Michel Edouard Leclerc http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/ DE QUOI JE ME MEL,Militer, libre concurrence, pouvoir d'achat,centres Leclerc ,Arts graphiques,livres,musique,BD,Développement durable,Commerce équitable,OGM,Distribution,Agriculture,économie, fiscalité,Loi Galland,Concurrence,Nouvelles technologies,Handicap fr Copyright 2008 Tue, 07 Oct 2008 12:09:17 +0100 Tubbydev - Tubbyblog - Olivier RAVEAU 2006 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss Diviser l’inflation par 2, c’est possible ! im_blog_071008.JPG
J’ai participé, avec d’autres de mes confrères et concurrents, à la journée organisée, jeudi dernier, par la revue professionnelle LSA, sur le thème « La nouvelle loi LME et la négociation commerciale ». Il s’agissait de répondre aux questions de la rédaction (Yves Puget et Jérôme Parigi), et le moins qu’on puisse dire, c’est que les interrogations ne manquaient pas car dans la période qui s’ouvre (et qui se terminera en février puisque c’est la loi qui nous l’impose), nous allons vivre une véritable révolution culturelle.

En prenant connaissance des courriers qui me sont depuis parvenus, il m’a semblé nécessaire de redire, ici, sous une forme peut-être plus cohérente, les éléments de stratégie qui vont animer les adhérents de notre enseigne dans les mois qui viennent.

1) Pour les collaborateurs et adhérents qui animent la politique commerciale des Centres E. Leclerc, le diagnostic ne fait aucun doute. Ce que l’on appelle « l’économie réelle » (par opposition à l’industrie financière) va être, en 2009, profondément impactée par la crise. Le crédit va se faire rare et plus cher. La production intérieure brute va continuer à reculer. Mais surtout, la consommation risque de perdre son rythme, déjà fragile, vu les perspectives de pouvoir d’achat.

Nos équipes travaillent à partir des indicateurs établis par le BIPE à qui nous confions, depuis 2004, l’élaboration d’un indice de pouvoir d’achat effectif des Français.

- Depuis l’an 2000, le pouvoir d’achat effectif (hors dépenses contraintes) a progressé moitié moins vite que l’indicateur macroéconomique du pouvoir d’achat élaboré par l’INSEE.

- Pour 2008, le pouvoir d’achat effectif, selon l’indicateur BIPE/E. Leclerc, régressera de 1,3.

- Pour 2009, les prévisions sont plus négatives encore (moins 1,9).

Pour la première fois depuis longtemps, le revenu disponible des ménages va baisser pour deux années consécutives.

2) Cette situation est évidemment vécue avec anxiété par les ménages français. La tentation est forte d’accroître l’épargne liquide, mais aussi de restreindre le mode de vie en limitant la consommation. (Les foires aux vins, malgré leur attractivité, ont suscité un chiffre d’affaires bien moindre que les années précédentes (entre moins 12 et moins 20 % selon les enseignes).

3) En ligne de mire, les fauteurs présumés de l’inflation. Les études publiées par le CREDOC confirment une perte de confiance dans les grandes marques industrielles et les enquêtes d’IPSOS révèlent une dégradation de l’image des entreprises de consommation.

4) Avec les HD (dont Netto d’Intermarché), les Centres E. Leclerc, Système U continuent à prendre des parts de marché. Dans le monde des hypers, notre enseigne bénéficie d’un capital confiance inaltéré, fruit de notre politique de prix bas mais aussi de la lisibilité de notre engagement permanent pour le pouvoir d’achat.

Dès lors, cette situation nous confère une responsabilité. Non seulement, l’intérêt de nos entreprises (patrimoine, profitabilité, capacité de recrutement) exige que nous restions bien calés sur nos fondamentaux. Mais c’est aussi l’intérêt des industriels que de pouvoir s’appuyer sur le dynamisme de nos réseaux plutôt que d’essayer d’y faire passer des hausses de tarifs excessives.

5) Depuis « la rentrée », nous avons décidé de bloquer toutes les hausses tarifaires (5,7 % en moyenne) et d’inscrire la négociation commerciale dans une perspective draconienne : ramener l’inflation à 2 % en rythme annuel dans nos magasins dès le début 2009. Ce n’est pas encore une promesse, mais c’est notre objectif.

Chaque contrat sera négocié individuellement, pied à pied, dans le respect du nouveau cadre légal, mais en ouvrant tous les tiroirs de la négociation. (Je ne parle pas ici des PME, ni de l’agriculture, mais uniquement des marques nationales).

a) Les grandes marques ont invoqué, depuis 2 ans, la hausse des matières premières pour proposer des augmentations tarifaires importantes. Or, certains marchés se retournent : le beurre a baissé de 31 %, la poudre de lait de 35 % en moyenne, le blé (Eure-et-Loir) de 19 %, le maïs (Eure-et-Loir) 12 %, le sucre 2,6 % (août 2008 vs août 2007). Les consommateurs sont en droit d’attendre des baisses de prix effectives.

b) La loi Galland a été abolie. Plus besoin de faire de la gonflette tarifaire pour proposer, par la suite, des compensations sous forme de rémunération de coopération commerciale.

Donc parlons tarif et collons au marché : il faut des baisses directes.

6) Les résistances seront nombreuses. Certains arguments sont pertinents. Il est évident que nous devrons laisser passer des augmentations pour les entreprises qui s’approvisionnent sur des marchés toujours à la hausse (cacao, café, huiles). On va négocier les taux, chercher à étaler les hausses dans le temps. Mais pour rétablir la confiance sur les marques, il faut impérativement que baissent celles qui bénéficient de coûts d’approvisionnement plus faibles que l’année dernière.

7) Sous quelle forme ? Là est un autre débat.

Des industriels (Panzani, Danone), sous des formes diverses, proposent des réductions de prix à leur seule initiative ou des articles plus cheap, îlots de baisse dans un océan de hausses. D’autres préfèrent attendre, maintenir des hausses de précaution, quitte à proposer des compensations sous forme de promotions ou de rabais éphémères.

Les temps ont changé. Les consommateurs disent ne plus s’y retrouver dans le flot de suractivité promotionnelle et les révélations de 60 Millions de Consommateurs sur les bidouillages de packaging exigent qu’on revienne à une pratique plus transparente.

8) Alors, les promos, oui ! Elles sont nécessaires pour animer le marché. Mais d’abord le prix net, le prix lisible, le prix de référence. Voilà l’objectif.

La loi LME a supprimé les marges arrière. Elle ne rend plus nécessaire toutes ces constructions artificielles dont l’élaboration constituait le menu principal de la négociation commerciale.

Ce que veulent les consommateurs aujourd’hui, ce sont des offres claires. Il faut sortir du « tout promo », remettre de la performance dans les prix de fond de rayon quel que soit le niveau de gamme.

Voilà nos lignes directrices. Place aux actes, à suivre…

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/10/post_1.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/10/post_1.php Distribution Tue, 07 Oct 2008 12:09:17 +0100
Le blog, le service consommateurs et quartier libre (octobre 2008) Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/10/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_octobre_2008.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/10/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_octobre_2008.php Quartier libre & d'hiver Tue, 07 Oct 2008 10:22:52 +0100
Crise financière mondiale : pourquoi tant de Kerviel ? im_blog_17908crise_fin.jpg

A la lecture des journaux depuis lundi dernier, une évidence apparaît. Pour un Kerviel poursuivi par la direction de la Société Générale, combien de clones faudra-t-il dénoncer pour blanchir ou dédouaner toutes ces directions bancaires prises en flagrant délit d’irresponsabilité ? La question est cruelle, mais n’en déplaise à nos élites financières, le châtiment est mérité.

