3 400 magasins (17 enseignes) en ce début d’année 2006. Panel vient de nous faire parvenir sa dernière enquête du mois d’avril. Je vous livre les résultats. Notre enseigne est toujours première <u>et recommence à creuser l’écart</u>.</p>

<p>Explication : Au premier trimestre, alors que nos concurrents essayaient (avec un certain succès) de reprendre des parts de marché, nos adhérents étaient doublement pénalisés :</p>

<p>-	D’abord, j’avais fait passer des consignes très légalistes. Non par souci de moralité. Mais tout simplement parce que notre enseigne était suffisamment dans le collimateur d’une administration omniprésente pour qu’on prenne des risques excessifs en matière pénale. <br />
-	Et le risque était d’autant plus grand que nous avions pris le parti de prendre notre temps pour conclure les négociations commerciales annuelles. Nos adhérents ne disposaient pas d’une connaissance complète des conditions d’achat, ni du seuil de revente à perte. </p>

<p>Fin mars, c’était chose faite. </p>

<p><img alt="img_blog_160506_tab_02.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_160506_tab_02.jpg" width="355" height="228" /></p>

<p>L’enseigne est maintenant sur les rails. Les adhérents disposent des armes pour se battre. Il faudra probablement attendre encore quelques semaines pour que la perception de la performance recrée un trafic supplémentaire. Mais avec une bonne campagne de publicité (prix bas + ticket), « ça devrait le faire » !</p>

<p><br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Commerce Equitable en grande distribution : qui conteste ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/commerce_equita.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=595" title="Commerce Equitable en grande distribution : qui conteste ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.595</id>
    
    <published>2006-05-11T17:12:02Z</published>
    <updated>2006-05-11T17:36:37Z</updated>
    
    <summary> Saviez-vous qu’il existe dans le domaine social et environnemental des censeurs autoproclamés qui s’érigent ainsi en gardiens du Temple. Des gens qui, sans garantie de compétence, sans agrément préalable, sans autre argument ni justification que leur propre affirmation, notent, critiquent et vont jusqu’à dénigrer des entreprises… selon qu’elles acceptent ou non de les prendre pour interlocuteur ou prestataire. Une forme de chantage auquel se livre depuis plusieurs années un collectif « l’éthique sur l’étiquette » à l’égard de notre enseigne. Je ne me doutais pas à quel point certains de ses représentants pouvaient sans vergogne vouloir à tout prix chercher la polémique ou le discrédit. Vendredi soir, un coup de téléphone de l’AFP. La journaliste, profitant de l’événement (la quinzaine du commerce équitable) m’interroge sur la performance des Leclerc et de l’intérêt de ce nouveau marché. Elle demande mon avis sur la norme française mise en place par Renaud Dutreil et sur la crédibilité du label Max Havelaar. Et tout d’un coup cette question : « comment assumez-vous la contradiction entre les valeurs de la grande distribution et la vente des produits équitables ? ». Je reste un moment interloqué. J’essaie de rentrer dans la problématique, comprends que la...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Conso.)" />
            <category term="Actualités / Débats (DD)" />
            <category term="Actualités / Débats (Distrib.)" />
            <category term="Commerce équitable" />
            <category term="Consommation" />
            <category term="Distribution" />
            <category term="Développement durable" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_110506_producteur.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_110506_producteur.jpg" width="355" height="266" /></p>

<p>Saviez-vous qu’il existe dans le domaine social et environnemental des censeurs autoproclamés qui s’érigent ainsi en gardiens du Temple. Des gens qui, sans garantie de compétence, sans agrément préalable, sans autre argument ni justification que leur propre affirmation, notent, critiquent et vont jusqu’à dénigrer des entreprises… selon qu’elles acceptent ou non de les prendre pour interlocuteur ou prestataire. Une forme de chantage auquel se livre depuis plusieurs années un collectif « l’éthique sur l’étiquette » à l’égard de notre enseigne. Je ne me doutais pas à quel point certains de ses représentants pouvaient sans vergogne vouloir à tout prix chercher la polémique ou le discrédit. </p>

<p>Vendredi soir, un coup de téléphone de l’AFP. La journaliste, profitant de l’événement (la quinzaine du commerce équitable) m’interroge sur la performance des Leclerc et de l’intérêt de ce nouveau marché. Elle demande mon avis sur la norme française mise en place par Renaud Dutreil et sur la crédibilité du label Max Havelaar. Et tout d’un coup cette question : « comment assumez-vous la contradiction entre les valeurs de la grande distribution et la vente des produits équitables ? ».<br />
Je reste un moment interloqué. J’essaie de rentrer dans la problématique, comprends que la journaliste relaye là une accusation ou un débat lancé par une des associations opérant dans cette filière. Je tente d’argumenter. </p>

<p><strong>1/ La critique et les contre arguments </strong></p>

<p>° <strong>Dans tous les pays occidentaux, les produits du commerce équitable sont en GD sans susciter ce genre de polémique typiquement française </strong>;<br />
° Dans les pays nordiques, mais en Suisse surtout <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/01/labels_bio_equitable_environne.php">(cf. ma note du 12 janvier 2006)</a> c’est la Migros  ou les Coop (dont les philosophies sont proches de la nôtre) qui ont introduit cette forme de commerce;<br />
° En France justement, <strong>le marché restait trop marginal et confidentiel, faute d’être présent dans les linéaires des hypers</strong>.<br />
° De toute façon, ce sont les producteurs qui nous ont interpellés ou sont venus nous chercher.</p>

<p>Je sais, pour avoir dialogué avec des représentants de ces associations, qu’Artisans du Monde ou Azimuts Artisans du Népal défendent une forme de « distribution sélective ».<br />
Pour eux, qui incarnent l’esprit pionnier, mais aussi une forme de pureté idéologique, c’est toute la chaîne qui doit être équitable (du producteur au distributeur !). Mais l’argument philosophique ne serait pertinent que si les producteurs eux-mêmes l’appliquaient ou défendaient ce point de vue. </p>

<p>° Or, dans beaucoup de coopératives du Sud, même labellisées Max Havelaar, <strong>seul un certain pourcentage de la production peut encore être commercialisé sous ce label</strong>.  Nombre de petits producteurs de bananes, d’ananas, de goyaves, mais aussi de coton…. « crèveraient » s’ils ne devaient commercialiser que des produits équitables. Il faut bien être pragmatique. Comme le souligne Victor Ferrera (Max Havelaar) la labellisation cautionne <strong>une démarche forcément progressive</strong>. Elle doit justement permettre la « montée en puissance » du commerce équitable.</p>

<p><strong>Dès lors que, dans une même coopérative, on admet la cohabitation d’une démarche conventionnelle et d’une démarche équitable, pourquoi en faire grief à la distribution, et à la seule distribution française ?</strong></p>

<p>° <strong>Plus fondamentalement, que cherche-t-on ? La pureté de la Ligne, la certification militante ? Ou l’enrichissement et le développement harmonieux des petits producteurs qui ont choisi ce mode de commerce.</strong> Et que croyez-vous qu’ils préfèrent : un débouché marginal, dans des boutiques sympathiques mais un peu chères… ou un accroissement des ventes dans les enseignes phares de la société de consommation ?</p>

<p>Moi, j’ai une idée de la réponse. En tout cas, cette polémique je ne l’ai pas cherchée. <strong>Je crois les différents circuits cohabitables et nécessaires</strong>. Je comprends l’amertume des pionniers, leur irritation devant le risque de récupération, ou de dérive marketing ! Une possible anxiété financière aussi, vu la mise en concurrence des réseaux. Parlons-en. Pour ma part, je suis prêt à donner un coup de main s’il s’agit d’optimiser des achats collectifs, ou promouvoir d'autres acteurs de la filière. Oui, même des "petits réseaux" qui auraient besoin d'un coup de main.  </p>

<p>Mais s’il vous plait, <strong>n’habillons pas des querelles corporatistes d’un semblant de débat philosophique dont les risques seraient de rendre incompréhensible cette démarche aux yeux des consommateurs.</strong></p>

<p>En tout cas, je suis sincèrement convaincu, à l’instar de Tristan Leconte (Alter Eco), de Jean-Pierre Blanc (Malongo) ou de Stéphane Comar (Ethiquable) que l’accroissement des débouchés via la GD va permettre de dégager des ressources supplémentaires pour tous les producteurs du Sud, et au marché français de rattraper son retard !</p>

<p><strong>En bénéficiant de l’attractivité (et de la crédibilité) de nos enseignes qui pratiquent des marges plus basses (20 à 25 %) et disposent d’une logistique performante, les produits du commerce équitable deviennent encore plus accessibles à tous les consommateurs</strong> (j’observe d’ailleurs, que lorsqu’ils étaient vendus chez Monoprix, à un prix évidemment plus élevé que dans nos réseaux, la présence de ces produits en GD ne suscitaient aucune polémique !).</p>

<p><strong>2/ L’émergence d’une mauvaise polémique</strong></p>

<p>Voilà donc ce que j’ai répondu à l’AFP. Je croyais avoir été convaincant. Mais voilà. Un collectif qui a pour nom « l’éthique sur l’étiquette » conteste notre légitimité dans le commerce équitable : « le groupe figure parmi les enseignes les plus mal notées pour ses engagements relatifs aux droits fondamentaux ».</p>

<p>Non mais ! Qui ose encore parler ainsi ? On se croirait revenus aux temps où les cellules du PC tenaient Tribunal, ou ces AG dans lesquelles on se faisait interpeller : « mais d’où parles-tu, camarade, quelle est ta légitimité ? ».</p>

<p><strong>Je reconnais aux ONG un rôle essentiel d’alerte, d’éveil et de critique.</strong> Et si j’ai engagé ces dix dernières années notre enseigne dans de multiples investissements humanitaires, écologiques, sociaux ou culturels, <strong>c’est pour beaucoup, par conviction, mais aussi, fort de leur interpellation</strong>. Mais si je consulte aujourd’hui tous les bilans sociaux et environnementaux des entreprises apparemment bien notées par ce collectif « l’éthique sur l’étiquette » je n’ai vraiment pas à rougir. Nous ne cherchons pas à vendre d’OGM tant que le débat scientifique n’offre pas d’autres garanties. Nous commercialisons des bois certifiés (FSC, TFT, etc.), privilégions les bonnes pratiques forestières pour favoriser la substitution avec d’autres composants. C’est en pionniers et seuls que nous avons pris le risque de supprimer les sacs plastiques, nous avons anticipé la récupération des huiles des batteries et des piles. Sur le plan social, nous sommes ceux qui pratiquons le plus d’audits sociaux, etc, etc…</p>

<p>Trêve de plaidoirie. <strong>Même si nous ne sommes pas au « top », nous ne méritons certainement pas cette entreprise de dénigrement. Qu’ils aillent se faire voir…</strong> <br />
Ce collectif n’est pas une entreprise de notation sociale. Notre Groupe est déjà accompagné dans ses démarches par de multiples experts et consultants. Mais, j’en profite pour glisser ce message. <strong>S’il s’agit d’un chantage, nous ne céderons pas.</strong> <em>Dans une enquête récente de 60 millions de consommateurs, l’association WWF primait le comportement d'une enseigne de distribution qu’elle oppose au peloton des autres distributeurs. Un hasard : cette enseigne est partenaire financier de WWF !!!</em></p>

<p>Nous n’avons pas besoin des conseils de « l’éthique sur l’étiquette ». Reconnaissez qu’ils s’y prennent en tout cas assez mal ! Mais si cela nous vaut une mauvaise « notation », tant pis. Après tout, pour servir la cause, seuls comptent les actes.<br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Les prix dans la grande distribution : qui est vraiment le moins cher ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/les_prix_dans_l_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=594" title="Les prix dans la grande distribution : qui est vraiment le moins cher ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.594</id>
    
    <published>2006-05-10T15:53:05Z</published>
    <updated>2006-05-10T17:20:07Z</updated>
    
    <summary> Je ne veux pas transformer ce blog en espace promo pour mon enseigne. Mais suite à mon post du 05/05/06 (« Promos et baisses de prix : le couple infernal ! »), j’ai cru déceler dans certains commentaires un doute sur notre performance en matière de prix. Eh bien, qu’on se rassure, et que nul n’en doute ! Nous avons toujours été les moins chers, même si, pendant quelques mois, l’écart entre enseignes s’est resserré, du fait notamment des baisses de prix réalisées chez Carrefour, puis Intermarché. 1/ Le comportement des enseignes Je ne conteste pas la performance de mes concurrents. Et, je ne dis pas que sur tel ou tel article, voire sur quelques centaines d’articles, d’autres enseignes aient pu ponctuellement nous doubler. Sur ces trois derniers mois notamment, Carrefour a été très agressif, surtout dans la moitié Ouest de la France (en région parisienne, cela n’a pas trop bougé !). Les dirigeants de Carrefour n’ont pas fait mystère de vouloir reprendre « à tout prix » des parts de marché. Il se dit que José Luis Duran a donné à ses Directeurs consigne de s’aligner systématiquement sur E. Leclerc (ce qui, excusez du peu, est déjà la...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Conso.)" />
            <category term="Actualités / Débats (Distrib.)" />
            <category term="Consommation" />
            <category term="Distribution" />
            <category term="Loi Galland" />
            <category term="Pouvoir d&apos;achat" />
            <category term="Prix / Concurrence" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_100506_prix.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_100506_prix.jpg" width="355" height="298" /></p>

<p>Je ne veux pas transformer ce blog en espace promo pour mon enseigne. Mais suite à <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/promos_et_baiss.php">mon post du 05/05/06 (« Promos et baisses de prix : le couple infernal ! »)</a>, j’ai cru déceler dans certains commentaires un doute sur notre performance en matière de prix.</p>

<p>Eh bien, qu’on se rassure, et que nul n’en doute ! Nous avons toujours été les moins chers, même si, pendant quelques mois, l’écart entre enseignes s’est resserré, du fait notamment des baisses de prix réalisées chez Carrefour, puis Intermarché.</p>

<p><strong>1/ Le comportement des enseignes</strong></p>

<p>Je ne conteste pas la performance de mes concurrents.  Et, je ne dis pas que sur tel ou tel article, voire sur quelques centaines d’articles, d’autres enseignes aient pu ponctuellement nous doubler.  Sur ces trois derniers mois notamment, Carrefour a été très agressif, surtout dans la moitié Ouest de la France (en région parisienne, cela n’a pas trop bougé !). Les dirigeants de Carrefour n’ont pas fait mystère de vouloir reprendre « à tout prix » des parts de marché. Il se dit que José Luis Duran a donné à ses Directeurs consigne de s’aligner systématiquement sur E. Leclerc (ce qui, excusez du peu, est déjà la première confirmation de notre leadership). </p>

<p>Ce faisant, nos adhérents se sont trouvés dans l’impossibilité légale de suivre leur rival à la baisse, sur nombre d’articles, au moment où la DGCCRF débarquait au Siège et dans les magasins pour faire respecter la loi !  A 75 000 euros d’amende par infraction constatée, il y avait de quoi hésiter.<br />
Intermarché a aussi sorti son artillerie. Les Mousquetaires, indignés par les silences de l’Administration (tout au moins son ambiguïté) n’ont pas pris d’autres précautions, et ont à leur tour surenchéri sur Carrefour. Et considérant qu’ils s’étaient fait avoir en respectant scrupuleusement la légalité, les dirigeants d’Auchan s’y sont mis aussi finalement.</p>

<p><strong>2/ La mesure par les indices partiels</strong></p>

<p>Au total, et si l’on s’en tient à un nombre assez limité d’articles, chacune des enseignes a pu se prévaloir d’être « le moins cher ». Pour faire passer ce discours, elles ont opportunément pu s’appuyer sur la publication d’indices partiels, celui de Linéaires ou de Que Choisir par exemple.</p>

<p>a/ <a href="http://www.lineaires.com">Linéaires</a> a publié mi janvier 2006 un classement corroborant le positionnement de Carrefour à la première place (indice 98,1) suivi de E. Leclerc, Système U et Géant (indice 99) puis Champion et Auchan (indice 99,2).</p>

<p>b/ <a href="http://www.quechoisir.org">Que Choisir</a>, dans son numéro de février, a calculé à son tour la valeur du panier moyen dans la distribution, sur à peu près la même période (automne 2005). Dans son palmarès, c’est Auchan qui montait sur le podium, suivi d’Intermarché, puis de Carrefour, Géant et E. Leclerc.</p>

<p>En fait, si ces classements ne sont pas mensongers, ils ne sont pas du tout représentatifs.<br />
L’indice de Linéaires a été établi à partir des prix de 102 produits seulement, relevés dans 179 magasins.<br />
Le panier de référence de Que Choisir se compose de 109 articles seulement, quand bien même les prix sont relevés dans plus d’un millier de grandes surfaces.</p>

<p>Ces indicateurs ont aussi un autre défaut : ils focalisent l’attention sur la composition alimentaire des achats, quand on sait qu’ils représentent, certes un poste important, mais néanmoins décroissant dans les investissements des ménages. <br />
Donc, avec ce type d’indice, Auchan a un jour la médaille, une autre fois, c’est Carrefour ou E. Leclerc, etc.</p>

<p><strong>3/ L’évaluation exhaustive de la performance Prix</strong></p>

<p>Aucun distributeur ne se risquerait à bâtir sa stratégie à partir de ces quelques données ponctuelles. C’est l’indice OPUS de Panel International, qui sert non seulement de référence, mais aussi d’outil d’analyse et de décision pour bon nombre d’enseignes.  En tout cas, elles se servent d'indicateurs équivalents.</p>

