Belle idée gaulliste. Une manière de faire profiter les salariés des fruits de l'entreprise. Malheureusement, les héritiers auto-proclamés du Général n'en font plus leur objectif. (Les régimes fiscaux de l'intéressement et de la participation ne sont plus si motivants !). Il faut dire aussi que la faute en revient aux employeurs. On vit de moins en moins dans une culture d'entreprise. Le développement d'un capitalisme cannibale et zappeur et l'anonymat d'un actionnariat phagocyté par les fonds de pension et les grandes institutions, privent les managers d'une vision à long terme. Difficile dans ces conditions d'associer durablement nos cadres à des stratégies d'entreprise trop souvent illisibles et axées sur le profit à court terme.
Je ne recherche pas la polémique, mais je ne la fuis pas. La polémique peut être le temps fort d'un débat. Elle n'a aucun intérêt s'il s'agit de régler des comptes. J'ai toujours respecté les personnes, ce qui n'a pas toujours été le cas à mon endroit. Et puis j'aime ce mot de l'humoriste Smaïn : " Le talent qu'on nous prête est aussi une question de mode… Il ne faut jamais oublier que lorsqu'on descend de l'échelle, si l'on n'a pas été clean, il n'y a plus personne en bas à vos côtés ".
J'aime le débat public. Participer à la vie politique est un devoir. Je ne veux pas m'en priver. Tant pis si ça irrite. Combien de fois n'ai-je pas entendu quelques amis parlementaires m'interpeller : " Tu n'es pas légitime. Tu devrais limiter tes interventions à ton domaine de compétence, l'entreprise. Par nature, tes fonctions focalisent ton attention sur la recherche du profit. Nous autres, hommes politiques, devons trancher les débats dans le seul intérêt du bien public ! ". Sur un point, ils ont raison. Je n'ai aucune légitimité pour représenter qui que ce soit. Je ne suis pas élu, je n'ai pas de mandat. Et nos réussites commerciales ne nous donnent aucun crédit pour parler des affaires du monde, sauf que… à force de s'isoler du public, la classe politique vient rarement chercher notre expertise de chef d'entreprise. Dans ces conditions, quand on a des idées, il faut savoir forcer l'écoute de nos élus. Oui, si on veut, on peut appeler ça " faire de la politique ". Après tout, les organisations professionnelles (FNSEA, MEDEF), comme les syndicats, n'en font-ils pas quand ils émettent un avis sur l'apprentissage, l'éducation, la décentralisation ou la fiscalité ? Personne ne dit pourtant qu'ils excèdent leur rôle ! Au fond, ce qui gêne, c'est que je m'exprime aussi en tant que citoyen, sans passer par le tamis d'une censure collective, celle d'un syndicat professionnel. Du coup, n'importe quel citoyen peut se reconnaître dans mes propos, qui, de ce fait, prennent une force supplémentaire. N'est-ce pas ce que devraient faire d'autres chefs d'entreprise ?
Les hommes politiques qui sont contre les baisses de prix devraient l'inscrire dans leurs programmes électoraux ! Chiche !
Ce n'est pas dans ma nature. Et avez-vous remarqué avec quelle insistance les professionnels et les politiques les plus conservateurs désignent ainsi toute personne qui essaie de faire bouger l'ordre établi ?