Je ne connais rien de « l’affaire Kerviel » si ce n’est ce qu’en ont dit les journaux. Mais ce qui m’a semblé évident, c’est qu’unanimement le staff de la Société Générale fut prompt à dénoncer l’individu…et bien moins prolixe pour expliquer le manque de contrôle. Au niveau des médias, l’affaire fut circonscrite : on tenait un responsable ou le bouc émissaire.

La partie de dominos qui se joue désormais aux USA et en Asie, met à mal tout ce dispositif de défense. C’est bien le système (« le modèle ») de gestion du risque bancaire qui est en cause. Et à l’évidence, les conseils d’administration comme les autorités publiques auront bien du mal à se contenter de fournir des listes de nouveaux Kerviel.

Oh, certes, on a eu droit au super couplet concernant le laxisme des Agences de Notation. Elles n’ont pas fait leur boulot ou l’ont mal fait. Mais à casser le thermomètre ou à accuser le météorologue, on ne fera pas descendre la température pour autant. Plus personne n’est dupe. Le marché n’avait point de maître, les Règles c’était pour les Autres ! Déshabillés de l’aura de leur expertise, nos grands argentiers apparaissent crûment comme des gens sans vision, irresponsables, et pour beaucoup d’entre eux sans scrupule.

Dans la rue, dans les cénacles patronaux, les artisans, chefs d’entreprises, ou même les salariés endettés vont ronger leur frein. Pour négocier quelques milliers d’euros d’emprunt, on leur aura demandé un engagement personnel si ce n’est celui de leur conjoint, la caution de leur patrimoine, voir de celui de leur grand-mère. Voilà qu’ils découvrent que les mêmes banquiers engageaient leurs petites économies, leurs SICAV et leur assurance-vie sur un tour de passe-passe qui consistait à faire passer des dettes pour des actifs (la titrisation). Et dire qu’en plus, à la baisse ou à la hausse, une foultitude de courtiers, d’intermédiaires, de placeurs ou de placiers continueront à prélever leur commission, même après la dépréciation finale !

Dans un bel élan d’unanimité, tous les protagonistes de ce Monopoly en viennent aujourd’hui à réclamer un surcroît de régulation par les instances internationales ! La belle affaire si, une fois les nouveaux ratios adoptés, chaque acteur tente de s’en exonérer comme ce fut le cas ces dix dernières années. Après l’explosion de la bulle Internet, cette crise des subprimes porte un coup (hélas non définitif !) aux prétentions des libéraux les plus intégristes. On reviendra, ici, sur cette affaire. Il faut retenir déjà cette leçon : dans une crise comme dans l’autre, la loi des outils (financiers ou informatiques) s’est imposée à celle des hommes. Elle a fait miroiter de nouveaux territoires d’échanges, de liberté et de création de richesses. Elle nous a rendus accros et aveugles. La politique (« la gestion des affaires de la cité ») doit reprendre ses droits.

A suivre…

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/crise_financiere_mondiale_pourquoi_tant_de_kerviel.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/crise_financiere_mondiale_pourquoi_tant_de_kerviel.php Economie Wed, 17 Sep 2008 16:38:21 +0100
« Le Théorème d’Almodovar » d’Antoni Casas Ros Suite à ma note du 6/09, je vous livre ces quelques extraits, histoire de vous inciter à la lecture…

- Page 16 : « …Mon père était une ligne droite, ma mère une courbe… »

- Page 19 : « …Les écrivains sont obligés au réalisme car ils sortent de leur cartable des images mentales alors que le peintre a le droit magnifique de faire violence à notre imaginaire… »

- Page 32 : « …qu’on ne peut pardonner certaines choses qu’à ceux qu’on ne reverra jamais. Le pardon, parfois, ne supporte pas la proximité… »

- Pages 52 et 53 : « …J’ai besoin d’un alcool fort pour descendre mes sept étages et me retrouver dans la rue. C’est toujours une épreuve…Un peu comme si je marchais dans un autre monde. Un univers parallèle avec d’autres lois, une autre physique, c’est peut-être ça le théorème d’Almodovar : la puissance du monde divisée par mon incapacité à le rencontrer. Il me faut l’apprivoiser progressivement. Je dois l’effleurer, me glisser à sa surface, le palper comme s’il s’agissait d’un poisson abyssal et monstrueux…Au début, je rase les murs, je marche vite, je ne donne à personne le loisir de s’attarder sur moi. J’évite les zones trop lumineuses. Les ruelles étroites du port me conviennent. C’est le domaine des chats qui filent vite, des adolescents à la recherche d’un mauvais coup, des prostituées, des transsexuels. J’aime la manière dont ces clandestins de la nuit ne s’appesantissent pas. Il y a une légèreté du désespoir qui me touche… »

- Page 62 : « Finalement, je ne sais pas si j’aime assez le monde pour tenter de m’y intégrer. J’ai pris ma place au prix d’un effort surhumain mais une place qui fait l’économie des êtres… »
« …L’écrivain est un fuyard qui rêve d’être rattrapé. Il court seul dans les forêts glacées… »

- Page 77 : « …J’établis le théorème d’Almodovar : il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l’horreur en beauté… »

- Page 82 : « …C’est ce que j’aime chez les voyous. Ils savent regarder vite et bien. Leur vie en dépend. Il y a trop de nonchalance chez les êtres qui ne sont pas en danger. Leurs sens moisissent. Le vert-de-gris envahit leur vie. Il y a dans les mondes que j’aime fréquenter, les mondes interlopes, une acuité du regard, une brillance, un éclat… »

- Page 146 : « …A cet instant je comprends enfin les mots de Juarroz : au centre du vide, il y a une autre fête… »

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Le jury du Prix Landerneau - © Philippe Matsas

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/_le_theoreme_dalmodovar_dantoni_casas_ros.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/_le_theoreme_dalmodovar_dantoni_casas_ros.php Arts / Culture Mon, 08 Sep 2008 17:35:26 +0100
« Le Théorème d’Almodovar » d’Antoni Casas Ros : le masque ou la plume ? le_theoreme_almodovar.jpg
Parmi les livres nominés au Prix Landerneau, il y avait « Le théorème d’Almodovar » d’Antoni Casas Ros (éditions Gallimard). Ce livre a failli devenir le lauréat. Beaucoup des libraires des Espaces Culturels avaient soutenu sa sélection. Moi-même, j’ai été troublé par la profondeur de ce livre d’un auteur complètement inconnu… parce que sans visage.

Je n’ai pas à retracer ici chaque moment du débat. Mais je peux dire que débat, il y eut, notamment sur l’opportunité de maintenir le livre dans la sélection.

La plupart des membres du jury ont reçu ce livre comme un coup de poing, comme une intrusion dans l’univers trop assuré de nos certitudes.