<p>La Société du Groupe Nielsen,  relève par vagues successives, les prix de 18 enseignes de distribution (Atac, Auchan, Carrefour, Cora, Champion, Maxi Coop, Casino, Match, Monoprix/Prisunic, Intermarché, Eco Marché, Système U, Franprix, Shopi, Géant, etc.) dans 3 400 magasins, ce qui permet d’établir une comparaison plus pertinente et reconnue des professionnels.</p>

<p>Je vous livre les deux derniers résultats de ces enquêtes :</p>

<p><u>a/ Classement effectué au 2ème semestre 2005</u></p>

<p><img alt="img_blog_100605_tableau01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_100605_tableau01.jpg" width="355" height="164" /></p>

<p><u>b/ Relevé 1er trimestre 2006</u></p>

<p><img alt="img_blog_100506_tableau02.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_100506_tableau02.jpg" width="355" height="207" /></p>

<p>C’est sur la base de ces indicateurs que j’ai toujours affirmé que mon groupe était le moins cher.</p>

<p><em>Attention : ce classement est indiciel. Il exprime un rang et une moyenne. Cela n’exclut pas qu’ici ou là, un Leclerc puisse se faire damer le pion par un rival. Dans tout Groupe, il y a des fonceurs et des craintifs.  Mais l’indice Opus le prouve, c’est la première catégorie qui est majoritaire dans notre enseigne. <br />
On peut observer aussi que les écarts entre les 3 ou 4 premières enseignes sont limités. C’est encore un effet de « feu » la loi Galland qui ne permettait pas, jusqu’à fin 2005, de beaucoup se différencier. Mais, depuis le 1er avril, les négociations commerciales (version Jacob / Dutreil) permettent aux distributeurs de connaître leur nouveau seuil de revente à perte. De ce fait, il nous est possible de mieux faire.</em></p>

<p>Je confirme donc l’information publiée dans <a href="http://www.lineaires.com">Linéaires</a>, décidément bien informés (mai 2006). Nos adhérents cherchent à recreuser l’écart, en révisant encore à la baisse plusieurs centaines de prix. A suivre donc…<br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Affaires Clearstream, Battisti, Goldman : Juges, politiques et médias entretiennent la confusion des genres</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/affaires_clears_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=593" title="Affaires Clearstream, Battisti, Goldman : Juges, politiques et médias entretiennent la confusion des genres" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.593</id>
    
    <published>2006-05-09T15:56:04Z</published>
    <updated>2006-05-17T13:32:52Z</updated>
    
    <summary> Week-end prolongé : le temps de parcourir tous les journaux qui se sont accumulés. Evidemment, la presse a fait ses choux gras des multiples « Affaires ». Mais quand on relit toute cette prose avec un certain détachement (en évitant de devenir trop cynique), le mélange des genres saute aux yeux. Les éditorialistes se font procureurs. Les hommes politiques plaident dans les interviews. La justice s’est déplacée dans les médias. Loin de toute sérénité, elle n’est plus que spectacle. « Du sang et des jeux » crie le peuple, finalement désabusé ! Plus qu’une crise de régime (cf ma note du 13 avril dernier), c’est une confusion des pouvoirs (et des devoirs !) qui s’installe au point que je me demande si ce n’est pas ça… la manipulation d’opinion la plus grave. Une manipulation dont juges et médias finissent par être eux-mêmes les agents, voire les complices. Affaire Goldman : Pierre Goldman, politique et voyou, a toujours fasciné l’intelligentsia (Catherine Deneuve, l’univers de Libé, etc.…)… Odeur de souffre comme du temps des ambiguïtés situationnistes : idéologie à bon compte, habillage romantique d’une rébellion sans soutien populaire, fascination pour les réseaux mafieux ! Anti-héros de la politique, PG a été...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Pol.)" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_090506_flingueurs.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_090506_flingueurs.jpg" width="355" height="207" /></p>

<p><em>Week-end prolongé : le temps de parcourir tous les journaux qui se sont accumulés. Evidemment, la presse a fait ses choux gras des multiples « Affaires ». Mais quand on relit toute cette prose avec un certain détachement (en évitant de devenir trop cynique), <strong>le mélange des genres saute aux yeux. Les éditorialistes se font procureurs. Les hommes politiques plaident dans les interviews. La justice s’est déplacée dans les médias.</strong>  Loin de toute sérénité, elle n’est plus que spectacle. « Du sang et des jeux » crie le peuple, finalement désabusé ! Plus qu’une crise de régime (cf ma note du 13 avril dernier), c’est une confusion des pouvoirs (et des devoirs !) qui s’installe au point que je me demande si ce n’est pas ça… la manipulation d’opinion la plus grave. Une manipulation dont juges et médias finissent par être eux-mêmes les agents, voire les complices. </em></p>

<p><u><strong>Affaire Goldman :</strong></u></p>

<p>Pierre Goldman, politique et voyou, a toujours fasciné l’intelligentsia (Catherine Deneuve, l’univers de Libé, etc.…)… Odeur de souffre comme du temps des ambiguïtés situationnistes : idéologie à bon compte, habillage romantique d’une rébellion sans soutien populaire, fascination pour les réseaux mafieux ! Anti-héros de la politique, PG a été assassiné le 20 septembre 1979 sur un trottoir. Règlement de comptes ? Contrat ? Mystère ! </p>

<p>Un ex-chef de la répression du banditisme (Lucien Aimé-Blanc) publie un livre (« L’Indic et le Commissaire », Editions Plon). Il livre ses états de service, ses états d’âme, la part de révélations sans laquelle cette biographie n’attirerait aucune attention. Alors, il lâche des noms. Pour expliquer le crime. Et aussi celui d’Henri Curiel, présumé porteur de valises du FLN.</p>

<p>A part un journaliste de Marianne, pas un chroniqueur ne moufte sur le procédé, sur sa légalité, sur le pied de nez aux institutions. Y a t’il un « ministère » de la justice. Celle-ci va-t-elle auditionner l’ex-commissaire ? Entendra-t-on un porte-parole du  syndicat de la magistrature, ou quelques démocrates de nos Sorbonne pour dénoncer la substitution des rôles ? Non. On nous dit qu’il y aurait prescription, plus de comptes à rendre. </p>

<p>Un homme a été tué par balles, la justice a enquêté sur ce crime. Et quand vient la révélation, l’affaire est déjà close. <strong>Justice et médias ont fait pacte de silence. La vérité peut se noyer dans les eaux usées des affaires classées. </strong></p>

<p><u><strong>Affaire Clearstream (1) :</strong></u></p>

<p>Déchaînement médiatique comme jamais vu depuis que « les chiens » (dixit Mitterrand) s’acharnaient sur Bérégovoy. Toutes les rédacs, la semaine dernière, toutes les unes, ce week-end, ont par avance statué et qualifié la Manipulation. <strong>Ils nous livrent une version théâtralisée (Shakespearienne) d’un Watergate à la française. A côté, le Roi Lear, c’est de la roupie de « sang sonnet ». </strong></p>

<p>Mais quid de l’affaire elle-même. Je ne parle pas des rivalités Villepin-Sarko, mais des ventes de frégates à Taiwan, de l’enquête sur la corruption. Celle qui mentionnait les Roland Dumas, les Deviers-Joncour, un officier du renseignement tombé spontanément de sa fenêtre, un dignitaire taiwanais (à moins qu’il ne s’agisse d’un homme d’affaires, je ne sais plus…) qui se serait suicidé…, et les étranges rivalités au sein de EADS. </p>

<p>Une affaire d’état disait-on. Des juges visaient la Gauche. Le corbeau citait des hommes politiques à Droite et à Gauche. La chronologie des faits est abondamment relatée dans la presse, mais pas l’état de l’enquête. Alors, ce règlement politique, un écran de fumée ?</p>

<p><u><strong>Affaire Clearstream (2) :</strong></u></p>

<p>Puisque tout est mélangé, et qu’on ne sait plus de quelle affaire on parle, les juges ont décidé de s’inviter dans les médias. L’audition du Général Rondot est à la une du Monde. Le rapport « confidentiel défense », signé du même Général, est à la une du Nouvel Obs. </p>

<p><strong>Le lecteur est en droit de se poser la question que ne posent pas les médias : qui a fourgué l’info? Qui du juge, d’un homme politique ou de je ne sais qui, a fait passer les rapports ?</strong> Et dans quels buts?  Si c’est le juge, faut-il en conclure qu’ils en attendent un rebondissement, une faute (une déclaration), des acteurs politiques ? Au risque de rendre nulle la procédure ? Cela signifierait que l’enquête est au point mort ! Et si le fournisseur est un homme politique ou un fonctionnaire, dans quel intérêt agit-il ? L’intérêt public vraiment ? J’ai l’impression qu’il y a des corbeaux partout. </p>

<p>J’épluche la presse. Pas un confrère du Monde ou du Nouvel Obs qui n’interpellent leur rédac-chef, pour leur demander jusqu’à quel point ils participent eux-mêmes de la manip.</p>

<p>Dans sa tribune (7 et 8 mai 2006) le médiateur du Monde, Robert Solé, publie les critiques acerbes de certains lecteurs :</p>

<p><strong><em>« C’est non seulement illégal, mais particulièrement lâche. Cette pratique déplorable ouvre la porte à toutes les dérives et manipulations, ainsi qu’à toutes les exploitations politiques. Avant que la justice ait pu trancher et découvrir les responsables, ceux-ci sont déjà désignés et cloués au pilori, avec des dégâts irréversibles dans l’opinion qui en conclura, qu’il n’y a pas de fumée sans feu… »</em> </strong></p>

<p>Ou encore <em>« Cette affaire monte en importance, elle doit être aussi grave que celle des chaussures de Monsieur Dumas avec laquelle vous nous teniez naguère en haleine… ».</em> </p>

<p>Les journalistes pourront toujours se retrancher derrière cette affirmation : « sans la presse, ces affaires ne sortiraient pas ou seraient étouffées. » Oui, sans doute. Mais, sauf erreur, aucun obstacle ne se dressait devant nos juges, qui mandatent, perquisitionnent jusque dans les ministères. <strong>La Justice n’a qu’à convoquer.</strong> Elle a d’ailleurs, tous les juristes en conviennent, matière à le faire ! Quand pour relancer ses ventes, la presse multiplie les unes avec le cœur confidentiel de l’enquête, il n’est pas dit qu’elle serve seulement la démocratie. </p>

<p><u><strong>Affaire Clearstream (3) :</strong></u></p>

<p>Décidément, <strong>ils sont bien curieux, les rapports qu’entretiennent les médias avec la politique. Et vice-versa. Si prompts à dénoncer le non-respect du secret de l’instruction, c’est dans la presse, plutôt que chez le juge, que nos hommes politiques répondent, plaident, s’épanchent et s’exposent. </strong></p>

<p>En son temps, Jospin fit savoir qu’il se tenait, malgré son titre, à la disposition d’un juge-enquêteur. Villepin n’a pas eu la patience d’attendre le papier bleu. Par orgueil sans doute, mais trop fébrilement, il s’est précipité sur les micros et a grillé ses cartouches. Chez Elkabbach, où je l’ai trouvé mauvais, dans Le Figaro, ou encore dans cette conférence de presse… dont il ne reste plus rien, après que l’affaire fut relancée par une Alliot-Marie en colère (on la disait co-manipulatrice - elle est la patronne de Rondot - et on la découvre ignorante de la présence de son mari sur les notes du Général !!! )</p>

<p>Si le tribunal médiatique n’offre qu’une justice au rabais, pourquoi les politiques s’y livrent-ils alors sans retenue ? </p>

<p><strong>Oui, décidément, elle est bien curieuse cette folle propension des plaideurs à se précipiter sous le joug des médias alors qu’ils savent impitoyables et irresponsables (au sens juridique) ces « bourreaux de papier ». </strong></p>

<p><u><strong>Affaire Battisti :</strong></u></p>

<p>J’ai beaucoup apprécié l’éditorial de <strong>Denis Jeambar</strong> dans L’Express (28 avril 2006). Contre une coterie parisienne, qui de BHL à ma romancière préférée Fred Vargas, s’est amourachée de Cesare Battisti, il ose rappeler les attentats, les morts, l’affaire en cours et la demande d’extradition de la Justice italienne. </p>

<p>Battisti a choisi de s’exprimer dans un livre (Ma cavale, co-édition Grasset/Rivages). Il plaide sans contradicteur, sans devoir rendre compte à quiconque. Je ne sais évidemment s’il est ou non coupable. <strong>Mais, s’il s’agit de se confesser, est-ce aux lecteurs français de lui donner l’absolution ?</strong></p>

<p>Belle âme, Olivier Nora, PDG de Grasset, ose cet argument : « je ne voudrais pas vivre dans un pays où on ne pourrait pas publier (ce livre). » Soit. Mais là encore, quid de l’enquête, du droit, de la justice pour les victimes présumées.</p>

<p>Trop facile ! Quelle est donc cette justice qui s’accommode d’un bras d’honneur aux institutions et au peuple Italien. Devons-nous finalement accepter cette contrition romanesque sans tenir compte de ce qu’elle est : un plaidoyer. La Justice Française ne semble pas s’émouvoir. La presse n’invoque plus la morale. Battisti a le droit aux critiques littéraires, et pour le reste, cette affaire n’inspire ni les juges, ni les médias, ni… les politiques.  </p>

<p><em>Eh bien, mes amis, toute cette bouillie me fait peur. J’ai conscience, dans ce commentaire, d’être hors de mes terres, de mes champs d’expertise. Mais, le citoyen en moi est choqué. Il me semble que tout autant que le fascisme et le populisme, la confusion des genres (qui les engendre) est extrêmement dangereuse. Cette apparence de justice, cette recherche de vertus réclamées par un monde médiatique qui dispute aux politiques l’expression du bien public, nourrie les suspicions et le ressentiment. On en oublierait les leçons d’avril 2002. J’ai peur qu’on entende bientôt une voix forte entonner un « tous pourris, ils se valent bien… ». Oui, je vous le dis… ça ne sent pas bon ! </em></p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Promos et baisses de prix : le couple infernal !</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/05/promos_et_baiss.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=592" title="Promos et baisses de prix : le couple infernal !" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.592</id>
    
    <published>2006-05-02T17:27:54Z</published>
    <updated>2006-05-02T17:40:38Z</updated>
    
    <summary> Emmanuelle Evina, rédac chef de Points de Vente, titrait son édito du 20/03 : « Fidélisation obligée ». Se situant elle-même dans la catégorie des consommateurs zappeurs, E.E. n’hésitait pas à rappeler ce principe : « Lorsque les clients non porteurs de carte d’enseigne se sentent brimés, à coup sûr, ils ne reviennent pas. » L’expérience très récente que viennent de vivre nos adhérents, nécessiterait de compléter le diagnostic : « Lorsque les clients porteurs de carte estiment percevoir moins d’avantages (tickets), ils vont aussi voir ailleurs ». 1) Le problème soulevé par E.E. concerne toutes les enseignes, obligées à la fois de discriminer positivement les porteurs de carte et d’offrir néanmoins des avantages aux « non porteurs » pour pouvoir recruter les consommateurs encore étrangers au dispositif de fidélisation. Les centres E. Leclerc avaient, il y a 4 ans, trouvé la parade en faisant en sorte que tous les consommateurs puissent être titulaires d’une carte. Et pour cela : minimiser les contraintes de souscription, insister sur la gratuité de la carte, éviter toute confusion avec les cartes de paiement, ne pas forcer la main des consommateurs pour souscrire ces dernières, et donner une visibilité maximale à l’avantage carte....</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Conso.)" />
            <category term="Actualités / Débats (Distrib.)" />
            <category term="Actualités / Débats (Eco)" />
            <category term="Consommation" />
            <category term="Distribution" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Prix / Concurrence" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_020506_fidelite.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_020506_fidelite.jpg" width="355" height="150" /><br />
Emmanuelle Evina, rédac chef de <a href="http://www.pointsdevente.fr/une/une.jsp">Points de Vente</a>, titrait son édito du 20/03 : «  Fidélisation obligée ». Se situant elle-même dans la catégorie des consommateurs zappeurs, E.E. n’hésitait pas à rappeler ce principe : « Lorsque les clients non porteurs de carte d’enseigne se sentent brimés, à coup sûr, ils ne reviennent pas. » L’expérience très récente que viennent de vivre nos adhérents, nécessiterait de compléter le diagnostic : « Lorsque les clients porteurs de carte estiment percevoir moins d’avantages (tickets), ils vont aussi voir ailleurs ».</p>

<p>1) Le problème soulevé par E.E. concerne <strong>toutes les enseignes, obligées à la fois de discriminer positivement les porteurs de carte et d’offrir néanmoins des avantages aux « non porteurs » pour pouvoir recruter</strong> les consommateurs encore étrangers au dispositif de fidélisation.</p>

<p>Les centres E. Leclerc avaient, il y a 4 ans, trouvé la parade en faisant en sorte que tous les consommateurs puissent être titulaires d’une carte. Et pour cela : minimiser les contraintes de souscription, insister sur la gratuité de la carte, éviter toute confusion avec les cartes de paiement, ne pas forcer la main des consommateurs pour souscrire ces dernières, et donner une visibilité maximale à l’avantage carte. De fait, la carte E. Leclerc est devenue un portefeuille engrangeant les bénéfices cumulés des bons d’achat émis dans chaque magasin. <strong>Fonction restreinte, certes, quasi unique, mais très lisible.</strong></p>

