 |
|
 |
Le problème des zones rurales
Un commerce ne peut tenir dans un village que s'il y a des clients à domicile. Puisqu'ils en sont partis, il convient d'être plus attractif. Il faut accepter d'y implanter des magasins plus grands, avec une offre très large pour éviter l'exode vers les cités voisines. Si le client ne trouve au village que du pain et du lait, mais qu'il doit aller ailleurs acheter tout le reste (l'alimentaire ne représente plus que 17 % des dépenses des ménages), le chiffre d'affaires ne permettra pas à un jeune couple d'exploitants de survivre. La priorité n'est donc pas d'implanter des "petits commerces". Il faut y favoriser le regroupement des commerçants pour "tenir" jusqu'aux effets positifs d'un renouveau démographique annoncé par les aménageurs…
La désertification des centres-villes
Si la distribution a déserté les villes, c'est parce qu'on l'en a chassé ! La plupart des maires des grandes villes de France ont écouté des aménageurs urbains qui n'avaient qu'une seule obsession : réserver la proximité des centres historiques aux activités les plus nobles : commerces de luxe, activités bancaires, restauration, hôtellerie ; et repousser vers l'extérieur les activités industrielles, artisanales et commerçantes.
Une réglementation contraignante pénalisant nos conditions d'exploitation : interdiction d'approvisionner la nuit, limitation des heures de livraison très tôt le matin, impossibilité de stationner pour les clients a été mise en place. D'où le transfert vers la périphérie...
Pourquoi nous le reprocher aujourd'hui ? Qui donc a dessiné les nouveaux plans d'occupation des sols ? Qui définissait la politique d'aménagement du territoire ? Qui a créé les ZAC (zone d'aménagement concerté) et les zones industrielles ou commerciales ? Je n'en conteste pas les aspects négatifs : désertification des centres-villes, atteinte à l'environnement... Mais à qui faut-il en faire le procès ?
Aujourd'hui, l'on nous demande de revenir en ville. Croit-on que l'on puisse faire du commerce sans tenir compte des nouvelles habitudes des clients ? Les élus municipaux, depuis quinze ans, n'ont eu qu'une seule obsession : limiter l'accès des voitures au centre-ville. Je soutiens cette politique, du point de vue de la qualité de la vie. Mais peut-on en même temps s'inquiéter, sans se contredire, de l'exode commercial vers la banlieue ? Croyez-vous vraiment que, même si nous implantions un centre E. Leclerc de belle qualité près du Capitole à Toulouse ou de la place Stanislas à Nancy, les consommateurs transporteraient à bout de bras, dans leurs cabas, et à pied, l'équivalent de deux cents euros de marchandises. Non, les consommateurs continueraient à fréquenter les magasins de périphérie !
 |
|
|
|
 |