Roman, autobiographie, un mélange des deux ? Le narrateur parle à la première personne. Mathématicien prometteur, il a été défiguré dans un accident (la rencontre de sa voiture avec un cerf sorti de la forêt !!!). Depuis, il vit sa solitude, le jour enfermé chez lui, la nuit dans les rues ou sur une terrasse au-dessus de Barcelone, de Naples ou de Gênes.

Il écrit. L’écriture est un antidote, un exutoire, une thérapie. Mais l’écriture, c’est aussi un mode opératoire : celui du fantôme de l’Opéra qui, à travers l’art et la retranscription de ce qu’il voit, veut sortir de sa condition (la laideur) et s’investir dans un projet artistique (l’écriture), producteur d’espoir.

Il s’invente alors un rôle pour Almodovar dont il serait à la fois le scénariste et l’acteur.

Antoni Casas Ros évite le mélo comme le voyeurisme. La rencontre et les échanges amoureux avec Lisa, un transsexuel avec qui il partage sa vie, sont de grands moments de pudeur, une forme de candeur même. Le livre souffre de quelques maladresses de construction, de quelques facilités. Certains développements philosophiques sont parfois un peu lourds, surajoutés, mais l’ensemble est très fort, bluffant, dérangeant.

Où est donc le problème ? Eh bien, c’est l’auteur lui-même. Donner un prix c’était, dans notre intention, promouvoir un jeune auteur, un nouveau talent. Or voilà que la personnalité de Casas Ros reste un mystère. Nouveau venu à la littérature vraiment ? Il se dit né en 1972, de père catalan espagnol et de mère italienne. Mais personne ne semble l’avoir rencontré. Il refuse de se montrer. Chez Gallimard, on confirme : même son agent littéraire prétend ne le connaître qu’à travers des échanges épistolaires ou téléphoniques.

Alors bluff à la Romain Gary ? Derrière un nouveau livre, une saga d’écrivain déjà primé ? Roman dans le roman ? Certaines voix attribuent « Le théorème d’Almodovar » à Richard Millet (directeur littéraire chez Gallimard). Pourquoi pas à Almodovar lui-même. On cite de chaque côté des Pyrénées les noms d’autres écrivains célèbres : Eduardo Mendoza, Thomas Pynchon, Enrique Vila-Matas…

Difficile de savoir la vérité. L’auteur et l’éditeur entretiennent le mystère. « Mon roman n’est pas vraiment une autofiction, c’est au contraire un espace dans lequel toutes les dynamiques romanesques se fondent pour créer un espace où le rêve, l’imaginaire et la réalité se mêlent sans cesse ». Dans une interview accordée le 24/01/08 à Hubert Artus (Rue 89), il précise encore « Cette dynamique m’a permis d’échapper au réalisme autobiographique et de transformer mon accident en une sorte de Cap Canaveral duquel je lance mes fusées ».

A la lecture des quelques verbatim que je publierai, en début de semaine prochaine, ici même, vous comprendrez le désarroi des membres de notre jury : d’un côté, un vrai talent, une littérature à la fois intimiste et puissante. De l’autre, le risque d’une manipulation, d’un de ces petits jeux qu’affectionnent certains directeurs de collections ou des auteurs en recherche de notoriété supplémentaire.

Nous avons tranché. Il était vraiment trop difficile de lancer le Prix Landerneau sans un visage, sans une personne porteur de son ouvrage.

Ce faisant, j’ai parfaitement conscience que nous sommes passés à côté de quelque chose d’important. Non pas du livre lui-même, que les libraires de nos Espaces Culturels ont largement « mis en avant ». Mais du vrai débat lancé par Casas Ros : des apparences entretenues et cultivées par l’écrivain ou de la qualité du texte, où est l’essentiel ! C’est l’écriture assurément !

Lisez « Le thérorème d’Almodovar » et parlons-en.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/_le_theoreme_dalmodovar_dantoni_casas_ros_le_masque_ou_la_plume.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/09/_le_theoreme_dalmodovar_dantoni_casas_ros_le_masque_ou_la_plume.php Arts / Culture Sat, 06 Sep 2008 12:45:25 +0100
Le blog, le service consommateurs et quartier libre (août 2008) Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/08/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_aout_2008.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/08/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_aout_2008.php Quartier libre & d'hiver Thu, 14 Aug 2008 09:51:10 +0100
Mécénat et sponsoring d’entreprise : la pudeur des médias confine à l’ostracisme C’est un phénomène très français. Contrairement aux médias anglo-saxons, la presse généraliste hésite encore à citer les mécènes ou les sponsors. C’est si vrai que les spécialistes en communication conseillent aux entreprises de doubler leur budget pour s’assurer des retombées médias en investissant en publicité parallèlement à l’initiative sponsorisée.

L’exception, c’est le sport ! Les télévisions ne peuvent empêcher la retransmission en directe des marques affichées sur les stades, les circuits automobiles ou les bateaux de course. Mais dès que le contexte exige plus de discrétion en matière de logo (dans le domaine culturel, par exemple), on se demande ce qui peut motiver les entreprises à devenir mécène ou sponsor tant il faut investir en RP(« en évènementiel » !) pour obtenir quelques retombées.

Mercredi 16 juillet dans le journal « Le Monde » :

Plein de bonnes intentions, Francis Gouge signe un papier intitulé « Dix-sept mécènes pour Camille Claudel ». Il relate l’acquisition, au profit du musée de Nogent-sur-Seine (Aube), d’une sculpture de renommée mondiale, « Persée et la Gorgone » de Camille Claudel. « Il s’agit, pour la France, d’une opération « exemplaire » de mécénat pour un musée municipal de cette taille… » Et FG rappelle que cette opération n’a pu se faire que « grâce à l’aide de dix-sept entreprises, qui ont contribué pour 768 500 euros… ».

Voilà effectivement une opération remarquable. Au moment où l’Etat désinvestit (comptes dans le rouge !) et s’attaque aux niches fiscales (dont celles qui incitaient les particuliers à investir dans le patrimoine), le mécénat d’entreprise peut prendre le relais. (Beaucoup d’entreprises sont intéressées à améliorer leur image par des investissements dans le culturel ou l’environnement !).

Oui mais voilà, encore faut-il qu’il y ait quelques retombées. L’article du Monde est de ce point de vue assez « exemplaire ». Car de leur raison sociale, de leur identité ou de leurs marques, pas un mot, pas une référence. Silence total sur le nom des investisseurs.

Ces entreprises auraient pourtant mérité une citation. Pour l’applaudissement, pour la reconnaissance, pour donner envie à d’autres…

Ne me dites pas qu’il s’agit là de pudeur professionnelle. C’est un problème culturel, nourri de préjugés.

Chaque soir, sur nos écrans, nous sommes abreuvés d’émissions dans lesquelles un écrivain vante les vertus de son livre, un réalisateur celles du film qu’il vient de sortir, un chanteur…, etc. Ces gens sont des artistes, ils font aussi du business. Et si ce n’est pas eux, leurs éditeurs s’en chargent.

Comment qualifier alors, si ce n’est par parti pris idéologique, ce refus de citer des entreprises commerciales ou industrielles alors même qu’on qualifie de remarquable leur initiative.

