Crise du lait : E.Leclerc prend une initiative forte vis-à-vis des éleveurs
ÉCONOMIE

Crise du lait : E.Leclerc prend une initiative forte vis-à-vis des éleveurs

E.Leclerc a annoncé ce matin que les éleveurs laitiers fournissant le lait de ses briques et bouteilles de lait "Délisse" (Marque Repère) percevront désormais 350 euros/1000 litres, quelles que soient les fluctuations du marché.

C'est une décision de l'enseigne, proposée par la Scamark, en pleine réactualisation des cahiers des charges et des promesses RSE de la Marque Repère.

Les équipes d'Alain Parent, PDG de Scamark, ont souhaité aller résolument de l'avant et aborder de manière proactive les prochains Etats généraux de l'alimentation. J'approuve cette initiative.

 

Le marché du lait

Le prix standard FranceAgrimer sur 2016 était de  294€/1000L. Sur les 4 premiers mois de 2017, le prix standard était de 322€/1000L. A 350€, c'est donc gagnant pour les éleveurs.

Sur la base des indicateurs de FranceAgrimer, la Marque Repère (MDD E.Leclerc) compensera les écarts de prix à chaque fois que les cours du lait n'atteindront pas les 350 euros/1000 litres. Cette compensation devra être reversée aux éleveurs par l'intermédiaire des transformateurs partenaires de l'enseigne.

La Scamark (fabricant de la marque Delisse) exigera des transformateurs l'engagement que les sommes versées en fin d'année soient intégralement rendues aux éleveurs fournissant le lait Délisse. Cette initiative sera portée jusqu'à fin 2017, en attendant les mesures de régulation des marchés par les pouvoirs publics ou par la profession.

Cette décision de la Scamark s'ajoute aux annonces faites la semaine dernière par l'enseigne. Je pense qu'ainsi l'enseigne agit de façon cohérente.

Pour info, le lait Délisse, c'est quand même quelque 200 millions de litres chaque année. Disons-le, dans cette initiative, les enjeux financiers sont importants et vraiment je salue les adhérents impliqués dans ce projet, qui ont décidé d'agir dans cette période de crise.

Par ailleurs, le Mouvement E.Leclerc a créé une commission spécialisée, chargée de se pencher sur les grands enjeux agricoles. Il s'agit de pouvoir réfléchir, proposer des accords de partenariat, et chercher toute forme de valorisation de l'offre hors tempo de la négociation.  

J'apprécie que cette commission soit présidée par Jean-François Huet, adhérent à Blois, qui est un chef d'entreprise solide, ancré dans un territoire agricole. C'est déjà lui qui coordonnait le développement des "Alliances locales" en  entretenant la relation avec les 8000 producteurs concernés. Avec plusieurs adhérents, il était aussi signataire des engagements avec la FEEF (Fédération des Entrepreneurs  et Entreprises de France) et de nombreuses TPE/PME.

C'est donc un interlocuteur ouvert et un homme de convictions, que les différents intervenants du volet agricole rencontreront.

Ces initiatives ne sauraient dédouaner ni l'Etat, qui doit reconstruire un cadre plus pérenne pour agir concrètement sur les marchés, ni les producteurs, qui doivent dire comment ils souhaitent s'organiser pour faire cohabiter sur des marchés de plus en plus concurrentiels et volatiles, des modèles de production diversifiés.

Ce sera l'un des sujets majeurs des Etats généraux de l'alimentation (on y reviendra sur ce blog). Les E.Leclerc les aborderont avec une vraie volonté de responsabilité et d'ouverture. C'est d'ailleurs ce que j'ai confirmé au nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, qui nous a reçus mardi dernier.

5 Commentaires

Pour info
Excellent! Le ciel vous entende Mel, que les Etats Généraux de l'alimentation ne soient pas tenus exclusivement pour abriter une foire d'empoigne entre corporations (agriculture/industrie/commerce) sous le regard lâche et faussement désolé de l'autorité publique! On saura très vite.
Les éleveurs "percevront désormais 350 euros/1000 litres, quelles que soient les fluctuations du marché." Je doute que les cours dépassent les 350€, mais si tel était le cas, la phrase laisse à penser que Jean-Fanch et Annie garderont le surplus, j'imagine que non.

Et puisque j'exprime un doute et que l'on parle de Blois une partie de la collection de l'artiste Ben est exposé à la fondation du doute centre international du questionnement ;)
Si le cours est "naturellement" au-dessus de 350,€, cela veut dire qu'il n'y a pas besoin de compenser l'écart pour soutenir artificiellement et, dans ce cas, il n'y a plus de problème ! ?
Leclerc fait maintenant le boulot de l'Etat. Il a le sens de l'externalisation, le Macron ! Et vous des responsabilités.

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