<p>Le pari fut gagnant. <strong>Plus de 8 millions de cartes émises, meilleur taux de fidélité (30 %)</strong>. Pour les Centres E. Leclerc, <strong>le tandem carte-bon d’achat était le ticket gagnant</strong>. Et cette politique permettait à l’enseigne, bridée sur le prix des grandes marques à cause de la loi Galland, d’installer durablement sa différence.</p>

<p>2) A l’approche du 1er janvier, les Centres E. Leclerc ont considéré que <strong>la réforme Jacob/Dutreil permettait aux distributeurs de baisser plus substantiellement leurs prix</strong>. Dans cette optique, ils ont transféré une part importante des avantages « ticket » dans une politique de prix qu’ils voulaient plus agressive. Mais cette politique a souffert d’un manque de visibilité et a suscité la frustration des porteurs de carte dont le montant des bons d’achat ne s’accumulait plus dans la même proportion que l’année dernière en pied de ticket de caisse.</p>

<p>Puristes, peut-être un peu trop confiants (manifestement trop confiants !), nous étions persuadés que <strong>« everyday low prices »</strong> était d’intérêt supérieur à « moins 5 % sur moins cher, tu meurs ». Le scepticisme d’une frange de la clientèle, celle qui avait été fidélisée par la politique de ticket, a contrecarré ce projet.</p>

<p>En fait, nous avons commis deux erreurs.</p>

<p>-	Une mauvaise coordination : la baisse de prix avait été anticipée dès octobre/novembre. Elle était donc supposée acquise pour les consommateurs. Lorsque fin janvier, nos clients ont constaté l’insuffisance de tickets, l’argument du transfert de marge ne pouvait plus opérer. <br />
-	A cela s’est ajouté un déficit de pédagogie, pas d’information consommateurs suffisante. </p>

<p>Erreurs, donc, signalées ici par plusieurs internautes. Erreurs relevées aussi par <a href="http://www.olivier-dauvers.a3w.fr/Main.aspx?numStructure=37413&numRubrique=22215">Olivier Dauvers dans sa Tribune Conso n° 28 du mois d’avril</a>, et commentées dans le dernier <a href="http://www.lsa.fr/">LSA</a>. Et, je le confirme, erreurs d’autant plus faciles à reconnaître que nous avons tout de suite imaginé les mesures correctives.</p>

<p>Nous avons très vite réagi, reprogrammé de nombreuses opérations promotionnelles telles que celles qui sont actuellement en cours. <strong>Le ticket est bien de retour chez E. Leclerc</strong>. Mais vu l’inertie, l’impact différé de toute nouvelle communication, ces trois mois de flottement auront malheureusement coûté quelques dixièmes de point de part de marché à l’enseigne. </p>

<p>Comme d’habitude sur ce blog, disons-le sans langue de bois : c’est cher payé pour avoir oublié que, <strong>dans le commerce, c’est comme en amour : « la fidélité exige la constance dans le prix bas, mais se nourrit aussi d’une multitude de petits cadeaux »</strong>. Il sera intéressant de voir comment les autres enseignes vont, à leur tour, gérer ce défi : financer la fidélisation et baisser les marges pour nous suivre dans la baisse des prix. Les observateurs auront certainement remarqué que sur ce front, l’enseigne est sacrément en train de reprendre la main !</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Publicité : Quand le BVP rejoue Tartuffe…</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/publicite_quand_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=591" title="Publicité : Quand le BVP rejoue Tartuffe…" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.591</id>
    
    <published>2006-04-27T14:21:10Z</published>
    <updated>2006-04-27T15:48:38Z</updated>
    
    <summary> Je ne conteste pas l’intérêt d’un organisme interprofessionnel émetteur de recommandations déontologiques en matière de publicité. En tant qu’entrepreneur, je préfère l’autodiscipline au risque d’une sur-réglementation administrative. En tant que citoyen, j’aime bien savoir que les hommes de la pub sont capables de rechercher une éthique. Ce secteur, souvent très créatif, doit aussi savoir rassurer le public sur sa capacité à éviter les dérives et les surenchères du marché. Mais le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) en fait parfois trop ou pas assez. Il y a deux ans, sollicité par la RATP, il émettait une alerte à l’égard d’une de nos campagnes paraphrasant les codes graphiques de Mai 68 : « Message trop politique ». Voilà qui servit de caution à un refus d’affichage. Cette fois-ci, le BVP cible une autre campagne de la même veine, lancée au printemps 2005. Pas de plainte d’un quelconque média. Non, une initiative du Président du BVP, himself, Jean-Pierre Teyssier, qui m’a gratifié d’une bafouille datée du 11 avril. Photo à l’appui, il me demande de « confirmer par retour de courrier de ne plus reconduire cette campagne ». Je tombe des nues. Non que je veuille jouer les hypocrites :...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Communication" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_270406_shampoing.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_270406_shampoing.jpg" width="355" height="266" /></p>

<p>Je ne conteste pas l’intérêt d’un organisme interprofessionnel émetteur de recommandations déontologiques en matière de publicité. En tant qu’entrepreneur, je préfère l’autodiscipline au risque d’une sur-réglementation administrative. En tant que citoyen, j’aime bien savoir que les hommes de la pub sont capables de rechercher une éthique. Ce secteur, souvent très créatif, doit aussi savoir rassurer le public sur sa capacité à éviter les dérives et les surenchères du marché.</p>

<p>Mais le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) en fait parfois trop ou pas assez. Il y a deux ans, sollicité par la RATP, il émettait une alerte à l’égard d’une de nos campagnes paraphrasant les codes graphiques de Mai 68 : « Message trop politique ». Voilà qui servit de caution à un refus d’affichage. </p>

<p>Cette fois-ci, le BVP cible une autre campagne de la même veine, lancée au printemps 2005. Pas de plainte d’un quelconque média. Non, une initiative du Président du BVP, himself, Jean-Pierre Teyssier, qui m’a gratifié d’une bafouille datée du 11 avril.</p>

<p>Photo à l’appui, il me demande de « confirmer par retour de courrier de ne plus reconduire cette campagne ». </p>

<p>Je tombe des nues. Non que je veuille jouer les hypocrites : cette campagne a donné bien des boutons au gouvernement Raffarin, à Christian Jacob, puis à Renaud Dutreil. (J’ai eu le droit, un soir, alors que je préparais un plateau TV, à un coup de fil du Dir. Cab. de Matignon : « Décrochez donc tout ça, Jean-Pierre est vraiment furax, il pense que les étudiants dans la rue (déjà !) vont faire le lien avec Mai 68 ». Evidemment, je n’avais pas obtempéré). Mais tout de même, le temps a coulé, la réforme Jacob/Dutreil est passée. Ces campagnes ont fait leur œuvre, et je ne comprenais donc pas, à l’ouverture du courrier, quelle pouvait être l’origine de l’ire du BVP. </p>

<p>Alors, que nous veulent donc nos confrères, arbitres et censeurs ? Eh bien, listen my friends : <br />
« L’utilisation d’une image (d’archives ?) montrant une manifestante emportée par trois policiers dans une position qui dévoile sa petite culotte, sur laquelle est pointée une flèche avec un prix, est de nature à porter atteinte à la dignité de la femme ».</p>

<p>Quoi, je me pince ! On vient nous chercher pour une culotte ? Faut-il qu’ils n’aient d’autres chats à fouetter nos gardiens du temple. A moins que nos matous mateurs du BVP, alourdis d’une énorme culpabilité sur quelques dérives récentes, n’aient décidé de rejouer Tartuffe. Jugez vous-mêmes :</p>

<p><img alt="img_blog_270406_culotte.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_270406_culotte.jpg" width="355" height="266" /></p>

<p>a)	Tartuffe, dis-je, car il n'aura échappé à personne que les images incriminées sont des photos de presse, des photos d'agence qui ont fait la une de nombreuses publications. Nous n'avons fait que "récupérer" ces illustrations dont la force réside dans l'expression d'une contestation populaire sans que personne n'y ait jamais vu une exploitation de l'image de la femme.</p>

<p>b)	La récrimination du BVP émane de professionnels qui par ailleurs cautionnent la dissémination, sur tous les panneaux publicitaires, des plus jolies filles du monde, très légèrement vêtues, souvent d’un voile, que dis-je d’un « transparent », pour assurer la promotion (et notre bonheur visuel aussi !) des Lejaby, Princesse Tam-Tam, La Perla, Aubade, Passionata… Sans parler des affiches de films qui fréquemment, sur les panneaux Decaux, les kiosques Hachette et les vitrines d'autres Lagardère, étalent, attendrissantes ou provocantes, une multitude de gambettes, de fesses, de culottes, de strings…sans qu’aucun de nos censeurs n’ait manifesté, la moindre réprobation. Alors est-ce une manière indirecte de s’en prendre au caractère politique de nos affiches ?</p>

<p>c)	Cette affaire est évidemment anecdotique. L’intervention du BVP frise le ridicule et, je le reconnais, je m’amuse de cette intervention déplacée qui témoigne tout de même d’une certaine gadgétisation de la notion de déontologie. Mais pour que le gag soit complet, il faut jouer la farce jusqu’à son épilogue. C’est trop cocasse.</p>

<p>M’invitant donc à « ne plus recourir à l’utilisation de ce visuel pour vos campagnes présentes ou à venir », Jean-Pierre Teyssier se fait menaçant : « Sans retour de votre part sous dix jours, nous nous réservons le droit de rendre publique notre position ». Non, pitié, ne faites pas ça, je vous en prie ! J’en souffre d’avance…mais pour vous, Monsieur Teyssier, et vos collègues du BVP.</p>

<p>Car il me faut bien vous renvoyer la pelote et, comme à Tartuffe, vous retourner ce délit de lingerie ! « Cachez cette culotte que je ne saurais voir », dites-vous. Vous auriez dû consulter vos confrères. Ils vous auraient rappelé que c’est toute la profession qui a décerné à cette campagne de l’agence Australie un superbe trophée au Grand Prix de l’Affichage 2005 et, plus récemment encore, le Grand Cristal au Festival de Méribel.</p>

<p><img alt="img_blog_270406_piles.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_270406_piles.jpg" width="355" height="266" /></p>

<p>Allez, cher Président, laissons donc cette mauvaise querelle. Désolé de vous avoir privé d’une dénonciation publique. Mais franchement, je crois, même si ce billet vous irrite, vous avoir évité un cruel pavé dans Le Canard enchaîné. Sachons garder notre humour. Sans rancune.<br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>J.P. Le Roch (Intermarché) et J.P. Agon (L’Oréal) : Deux icônes au firmament</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/jp_le_roch_inte.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=590" title="J.P. Le Roch (Intermarché) et J.P. Agon (L’Oréal) : Deux icônes au firmament" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.590</id>
    
    <published>2006-04-25T16:00:35Z</published>
    <updated>2006-04-25T17:09:28Z</updated>
    
    <summary> Jean-Pierre Le Roch (Intermarché) - Jean-Paul Agon (L&apos;Oréal) Deux personnalités, deux figures emblématiques de l’économie française… L’un rentre en scène, l’autre tire discrètement sa révérence… Mais Dieu que la presse est cruelle ! 1) Jean-Paul Agon faisait la Une du Monde, ce week-end (23-24/04/06). Trois jours avant de prendre officiellement ses fonctions, le nouveau DG de L’Oréal recevait donc l’onction du prestigieux quotidien du soir. Consécration méritée pour ce jeune homme qui n’est pas pressé d’atteindre la cinquantaine, et mène, depuis son entrée chez L’Oréal en 1978, un parcours sans faute. Pour les médias économiques, sa carrière est le résultat d’un modèle formaté de présélection et de formation issu du système L’Oréal. C’est trop facile. L’Oréal est une belle boîte ; les cadres lui sont très souvent fidèles et le siège sait rémunérer. Mais si Lindsay Owen-Jones l’a depuis longtemps adoubé, JPA doit d’abord son ascension à lui-même. Ambitieux mais bosseur, il a mérité ses galons. Quand je l’ai connu (ouah, c’est déjà vieux !), il hésitait : lancer un labo de parapharmacie pour fournir le nouveau marché de la grande distribution ou intégrer une grande entreprise (tout en visant haut). Il a longtemps pesé le pour et le...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Eco)" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Portraits / Rencontres (Eco)" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_250406_bloch_agon.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_250406_bloch_agon.jpg" width="355" height="158" /></p>

<p><em>Jean-Pierre Le Roch (Intermarché)        -        Jean-Paul Agon (L'Oréal) </em>           </p>

<p>Deux personnalités, deux figures emblématiques de l’économie française… L’un rentre en scène, l’autre tire discrètement sa révérence… Mais Dieu que la presse est cruelle !</p>

<p>1)	<strong>Jean-Paul Agon</strong> faisait la Une du Monde, ce week-end (23-24/04/06). Trois jours avant de prendre officiellement ses fonctions, le nouveau DG de L’Oréal recevait donc l’onction du prestigieux quotidien du soir. Consécration méritée pour ce jeune homme qui n’est pas pressé d’atteindre la cinquantaine, et mène, depuis son entrée chez L’Oréal en 1978, un parcours sans faute.</p>

<p>Pour les médias économiques, sa carrière est le résultat d’un modèle formaté de présélection et de formation issu du système L’Oréal.</p>

<p>C’est trop facile. L’Oréal est une belle boîte ; les cadres lui sont très souvent fidèles et le siège sait rémunérer. Mais si Lindsay Owen-Jones l’a depuis longtemps adoubé, JPA doit d’abord son ascension à lui-même. Ambitieux mais bosseur, il a mérité ses galons. </p>

<p>Quand je l’ai connu (ouah, c’est déjà vieux !), il hésitait : lancer un labo de parapharmacie pour fournir le nouveau marché de la grande distribution ou intégrer une grande entreprise (tout en visant haut). Il a longtemps pesé le pour et le contre. Dans le garage de son père, quelque part dans un hameau de l’Ile-de-France, nous avions entreposé moult échantillons de produits cosmétiques, de crèmes en tout genre, de gélules et de compresses. Pas très professionnels tous ces packagings, me disait-il. « C’est vraiment pas top ».</p>

<p>Le marché des cosmétiques l’a toujours intéressé. Mais alors que je décidais de tenter l’aventure en organisant l’ouverture du premier rayon parapharmacie dans un centre E. Leclerc, lui, sautait le pas et décidait de tracer définitivement sa route au sein de L’Oréal.</p>

<p>En Grèce où je le retrouvais en famille le temps de quelques vacances, il installait les produits de la filiale locale dans les salons de coiffure et les instituts de beauté. En Allemagne ensuite, il développait la distribution sélective au pays du hard-discount. Défi réussi qui l’a amené à revenir au pays pour reprendre les rênes de Biotherm France…son tremplin pour la Chine, la nouvelle frontière de L’Oréal.</p>

<p>Ses réussites multiples le désignaient pour prendre la présidence de la prestigieuse filiale américaine de L’Oréal, celle par qui passent les rois. Pas encore vizir, mais déjà dauphin du calife !</p>

<p>L’homme a une trempe d’entrepreneur. Il a l’amitié solide. Mais délicat ou tacticien, il sait, en privé, ne jamais aborder les sujets professionnels qui pourraient altérer cette fidélité. Il arbore volontiers l’étonnement, voire l’émerveillement d’un adolescent, devant les choses de l’art, par exemple, et reste curieux de ce qui se passe hors de son propre champ d’expertise. Mais c’est un être fondamentalement pragmatique. Et son sourire peut se transformer aussi en un rire plus carnassier. Rien de l’héritier docile, vous dis-je.</p>

<p>En tout cas, bravo L’Oréal et bonne chance, Jean-Paul.</p>

<p>2)	<strong>Jean-Pierre Le Roch</strong> sera enterré en Bretagne, le jour où Jean-Paul Agon est adoubé. Cela fait fort longtemps que je ne l’avais pas revu. Dix ans peut-être ? Nous participions à une de ces interminables réunions dans un ministère. Il m’avait raccompagné en voiture jusqu’au siège des Centres E. Leclerc et m’avait discrètement déposé au coin de la rue. Amusé, mais un peu nostalgique, je crois. Notre siège est à Issy-les-Moulineaux, et c’est dans cette ville qu’il avait ouvert, avec mon père, le premier centre E. Leclerc de la région parisienne. A l’époque, tous deux formaient tandem. JPLR était devenu le bras droit de EL. Sur les photos, dans les médias de l’époque, ils étaient côte à côte. Lui, sobre et un peu inquiet derrière le comptoir ; mon père en tribun, perché sur les palettes. Et tous deux, sous la harangue d’un Pierre Poujade qui les accusait d’être les « larbins des trusts juifs ploutocratiques ». (Le Pen déjà !).</p>

<p>Après l’ouverture du premier Carrefour de Sainte-Geneviève-des-Bois, au milieu des années 60, les hypers se sont développés. Il a alors fallu trancher. JPLR ne croyait pas en la capacité des indépendants de subir ce choc dimensionnel. Il préconisait le système qui allait être celui d’ITM ENTREPRISES : une structure nationale immobilière et commerciale, une centralisation des décisions et de l’offre, des participations croisées… Mon père et d’autres fondateurs virent dans ce projet une menace pour leur indépendance. Et la crainte de la main mise d’une banque (la BRED) sur cette holding instrumentalisée. Débats, polémiques, engueulades, incompréhension…scission ! Difficile objectivement de dire la part du conflit d’idées et des heurts de caractère dans cette rupture. </p>