Je rappelle un propos que j’ai rapporté ici. Il émane d’un rédacteur d’une chaîne de télévision : « On n’est pas là pour servir la soupe aux entreprises, ni faire leur publicité ». Mais pourquoi pas ? Le mécénat, le sponsoring d’un industriel, c’est assurément de la pub. Tout comme le financement des institutions (Conseil Régional, Conseil Général) qui bénéficient, elles, d’une médiatisation dont profitent les élus.

Si l’on veut que les entreprises sponsorisent autre chose que les équipes de foot, les circuits de Formule 1 ou les courses cyclistes, si l’on veut qu’elles dotent les musées, défendent le patrimoine, participent à l’entretien des GR ou financent le spectacle vivant, il faudra bien sortir de cette posture caricaturale et en quelque sorte…donner le change !

Vous me direz, les journaux parlent des opérations de mécénat d’un Pinault, d’un Lagardère, ou même font la part belle aux initiatives d’un Michel-Edouard Leclerc, d’un Franck Riboud avec Zidane ou de la Fnac…

Oui, certes, et ceux-là ne sont pas à plaindre. Mais ceux-là, justement, savent payer de leur personne et investir à côté, en parallèle, dans leur propre communication.

Or, ce savoir-faire ou cette capacité financière ne sont pas donnés à toutes les entreprises, loin de là. Des centaines d’artisans, plusieurs milliers de PME sont sollicités, chaque année, partout sur notre territoire, par des élus politiques, des associations, des clubs…pour financer la culture et l’environnement. Ils seraient certainement plus enclins à investir si on traitait leur démarche avec un peu plus de considération et en leur offrant un meilleur écho.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/mecenat_et_sponsoring_dentreprise_la_pudeur_des_medias_confine_a_lostr.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/mecenat_et_sponsoring_dentreprise_la_pudeur_des_medias_confine_a_lostr.php Actualités / Débats (Arts) Fri, 25 Jul 2008 15:27:14 +0100
Carburant : la RATP fait ses courses chez E. Leclerc im_blog_100708.jpg

Cette information est destinée à tous ceux qui s’intéressent au marché de l’énergie et à la capacité des grandes surfaces de capter des nouveaux marchés.

Siplec, la coopérative d’achat de carburants des Centres E. Leclerc, vient de remporter un important appel d’offres pour approvisionner le réseau de bus de la RATP.

Pierre Mongin, Président de la RATP, avait invité les principaux acteurs de la distribution pétrolière, le 11 mai 2007, au siège social de la RATP, quai de la Rapée.

Le Président de la Régie, dans un contexte de forte tension des marchés pétroliers, avait annoncé sa volonté d'élargir à de nouveaux acteurs l'appel d'offres d'approvisionnement en carburant de la flotte de la RATP pour une période de 2 ans.

Siplec, société pétrolière des Centres E. Leclerc, avait donc fait acte de candidature et répondu à un premier appel d’offres lancé le 27 juin 2007. Présélection, rounds de négociation, les équipes de Siplec (22 personnes encadrées par Patrick Rébuffie, Thierry Forien, Vincent Muller et Rémi Thomas) ont remporté le marché pour un approvisionnement exclusif sur la période décembre 2007/juin 2008. Durant ces 6 mois, les 4 200 bus de la Régie ont été fournis en gazole classique et en gazole B30 (30 % d'ester d'huile végétale), soit environ 44 500 m3 de gazole et 2 500 m3 de gazole B30.

Au terme de ce contrat, un nouvel appel d’offres a été lancé par la RATP. C’est encore Siplec qui l’a remporté pour livrer les 25 centres bus, en quantités équivalentes, pour une nouvelle période de 6 mois (22 juin 2008 au 21 décembre 2008).

Le contrat est d’abord un contrat de fourniture. Mais les techniciens de Siplec travaillent aussi en étroite collaboration avec la RATP dans le suivi technique du gazole B30. Ce produit est actuellement réservé aux flottes captives. Son avenir dépendra évidemment du sort réservé aux biocarburants dans la Communauté Européenne.

Je suis particulièrement fier de la mobilisation de nos équipes. Siplec est un peu mon bébé. Je l’ai créée, j’y ai fait mes armes, et c’est grâce à l’investissement de nos cadres que l’enseigne a gagné ses galons de crédibilité dans la bataille sur le prix des carburants. Non seulement cette coopérative est devenue le deuxième opérateur français sur le marché pétrolier, livrant les centres E. Leclerc et même une grande partie des magasins à l’enseigne « U », mais voilà qu’elle élargit sa clientèle. C’est évidemment une preuve de sa performance prix, mais c’est aussi une réponse à tous ceux qui s’interrogent sur les limites des capacités commerciales des hypermarchés en matière d’énergie.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/carburant_la_ratp_fait_ses_courses_chez_e_leclerc.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/carburant_la_ratp_fait_ses_courses_chez_e_leclerc.php Distribution Thu, 10 Jul 2008 16:49:05 +0100
Le blog, le service consommateurs et quartier libre (juillet 2008) Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).
Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d'un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_juillet_2008.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/le_blog_le_service_consommateurs_et_quartier_libre_juillet_2008.php Quartier libre & d'hiver Tue, 08 Jul 2008 10:30:08 +0100
Prix littéraire au supermarché im_blog_040708_magcoop.jpg

Sur le site de Télérama, sous l’intitulé « J’aime pas les supermarchés », Martine Laval, critique littéraire, réagit a l’attribution du Prix Landerneau à Yasmine Char, « La main de Dieu » (Gallimard).

« Ce qui me chiffonne, c’est que ce prix est organisé par une chaîne de supermarchés rebaptisée Espaces culturels E. Leclerc…Là où l’affaire se corse, où tout cela se révèle pernicieux, très pernicieux, c’est que ce prix Landerneau…a été décerné à une romancière extra…».

Suit une série de questions sur le professionnalisme de nos libraires, le nombre de titres disponibles en fond de rayon, la présence de petits éditeurs, etc…

Eh oui, on en est encore là, dans le Landerneau culturel.

Ce qui me choque, ce n’est pas l’inculture (sic) de la blogueuse (au demeurant sympathique car elle a bon goût). Rien, comme elle le reconnaît ne l’empêche d’aller visiter, d’aller fureter dans nos Espaces Culturels et de se construire un avis objectif.

Ce qui me choque, c’est ce sectarisme revendiqué qui dénigre par avance, disqualifie une initiative sous prétexte qu’elle n’émane pas des « bons acteurs culturels », mais de ces barbares qui faisaient naguère profession de vendre des petits pois. Nous ne sommes pas du même monde, nous dit-on. Eh bien, figurez-vous, les lecteurs non plus, ceux qui fréquentent les milliers de supermarchés français et qui, malgré tout, contribuent à faire vivre auteurs, éditeurs, et tous les acteurs de la filière du livre.

Le propos n’est pas bien méchant. Il n’est pas sans humour, ni autodérision. Il prétend se démarquer d’une pensée élitiste. Et pourtant, il l’est. Il témoigne d’une ghettoïsation inconsciente de la culture.

Les libraires des Espaces Culturels E. Leclerc sont devenus de vrais professionnels du livre. Mais au-delà de ce résultat que je revendique, comment une amoureuse des livres peut-elle encore s’offusquer de ce que les lecteurs puissent en trouver partout, dans les librairies bien sûr, mais aussi dans les kiosques de gares, d’aéroports, et dans les supermarchés.

