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Mon objectif est de favoriser l'accès à la culture. Je milite pour une politique très extensive de la distribution des produits culturels. Contrairement à l'achat alimentaire qui est impulsé par la demande, la vente des biens culturels procède de l'économie de l'offre. Qui achètera le dernier livre de Jérôme Garcin ou d'Enki Bilal si personne ne sait que ces livres sont publiés. Il faut des livres dans les supermarchés, dans les librairies, dans les rayons spécialisés ou sur les étals généralistes. Il faut multiplier les occasions de contact entre l'auteur et le public. Puisque maintenant la loi Lang garantit la même marge à tout le monde, il n'y a pas d'argument pour s'opposer à la diversité du réseau de librairies.
Il n'y a plus lieu de faire une fixation sur les grandes surfaces. Hachette possède de très belles librairies de fonds, mais joue son rôle aussi dans la diffusion du livre via les Relay, installés jusque dans les aéroports et les plus petites gares. Les centres E. Leclerc préservent leur offre spécialisée aux espaces culturels qui sont dédiés à la spécialisation du livre. A chaque fois qu'on pourra présenter des livres dans des supermarchés, ce sera l'occasion de gagner un lecteur. Le marché va, de toute façon, se développer aussi sur Internet et par l'adhésion à des clubs du livre. La rentrée littéraire de l'automne 2003 présentait 650 titres, principalement des romans ! Compte tenu de la difficulté de proposer tous ces livres dans des surfaces forcément limitées, qui se plaindra de ce que nous cherchions à en élargir la diffusion. Ne soyons pas petits joueurs : vive la pluralité des réseaux ! Vive la librairie dans tous ses états... et sur tous les étals !
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| EXTRAITS CHOISIS |
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14/12/2004 - La défense du livre
Extrait de Du bruit dans le Landerneau - Ed. Albin Michel - 2004 |
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Sincèrement, je crois l'économie du livre menacée. Elle vit encore un certain âge d'or du fait de la pugnacité de quelques très bons éditeurs, d'une génération de lecteurs toujours fidèles, et d'une merveilleuse complicité avec les éditorialistes de la presse et des médias. Mais, j'en fais le constat : quand on se promène à l'intérieur de l'édifice, la grande maison du Livre est vraiment trop fragile. Dans le passage de génération, il y a d'énormes désertions. Et comment pourrait-il en être autrement ?
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Une enquête réalisée en 2002-2003 par Ipsos pour le journal Livres Hebdo révèle que 44 % des Français n'ont acheté aucun livre en un an. Ce chiffre atteint 58 % en province.
Le parvis : une scène nationale issue du Mouvement E.Leclerc
Conçue dès l'origine à l'articulation du monde de la culture et de la distribution, la Scène nationale du "Parvis" soutient l'idée de mettre la culture sur le trajet des pratiques populaires de consommation mais sans renoncer en rien aux ambitions de la vraie culture. Aussi, on y trouve les spectacles les plus exigeants, le cinéma d'art et d'essai et un centre contemporain qui font du Parvis, avec 200 000 spectateurs par an, l'une des meilleures scènes nationales de l'hexagone. On ne s'étonnera donc pas non plus d'apprendre que c'est dans ce creuset que sont nés les premiers espaces culturels, issus également de la volonté de mettre la culture à la portée du plus grand nombre, dans les meilleures conditions possibles.
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