<p>Mais depuis, les deux groupes ont prospéré. Des milliers de commerçants y ont fait leurs armes, leur réussite sociale, leur patrimoine. Et si Jean-Pierre Le Roch a décroché voici quelques années, les Mousquetaires lui doivent beaucoup. </p>

<p>3)	Jean-Paul Agon est déjà l’icône de toute une nouvelle génération d’entrepreneurs. Jean-Pierre Le Roch était, lui aussi, une figure emblématique pour les milliers de commerçants à la recherche d’un destin. Mais la presse est cruelle, disais-je. Du passé, qu’elle a pourtant adulé, elle fait vite table rase pour se chercher de nouvelles idoles. </p>

<p>Jean-Paul ne m’en voudra pas si je compare le traitement que la presse a réservé aux deux évènements. Toutes les covers des magazines économiques pour l’avènement de JPA, et à part deux ou trois articles dans Les Echos, le Télégramme et Ouest France, à peine quelques entrefilets dans la presse généraliste pour JPLR. Même pas la rubrique nécrologique du Monde.</p>

<p>C’est tant mieux pour JPA. C’est injustement payé pour JPLR.</p>

<p>J’ai cherché les raisons de ce déséquilibre comptable. Certes, Le Roch n’était plus en activité. Certes, il n’a jamais été très médiatique. Mais de sa vie si riche, de ses succès comme de ses échecs, n’y avait-il pas matière et opportunité à tirer quelques leçons dont pourrait profiter justement la génération des nouveaux Agon ?</p>

<p>4)	Ne voyez, ici, de ma part, aucune amertume. Faites-moi l’honneur de penser que je ne plaide pas pour mes saints ! S’il en est qui n’ont pas à se plaindre, ce sont bien les épiciers de Landerneau qui, dans les médias, ont toujours trouvé la place pour véhiculer quelques idées. Non, ce n’est pas du tout de l’animosité. Mais on serait tenté de paraphraser La Fontaine : « Selon que vous êtes épicier ou industriel, jeune ou vieux, parisien ou provincial, médiatique ou pas… ». J’exagère ? Tiens, deux anecdotes :</p>

<p>-	Il y a deux ans, Jean-Claude Jaunait quittait la présidence de Système U pour laisser la place à Serge Papin. Formidable travail qu’avait effectué ce fils d’épicier qui, comme tous les autres, était voué à quémander sa survie dans les coulisses des Chambres de Métier ou dans les rangs du CIDUNATI. JCJ a su redresser un groupe vieillot (UNICO), donner la niaque à ses troupes, organiser les liens de solidarité et rajeunir ses pratiques commerciales. Système U, grâce à lui, a toujours la plus grosse progression du secteur. Eh bien, cherchez donc sur Google les leçons de cette biographie exemplaire. Epluchez les argus de la presse. Quelques belles pages, certes, dans la presse économique et professionnelle. Mais, finalement, bien peu au regard des millions de clients qui fréquentent l’enseigne.</p>

<p>-	Et puis, je lisais, hier, la Une des Echos. Toujours en titre la succession chez L’Oréal et aussi ce sujet sur les salaires des patrons du CAC 40. Lindsay Owen-Jones va donc quitter la direction exécutive de L’Oréal. Mais pour autant qu’il s’éloigne, il restera l’un des présidents les mieux payés du CAC 40. Croyez-vous vraiment qu’à l’occasion de ces changements, on entendra se déchaîner tous les rédacteurs qui, il y a un an, fustigeaient Daniel Bernard, autre champion mondial, pour ses émoluments ? Pourtant, qui des deux, croyez-vous, gagne le plus ?</p>

<p>Je ne parle pas du fond, ni n’émets de jugement de valeur, y compris dans la comparaison, je parle de « traitement de texte ». Mais il me semble que, oui, « selon qu’on soit épicier ou… ».</p>

<p><em>P.S. : Au moment où j’écris ces lignes, Philippe, l’un de mes collaborateurs, y jette un œil. Il a, lui, un autre diagnostic. Ce qui a changé, dit-il, c’est le lectorat. La presse souffre du non-renouvellement de son lectorat populaire attiré par le multimédia. Elle surfe sur les nouvelles attentes des milliers de petits actionnaires qui, accros de la moindre information sur la bourse, veulent tout connaître des dirigeants du CAC 40. Nouveau public, autres idoles. Remarque intéressante. Disons donc aussi : « selon que vous soyez cotés ou non… ».</em><br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Pétrole : Pour préparer l’alternative, avons-nous besoin de scénarios catastrophes ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/petrole_pour_pr_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=589" title="Pétrole : Pour préparer l’alternative, avons-nous besoin de scénarios catastrophes ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.589</id>
    
    <published>2006-04-24T13:58:02Z</published>
    <updated>2006-04-24T14:35:19Z</updated>
    
    <summary> A prophétiser la catastrophe, à souffler sur les trompettes de l’apocalypse, Yves Cochet (l’un des représentants des Verts) et Eric Laurent, sulfureux journaliste, un brin mystificateur, jouaient les « Savonarol », hier soir, sur La Cinq. Je participais à un débat organisé par l’excellent Serge Moatti (« Ripostes »). Avec son air patelin, notre candide interpellait ses invités : Roselyne Bachelot (UMP), Jean-Marie Chevalier (économiste), Jean-Louis Schilansky (Union Française des Industries Pétrolières -UFIP), les deux intervenants précédemment cités et moi-même. Thème de l’émission : « Pétrole : la flambée jusqu’où ? ». Eric Laurent et Yves Cochet viennent chacun d’écrire un livre. Dans « La face cachée du pétrole » (Ed. Plon), Eric Laurent conteste l’importance des réserves pétrolières telles que comptabilisées par les pays producteurs et les majors. S’appuyant sur les filouteries de l’ancien PDG de la Shell, il est on ne peut plus affirmatif : « Il n’y a plus de pétrole à découvrir, il n’y en a plus que pour une dizaine d’années, et encore ! ». Perspective alarmante sur laquelle surfe aussi Yves Cochet (« Pétrole apocalypse », Ed. Fayard), pour qui l’enfer se déchaînera d’ici « une trentaine de mois ». Convaincus, inspirés, quasi...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (DD)" />
            <category term="Développement durable" />
            <category term="Energies" />
            <category term="Environnement" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_Blog_060705_petrole.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_Blog_060705_petrole.jpg" width="355" height="233" /></p>

<p>A prophétiser la catastrophe, à souffler sur les trompettes de l’apocalypse, Yves Cochet (l’un des représentants des Verts) et Eric Laurent, sulfureux journaliste, un brin mystificateur, jouaient les « Savonarol », hier soir, sur La Cinq. </p>

<p>Je participais à un débat organisé par l’excellent <a href="http://www.france5.fr/ripostes/">Serge Moatti (« Ripostes »)</a>. Avec son air patelin, notre candide interpellait ses invités : Roselyne Bachelot (UMP), Jean-Marie Chevalier (économiste), Jean-Louis Schilansky (Union Française des Industries Pétrolières -UFIP), les deux intervenants précédemment cités et moi-même. Thème de l’émission : « Pétrole : la flambée jusqu’où ? ».</p>

<p>Eric Laurent et Yves Cochet viennent chacun d’écrire un livre. Dans « <em>La face cachée du pétrole </em>» (Ed. Plon), Eric Laurent conteste l’importance des réserves pétrolières telles que comptabilisées par les pays producteurs et les majors. S’appuyant sur les filouteries de l’ancien PDG de la Shell, il est on ne peut plus affirmatif : « Il n’y a plus de pétrole à découvrir, il n’y en a plus que pour une dizaine d’années, et encore ! ». Perspective alarmante sur laquelle surfe aussi Yves Cochet (« <em>Pétrole apocalypse </em>», Ed. Fayard), pour qui l’enfer se déchaînera d’ici « une trentaine de mois ». </p>

<p>Convaincus, inspirés, quasi « habités » par leurs imprécations, tous deux n’émettent, ni n’acceptent aucune nuance, aucune critique. Et pour le représentant des Verts, l’imminence de la catastrophe fonde carrément un propos messianique qui tient lieu de légitimité pour préconiser un changement de comportement quasi calviniste : abaissement obligatoire des vitesses de circulation à 30 km/heure en ville, interdiction de produire des voitures au-delà d’une certaine puissance (exit la 607 Peugeot ou la Safrane)… On se demande d’ailleurs, tant on sent poindre « la thèse de la décroissance », qui du peuple ou du « visionnaire », cette nouvelle politique servira les intérêts.</p>

<p>L’embêtant avec de telles outrances, c’est qu’il n’y a plus de débat possible. D’accord avec YC ou EL pour ne pas prendre pour argent comptant les chiffres annoncés par les pays de l’OPEP. Les propriétaires de la rente pétrolière, privés ou publics, ont intérêt à survaloriser leurs actifs. Quelle que soit son ampleur, la marge d’incertitude autorise-t-elle nos auteurs à se passer d’une analyse plus rationnelle des données économiques existantes ? Allons ! La dénonciation ne peut, à elle seule, tenir lieu d’argument.</p>

<p><strong>D’ailleurs, ces gens-là se contredisent. Eric Laurent a passé une bonne partie du temps de l’émission à défendre sa thèse : « Nous sommes rentrés dans une guerre pour les ressources énergétiques ». (Comme si c’était un scoop, alors que tous nos manuels d’histoire décrivent la géopolitique, depuis la guerre 14-18, comme une course au contrôle des matières premières !!!). Sa thèse : les deux Bush, présidents US, ont fait la guerre à l’Irak pour s’assurer du contrôle des réserves moyen-orientales. Les USA se frottent aujourd’hui à l’Iran pour servir le même objectif… Soit ! Mais pourquoi alors, cher Eric Laurent, se donnent-ils tant de mal, risquent-ils tant de morts et y consacrent-ils autant d’argent si vraiment il n’y a plus rien à forer !!! Contradiction, vous dis-je.</strong></p>

<p>L’obscurantisme a ses zélateurs. La peur fait vendre et il y a un public qui aime ça. Mais, pour moi, ce catastrophisme n’est en rien créateur, ni même stimulant. (Rappelons l’inertie qui suivit la publication, dans les années 70, des rapports de même type (Club de Rome, Rand Corporation).</p>

<p>La réalité et les perspectives rationnellement établies nous proposent des scénarios suffisamment noirs pour que nous soyons obligés d’agir et de sortir de notre torpeur. Les termes d’un diagnostic raisonnable sont les suivants : <u>quels que soient les modes d’évaluation, le stock d’énergies fossiles va progressivement s’épuiser</u>. </p>

<p>a)	<u>Les réserves</u></p>

<p>Selon le BP Statiscal Review of World Energy 2005, les réserves prouvées de pétrole, de gaz et de charbon restent encore suffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins mondiaux croissants dans un avenir immédiatement prévisible.</p>

<p><img alt="img_blog_240406_tab_01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_240406_tab_01.jpg" width="355" height="93" /></p>

<p>b)	<u>Facteurs minorants</u></p>

<p>Ces chiffres sont établis à partir d’une projection de l’offre et de la demande, telles que constatées ces quatre ou cinq dernières années. L’accélération de la demande doit nous inciter à moins d’optimisme.</p>

<p>-	La multiplication des incidents politiques limite l’accessibilité à certaines réserves : la flambée actuelle des cours est largement due à l’incertitude en Iran, aux crises internes (Venezuela, Koweït), à la rébellion au Nigeria… Les perturbations créées par ces conflits géopolitiques rendent, tour à tour, indisponibles 10 % (en moyenne) de la production mondiale.</p>

<p>-	L’augmentation de la demande de brut (1,8 % par an) s’accélère. Elle est due à une croissance très soutenue en Inde (7,3 %), en Chine (9,5 %), en Russie (6 %) et même aux USA (3,4 %).</p>

<p>-	L’offre est moins flexible. La disponibilité et l’accès aux réserves dépendent non seulement de la bonne volonté des états propriétaires de la rente, mais aussi des investissements à réaliser. Or, le secteur souffre d’un sous-investissement cumulé depuis quatre ou cinq ans. La mise en exploitation de nouveaux gisements exige des délais. C’est ce qui explique, en partie, la crise actuelle. Depuis le début de l’année, l’offre ne suit pas la demande.</p>

<p><img alt="img_blog_240406_tableau.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_240406_tableau.jpg" width="355" height="63" /></p>

<p>c)	<u>Facteurs majorants</u></p>

<p>Avec l’augmentation des prix, de nombreux investissements deviennent rentables. En 2006, toutes majors confondues, c’est 120 milliards de dollars qui vont être investis, 20 milliards de plus qu’en 2005, 50 milliards de plus qu’en 2001. Le nombre de forages va augmenter de 17 %, de nouvelles technologies deviennent rentables pour exploiter des bruts extra lourds (Venezuela, Canada), ou pour gazéifier le charbon, etc.</p>

<p>De ce fait, n’en déplaise à Eric Laurent, ces investissements vont permettre de majorer les réserves exploitables.</p>

<p><strong>En conclusion, il n’est pas déraisonnable de dire que nous avons bien 15 à 20 années devant nous. C’est peu, au regard de ce que l’histoire révèle de nos capacités d’adaptation. Mais c’est gérable, pour mettre en place des politiques énergétiques alternatives…à condition, bien sûr, de sortir de notre inertie actuelle et de vouloir faire feu de tout bois.</strong></p>

<p>Et sur cette question, il faudra bien lever aussi quelques contradictions. J’écoutais avec intérêt les arguments d’Yves Cochet qui faisait la fine bouche sur les carburants d’origine agricole : « qui supposent une agriculture productiviste ». Oui, mais peut-on plaider pour un après-pétrole, militer contre le nucléaire (75 % de l’électricité en France !) et refuser l’exploitation industrielle de la biomasse, des biocarburants… </p>

<p>Quand l’idéologie discrédite par avance toute alternative, je me méfie. Malgré la qualité des personnes, la sympathie que j’éprouve pour les Verts, je sens poindre une forme d’intégrisme. Nous savons tous que l’écologie politique a permis à nos anciens Trotskistes ou Maoïstes de se recycler dans l’altermondialisme. Mais il ne faudrait tout de même pas qu’une forme de messianisme écologique serve de légitimation à un pouvoir coercitif instaurant finalement cette forme d’ascétisme collectif qu’autrefois le modèle communiste entendait imposer. Attention au nouvel ordre moral !</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>MEL, les adhérents E. Leclerc, comment ça fonctionne ? Réponse à un article du journal « L’Expansion »</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/mel_les_adheren.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=588" title="MEL, les adhérents E. Leclerc, comment ça fonctionne ? Réponse à un article du journal « L’Expansion »" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.588</id>
    