Tenez, je vous écris ce billet depuis Zurich. J’y suis en réunion avec les dirigeants des Coop Suisse. Ils n’ont pas de grandes librairies comme les nôtres.

Pourtant, sur la table, là, devant moi, c’est Yasmine Char qui fait la Une de leur consumer magazine tiré à 2 500 000 exemplaires. Oui, comme nous, comme nos libraires, ils ont eu un coup de cœur. Bien sûr, me direz-vous, cette jeune femme d’origine libanaise vit aujourd’hui en Suisse, il est normal qu’ils fassent la promotion d’une de leurs compatriotes. D’accord ! Mais c’est bien dans la rubrique littéraire que la chaîne de supermarchés Coop lui consacre une interview de 2 pages. Et avec la volonté d’attirer l’attention d’un large public sur ce livre.

Croyez-moi, Yasmine Char, elle, ne s’en plaindra pas, pas plus que son éditeur.

C’est à ça que sert une initiative comme le Prix Landerneau : un coup de projecteur, un coup de pouce pour un premier roman de qualité. Avec une audience que les seules critiques de Télérama ou du Magazine Littéraire n’atteindront pas. Moi, je n’oppose pas l’action de ces revues spécialisées à toute autre initiative qui permet aux auteurs d’accroître leur lectorat. Cette complémentarité est même souhaitable. Dans l’économie des produits culturels, c’est l’offre qui fait la demande. Plus il y aura d’offres de qualité, quel que soit le statut de l’émetteur, plus la diffusion du livre sera assurée.


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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/prix_litteraire_au_supermarche.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/prix_litteraire_au_supermarche.php Arts / Culture Fri, 04 Jul 2008 09:32:01 +0100
Pharmaciens contre épiciers : une querelle vieille de trois siècles ! im_blog_010708_sucre.jpg

Les plus anciens s’en souviendront : il y a 20 ans, les Centres E. Leclerc ont pris l’initiative de vendre des produits de dermocosmétique et de parapharmacie, déclenchant une polémique mémorable. Débats télévisés, harangues et publicités, procès jusque devant le Conseil de la Concurrence et la Cour de justice européenne. Tout cela pour finalement obtenir la libre commercialisation de cotons-tiges, crèmes solaires, préparations multivitaminées, préservatifs...

Notre dernière campagne sur le prix des médicaments non remboursés a provoqué un même prurit de colère de la part d’une corporation arc-boutée sur la défense de son monopole.

Vues de l’étranger, toutes ces polémiques sont décrites comme les avatars d’un corporatisme excessif, comme l’expression d’un protectionnisme complètement décalé vu les pratiques des autres pays européens. Les commentaires les plus acerbes n’hésitent pas à qualifier d’archaïque « une législation si peu ouverte à la concurrence et à la défense des usagers ».

Archaïque ? Si le terme est polémique, la réalité confirme que la querelle puise sa raison d’être dans une histoire qui remonte au moins à trois siècles. Une amie historienne, plongée dans la rédaction d’une thèse sur le marché du sel au XVIIIème siècle, m’a fait parvenir quelques vieux textes trouvés au Centre Historique des Archives de Paris.

I – « 16 juillet 1775 : Réflexions proposées par les Commissaires de la Faculté (de médecine) pour fixer les limites des deux états d’Apothicaires et d’Epiciers.

- Nul Epicier ne pourra…vendre et débiter aucune drogue simple servant à la médecine avant d’avoir passé un examen devant les Députés ordinaires de la faculté…

- Il sera permis à tout Epicier reçu de vendre à tout poids toutes les drogues simples en substance, entières, hachées, coupées, râpées, concassées…mais ne pourra pas mêler les poudres de différentes substances.

- Il lui sera défendu de tenir confondues dans la même boutique les objets comestibles avec les drogues dangereuses par leur nature comme les poisons et les préparations de minéraux servant à la peinture… Au moins il sera contraint de tenir ces marchandises dans un endroit séparé… Il y aura un comptoir, des balances et autres instruments qui ne pourront servir qu’à la vente de ces sortes de marchandises.

- Il sera permis aux Epiciers d’acheter chez les Apothicaires de Paris les mêmes compositions galéniques et chimiques dont l’importation leur est permise… L’Apothicaire sera tenu de les sceller de son cachet que l’Epicier n’aura pas le droit de rompre…

1- Tableau des drogues simples permises aux Epiciers (extrait):

Du règne végétal : les racines, les champignons,…

Du règne minéral : les sels, les minéraux inflammables…

Du règne animal : les crapauds et grenouilles, les scorpions, les vipères, les cloportes, les yeux et les pattes d’écrevisse, les mâchoires de brochet, l’os du cœur de cerf, le sang de bouquetin, le fiel de taureau, le poumon du renard…

2- Préparations interdites aux Epiciers (extrait):

La lotion et coction de la térébenthine
La préparation philosophique de corne de cerf
Les fécules des plantes

3- Compositions que les Epiciers ne pourront vendre en débit (extrait):

Les sirops d’absinthe, de quinquina, de chou rouge
Les gelées de corne de cerf et de vipère

4- Préparations de chimie dont la confection et la vente sont permises aux Epiciers (extrait):

Les huiles essentielles de plantes
L’eau de mélisse, l’eau divine, les eaux odorantes de feuilles, tiges, fleurs, fruits, écorces, bois et racines

II – 25 avril 1777 : Déclaration du Roi portant règlement pour les professions de la pharmacie & de l’épicerie à Paris.

Nous avons considéré qu’étant une des branches de la médecine, la pharmacie exigeait des études et des connaissances approfondies… Nous avons eu pour but de prévenir le danger qui peut résulter du débit médicinal des compositions chimiques, galéniques ou pharmaceutiques entrant dans le corps humain confié à des Marchands qui ont été jusqu’à présent autorisés à en faire commerce sans être obligés d’en connaître les propriétés…
Nous avons jugé nécessaire de fixer entre les deux professions des limites qui nous ont paru devoir prévenir toutes contestations et opérer la sûreté dans le débit des médicaments…

- Les Maîtres en pharmacie…ne pourront à l’avenir, cumuler le commerce de l’épicerie : ils seront tenus de se renfermer dans la confection, préparation…de compositions médicinales.

- Les Epiciers continueront d’avoir le droit de faire le commerce en gros des drogues simples.

- Défendons aux Epiciers de fabriquer et vendre des sels, compositions ou préparations entrant dans le corps humain sous forme de médicaments…

III– Juin 1777 : Requête du Corps de l’Epicerie présentée au Roi

…les limites des deux états ont de tout temps été établies :

- L’état de l’apothicaire réside dans les compositions médicinales.

- L’état de l’épicier droguiste consiste dans la vente de toutes les productions de la nature.

- …les pâtes et conserves de guimauve, de violette, d’angélique, de coing et autres qui sont le plus souvent de simples agréments sous le titre de bonbons, deviennent quelquefois des médicaments par l’ordonnance du médecin… Si les prohibitions subsistaient, les apothicaires pourraient contester aux épiciers leur état de confiseurs !

