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Depuis une trentaine d'années, bon nombre d'entreprises ont délocalisé leur activité de production vers des pays où les coûts du travail sont moins chers. Elles profitent de l'abaissement des droits de douane et de la dérégulation des marchés pour concurrencer les productions occidentales soumises à réglementation. Mais le pire n'est probablement pas là.
Le pire, ce sont tous ces petits empires dirigés par les créateurs d'un nouveau et vaste marché noir qui, en Asie ou en Afrique, profitent de notre aveuglement ou de notre indifférence pour imposer à des populations ignorantes et miséreuses des conditions de travail dignes du XIXème siècle. Souvent, un show-room à Shanghai ou à Chen Zhen, à Bangalor ou à Singapour, ne constitue que la vitrine civilisée, en tout cas présentable, d'une filière où l'on paye au lance-pierre des salariés incapables de s'organiser pour défendre leurs droits.
Quand des acheteurs de grandes sociétés multinationales du sport, du textile, ou de la distribution, achètent des ballons de football, des sacs de classe, des trottinettes, que sais-je encore, ils tiennent entre leurs mains un produit fini, adapté aux normes de qualité et de sécurité de nos pays, mais qui aura nécessité l'assemblage de nombreuses pièces. La fabrication des composants intermédiaires s'effectue souvent dans des lieux éloignés des centres de commerce. Au cœur du Bangladesh ou de la Chine rurale, des villages entiers sélectionnent des bataillons de jeunes gens, des femmes souvent, pour effectuer, pendant 4 ou 5 ans, cette sorte de "service collectif" pendant lequel leur existence sera consacrée, 15 heures par jour, à mouler du plastique, tanner des peaux, coudre du cuir ou toutes sortes de tissus. Elles n'ont pas vraiment le choix. Il leur faut gagner ce pécule pour pouvoir espérer trouver un mari et fonder un foyer. Sans dot, elles seront rejetées, assignées aux tâches les plus dévalorisantes.
Evidemment, nous devons nous en offusquer. Nous devons agir, refuser cette exploitation, et empêcher que nos marques et nos labels servent de caution à ces pratiques. Mais permettez-moi quand même cette charge : comment se fait-il que nos gouvernements nationaux, que la Commission Européenne, que les grandes institutions internationales, que ce soit l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ou auparavant le GATT (General Agreement on Trade and Tarifs) n'ont jamais, ou rarement, mis en avant les clauses sociales comme préalable à l'ouverture des marchés ? Comment se fait-il que l'Occident, pourtant bien armé pour mener ces négociations n'utilise pas son pouvoir d'agrément, de persuasion, pour peser sur les autorités de la Chine, de l'Inde, du Vietnam, de l'Indonésie ou du Bangladesh ?
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« On peut être commerçant et avoir une morale ! Et même si le commerce n'est pas « moral » en soi, il n'y a aucune loi qui empêche les commerçants, en tant que citoyens ou en tant que chefs d'entreprise, d'avoir une exigence personnelle et des comportements éthiques. »
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Suite à une décision familiale, une jeune fille ayant falsifié sa carte d'identité s'est présentée au rayon Sport et Chasse d'un magasin. Elle venait acheter un fusil de chasse pour l'anniversaire de son père. En fait, elle s'est suicidée avec cette arme.
A l'unanimité, les directeurs des centres E.Lecerc ont estimé qu'il était pratiquement impossible de se prémunir contre de tels drames.
L'enseigne a donc décidé de ne plus vendre d'armes de chasse, même dans des rayons spécialisés.
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