    <published>2006-04-14T14:15:34Z</published>
    <updated>2006-04-14T14:23:17Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[Je r&eacute;ponds ici &agrave; CLEMENT qui, par deux fois (le 10 mars et le 12 avril), a sollicit&eacute; mon avis sur une publication du mensuel L&rsquo;Expansion (num&eacute;ro de f&eacute;vrier). Et j&rsquo;en profite pour r&eacute;tablir quelques v&eacute;rit&eacute;s&hellip;sans langue de bois.L&rsquo;article de L&rsquo;Expansion Ne prenons pas de gants : cet article est d&eacute;bile. Et comme je n&rsquo;ose pas penser que la r&eacute;daction &eacute;tait mal intentionn&eacute;e, j&rsquo;attribue ce d&eacute;lire journalistique &agrave; la &laquo; jeunesse &raquo; d&rsquo;un journaliste qui, voulant sans doute ne pas &ecirc;tre &laquo; politiquement correct &raquo;, a c&eacute;d&eacute; &agrave; la mode du sarcasme et de la d&eacute;rision. Mais en cherchant &agrave; d&eacute;mystifier mon r&ocirc;le, il a compl&egrave;tement caricatur&eacute; le fonctionnement de mon groupe. Il en a fait, comme vous dites, &laquo; un village gaulois &raquo;. Du coup, le lecteur ne comprend pas &agrave; quoi est due sa performance commerciale. Si MEL n&rsquo;est qu&rsquo;un &laquo; communicant &raquo;, si les adh&eacute;rents ne sont que des notables, comment se fait-il que Leclerc ait pris la t&ecirc;te des hypermarch&eacute;s fran&ccedil;ais ? Les professionnels du secteur ont d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; &laquo; sci&eacute;s &raquo; de voir la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; avec laquelle cette revue, pourtant appr&eacute;ci&eacute;e pour son s&eacute;rieux, a trait&eacute; de notre organisation. Jugez-en : aucun des adh&eacute;rents qui,...]]></summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Distrib.)" />
            <category term="Distribution" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Management" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><em>Je r&eacute;ponds ici &agrave; CLEMENT qui, par deux fois (le <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/03/bd_angouleme_un_festival_dans.php#c9381">10 mars</a> et le <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/steaks_contamin.php#c9770">12 avril</a>), a sollicit&eacute; mon avis sur une publication du mensuel L&rsquo;Expansion (num&eacute;ro de f&eacute;vrier). Et j&rsquo;en profite pour r&eacute;tablir quelques v&eacute;rit&eacute;s&hellip;sans langue de bois.</em><br /><u><br />L&rsquo;article de L&rsquo;Expansion </u><br /><br />Ne prenons pas de gants : cet article est d&eacute;bile. Et comme je n&rsquo;ose pas penser que la r&eacute;daction &eacute;tait mal intentionn&eacute;e, j&rsquo;attribue ce d&eacute;lire journalistique &agrave; la &laquo; jeunesse &raquo; d&rsquo;un journaliste qui, voulant sans doute ne pas &ecirc;tre &laquo; politiquement correct &raquo;, a c&eacute;d&eacute; &agrave; la mode du sarcasme et de la d&eacute;rision. Mais en cherchant &agrave; d&eacute;mystifier mon r&ocirc;le, il a compl&egrave;tement caricatur&eacute; le fonctionnement de mon groupe. Il en a fait, comme vous dites, &laquo; un village gaulois &raquo;. Du coup, le lecteur ne comprend pas &agrave; quoi est due sa performance commerciale. Si MEL n&rsquo;est qu&rsquo;un &laquo; communicant &raquo;, si les adh&eacute;rents ne sont que des notables, comment se fait-il que Leclerc ait pris la t&ecirc;te des hypermarch&eacute;s fran&ccedil;ais ? Les professionnels du secteur ont d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; &laquo; sci&eacute;s &raquo; de voir la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; avec laquelle cette revue, pourtant appr&eacute;ci&eacute;e pour son s&eacute;rieux, a trait&eacute; de notre organisation. Jugez-en : aucun des adh&eacute;rents qui, &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s, dirigent le groupement, n&rsquo;est cit&eacute;, alors que d&rsquo;autres se voient promus &laquo; barons &raquo; du syst&egrave;me, ce dont ils se seraient bien pass&eacute;s. Pire, pas une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Edouard Leclerc lui-m&ecirc;me, dans cet article, alors qu&rsquo;au moment o&ugrave; le journaliste faisait son investigation, mon p&egrave;re assurait les fonctions de Pr&eacute;sident. <br /><br />Rectifions donc.<br /><u><br />Le Groupement, sa sp&eacute;cificit&eacute; </u><br /><br />Les Centres E. Leclerc n&rsquo;appartiennent pas &agrave; ma famille. Ni Edouard Leclerc, ni Michel-Edouard Leclerc n&rsquo;ont d&rsquo;actions, ni m&ecirc;me de stock-options. Mon p&egrave;re a cr&eacute;&eacute; l&rsquo;enseigne, il a longtemps pr&eacute;sid&eacute; le mouvement qui est organis&eacute; sous la forme d&rsquo;une coop&eacute;rative de commer&ccedil;ants ind&eacute;pendants.<br /><br />Chacun des 500 adh&eacute;rents est propri&eacute;taire de son magasin (certains en ont deux). Ils re&ccedil;oivent le droit d&rsquo;exploiter l&rsquo;enseigne &agrave; condition de respecter un contrat. Le cahier des charges stipule des engagements de solidarit&eacute; (cautionnement des nouveaux adh&eacute;rents, mutualisation de certains co&ucirc;ts, participation &agrave; la vie collective, etc.). Il exige le respect d&rsquo;une politique de prix.<br /><br />La vie du groupement s&rsquo;organise donc autour de deux p&ocirc;les :<br /><br />- Une association loi 1901 que je pr&eacute;side. C&rsquo;est dans ce cadre qu&rsquo;il m&rsquo;appartient de &laquo; garder le temple &raquo;, de d&eacute;fendre les valeurs et la cr&eacute;dibilit&eacute; de l&rsquo;enseigne, d&rsquo;impulser ses actions et d&rsquo;assurer sa communication.<br /><br />- Des outils commerciaux, r&eacute;gionaux ou nationaux, organiquement rattach&eacute;s au Groupement d&rsquo;Achat, o&ugrave; viennent travailler, de toute la France, nos adh&eacute;rents r&eacute;unis en groupes de travail sp&eacute;cialis&eacute;s. Un directoire constitu&eacute; des adh&eacute;rents de Cahors, Saintes, Olonne-sur-Mer et Bonneuil, y planifie les t&acirc;ches collectives et coordonne toutes les fonctions op&eacute;rationnelles.<br /><br />Dans toutes ces structures, les d&eacute;cisions sont prises sur la base du principe : un homme/une voix. Pas de discrimination selon le chiffre d&rsquo;affaires ou la taille du magasin.<br /><u><br />Mon r&ocirc;le </u><br /><br />En m&ecirc;me temps que les autres administrateurs de l&rsquo;Association, je suis &eacute;lu par l&rsquo;Assembl&eacute;e G&eacute;n&eacute;rale des adh&eacute;rents. Ils m&rsquo;ont d&eacute;j&agrave; renouvel&eacute; leur confiance quatre fois. Pour donner plus de coh&eacute;rence aux d&eacute;cisions collectives, <u>je pr&eacute;side un comit&eacute; strat&eacute;gique qui est un conseil d&rsquo;administration &eacute;largi aux seize &eacute;lus des coop&eacute;ratives r&eacute;gionales.</u><br /><br />a)&nbsp;&nbsp; &nbsp;C&rsquo;est dans cette instance que sont prises toutes les d&eacute;cisions importantes de l&rsquo;enseigne (commerciales, financi&egrave;res, d&eacute;veloppement). Ces d&eacute;cisions sont pr&eacute;par&eacute;es par des groupes d&rsquo;adh&eacute;rents qui se sp&eacute;cialisent sur tel ou tel sujet. Mes collaborateurs, des juristes, des cabinets conseils &eacute;ventuellement, les assistent.<br /><br />Je r&eacute;unis, tous les quinze jours, le comit&eacute; strat&eacute;gique. Comme dans une coop&eacute;rative, une non d&eacute;cision &eacute;quivaut &agrave; la paralysie, je recherche autant que possible un consensus (ce qui suppose de faire &oelig;uvre de beaucoup de p&eacute;dagogie). A d&eacute;faut d&rsquo;obtenir un accord g&eacute;n&eacute;ral, il m&rsquo;appartient d&rsquo;arbitrer.<br /><br />b)&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ma force, c&rsquo;est de ne jamais m&rsquo;&eacute;loigner du terrain, d&rsquo;&ecirc;tre en relation directe avec l&rsquo;op&eacute;rationnel. Pour ne pas risquer d&rsquo;&ecirc;tre &laquo; un pr&eacute;sident sur orbite &raquo;,<u> j&rsquo;ai gard&eacute; des fonctions commerciales</u> dans le Groupement d&rsquo;Achat (Galec), dans la soci&eacute;t&eacute; qui g&egrave;re nos MDD (Scamark), dans la soci&eacute;t&eacute; p&eacute;troli&egrave;re (dont la cr&eacute;ation fut d&rsquo;ailleurs ma premi&egrave;re contribution au Mouvement). Cette implication personnelle me permet de repr&eacute;senter ces soci&eacute;t&eacute;s aupr&egrave;s des F&eacute;d&eacute;rations industrielles, de l&rsquo;Administration, ou dans les n&eacute;gociations internationales (ce qui me vaut de pr&eacute;sider <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/02/coopernic_la_premiere_alliance.php">Coopernic, Cf. ma note du 16/02/06</a>).<br /><br /><u>Mes rapports avec les adh&eacute;rents </u><br /><br />L&rsquo;article de L&rsquo;Expansion titrait : &laquo; Chez Leclerc, MEL ne fait pas la loi, il doit rendre compte aux patrons des magasins &raquo;. Tu parles d&rsquo;un scoop ! Eh oui, ami journaliste, quand Jos&eacute;-Luis Duran (Carrefour) ou Jean-Charles Naouri (Casino) rendent compte &agrave; leurs actionnaires, MEL &oelig;uvre pour ses adh&eacute;rents. Ca n&rsquo;a quand m&ecirc;me rien d&rsquo;extraordinaire ! C&rsquo;est le contraire qui e&ucirc;t &eacute;t&eacute; &eacute;tonnant.<br /><br />a)&nbsp;&nbsp; &nbsp;Je connais tous les adh&eacute;rents E. Leclerc, leur magasin, quelquefois leur famille et leurs cadres. Au fil du temps, j&rsquo;ai nou&eacute; dans ce groupe de solides amiti&eacute;s. Aussi, l&rsquo;une de mes forces, c&rsquo;est de pouvoir m&rsquo;appuyer sur un groupe tr&egrave;s important d&rsquo;adh&eacute;rents leaders qui n&rsquo;h&eacute;sitent pas, avant qu&rsquo;on en fasse une directive nationale, &agrave; tester des options commerciales, &agrave; prendre les premiers risques, &agrave; faire &oelig;uvre de pionniers, souvent sans esp&eacute;rance de profits imm&eacute;diats. C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; eux qu&rsquo;avant d&rsquo;autres distributeurs, j&rsquo;ai pu lancer mon enseigne dans la parapharmacie, le voyage, la bijouterie, etc.<br /><br />b)&nbsp;&nbsp; &nbsp;Mais la force d&rsquo;une coop&eacute;rative, c&rsquo;est &laquo; quand tout le monde va au charbon &raquo;. Je d&eacute;fends ce mode d&rsquo;organisation. Pour moi, le coop&eacute;rateur n&rsquo;est pas qu&rsquo;un cotisant, encore moins un notable &agrave; entretenir. C&rsquo;est pourquoi une grosse partie de ma t&acirc;che, c&rsquo;est de f&eacute;d&eacute;rer tous ces hommes, les inciter &agrave; venir travailler dans des groupes sp&eacute;cialis&eacute;s, en r&eacute;gion, &agrave; Paris, &agrave; Bruxelles. Cette contribution permet de diminuer les co&ucirc;ts. C&rsquo;est un condens&eacute; d&rsquo;&eacute;nergie et d&rsquo;expertise. Et comme 95 % de nos adh&eacute;rents mouillent leur chemise &laquo; pour les coll&egrave;gues &raquo;, j&rsquo;ai &agrave; c&oelig;ur de faire en sorte que chacun d&rsquo;entre eux devienne &laquo; propri&eacute;taire &raquo; des d&eacute;cisions prises dans son domaine de comp&eacute;tences.<br /><br />c)&nbsp;&nbsp; &nbsp;Quelle est ma part d&rsquo;autonomie ? L&rsquo;Expansion se risque &agrave; une r&eacute;ponse contradictoire. &laquo; MEL agit sur commande de ses adh&eacute;rents &raquo;, affirme le journal. Mais il n&rsquo;h&eacute;site pourtant pas &agrave; parler de la grogne (&laquo; une contestation &raquo;) des adh&eacute;rents m&eacute;contents de mes positions anti-loi Galland. Faudrait savoir !<br /><br />C&rsquo;est m&eacute;conna&icirc;tre notre mode de fonctionnement que d&rsquo;imaginer un tel antagonisme. Qui peut croire que je peux tancer des ministres, fustiger publiquement une loi, et lancer plusieurs vagues de publicit&eacute; corrosive&hellip;sans l&rsquo;accord des adh&eacute;rents qui les financent !<br /><br />La r&eacute;partition des r&ocirc;les est pourtant claire :<br /><br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dans les magasins, sous condition de respecter le contrat d&rsquo;enseigne, les adh&eacute;rents sont les seuls d&eacute;cideurs (ce qui n&rsquo;exclut pas la concertation entre coll&egrave;gues, ou m&ecirc;me avec moi).<br />-&nbsp;&nbsp; &nbsp;Concernant la politique d&rsquo;enseigne, quels que soient les domaines d&rsquo;initiative (commercial, communication, etc.) et leur origine (adh&eacute;rent, cadre, moi-m&ecirc;me), les d&eacute;cisions sont valid&eacute;es en conseil d&rsquo;administration et en assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale (une tous les mois et demi). C&rsquo;est mon r&ocirc;le exclusif que de tout mettre en musique (organisation interne, effets externes).<br /><br />d)&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les adh&eacute;rents n&rsquo;attendent pas que je sois leur clone, ni m&ecirc;me le meilleur d&rsquo;entre eux en gestion ou en merchandising. Pas plus que G&eacute;rard Mulliez (Auchan) ou Philippe Houz&eacute; (Monoprix), je ne participe &agrave; toutes les n&eacute;gociations commerciales. Mais quand il le faut (et &ccedil;a arrive souvent), j&rsquo;interviens.<br /><br />De leur pr&eacute;sident, les coop&eacute;rateurs attendent qu&rsquo;il soit visionnaire, f&eacute;d&eacute;rateur, qu&rsquo;il donne les bonnes impulsions, qu&rsquo;il produise &laquo; de bonnes ondes &raquo;. Tant mieux s&rsquo;il est embl&eacute;matique (m&eacute;diatique). G&eacute;nial, s&rsquo;il est en plus accessible.<br /><br />Je ne crois pas m&rsquo;&ecirc;tre tromp&eacute; quand j&rsquo;ai su &eacute;viter &agrave; mon groupe le co&ucirc;teux investissement de la vente &agrave; domicile, des cybercentrales, etc. Pas plus, quand j&rsquo;ai lanc&eacute; mes amis dans l&rsquo;expansion europ&eacute;enne, l&rsquo;alliance avec Syst&egrave;me U, puis Conad, et aujourd&rsquo;hui dans Coopernic. Le groupe doit une bonne part de son d&eacute;veloppement &agrave; mon insistance &agrave; diversifier le non alimentaire, avec tous ces concepts sp&eacute;cialis&eacute;s qui font notre diff&eacute;rence.<br /><br />Il ne m&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; facile de convaincre les adh&eacute;rents de supprimer les sacs plastiques aux caisses. Mais ils n&rsquo;ont pas mis trois ans, sur mon impulsion, &agrave; devenir les leaders fran&ccedil;ais du commerce &eacute;quitable.<br /><br />En conclusion, je suis content qu&rsquo;on ait &eacute;vit&eacute; &agrave; mon p&egrave;re cette mauvaise querelle. Il pr&eacute;sidait le groupe jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Je n&rsquo;ai fait que chausser ses habits, apr&egrave;s l&rsquo;avoir assist&eacute; pendant quinze ans. Normal qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;occasion de cette passation, quelques lobbies essaient de &laquo; mettre un coin &raquo; entre les adh&eacute;rents et moi. Dommage que L&rsquo;Expansion s&rsquo;en soit fait l&rsquo;instrument !</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Giscard, Bayrou, Badinter, Montebourg (etc.) et les institutions : peut-on vraiment parler d’une crise de régime ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/giscard_bayrou.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=587" title="Giscard, Bayrou, Badinter, Montebourg (etc.) et les institutions : peut-on vraiment parler d’une crise de régime ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.587</id>
    