Plaise à Votre Majesté de défendre aux apothicaires de vendre des dragées, pastilles, chocolats, bonbons, sirops d’agrément, liqueur de table, parfums, eaux odorantes servant à la toilette.

IV– Août 1777 : Réponse du Collège de Pharmacie à la requête du Corps de l’Epicerie (extrait)

La déclaration ôte aux Epiciers environ 100 concurrents (produits) ; elle ne leur enlève aucune partie de leur commerce dont les branches sont à l’infini. Elle ne laisse aux pharmaciens que la vente et le débit de toutes les compositions et préparations médicinales… Les épiciers voudraient-ils leur enlever leur seul et unique avantage ?

V– Octobre 1777 : Requête du Corps de l’Epicerie en réponse à la réplique des Apothicaires.

…Le corps de l’épicerie s’est trouvé dépouillé sans avoir été entendu.
Les apothicaires, par des motifs de jalousie, veulent faire croire au public que toutes les préparations vendues par les épiciers sont défectueuses. On ne les croira pas lorsqu’on saura qu’elles sont scrupuleusement visitées par Messieurs de la Faculté de Médecine avant d’être mises en vente.
Le public peut donc se tranquilliser sur la bonne qualité des médicaments que distribuent les épiciers. »

Le débat ne date donc pas d’aujourd’hui. Des écrits de cette nature, il y en a pour nourrir toute une bibliothèque. Et au rythme où va la polémique, on a comme l’impression qu’effectivement les corporations françaises ne sont pas près de sortir de leurs rivalités de comptoir !

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/pharmaciens_contre_epiciers_une_querelle_vieille_de_trois_siecles.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/07/pharmaciens_contre_epiciers_une_querelle_vieille_de_trois_siecles.php Distribution Tue, 01 Jul 2008 10:28:36 +0100
Alliance stratégique entre les Coopérateurs d’Alsace et les Centres E. Leclerc im_blog_260608_coop.jpg
Suite à l’annonce d’un partenariat Coop Alsace/E. Leclerc le 19 juin 2008, beaucoup de questions par mail ou par courrier auxquelles il me faudra répondre. Yves Zehr, Président du groupe Coop Alsace et moi-même nous expliquerons sur le contenu de l’alliance lors d’une conférence de presse qui se déroulera à Strasbourg le 1er juillet 2008.

Mais dès à présent, je précise :

1) Qui sont les Coopérateurs d’Alsace ?

Fondé en 1902, le groupe Union des Coopérateurs d’Alsace (UCA) est une société coopérative de consommation qui appartient à environ 150 000 sociétaires, principalement des familles de consommateurs. Elle fut créée dans le but d’acheter et de fabriquer des denrées alimentaires pour les revendre au prix le plus juste.

Aujourd’hui, c’est un réseau de 214 magasins de tailles variées, allant du commerce de proximité (Le Mutant, Point Coop) jusqu’à l’hypermarché (Rond Point).

L’UCA est le premier distributeur indépendant alsacien. Elle représente environ 17 % de part de marché dans la région avec un chiffre d’affaires consolidé de 819 millions d’euros (+ 3,9 %) en 2007.

2) Quelle est la motivation de l’UCA ?

Pour son Président, Yves Zehr, la nouvelle législation économique actuellement débattue au parlement nécessitait que les Coopérateurs d’Alsace « redeviennent manoeuvrants » en se donnant les moyens d’être plus performants sur les prix et l’approvisionnement.

La fin du contrat de filiation avec la centrale d’achat CORA, partenaire de l’UCA depuis vingt ans, a créé l’opportunité d’une recherche d’alliance avec un groupe de taille européenne et qui partageait les mêmes valeurs.

C’est à la suite de discussions avec plusieurs autres enseignes que l’UCA a sollicité un rapprochement avec E. Leclerc.

L’UCA était sur le point de signer avec Système U. Hansueli Loosli, Président de Coop Suisse et actionnaire de l’un des magasins des Coop d’Alsace (hypermarché de Saint-Louis), a convaincu Yves Zehr que l’alliance avec E. Leclerc était non seulement possible mais souhaitable.

3) Qu’apporte l’alliance aux partenaires ?

L’UCA va pouvoir bénéficier des conditions de négociation et d’achat, et de l’organisation logistique des Centres E. Leclerc, de son implication dans les réseaux internationaux via Coopernic, ou dans les pays d’implantation européens de E. Leclerc.

L’UCA et ses filiales auront accès à toutes les marchandises et services référencés ou fournis par toutes les structures collectives existantes du réseau E. Leclerc. Les magasins de Coop Alsace pourront donc accéder aux MDD, aux premiers prix, et aux conditions de référencement des grandes marques obtenues par le GALEC (Groupement d’Achat E. Leclerc).

Ce transfert de savoir-faire s’exprimera dans des domaines aussi variés que la politique de prix, les techniques promotionnelles et de fidélisation, le développement des concepts spécialisés.

De son côté, E. Leclerc bénéficiera d’une implantation régionale plus forte. Les quelques centres E. Leclerc établis en Alsace ne représentaient que 3,8 % de part de marché. L’alliance lui permet d’étendre son enseigne sur 7 hypermarchés Rond Point et une quarantaine de supermarchés qui prendront l’enseigne E. Leclerc Express.

4) N’y a-t-il pas risque de position dominante ?

Non. La situation nouvellement créée génère d’ailleurs une situation plus concurrentielle que la précédente, quand Coop Alsace était adossée au groupe Cora.

Après cette opération, l’alliance E. Leclerc/Coop Alsace représentera environ 23 % de part de marché. Les implantations sont très complémentaires.

Par ailleurs, et c’est très important, l’alliance respecte intégralement la liberté et les spécificités de chacun des deux groupements. Le partenariat exclut toute vente, tout transfert de propriété entre Coop Alsace et E. Leclerc. Chaque groupement continue de gérer de manière autonome ses ressources financières et humaines, son réseau et son expansion.

5) L’existence d’un réseau de petits magasins de proximité est-elle compatible avec l’enseigne E. Leclerc ?

Comme je l’ai dit, les hypers prendront l’enseigne E. Leclerc, les plus grands supermarchés celle de E. Leclerc Express. Mais l’accord bénéficiera aussi à tout le réseau des petits magasins de proximité caractéristiques de l’implantation urbaine des Coop d’Alsace. Seule, l’enseigne Le Mutant n’est pas concernée par le contenu de l’alliance (une dizaine de petits magasins). Elle bénéficie d’un accord d’approvisionnement par les Coop de Normandie.

De ce point de vue, l’accord est vraiment gagnant/gagnant. E. Leclerc va pouvoir tester de manière plus rationnelle le modèle économique de E. Leclerc Express autour d’une même logistique (ce que ne lui permet pas l’implantation actuelle trop dispersée dans l’hexagone). Et les petits magasins de proximité de Coop Alsace vont bénéficier des conditions d’achat d’hyper.