    <published>2006-04-13T11:52:26Z</published>
    <updated>2006-04-13T12:06:01Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[L&rsquo;expression est forte. J&rsquo;y adh&egrave;re si l&rsquo;on parle du comportement des hommes &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des institutions. F. Bayrou a mille fois raison quand il stigmatise un pouvoir cherchant d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment &agrave; instrumentaliser le droit. Mais pour autant, je trouve qu&rsquo;on ne peut pas parler v&eacute;ritablement de crise des institutions, ni de leur inad&eacute;quation &agrave; la situation pr&eacute;sente. Au contraire, m&ecirc;me ! Ce sont ces institutions qui nous ont probablement pr&eacute;serv&eacute;s des ultimes d&eacute;rapages.Sur ce sujet, je n&rsquo;ai &eacute;videmment aucune comp&eacute;tence, aucune expertise particuli&egrave;re. Comme tout citoyen passionn&eacute; par le d&eacute;bat public, je m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; la vie politique en ce qu&rsquo;elle conditionne notre vie quotidienne. Mais vu l&rsquo;urgence &agrave; r&eacute;former notre pays, la question de la stabilit&eacute; et de la cr&eacute;dibilit&eacute; des institutions me para&icirc;t vitale (ne serait-ce que pour &laquo; faire avec &raquo; ou &laquo; se prot&eacute;ger de l&rsquo;arbitraire &raquo; !).1) Cette semaine donc, politiques, politologues, profs de droit, &eacute;ditorialistes ont nourri l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on avait v&eacute;cu une grave crise des institutions.a) A droite, J.M. Le Pen a &eacute;t&eacute; le plus virulent. Il a accus&eacute; le Pr&eacute;sident de commettre &laquo; un attentat permanent contre l&rsquo;&eacute;tat de droit &raquo;. Giscard, lui, parle de &laquo; d&eacute;sorganisation des institutions&hellip;&agrave; un niveau inconnu depuis le d&eacute;but...]]></summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Pol.)" />
            <category term="Politique" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><u>L&rsquo;expression est forte. J&rsquo;y adh&egrave;re si l&rsquo;on parle du comportement des hommes &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des institutions. F. Bayrou a mille fois raison quand il stigmatise un pouvoir cherchant d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment &agrave; instrumentaliser le droit. Mais pour autant, je trouve qu&rsquo;on ne peut pas parler v&eacute;ritablement de crise des institutions, ni de leur inad&eacute;quation &agrave; la situation pr&eacute;sente. Au contraire, m&ecirc;me ! Ce sont ces institutions qui nous ont probablement pr&eacute;serv&eacute;s des ultimes d&eacute;rapages.</u><br /><br /><em>Sur ce sujet, je n&rsquo;ai &eacute;videmment aucune comp&eacute;tence, aucune expertise particuli&egrave;re. Comme tout citoyen passionn&eacute; par le d&eacute;bat public, je m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; la vie politique en ce qu&rsquo;elle conditionne notre vie quotidienne. Mais vu l&rsquo;urgence &agrave; r&eacute;former notre pays, la question de la stabilit&eacute; et de la cr&eacute;dibilit&eacute; des institutions me para&icirc;t vitale (ne serait-ce que pour &laquo; faire avec &raquo; ou &laquo; se prot&eacute;ger de l&rsquo;arbitraire &raquo; !).</em><br /></p><p><br />1) <u>Cette semaine donc, politiques, politologues, profs de droit, &eacute;ditorialistes ont nourri l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on avait v&eacute;cu une grave crise des institutions.</u><br /><br />a) <u>A droite</u>, J.M. Le Pen a &eacute;t&eacute; le plus virulent. Il a accus&eacute; le Pr&eacute;sident de commettre &laquo; un attentat permanent contre l&rsquo;&eacute;tat de droit &raquo;. Giscard, lui, parle de &laquo; d&eacute;sorganisation des institutions&hellip;&agrave; un niveau inconnu depuis le d&eacute;but de la V&egrave;me R&eacute;publique &raquo; ! F. Bayrou en rajoute : &laquo; On est arriv&eacute; &agrave; un moment o&ugrave; l&rsquo;effondrement des institutions devient accablant &raquo;.<br /><br />b) <u>A gauche</u>, A. Montebourg pr&ocirc;ne la 6&egrave;me R&eacute;publique. R. Badinter consid&egrave;re que &laquo; si nous &eacute;tions dans une d&eacute;mocratie o&ugrave; le parlement joue son r&ocirc;le, le gouvernement serait tomb&eacute; &raquo;. R.G. Schwartzenberg accuse carr&eacute;ment Chirac de d&eacute;voiement des institutions quand &laquo; d&eacute;positaire de l&rsquo;autorit&eacute; publique&hellip;.(il prend) des mesures destin&eacute;es &agrave; faire &eacute;chec &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution de la loi &raquo;. G. Carcassonne dit de m&ecirc;me.<br /></p><p><br />2) <u>Le feuilleton des annonces (intentions et d&eacute;dits) est effectivement accablant.</u><br /><br />-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le recours au 49-3, alors que le gouvernement dispose d&rsquo;une vaste majorit&eacute; (tout &ccedil;a pour aller plus vite), puis la confiscation du vote parlementaire par le Pr&eacute;sident.<br />-&nbsp;&nbsp;&nbsp; La promulgation par J. Chirac, mais aussi l&rsquo;engagement de ne pas appliquer la loi.<br />-&nbsp;&nbsp;&nbsp; La dessaisie du gouvernement au profit du parti majoritaire au parlement.<br />-&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;appropriation par le Pr&eacute;sident des b&eacute;n&eacute;fices d&rsquo;une &eacute;ventuelle proposition de loi (confusion des pouvoirs).<br />-&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;annonce du remplacement du CPE, vot&eacute; et promulgu&eacute;, par une autre mesure l&eacute;gislative.<br /><br />D&eacute;cid&eacute;ment, tout cela fait d&eacute;sordre. La le&ccedil;on de P. Mazeau &agrave; nos gouvernants n&rsquo;a pas eu&nbsp; beaucoup d&rsquo;&eacute;cho. Le fid&egrave;le gaulliste et d&eacute;fenseur de la constitution a d&ucirc; avoir quelques haut-le-c&oelig;ur ces derni&egrave;res semaines (<a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/01/reforme_de_letat_pour_sauver_l.php">cf. ma note du 4/01/06</a>).</p><p><br />3) <u>Cependant, dans nos Sorbonne, aucun &laquo; publiciste &raquo; n&rsquo;a vraiment parl&eacute; d&rsquo;entrave &agrave; la Constitution</u>, ce qui, pour le moins, rend excessif le titre de l&rsquo;&eacute;ditorial de Marianne (8/04/06), &laquo; Le putsch institutionnel &raquo;, sign&eacute; du non moins excessif J.F. Kahn.<br /><br />Oui, il d&eacute;conne un brin notre JFK quand il parle de &laquo; sovi&eacute;tisation institutionnelle de la France &raquo;. Il e&ucirc;t &eacute;t&eacute; plus juste (et tout aussi s&eacute;v&egrave;re) de parler de politique de Gribouille.<br /><br />Ce &agrave; quoi nous avons assist&eacute; n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une crise politique, jou&eacute;e de la plus m&eacute;diocre fa&ccedil;on, par des protagonistes auxquels l&rsquo;initiative n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;&eacute;chapper. D&rsquo;ailleurs, personne ne conteste qu&rsquo;&agrave; d&eacute;faut de &laquo; la sortie &raquo; pr&eacute;sent&eacute;e lundi, c&rsquo;est la d&eacute;mission de Villepin qui aurait &eacute;t&eacute; envisag&eacute;e. La logique constitutionnelle (comme pour A. Jupp&eacute; ou, autrefois, E. Cresson) aurait fini par s&rsquo;imposer.</p><p><br />4) <u>La droite au pouvoir n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;exclusivit&eacute; de ces d&eacute;rives.</u><br /><br />Certes, c&rsquo;est sa barque qui est la plus charg&eacute;e. Mais laissez-moi rappeler deux faits :<br /><br />a) S&eacute;gol&egrave;ne Royal, Pr&eacute;sident de la r&eacute;gion Poitou-Charentes, respecte-t-elle la d&eacute;mocratie quand, pour l&rsquo;obtention des subventions, elle discrimine par avance les entreprises qui auront adopt&eacute; le CPE (pourtant vot&eacute; au parlement) ?<br />b) J&rsquo;&eacute;coutais B. Thibault interrog&eacute; par J.P. Elkabbach (Europe 1, 04/04/06). A quelle l&eacute;galit&eacute; se r&eacute;f&egrave;re le syndicaliste quand il conteste la l&eacute;gitimit&eacute; d&rsquo;un vote parlementaire au motif que, dans certains cas, &laquo; la d&eacute;mocratie doit tenir compte avant tout de l&rsquo;expression du mouvement social dans la rue, les universit&eacute;s&hellip; &raquo;. Trois millions de manifestants, des syndicats qui repr&eacute;sentent 7 % des salari&eacute;s, peuvent-ils remettre en cause les choix parlementaires et par l&agrave; m&ecirc;me nier sa repr&eacute;sentativit&eacute; ? Si J.F. Kahn d&eacute;nonce la sovi&eacute;tisation des institutions, au moins pourrait-il alors y inclure syndicats et partis politiques, y compris ceux de gauche.<br /></p><p><br />5) <u>Ce qui est en cause, ce ne sont donc pas nos institutions </u>(qu&rsquo;il faut, bien s&ucirc;r, moderniser),<u> c&rsquo;est la pratique &laquo; de ceux qui nous gouvernent &raquo;</u> (E.A. Seilli&egrave;re). J&rsquo;adh&egrave;re au diagnostic de F. Ch&eacute;r&egrave;que : &laquo; Nous vivons une crise de la repr&eacute;sentation politique &raquo;. Ce que ressent aussi Patrick Sabatier (Lib&eacute;, 10/04/06) qui parle du &laquo; discr&eacute;dit &raquo; et &laquo; du rejet massif qui frappe tous les partis politiques de gauche comme de droite &raquo;.<br /><br />Nous l&rsquo;avons dit ici, l&rsquo;erreur de Villepin a &eacute;t&eacute; une formidable aubaine pour des syndicats, des partis, des hommes politiques, et m&ecirc;me des pr&eacute;sidents d&rsquo;universit&eacute;&hellip;dont on ne peut d&eacute;cemment pas dire qu&rsquo;ils &eacute;taient en phase avec les attentes sociales. La crise leur a permis d&rsquo;&ecirc;tre &laquo; acteurs &raquo; plut&ocirc;t que &laquo; sujets &raquo; de la contestation. On n&rsquo;a toujours pas compris comment tous ceux-l&agrave; envisageaient <u>s&eacute;rieusement</u> de finir la pi&egrave;ce.<br /><br />Dans le JDD, ce week-end, VGE &eacute;crivait : Une fois &laquo; le fonctionnement des institutions (&hellip;) r&eacute;tabli, la cause de l&rsquo;agitation lyc&eacute;enne et &eacute;tudiante dispara&icirc;t du m&ecirc;me coup &raquo;. <br /><br />Eh bien, non, justement. Les lyc&eacute;ens r&eacute;int&egrave;greront probablement leurs lyc&eacute;es, faute de pouvoir clouer Villepin au pilori. Mais la plaie reste ouverte et la pol&eacute;mique sur les institutions ne fera que l&rsquo;occulter.<br /></p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Steaks contaminés à E. Coli : où en est l’affaire ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/steaks_contamin.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=586" title="Steaks contaminés à E. Coli : où en est l’affaire ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.586</id>
    
    <published>2006-04-12T14:21:00Z</published>
    <updated>2006-04-12T16:34:15Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[Tout le monde, dans mon enseigne, s'&eacute;tait interdit de communiquer sur le fond de cette affaire, par respect pour les malades, par d&eacute;cence, et tant que l'enqu&ecirc;te ouverte par le Parquet n'est pas conclue. Pour ne pas influencer les victimes, nous n'avons pas cherch&eacute; &agrave; rentrer directement en relation avec elles. Et les administrations ne nous tiennent pas particuli&egrave;rement inform&eacute;s des donn&eacute;es les plus r&eacute;centes. Aussi, celles que je livre sur mon blog proviennent uniquement de mes services internes.Etat des lieux :(voir la note pr&eacute;c&eacute;dente sur le sujet : &quot;Intoxication e. coli : &eacute;tat des lieux&quot;)1)&nbsp; Des vies sont-elles encore en danger ?Non. Mais deux ou trois enfants (dont le petit Diego) avaient &eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement atteints. Malheureusement, les m&eacute;decins confirment qu'ils pourraient garder des s&eacute;quelles.2)&nbsp; Tous les clients ont-ils &eacute;t&eacute; avertis ?On a tout fait pour cela. Tous les porteurs de carte de fid&eacute;lit&eacute; ont pu &ecirc;tre contact&eacute;s. Idem pour ceux qui ont pay&eacute; par CB. Ils l'ont &eacute;t&eacute; par l'interm&eacute;diaire de nos cellules de crise, par les magasins directement, ou par les banques qui nous ont aid&eacute;s (pour les porteurs de CB, il s'agit de clients communs !). Les autres, ceux qui ont pay&eacute; en liquide (7 &agrave; 8...]]></summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Conso.)" />
            <category term="Consommation" />
            <category term="Objectif qualité" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p>Tout le monde, dans mon enseigne, s'&eacute;tait interdit de communiquer sur le fond de cette affaire, par respect pour les malades, par d&eacute;cence, et tant que l'enqu&ecirc;te ouverte par le Parquet n'est pas conclue. Pour ne pas influencer les victimes, nous n'avons pas cherch&eacute; &agrave; rentrer directement en relation avec elles. Et les administrations ne nous tiennent pas particuli&egrave;rement inform&eacute;s des donn&eacute;es les plus r&eacute;centes. Aussi, celles que je livre sur mon blog proviennent uniquement de mes services internes.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">Etat des lieux :</span></p><p><a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2005/11/intoxication_e_coli_etat_des_l.php"><u><span style="text-decoration: underline">(voir la note pr&eacute;c&eacute;dente sur le sujet : &quot;Intoxication e. coli : &eacute;tat des lieux&quot;)</span></u></a><br /><br /><span style="text-decoration: underline">1)&nbsp; Des vies sont-elles encore en danger ?</span><br /><br />Non. Mais deux ou trois enfants (dont le petit Diego) avaient &eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement atteints. Malheureusement, les m&eacute;decins confirment qu'ils pourraient garder des s&eacute;quelles.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">2)&nbsp; Tous les clients ont-ils &eacute;t&eacute; avertis ?</span><br /><br />On a tout fait pour cela. Tous les porteurs de carte de fid&eacute;lit&eacute; ont pu &ecirc;tre contact&eacute;s. Idem pour ceux qui ont pay&eacute; par CB. Ils l'ont &eacute;t&eacute; par l'interm&eacute;diaire de nos cellules de crise, par les magasins directement, ou par les banques qui nous ont aid&eacute;s (pour les porteurs de CB, il s'agit de clients communs !). Les autres, ceux qui ont pay&eacute; en liquide (7 &agrave; 8 %), n'ont pu &eacute;chapper aux informations longtemps et clairement diffus&eacute;es en magasin, dans la presse r&eacute;gionale et par les m&eacute;dias qui ont tous largement couvert cet &eacute;v&egrave;nement.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">3)&nbsp; Combien de personnes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;ellement contamin&eacute;es ? La TV a parl&eacute; d'une trentaine de personnes, le journal Sud-Ouest de 69 victimes&hellip; ?</span><br /><br />Nos estimations font &eacute;tat d'un nombre plus &eacute;lev&eacute;. L'explication tient au fait que l'Institut de Veille Sanitaire ne retient que les malades d&eacute;clar&eacute;s &agrave; l'h&ocirc;pital ou qui sont pass&eacute;s par un service m&eacute;dical.<br /><br />a)&nbsp; Pour notre part, nous avons invit&eacute; les victimes &agrave; contacter, via les magasins qu'ils fr&eacute;quentent, un cabinet sp&eacute;cialis&eacute; dans le traitement des situations de crise, &quot; Equad &quot;, bas&eacute; &agrave; Toulouse. Il dispose d'experts locaux (implant&eacute;s dans le Sud-Ouest) capables de r&eacute;gler les aspects financiers, techniques, mais surtout humains de ce type de sinistre (ils ont travaill&eacute; sur le drame d'AZF).<br /><br />b)&nbsp; <span style="text-decoration: underline">380 dossiers ont &eacute;t&eacute; ouverts pour des familles</span> qui d'elles-m&ecirc;mes ont &eacute;tabli un lien entre des sympt&ocirc;mes ressentis et la consommation de steaks.<br /><br />c)&nbsp; Apr&egrave;s analyse, il s'av&egrave;re d&eacute;j&agrave; que <span style="text-decoration: underline">118 de ces dossiers ne concernent pas cette contamination.</span> Il s'agit de personnes qui sont venues de bonne foi chercher une explication &agrave; des troubles dont ils ne connaissaient pas l'origine. Quelques dossiers un peu tordus aussi ! D'autant que des victimes vont jusqu'&agrave; r&eacute;clamer des d&eacute;dommagements pour un chat, deux chiens, et m&ecirc;me un poisson exotique !!! (je ne plaisante pas !) qui aurait consomm&eacute; du steak.<br /><br /><span style="font-style: italic">Vu qu'il est prioritaire de rechercher tous les malades, nous devons recueillir toutes les informations. Mais vous comprenez aussi qu'il nous faut tout passer au crible et tenir compte de la mauvaise foi, de l'erreur, et m&ecirc;me des pi&egrave;ges qui peuvent nous &ecirc;tre tendus. Certains ne s'en sont pas priv&eacute;s !</span><br /><br />d)&nbsp; Le cabinet &quot; Equad &quot; classe l'importance des dossiers selon une r&egrave;gle de pretium doloris en vigueur dans les soci&eacute;t&eacute;s d'assurance. Sur une &quot; &eacute;chelle de gravit&eacute; &quot; qui va de 1 &agrave; 7, Equad retient tous les dossiers d&egrave;s le niveau 1 (d&eacute;claration d'un sympt&ocirc;me).<br /><br />e)&nbsp; <span style="text-decoration: underline">40 dossiers sont unanimement jug&eacute;s &quot; graves &quot; :</span> une dizaine ont fait l'objet d'avances de tr&eacute;sorerie pour couvrir les frais d'hospitalisation engag&eacute;s par les parents.<br /><br />f)&nbsp; Un tiers des cas fait l'objet d'expertises m&eacute;diales compl&eacute;mentaires.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">4)&nbsp; Y-a-t-il des plaintes ?</span><br /><br />Oui. Deux magasins ont &eacute;t&eacute; assign&eacute;s <span style="text-decoration: underline">au civil. </span><br /><br /><span style="text-decoration: underline">Au p&eacute;nal,</span> il y aurait un d&eacute;p&ocirc;t de plainte (contre X) et un autre directement contre SOVIBA, le fournisseur &agrave; l'origine de la contamination.<br /><br />En fait, il est trop t&ocirc;t pour avoir une id&eacute;e du nombre exact de plaignants.<br /><br />a)&nbsp; Les victimes sont tent&eacute;es d'attendre le r&eacute;sultat de l'enqu&ecirc;te de gendarmerie pour savoir s'ils d&eacute;poseront plainte au p&eacute;nal.<br />b)&nbsp; La plupart pr&eacute;f&egrave;rent d'abord essayer de r&eacute;gler leur probl&egrave;me de d&eacute;dommagement civil, ce qui serait retard&eacute; s'il y avait plainte au p&eacute;nal.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">5)&nbsp; L'enqu&ecirc;te, comme semble le dire le Nouvel Observateur, a-t-elle fait appara&icirc;tre l'existence d'une pr&eacute;c&eacute;dente contamination ?</span><br /><br />Les enqu&ecirc;teurs ne communiquent pas. Et c'est normal. En fait, c'est un journaliste de &quot; Lin&eacute;aires &quot; (mensuel sp&eacute;cialis&eacute; de la distribution) qui a &eacute;voqu&eacute; cette possibilit&eacute;. Un premier cas de contamination aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;tect&eacute; par l'entreprise McKey, conditionneur travaillant pour McDo. Sa mati&egrave;re premi&egrave;re provient de SOVIBA (qui, rappelons-le, n'est pas une petite PME, mais l'un des plus gros fournisseurs de la distribution et des cha&icirc;nes de restauration). Les steaks auraient &eacute;t&eacute; d&eacute;truits et l'entreprise McKey d&eacute;dommag&eacute;e.<br /><br /><span style="text-decoration: underline">6)&nbsp; Les magasins E. Leclerc en avaient-ils &eacute;t&eacute; avertis ?</span><br /><br />Evidemment, non ! Sinon nous n'en serions pas l&agrave; ! C'est d'ailleurs ce que j'ai expliqu&eacute; &agrave; J.J. Chiquelin (Le Nouvel Observateur) qui enqu&ecirc;tait r&eacute;cemment sur cette affaire.<br /><br />L'information de &quot; Lin&eacute;aires &quot; a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e trois mois apr&egrave;s la livraison de steaks, plus d'un mois et demi apr&egrave;s le d&eacute;marrage de l'intoxication, et alors que nous avions rompu les relations commerciales avec SOVIBA. Nous n'avons jamais pu obtenir ni de SOVIBA, ni de McKey, ni de l'administration, confirmation de cette contamination pr&eacute;c&eacute;dente. <br /><br /><span style="text-decoration: underline">7)&nbsp; &quot; Le choix de la transparence, d&egrave;s la premi&egrave;re affaire, aurait-il pu &eacute;viter la seconde &quot;, comme le</span> sugg&egrave;re La D&eacute;p&ecirc;che du Midi (24/03/06)<br /><br />Assur&eacute;ment. Ces premiers faits, s'ils sont av&eacute;r&eacute;s, font porter &agrave; SOVIBA (et &agrave; McKey) une sacr&eacute;e responsabilit&eacute;. Pourquoi n'ont-ils pas communiqu&eacute; ? Pourquoi les laboratoires o&ugrave; se sont d&eacute;roul&eacute;es les pr&eacute;c&eacute;dentes analyses n'ont-ils pas communiqu&eacute; ? L'administration v&eacute;t&eacute;rinaire &eacute;tait-elle inform&eacute;e ? Et pourquoi, alors que l'Institut de Veille Sanitaire d&eacute;celait E. Coli dans le Sud-Ouest, personne n'a &eacute;t&eacute; capable d'&eacute;voquer ce pr&eacute;c&eacute;dent, ce qui aurait &eacute;videmment permis de resserrer plus rapidement les investigations ? <br /><br />Pour ma part, j'insiste : si l'enqu&ecirc;te fait appara&icirc;tre qu'une information pr&eacute;alable &eacute;tait possible et qu'on aurait pu &eacute;viter ce drame, je n'h&eacute;siterai pas &agrave; demander aux soci&eacute;t&eacute;s de mon groupe concern&eacute;es par cette affaire de poursuivre les fauteurs en justice.<br /><br /></p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>CPE : Qui osera se dire vainqueur...après une telle pagaille !</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/cpe_qui_osera_s_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=585" title="CPE : Qui osera se dire vainqueur...après une telle pagaille !" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.585</id>
    