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/alliance_strategique_entre_les_cooperateurs_dalsace_et_les_centres_e_l.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/alliance_strategique_entre_les_cooperateurs_dalsace_et_les_centres_e_l.php Distribution Thu, 26 Jun 2008 15:40:11 +0100
« La main de Dieu » de Yasmine Char (Gallimard) remporte le « Prix Landerneau » im_blog_230608_lamaindedieu.jpg
Chaque année, plus de 1 400 nouveaux romans sont envoyés par les éditeurs dans l’ensemble des librairies françaises. Rien qu’en janvier 2008, 400 nouveaux romans ont été publiés. C’est énorme ! Comment, dans un tel foisonnement, avec une durée de vie moyenne en librairie de 3 à 4 mois, un nouveau roman peut-il avoir une chance d’être repéré par les lecteurs ? Ce manque de visibilité est aggravé par les prétentions d’une scène littéraire française phagocytée par un petit cercle d’initiés, critiques littéraires ou membres de jurys, briseurs de rêves ou faiseurs de rois !

Sur une proposition des libraires de nos Espaces Culturels, j’ai décidé de créer le « Prix Landerneau ».

Sa vocation ? « Ouvrir une fenêtre » sur la production pléthorique de livres et permettre au grand public de découvrir les nouveaux romanciers d’expression française qui ont su développer des histoires fortes pour rendre accessible, désirable la grande littérature. Des jeunes talents, des romanciers qui se jettent dans la rédaction d’une première œuvre, des auteurs (pas plus de 3 ou 4 romans) non encore repérés par le « système » alors qu’ils mériteraient un joli « coup de pouce ».

Pourquoi Landerneau ? C’est évidemment un clin d’œil à notre histoire. Mais c’est surtout une ville, aux antipodes du quartier Saint-Germain, une ville comme toutes celles où sont établis nos Espaces Culturels de province ; une ville symbole à l’image d’un lectorat qui, passionnément, considère que la culture est partout à sa place, en province tout autant qu’à Paris.

C’est aux libraires de nos Espaces Culturels établis en province et en banlieue que j’ai demandé d’ausculter à la loupe une sélection de 140 titres dont 10 d’entre eux ont émergé du lot. Des libraires de Conflans-Sainte-Honorine, Landerneau, Clichy-sous-Bois, Châlons-en-Champagne, Saumur, Limoges, ont constitué le jury final. Sont venus s’y adjoindre, autour de moi, Laurence Tardieu et Joël Egloff, déjà découverts et primés par notre réseau, et Jean Rouaud, Prix Goncourt 1990, à qui j’ai demandé de présider cette première livraison.

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© Philippe Matsas

« La main de Dieu » de Yasmine Char, collection blanche, Gallimard, 104 pages

Yasmine Char est notre lauréate. Elle est née au Liban. Elle a étudié les Lettres à l’université de Beyrouth. Elle a voyagé à travers le monde dans le cadre de missions humanitaires. Elle vit
en Suisse depuis 12 ans. « La main de Dieu » est son premier roman.

Le livre est magnifique. C’est un roman poignant sur une adolescence vécue en pleine guerre du Liban. Une jeune fille (15 ans) brave le danger, échappe ou snippers, traverse les lignes de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu’on finit par oublier qu’il abrite des hommes et des femmes en quête de paix. Et dans cette guerre, il y a l’amour d’une jeune fille pour sa famille, pour son père, son amant, sa patrie.

Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d’adresse. Sans repère, l’héroïne de Yasmine Char grandit avec ses rêves, virevolte dans les ruines et la nuit libanaise, se jette dans les bras d’un étranger qui manie les armes comme il respire. C’est l’histoire très émouvante d’une adolescente qui tombe et qui se relève.

Sept autres finalistes pour le « Prix Landerneau 2008 » : « La main de Dieu » (Yasmine Char) était en compétition avec « Le jour où Albert Einstein s’est échappé », Joseph Bialot (Métailié), « Le théorème d’Almodovar », Antoni Casas Ros (Gallimard), « L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis », Michèle Halberstadt (Albin Michel), « Fume et tue », Antoine Laurain (Le Passage), « Et mon cœur transparent », Véronique Ovaldé (L’Olivier), « Nous vieillirons ensemble », Camille de Peretti (Stock), « Le temps d’une chute », Claire Wolniewicz (Viviane Hamy).

La lauréate bénéficiera d’une dotation de 6 000 euros, d’une campagne médiatique dans la presse quotidienne régionale et nationale, et les 140 libraires des Espaces Culturels E. Leclerc « mettront en avant » le Prix Landerneau pour permettre à son auteur de rencontrer le public. Des séances de dédicaces et des conférences-débats sont aussi prévues.

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© Philippe Matsas


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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/_la_main_de_dieu_de_yasmine_char_gallimard_remporte_le_prix_landerneau.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/_la_main_de_dieu_de_yasmine_char_gallimard_remporte_le_prix_landerneau.php Arts / Culture Mon, 23 Jun 2008 17:22:24 +0100
Class actions, délais de paiement, négociations tarifaires et urbanisme commercial : la loi LME échauffe les esprits Plus d’un millier d’amendements ! Ca chauffe au Palais Bourbon. « Loi LME, Loi Michel-Edouard », disent les mauvaises langues. Pas la peine de rajouter à la polémique d’autant que pour discréditer le texte, les adversaires de la libre concurrence voudraient y lire une paternité que je ne revendique pas, même si nos campagnes en furent à l’origine, même si j’approuve l’esprit général et certaines dispositions. Faisons le point.

1) Les class actions :

Elles sont demandées par les organisations de consommateurs, UFC-Que choisir en tête. Au vu des dérives constatées aux Etats-Unis, on mesure le risque d’effets pervers (contentieux interminables, surenchère financière (racket ?) avec menace de médiatisation outrancière). Mais je partage l’avis de Luc Chatel. Il vaut mieux être proactif sur le sujet et œuvrer pour un dispositif intelligent, filtré par les associations agréées et suffisamment balisé pour en maîtriser l’exercice. Le gouvernement envisage de discuter la question d’ici la fin de l’année en mettant en perspective le dispositif des class actions dans l’ensemble du système de contrôle judiciaire. C’est une bonne initiative, n’en déplaise à la majorité des patrons réticents.

2) Les délais de paiement :

Je suis pour une réduction progressive au bénéfice des PME, fournisseurs de l’industrie, de la distribution, des collectivités locales et de l’Etat, tous secteurs d’activités confondus (produits et services). Elle offrira un horizon favorable à nos PME et à leurs banquiers. Il s’agit de re-transférer la charge de trésorerie de l’amont vers l’aval. Macroéconomiquement, ce changement peut se faire « à somme nulle ». Les libéraux s’offusqueront : « le délai de paiement est un élément du prix et doit pouvoir se négocier ». Soyons pragmatiques, les PME n’ont pas le rapport de force pour eux. L’intérêt de procéder par voie législative, c’est de limiter les discriminations entre formats et acteurs concurrents (la réduction des délais impacte indifféremment tous les comptes d’exploitation d’un même format. Tout le monde est à la même enseigne (sic)).