    <published>2006-04-10T18:57:21Z</published>
    <updated>2006-04-18T18:01:38Z</updated>
    
    <summary> Photo pleine d&apos;humour et de sens... Azurs point net Ouf ! L’affaire du CPE est finalement « pliée » et c’est un soulagement. Quelle énergie perdue. Quel lamentable gâchis. Le pays s’est marginalisé ; jamais il n’est apparu aussi scotché dans son conservatisme, sa frilosité et sa dépendance à toutes les formes de corporatisme. Quand on pense que de l’affaire irakienne au référendum européen, et jusque dans le soutien à la candidature olympique de Paris, « la France universelle » s’autoproclamait porteuse du meilleur modèle social de développement : « Pschitt ! ». Ce matin, sur toutes les ondes, s’expriment les « vainqueurs », le flamboyant Jack Lang en tête. Mais qui peut décemment prétendre avoir gagné ! Et qu’apportent au pays ces partisans de l’autocongratulation… Le Président, le gouvernement : Ceux-là, c’est sûr, ont perdu leur autorité. Dans leur chute, ils entraînent celle de l’Etat tout entier. On peut, à la suite de F. Bayrou ou de certains constitutionnalistes (G. Carcassonne, R. Badinter), parler d’une crise des Institutions. (Je reviendrai, demain, sur ce sujet). Mais si nous venons de vivre une crise de régime, c’est moins celle de la Vème République que de la pratique chiraquienne du pouvoir....</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Eco)" />
            <category term="Actualités / Débats (Pol.)" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Politique" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_100406_college-bau.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_100406_college-bau.jpg" width="355" height="266" /><br />
Photo pleine d'humour et de sens... <a href="http://www.azurs.net/">Azurs point net</a></p>

<p><i>Ouf ! L’affaire du CPE est finalement « pliée » et c’est un soulagement. Quelle énergie perdue. Quel lamentable gâchis.</p>

<p><b>Le pays s’est marginalisé ; jamais il n’est apparu aussi scotché dans son conservatisme, sa frilosité et sa dépendance à toutes les formes de corporatisme</b>. Quand on pense que de l’affaire irakienne au référendum européen, et jusque dans le soutien à la candidature olympique de Paris, « la France universelle » s’autoproclamait porteuse du meilleur modèle social de développement : «  Pschitt ! ». </i></p>

<p>Ce matin, sur toutes les ondes, s’expriment les « vainqueurs », le flamboyant Jack Lang en tête. Mais qui peut décemment prétendre avoir gagné ! Et qu’apportent au pays ces partisans de l’autocongratulation…</p>

<p><u>Le Président, le gouvernement </u>: Ceux-là, c’est sûr, ont perdu leur autorité. <b>Dans leur chute, ils entraînent celle de l’Etat tout entier</b>. On peut, à la suite de F. Bayrou ou de certains constitutionnalistes (G. Carcassonne, R. Badinter), parler d’une crise des Institutions. (Je reviendrai, demain, sur ce sujet). Mais si nous venons de vivre une crise de régime, c’est moins celle de la Vème République que de la pratique chiraquienne du pouvoir. <b>Ce « pataquès », cette poussée de « chienlit », on les doit moins à notre déficit de démocratie qu’aux dérives de nos décideurs politiques</b>. Ils ont été franchement mauvais. Comme jamais, depuis longtemps (depuis la dernière dissolution ?).</p>

<p>En tout cas, Villepin y a perdu sa « superbe ». Le gouvernement va avoir du mal à reprendre la main. Les querelles d’hommes sont à leur paroxysme. Les parlementaires de l’UMP, douchés et en colère (un 49-3, une loi aux forceps…pour finir de la sorte !!!), auront, n’en doutons pas, la tentation du coup de pied de l’âne. Même les plus fidèles de la Chiraquie (à part JL Debré bien sûr) n’ont plus d’illusion sur « l’éclairage » du monarque.</p>

<p><u>Le « mouvement social »</u> : Assurément, l’affaire a été une sorte d’aubaine pour les syndicats. A Villepin, ils peuvent dire merci. Ils ont retrouvé une unité, exprimée dans les manifestations et face au gouvernement. Même Chérèque a pu sortir de son rôle de Saint Sébastien. Mais :</p>

<p>1)	Le quasi aval des syndicats pour les mesures qui vont remplacer le CPE…<b>brise l’alliance salariés-étudiants</b>. Ces derniers, encore enivrés par l’outrance de leur « ultimatum », <b> se retrouvent seuls, étourdis et sans autre forme de projet</b>.</p>

<p>2)	Recentré sur ses revendications antérieures, le mouvement syndical a certes obtenu le retrait du CPE, mais n’apparaît crédité d’aucune proposition alternative et concrète.</p>

<p><u>L’opposition</u> : Justement, il lui appartenait de relayer le mouvement social. Le PS (plus que le PC) s’est remis en selle. Le CPE a permis de « botoxer » les crevasses post-référendaires. Mais nulle part on n’a vu briller (même pas émerger) les contre-propositions, pour l’emploi, qu’on était en droit d’attendre d’elle.</p>

<p>Sur cette question des rigidités sociales, l’attitude du PS n’a pas permis de faire sauter les tabous. <b>Au contraire, nous voilà revenus à l’intangibilité des critères de licenciement</b>. On ne touche pas au Code du Travail. Tant pis si c’est un obstacle à l’emploi dans la PME. Les jeunes chômeurs attendront 2007.</p>

<p>Il reste à espérer que nos acteurs politiques et sociaux (professionnels inclus) aient suffisamment conscience de ce drame.</p>

<p>Nous sommes quelques-uns, sur ce blog, à nous revendiquer du « camp de l’action ». L’important, en effet, c’est de chercher à rebondir (« ne pas subir »). Ils sont plus nombreux qu’on le croit ces Français qui veulent qu’on réforme, qu’on innove, qu’on modernise. L’économiste, J. Marseille, dit : « Quand la France est au fond du trou, elle rebondit » (Libé, 8 et 9/04/06). Pour ma part, j’aime bien la métaphore que me rappelle souvent Edouard, mon père : « On est dans la merde ! <b>Mais n’oublions pas qu’il faut aussi du fumier pour faire pousser les fleurs</b> ». </p>

<p>Alors, ne prenons pas de pincettes, essayons de semer là-dessus…</p>

<p></p>

<p><br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Emploi : qui veut encore du CPE ?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/emploi_qui_veut.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=584" title="Emploi : qui veut encore du CPE ?" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.584</id>
    
    <published>2006-04-10T10:03:51Z</published>
    <updated>2006-04-10T18:05:17Z</updated>
    
    <summary>Il faut dire les choses comme elles sont ! Les chefs d’entreprises sont pour une plus grande flexibilité dans la conclusion comme dans le dénouement des contrats de travail. Mais la majorité ne veut pas, (ou ne veut plus) du CPE. Et personnellement, je rejoins ceux qui estiment que même remanié, amendé, ripoliné, le CPE ne mérite pas qu’on le défende mordicus, ni qu’à cause de lui, on mette le feu à la démocratie. Contrairement au CNE, dont le concept répond à une vraie exigence (levée de certains freins à l’embauche des TPE et artisans), le CPE est un produit vérolé, en tout cas trop hybride, pour être compris par les salariés, et utilisé sans risque juridique par les entreprises. 1. Il revient à Laurence Parisot d’avoir, dès les prémices de cette affaire, tiré la sonnette d’alarme. Elle a refusé l’instrumentalisation du Medef, ce qui eut été encore bien plus nuisible que les « forcing » de Villepin. Elle a obligé le politique à assumer « la méthode », préservant ainsi la capacité de renouer le dialogue social. Elle a (en quelque sorte) évité qu’on ternisse encore un peu plus l’image de l’entreprise et des patrons, si mise à mal...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (Eco)" />
            <category term="Economie" />
            <category term="Société" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p>Il faut dire les choses comme elles sont ! Les chefs d’entreprises sont pour une plus grande flexibilité dans la conclusion comme dans le dénouement des contrats de travail. <strong>Mais la majorité ne veut pas, (ou ne veut plus) du CPE.</strong>  Et personnellement, je rejoins ceux qui estiment que <strong>même remanié, amendé, ripoliné, le CPE ne mérite pas qu’on le défende mordicus, ni qu’à cause de lui, on mette le feu à la démocratie. </strong><br />
Contrairement au CNE, dont le concept répond à une vraie exigence (levée de certains freins à l’embauche des TPE et artisans), le CPE est un produit vérolé, en tout cas trop hybride, pour être compris par les salariés, et utilisé sans risque juridique par les entreprises.</p>

<p>1.  Il revient à <strong>Laurence Parisot d’avoir, dès les prémices de cette affaire, tiré la sonnette d’alarme.</strong> Elle a refusé l’instrumentalisation du Medef, ce qui eut été encore bien plus nuisible que les « forcing » de Villepin. Elle a obligé le politique à assumer « la méthode », préservant ainsi la capacité de renouer le dialogue social. Elle a (en quelque sorte) évité qu’on ternisse encore un peu plus l’image de l’entreprise et des patrons, si mise à mal dans l’utilisation à tout crin du mot « précarité ». (Je dis ceci d’autant plus sincèrement que je n’adhère pas au Medef !).</p>

<p>2.  Est-ce à dire que les patrons étaient tous contre l’idée du CPE ? Certainement pas. Contrairement à ce qu’on a dit ici ou là, la mesure n’a pas été concoctée dans la seule tête des énarques. A de multiple reprises, ces dix dernières années, j’ai vu nombre de patrons, à l’image d’un Dassault, d’un Bellon, pester contre les excès  du CDI, et « l’impossibilité de licencier » « sans casse » pour l’entreprise.<br />
La demande, que dis-je, la pression sur le politique était forte. Elle était d’ailleurs légitime. Et les syndicats faisaient l’autruche : « on ne touche pas aux acquis… ».</p>

<p>3.  Mais pour autant qu’existait cette demande de caractère général, celle-ci n’était exclusive d’aucune autres mesures, d’ailleurs jugées prioritaires (abaissement des charges, amélioration des qualifications etc.…). <strong>L’idée d’en faire une mesure spécifiquement destinée aux jeunes était d’autant plus absurde qu’en terme de coût (qualification) ou d’ancienneté, ce n’est pas cette population qui rend les licenciements les plus délicats.</strong></p>

<p>4.  Aussi, ce qui nous gêne tous, dans cette affaire, ce sont les vices de fabrication, les erreurs de marketing et les mauvais arguments de vente <strong>qui font du CPE un mauvais produit.<br />
Vice de fabrication ? </strong>Tout a été dit. Période d’essai trop longue, automaticité froide du licenciement…<br />
<strong>Erreur de marketing ?</strong> A qui est destiné le CPE. Aux « jeunes des banlieues sous-qualifiés », « aux jeunes tout court » ? Autant la cible du CNE est claire, autant celle du CPE ne l’est pas. Pas étonnant que les diplômés se soient sentis visés. </p>

<p><strong>Les arguments de vente ?</strong> Surfant en catastrophe sur les réactions populaires, les membres du gouvernement ont joué une partition tellement cacophonique qu’on s’est cru dans une partie de poker menteur :<br />
Ex :<br />
  a) « Vous les gosses de riches, n’êtes pas concernés, pensez aux <br />
    jeunes défavorisés »<br />
  b) « Mais vous les diplômés, concevez quand même que le CPE c’est <br />
    mieux   pour vous qu’un CDD ou qu’un de ces stages dont vous <br />
    dénoncez les abus. Etc…</p>

<p>5.  Dans ce contexte, je ne m’étonne pas des <strong>résultats de l’enquête CEGOS</strong>, (La Lettre de l’Expansion du 3/04/06). Une majorité de patrons hésiterait à recourir au CPE, et 44% y renonceraient à coup sûr.</p>

<p>6.  Le  politique a fait semblant de ne pas entendre cette résistance patronale. Thierry Breton a cru devoir tancer les indélicats. L’Union des Patrons Artisans (UPA), a peur qu’on revienne sur le CNE… Mais finalement, à la suite de Laurence Parisot, le représentant le plus musclé du patronat, Denis <br />
Gautier-Sauvagnac (UIMM) convient que le bâton est désormais merdeux.</p>

<p>7.  Je l’ai dit ici. <strong>Les 500 chefs d’entreprise qui composent le mouvement Leclerc n’étaient pas demandeurs du CPE.</strong> (Les magasins du groupe emploient 85 000 salariés dont 91% en CDI). Nous sommes d’accord avec Laurence Parisot pour qu’on réfléchisse, dans la refonte du droit du travail, « aux motifs de rupture, à la période d’essai et plus généralement à la séparabilité de l’entreprise et de l’employé ».</p>

<p>Mais surtout, nous souhaitons <strong>qu’on s’attaque à tous les  obstacles structurels qui freinent l’embauche, (revalorisation du travail manuel, filière courte de qualification, rapprochement école entreprise ...etc.)</strong>.</p>

<p>Encore faut-il qu’on sorte du bourbier actuel. S’obstiner dans l’erreur du CPE, c’est  se priver de toute possibilité de réforme avant longtemps dans ce pays.</p>

<p><br />
</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Carnet de route : arrêt sur quelques images du photographe Jean Bibard</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/carnet_de_route_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=583" title="Carnet de route : arrêt sur quelques images du photographe Jean Bibard" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.583</id>
    
    <published>2006-04-09T15:00:00Z</published>
    <updated>2006-04-10T17:53:36Z</updated>
    
    <summary>Il a pris quelques centaines de photos. Dans les usines et les exploitations agricoles mais aussi sur la route, dans les rues, dans les échoppes. Mon ami photographe a pointé ses objectifs sur la vie, celle que l’on a trop rapidement rencontrée, lors de ce cours déplacement en Inde. Extraits de son porte folio… Regards soutenus, aucun signe de commisération : une population fière, indépendante mais accueillante. Centre commercial au Kerala Transport collectif Grande surface Consommateur modèle (il rend le sac plastique) Tri sélectif &quot;biologique&quot;. Que de résidus de sacs plastique partout... Noblesse Les cornes des vaches sont peintes aux couleurs du parti politique que l&apos;on soutient Des produits d&apos;une exceptionnelle qualité malgré la pauvreté de moyens Economie d&apos;énergie dans la chaîne logistique &quot;Faut pas avoir l&apos;air de poser !&quot; MEL et ses collaborateurs, Charles Ly Wa Hoï (développement durable), Philippe Séligmann et Abbas Mehta (notre chef de bureau à Chennay) Kerala : la population vit de la pêche et du tourisme &quot;The End&quot;...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Développement durable" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p>Il a pris quelques centaines de photos. Dans les usines et les exploitations agricoles mais aussi sur la route, dans les rues, dans les échoppes. Mon ami photographe a pointé ses objectifs sur la vie, celle que l’on a trop rapidement rencontrée, lors de ce cours déplacement en Inde.<br />
Extraits de son porte folio…</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_01.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Regards soutenus, aucun signe de commisération : une population fière, indépendante mais accueillante.</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_02.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_02.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Centre commercial au Kerala</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_03.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_03.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_04.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_04.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_05.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_05.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Transport collectif</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_06.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_06.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Grande surface</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_07.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_07.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Consommateur modèle (il rend le sac plastique)</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_08.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_08.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Tri sélectif "biologique". Que de résidus de sacs plastique partout...</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_08.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_09.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Noblesse</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_10.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_10.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Les cornes des vaches sont peintes aux couleurs du parti politique que l'on soutient</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_11.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_11.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Des produits d'une exceptionnelle qualité malgré la pauvreté de moyens</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_12.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_12.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Economie d'énergie dans la chaîne logistique</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_13.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_13.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>"Faut pas avoir l'air de poser !" MEL et ses collaborateurs, Charles Ly Wa Hoï (développement durable), Philippe Séligmann et Abbas Mehta (notre chef de bureau à Chennay)</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_14.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_14.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Kerala : la population vit de la pêche et du tourisme</p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_15.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_15.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p><img alt="img_blog_070406_folio_16.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_070406_folio_16.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>"The End"</p>]]> 
    </content>
</entry>
<entry>
    <title>Commerce équitable : Six questions à Tristan Lecomte (PDG d’Alter Eco)</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/04/commerce_equita_1.php" />
    <link rel="service.edit" type="application/atom+xml" href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/mt/320/mt-atom.cgi/weblog/blog_id=1/entry_id=582" title="Commerce équitable : Six questions à Tristan Lecomte (PDG d’Alter Eco)" />
    <id>tag:www.michel-edouard-leclerc.com,2006:/blog/m.e.l//1.582</id>
    
    <published>2006-04-05T11:06:01Z</published>
    <updated>2006-04-06T10:37:45Z</updated>
    
    <summary> Je lui dois l’intérêt que je porte au commerce équitable. Tout a commencé dans un amphi, il y a 4 ou 5 ans. Un jeune homme m’a interpellé, il venait de créer Alter Eco et ne voyait pas pourquoi les produits équitables ne seraient pas vendus en grande distribution. Depuis, nos chemins n’arrêtent pas de se croiser. Mon enseigne commercialise ses produits aux côtés des gammes Ethiquable, Lobodis, Malongo, etc. Il était avec nous, la semaine dernière, dans le Kerala, chez des petits producteurs de thé et d’ananas. 1) Comment êtes-vous tombé dans le Commerce Equitable ? Quand j’étais étudiant à HEC, j’avais monté une association (Solidarité France-Népal) avec deux amis pour faire de la formation sur la construction de fours et de latrines en milieu rural au Népal. Cette expérience, à la fois utile et entrepreneuriale, m’avait passionné. Je continue à suivre l’évolution de l’association qui existe toujours. Après mes études, j’ai d’abord travaillé pour L’Oréal. Le travail était techniquement très intéressant, mais il manquait une dimension humaine et spirituelle à mon activité. Je voulais trouver un sens plus profond à mon action, plus largement, un sens à ma vie. J’ai découvert le Commerce Equitable à travers un...</summary>
    <author>
        <name>M.E.L</name>
        
    </author>
            <category term="Actualités / Débats (DD)" />
            <category term="Commerce équitable" />
            <category term="Développement durable" />
            <category term="Portraits / Rencontres (DD)" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/">
        <![CDATA[<p><img alt="img_blog_050406_leconte_01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_01.jpg" width="355" height="236" /></p>

<p><em>Je lui dois l’intérêt que je porte au commerce équitable. Tout a commencé dans un amphi, il y a 4 ou 5 ans. Un jeune homme m’a interpellé, il venait de créer Alter Eco et ne voyait pas pourquoi les produits équitables ne seraient pas vendus en grande distribution. Depuis, nos chemins n’arrêtent pas de se croiser. Mon enseigne commercialise ses produits aux côtés des gammes Ethiquable, Lobodis, Malongo, etc. Il était avec nous, la semaine dernière, dans le Kerala, chez des petits producteurs de thé et d’ananas</em>.</p>

<p><strong>1)	Comment êtes-vous tombé dans le Commerce Equitable ?</strong></p>

<p>Quand j’étais étudiant à HEC, j’avais monté une association (Solidarité France-Népal) avec deux amis pour faire de la formation sur la construction de fours et de latrines en milieu rural au Népal. Cette expérience, à la fois utile et entrepreneuriale, m’avait passionné. Je continue à suivre l’évolution de l’association qui existe toujours. </p>

<p>Après mes études, j’ai d’abord travaillé pour L’Oréal. Le travail était techniquement très intéressant, mais il manquait une dimension humaine et spirituelle à mon activité. Je voulais trouver un sens plus profond à mon action, plus largement, un sens à ma vie. J’ai découvert le Commerce Equitable à travers un article du journal « Le Réverbère » (journal des sans-abri) A première vue, j’étais très sceptique, pouvait-on réellement concilier éthique et business ? </p>

<p>Je suis allé voir un magasin Artisans du Monde. J’ai été surpris de découvrir une offre assez large et qualitative. J’ai pensé qu’il manquait juste une pointe de marketing pour que cela se développe à grande échelle, et c’est pour cela que je me suis engagé. J’ai quitté mon poste confortable dans ce grand groupe et, deux mois après, j’ouvrais ma première boutique de 35 m2 à Paris… Depuis, le Commerce Equitable est à la fois mon métier, ma passion et presque ma principale raison de vivre, en dehors de ma vie personnelle et affective bien sûr.</p>

<p><img alt="img_blog_040506_leconte_08.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_08.jpg" width="355" height="266" /></p>

<p><strong>2)	Que retirer de vos premières expériences en magasins ?</strong></p>

<p>De 1998 à 2001, j’ai ouvert deux boutiques de Commerce Equitable à Paris. Cette expérience a été très enrichissante. J’étais au contact des clients tous les jours. J’ai pu mieux comprendre ce qui nous motive à acheter des produits de Commerce Equitable et j’ai aussi pu apprendre à développer des filières Equitables. </p>

<p>Nous vendions principalement de l’artisanat du monde entier. J’aime beaucoup ces objets chargés de sens et d’histoire. C’était aussi une excellente expérience humaine avec les équipes de vente. </p>

<p>Malheureusement, pour des raisons d’emplacement et de taille, ces magasins n’étaient pas rentables et n’offraient pas les débouchés suffisants pour les petits producteurs et artisans partenaires. Ce qu’ils demandent, c’est avant tout plus de débouchés à un meilleur prix ! Quand on se retrouve face à une coopérative de 100, 1000 ou 10 000 petits producteurs et artisans, on ne peut pas répondre à leur attente avec, pour seul réseau de distribution, deux petites boutiques à Paris… <br />
De plus, quand vous vendez peu, vous êtes obligés de faire de grosses marges et vu la faiblesse des volumes importés, vous êtes obligés de passer par des intermédiaires. Je trouvais donc ce modèle pas très en phase avec les objectifs du Commerce Equitable qui sont précisément de maximiser les débouchés et la valeur ajoutée pour les petits producteurs en achetant le plus directement possible…</p>

<p>C’est ce qui m’a amené à changer de modèle de distribution à partir de 2001. Les boutiques, c’était charmant mais pas suffisamment utile et pérenne. </p>

<p><img alt="im_blog_040506_lecomte_10.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/im_blog_040506_lecomte_10.jpg" width="355" height="224" /></p>

<p><strong>3)	Qui a eu l’idée d’Alter Eco ? Quels ont été vos partenaires ? </strong></p>

<p>J’ai monté Alter Eco, seul, sur le papier. Mais en fait, Alter Eco est une histoire collective. Alter Eco est un catalyseur d’énergies positives, pour des hommes et des femmes voulant entreprendre autrement, réintroduire du sens dans l’acte économique et replacer l’Homme au centre. J’ai voulu qu’Alter Eco soit créatrice de lien social à travers une fonction banale et quotidienne : l’achat. Pour tous ceux qui veulent changer le Monde avec leur caddie, sans pour autant faire la Révolution ! </p>

<p>Dès le départ, j’ai reçu le soutien d’un grand nombre de personnes, consommateurs, distributeurs, investisseurs, journalistes, politiques, syndicalistes, religieux... Je suis très attaché à cette diversité que l’on retrouve dans le profil culturel de nos collaborateurs et de nos investisseurs. (Parmi ces derniers, on compte le Crédit Coopératif (à travers le fonds ESFIN Participations), l’Union Française des Céréaliers à travers Unigrains, tout comme l’Abbaye de Saint-Wandrille).</p>

<p>Il s’agit d’entrepreneurs qui ont déjà réussi, mais aussi de petits investisseurs rencontrés grâce à un article de presse. Ils m’ont fait confiance dès le départ. Alter Eco est toujours contrôlée par ces investisseurs privés (un dentiste, un inspecteur des impôts à la retraite, un pasteur, une femme médecin militaire, un banquier, un étudiant…). C’est en quelque sorte toute la société civile qui est représentée dans ce projet que je souhaite rentable et socialement utile. </p>

<p><img alt="img_blog_lecomte_02_bis.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_lecomte_02_bis.jpg" width="355" height="222" /></p>

<p><strong>4)	Quelle dimension doit trouver le Commerce Equitable ? « Small is really Beautiful ? »</strong></p>

<p>C’est amusant que vous fassiez référence à Frits Schumacher et à son livre « Small is Beautiful » car c’est un de mes ouvrages préférés. Ecrit en 1973, ce livre est étonnant car il prédit avec précision les dommages collatéraux engendrés par le néo-libéralisme et la mondialisation débridée. C’est aussi intéressant de voir que l’on n’a rien inventé avec le concept de Développement Durable et que Schumacher en avait déjà défini les principaux contours. Pour moi, c’est un économiste et un philosophe clé pour mieux comprendre notre monde et envisager un modèle de développement plus respectueux de l’Homme et de son Environnement.  </p>

<p>Par contre, il est évident que les économies d’échelle que l’on peut réaliser en développant les volumes sont un facteur clé de succès du Commerce Equitable. Comme je l’expliquais précédemment, le modèle de distribution en petites boutiques n’est pas adapté pour garantir de bons débouchés et un achat direct à un bon prix aux petits producteurs. <br />
Il faut passer par les grands circuits de distribution, ce n’est pas un choix mais un impératif. Grâce aux volumes de vente conséquents en grande distribution, nous aidons plus de 10 000 petits producteurs de 30 pays pauvres à mieux vivre. En accédant à de gros volumes de vente nous pouvons maximiser la valeur ajoutée aux producteurs tout en proposant leurs produits à un prix compétitif aux consommateurs. Notre activité est rentable, plus pérenne, nous pouvons mieux préfinancer les groupes de petits producteurs, nos circuits d’importation sont ainsi plus directs et moins onéreux.</p>

<p><img alt="img_blog_050406_leconte_05.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_05.jpg" width="355" height="237" /></p>

<p>Le Commerce Equitable doit passer par les circuits classiques de vente pour sortir de sa marginalité. Les petits producteurs font d’excellents produits et leur référencement dans les circuits de la grande distribution est un signe de reconnaissance de leur qualité. Ces producteurs sont plus fiers d’être référencés chez E. Leclerc que dans mes petites boutiques… Ils nous disent que c’est un signe par ailleurs très encourageant pour eux, une issue possible à leur situation d’exclusion. </p>

<p>En synthèse, je dirais que les circuits de la Grande et Moyenne Distribution sont particulièrement adaptés à la vente des produits du Commerce Equitable pour garantir des volumes et de bons niveaux de marge aux groupes de petits producteurs. Cela peut paraître paradoxal vu l’image que l’on a de la distribution mais c’est le constat que je fais chaque jour quand je compare les filières d’importation. Il faut donc arrêter de systématiquement vouloir opposer les petits producteurs à la grande distribution, il peut y avoir une forte complémentarité à condition que la relation commerciale soit régulée, par le label Max Havelaar (le label du Commerce Equitable) par exemple. </p>

<p>C’est justement ça l’objectif du Développement Durable : mettre en place des politiques de progrès et réconcilier des organisations économiques et sociales que la taille oppose trop souvent. Je ne suis pas utopiste quand je dis cela, c’est précisément mon travail au jour le jour, Alter Eco fait le pont entre des petits producteurs parmi les plus défavorisés et les géants de la grande distribution…, et ça marche !</p>

<p><img alt="img_blog_040506_leconte_09.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_09.jpg" width="355" height="419" /></p>

<p><strong>5)	Au cours de vos voyages à la rencontre des producteurs du Sud, quelles sont les personnes qui vous ont le plus marqué ? </strong></p>

<p>Le cœur de notre activité et de notre motivation, ce sont les petits producteurs. Ils sont parfois réunis en assemblée et c’est très émouvant de parler à 50, 100, parfois 1000 petits producteurs réunis et de sentir qu’ils sont satisfaits de notre relation commerciale malgré ses limites. La visite des projets financés par la prime de Commerce Equitable (machines, usines, ponts, routes, puits, écoles, fonds de retraite, de prévoyance,…) est aussi une expérience très forte. Chaque rencontre me motive car je vois les avancées concrètes de notre activité pour ces petits exploitants. </p>

<p>Monsieur et Madame Punchibanda, producteurs de thé (0,3 hectare) au Sri Lanka, m’ont particulièrement ému. Je les ai rencontrés en 2001. Grâce au Commerce Equitable, leurs revenus ont doublé (de 100 à 200 dollars par an, ce qui reste extrêmement faible) et ils ont reçu une vache et des engrais verts grâce au Commerce Equitable (ils adhèrent à la coopérative SOFA, 450 membres). Chaque fois que je vais au Sri Lanka, je les rencontre et je suis l’évolution de leur activité, j’ai l’impression que nous sommes devenus amis. </p>

<p>J’apprécie aussi beaucoup Reginaldo Vincentim de la coopérative Coagrosol (80 membres) au Brésil, rencontré en 2002, c’est un producteur et il est aussi chargé du développement de l’organisation. Il est très dynamique et nous partageons la même passion pour le Commerce Equitable. C’est intéressant de voir que, dans tous les pays, il existe des entrepreneurs sociaux qui veulent changer l’ordre des choses et rechercher l’utilité sociale de leur travail. </p>

<p>Je me rappelle un producteur de café, en 2004, en Ethiopie, qui avait trois femmes et 21 enfants. Avec 1,5 hectare de caféiers, il gagnait 120 dollars par an… On a fait une photo de famille et c’était une grande leçon de voir leurs sourires sur leurs visages, par rapport à nos sociétés où on se plaint beaucoup alors qu’on est tellement aidé.</p>

<p>C’est assez choquant de savoir que ce petit producteur n’est pas une exception dans le système, c’est même plutôt la norme dans le milieu agricole dans les pays en développement. Les petits producteurs avec lesquels nous travaillons gagnent en moyenne de 50 à 1000 dollars par an… </p>

<p>Je pourrais encore vous citer des centaines d’exemples comme ceux-ci car je les vis partout où je vais, que ce soit en Bolivie, au Ghana, aux Philippines ou dans les 30 pays où sont situées nos organisations de petits producteurs partenaires depuis que j’ai démarré en 1998. Dans chaque organisation, j’essaie de suivre l’évolution d’un ménage en particulier afin d’évaluer l’impact du Commerce Equitable. J’espère que d’ici 10 ans, leur vie aura réellement changé…</p>

<p><img alt="img_blog_040506_leconte_07.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_07.jpg" width="355" height="298" /></p>

<p><strong>6)	Projetez-vous dans 10 ans, que ferez-vous, que serez-vous ?</strong></p>

<p>J’espère que le Commerce Equitable aura pris un essor significatif, au moins autant que les produits biologiques et que, malgré ses limites, il sera reconnu par tous comme une vraie alternative et un moyen efficace de développement pour les petits producteurs. </p>

<p>J’espère qu’Alter Eco sera devenue une marque reconnue du secteur, à la fois pour l’ampleur de son impact et pour la qualité de son approche, transparente et efficace. </p>

<p>J’espère enfin que nous repartirons tous les deux en Inde dans 10 ans (ou avant !) et que vous verrez que la vie des petits producteurs d’ananas que nous avons rencontrés a changé grâce, en partie, au jus d’ananas Equitable vendu dans vos magasins et ceux de vos concurrents…<br />
Vous êtes partant ? </p>

<p><img alt="img_blog_050406_leconte_03.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_03.jpg" width="355" height="237" /></p>]]> 
    </content>
</entry>

</feed> 