3) La négociabilité des tarifs :

Evidemment, je suis pour. Mon enseigne la réclame depuis toujours. Heureux de voir que, désormais, tous les distributeurs s’y rallient. Le retour à la négociabilité des tarifs, c’est le retour à la vérité des prix, c’est la vraie condition de suppression des marges arrière. Contrairement aux affirmations de l’ANIA et de l’ILEC, la répercutabilité des marges arrière (lois Dutreil et Chatel) ne suffit pas pour rendre vertueux un système qui maintient la surenchère sur les prestations de services et pousse, de ce fait, à la hausse des tarifs et des prix. (Comme me le rappelle souvent un adhérent de Lannion, mon métier c’est d’acheter et de vendre des produits, pas de louer mes linéaires !). Le droit des contrats stipule que chacun (fournisseur et distributeur) doit respecter ses obligations. C’est bien de le rappeler (amendement J.P. Charié). Mais attention ! Si on reconduit le système des tarifications de chaque prestation (revendication de l’ANIA), on maintient la fiction d’un marché de prestations déconnectées de la vente. On ne sortira jamais de la loi Galland.

4) L’urbanisme commercial :

Beaucoup d’études simplistes ou statistiquement inexactes ont été produites pour aboutir à ce constat de bon sens : les prix sont d’autant plus bas qu’il existe une saine concurrence dans chaque zone de chalandise. Et la garantie de cette concurrence, c’est la présence des enseignes les moins chères.

Le texte de loi, de ce point de vue, souffre d’une énorme contradiction. Il désigne du doigt le prix des grandes marques dans les hypers (opération Chatel à Strasbourg), mais ne libère la concurrence que pour les formats inférieurs à 1 000 m², c’est-à-dire principalement les hard-discounters qui ne vendent pratiquement pas de marques (200 références maxi chez Lidl, le mieux doté).

Dans cette affaire, le gouvernement fait le service minimum. Il réplique à la Commission de Bruxelles qui lui a enjoint d’intervenir pour faciliter l’implantation des HD. Mais ce faisant, la loi n’aura aucun impact sur les prix. Les HD vendent des produits pas chers. Mais les Carrefour et autres Casino ne craignent pas vraiment cette concurrence. Les HD se développent essentiellement en centre ville d’où ils tirent leur progression de part de marché. En revanche (et c’est ce qui explique la bronca des élus de petites villes), la libre implantation de HD menace directement le commerce de proximité et de centre ville. Jean-Pierre Raffarin me le confirmait récemment (lors d’un débat pour Le Figaro). Il habite Chasseneuil du Poitou : « 3 ou 4 HD supplémentaires à Poitiers ne modifieraient pas l’attractivité de cette ville et ne pèseraient pas beaucoup sur les prix. Mais un seul HD à Chasseneuil et c’en est fini du commerce de ma ville ! ».

Vu les contradictions et les limites du projet, j’approuve la proposition de Jean-Paul Charié. Il faudra revenir devant le Parlement pour faire sauter « ces effets de seuil » et réintégrer le système d’autorisation des hypers dans le droit général de l’urbanisme. De toute façon, à l’heure d’Internet, cette histoire de mètres carrés n’a plus de sens.

Je reviendrai prochainement sur ce sujet. En attendant, le débat, même sous ses aspects polémiques et brouillon, aura deux mérites. Il permettra de s’attaquer à l’inflation à la source, dès le décret d’application. Et sur les autres sujets, il aura fait « bouger les lignes ».

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http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/class_actions_delais_de_paiement_negociations_tarifaires_et_urbanisme.php http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2008/06/class_actions_delais_de_paiement_negociations_tarifaires_et_urbanisme.php Distribution Thu, 12 Jun 2008 16:35:20 +0100
Crise de la pêche : le dialogue, c’est préférable ! im_blog_030608_poisson.jpg

La réunion qui s’est tenue, jeudi 29 mai, au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, a certainement frustré les représentants des artisans pêcheurs. Pas de mesure nouvelle, pas d’annonce fracassante sur la baisse du prix du gasoil ou une éventuelle exonération des charges sociales. Mais ces discussions, engagées à l’initiative des pouvoirs publics, ont eu deux mérites :

1) Rétablir le dialogue interprofessionnel ;
2) Dédouaner la distribution des accusations de marge trop élevée sur le poisson.

1) Le dialogue plutôt que le « baston »

En se livrant à de la casse, dans les rayons poissons comme sur les routes, les pêcheurs ont certes voulu dire « leur colère ». Pour autant, leur violence était inexcusable et complètement contre-productive.

Inexcusable (comme le sont tous les actes de banditisme) parce que la crise était prévisible, qu’elle était largement annoncée. Ca fait des années que la Commission Européenne et les pouvoirs publics ont tiré la sonnette d’alarme sur l’appauvrissement des ressources halieutiques, et qu’on parle de modernisation nécessaire des bateaux (moindre consommation d’énergie).

Bien sûr, les solutions ne sont pas évidentes. De là à s’en prendre aux autres acteurs de la filière (mareyeurs, importateurs, transporteurs ou distributeurs), il y a une réflexion qui aurait dû sauter aux yeux des pêcheurs : ce n’est pas en s’attaquant aux clients, aux acheteurs, grossistes ou détaillants qu’on leur donnera envie de vendre du poisson, surtout s’il doit devenir plus cher.

Ces exactions ont choqué nos poissonniers, souvent issus du même milieu, et probablement les mieux à même de promouvoir et de moderniser la filière.

Je voudrais d’ailleurs ajouter ceci : nos salariés ont été d’autant plus choqués qu’ils ont assisté à des pillages, des destructions alors que la police leur demandait de rester à l’écart, sans intervenir elle-même. Avec des journalistes qui, eux, caméra au poing, avaient seuls le droit de pénétrer à l’intérieur des entrepôts ou des poissonneries pour faire écho de ce triste spectacle au journal TV. Comme me l’a dit l’un d’entre eux : « Moi, si j’avais assisté à un casse dans les bureaux de TF1ou de FR3, je ne me serais pas permis de prendre des photos ou des films pour les revendre à une chaîne bien que cela eût été rentable. J’aurais appelé les flics ».

De toute façon, ces violences n’avaient pas d’objet, comme en témoigne l’analyse des comptes d’exploitation réalisée par l’OFIMER.

2) C’est le deuxième mérite du cycle de réunions lancé par Michel Barnier. L’OFIMER a procédé à l’analyse des comptes d’exploitation de toute la filière.

Les pêcheurs s’étonnaient de l’écart entre le prix payé au consommateur et leur propre rémunération à quai. Il leur a fallu se rendre à l’évidence. Mareyeurs, distributeurs ? « Si l’un d’entre eux faisait une marge extraordinaire, cela se saurait ! » a dit Michel Peltier, directeur de l’OFIMER. Convaincus ou pas, les pêcheurs devront affronter cette réalité : la désignation d’un bouc émissaire ou la focalisation sur la marge de l’un ou de l’autre des acteurs de cette filière n’offre pas de piste de réforme possible.

D’autres réunions vont avoir lieu. Il s’agit maintenant de reprendre l’offensive et de relancer le marché du poisson.

La filière pêche, du fait de la diminution des ressources, est menacée. C’est le problème numéro un. Il faut donc clairement poser la question des sources d’approvisionnement, de l’élevage et des produits de substitution (d’importation ?).

Il faut aussi une réflexion sur les conditions de mise en marché du poisson (création de labels et de marques pour fidéliser les consommateurs).

Un chantier énorme dont les principaux acteurs seront d’abord les poissonniers, principaux promoteurs du poisson. Voilà qui nécessite aussi qu’on les respecte, qu’ils travaillent à Rungis, en centre ville ou en grande surface.

C’est du bon sens, mais par les temps qui courent…

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