CULTURE BD

La BD fait sa révolution à Landerneau !

J’ai toujours été passionné par le neuvième art. La bande dessinée étant un formidable territoire de créativité pour les artistes…il n’était pas concevable que ce territoire ne s’étende pas un jour jusqu’à Landerneau !

C’est chose faite depuis la semaine dernière et jusqu’au 11 mai 2014. Le Fonds Hélène & Édouard Leclerc se met aux couleurs de la BD qui décoiffe avec une exposition intitulée « 1975-1997 : la bande dessinée fait sa révolution ». C’est un rêve de gosse qui voit le jour !

En suivant le parcours parallèle de deux revues légendaires : « Métal Hurlant » et « (A SUIVRE) », l’exposition aux Capucins de Landerneau permettra de découvrir un mouvement majeur de l’histoire du neuvième art, qui a vu l’émergence de grands noms de la bande dessinée : Philippe Druillet, Jacques Tardi, Jean Giraud/Moebius, François Schuiten, François Bourgeon, Hugo Pratt…

Avec la même exigence artistique qui a caractérisé la scénographie des expositions Fromanger, Kersalé et Miró, l’équipe des anciens rédacteurs des deux revues, sous la direction artistique du galeriste Jean-Baptiste Barbier, présente ainsi près de 350 planches originales pour l’essentiel extraites des publications « Métal Hurlant » et « (A SUIVRE)».

C’est la première exposition de cette ampleur sur cette période si créative, si influente auprès des autres formes d’art (cinéma, rock, littérature de science-fiction, dessin animé, design et peinture).

Plus personne ne le conteste, la bande dessinée constitue l’un des premiers supports artistiques de la production éditoriale dans le monde. Sous forme de mangas, de comics ou d’albums, l’histoire du neuvième art a été rythmée par le rôle phare d’artistes tels que Winsor McCay, Uderzo, Hergé, Franquin, Peyo.

Mais au milieu des années soixante-dix, affichant une autonomie graphique et scénaristique par rapport à la bande dessinée classique franco-belge, des dizaines d’auteurs décident de revendiquer une création plus en prise avec l’actualité sociale, politique ou culturelle de leur époque.

Deux revues émergent et se distinguent par leur choix éditoriaux : c’est « Métal Hurlant », créé autour du rédacteur Jean-Pierre Dionnet qui, rompant complètement avec les codes d’une bande dessinée jugée trop statufiée, va révéler ses co-fondateurs Philippe Druillet et Jean Giraud/Moebius, ainsi que des auteurs comme Enki Bilal, Paul Gillon, Jean-Michel Nicollet, etc.

Parallèlement, la très sage maison d’éditions Casterman, à l’initiative de Didier Platteau puis de Jean-Paul Mougin, revendique une exigence artistique et littéraire portée par les œuvres de Jacques Tardi, Hugo Pratt, François Bourgeon, Jean-Claude Forest, François Schuiten ou José Muñoz.

De gauche à droite : Philippe Gauckler, Nicolas de Crécy, José Muñoz, Jean-Claude Denis, Enki Bilal, André Julliard, Jacques de Loustal, Alex Varenne, Philippe Druillet, Philippe Manoeuvre, Jean-Baptiste Barbier, Miles Hyman, Etienne Robial ; Benoit Peeters, Serge Clerc, Jean-Pierre Dionnet, Michel-Edouard Leclerc, Tanino Liberatore, Jean-Michel Nicollet & Frank Margerin. Mais il y avait aussi Marc Caro, François Avril, Gilles Poussin, Louis Gérard et Olivier Ledroit!

L’exposition « 1975-1997 : la bande dessinée fait sa révolution », enrichie des nombreuses interviews des auteurs et des collaborateurs des deux revues (Étienne Robial, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manoeuvre…), a permis de regrouper les œuvres d’une quarantaine d’artistes, révélant ainsi toute la créativité, l’inventivité et le foisonnement de cette génération d’artistes.

En insérant cette exposition dans une programmation dédiée à l’art moderne et contemporain, le FHEL contribue à donner à la bande dessinée toutes les lettres de noblesse que les institutions publiques n’ont pas encore su lui conférer, en ne lui donnant toujours pas la place à laquelle elle pourrait prétendre dans les collections nationales.

L’expo de Landerneau est une première. D’abord par son ampleur, par la diversité des auteurs exposés, et aussi par son rayonnement. Alors ne ratez pas l’occasion de venir voir ou revoir les œuvres qui ont contribué à renouveler les codes graphiques de la BD et à vous encanailler à la lecture de quelques scénarios plus que subversifs.

Joyeuses fêtes de fin d’année à tous !

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6 Commentaires

Salut Mel!

Je n'ai pas été orienté vers la bande dessinée et même écarté de ce monde. Il fallait que je lise des livres sans images, la BD étant considérée comme juste bonne pour les fainéants de la lecture. Cela ne m'a pas empêché de parcourir les Tintins, les Asterix, Les Pieds Nickelés, Blake et Mortimer. Je m'aperçois que j'ai réussi à sauver les meubles! Je dois reconnaître que de temps en temps à la maison j'avais le droit à Mickey Parade. Je viendrai découvrir cette exposition pour combler mes lacunes, et m'intéresser aux bulles. Tous mes vœux de santé et de prospérité pour 2014.
Leclerc-obscur ou le « marchand d’art » du Temple.

Où Diable est passée votre morale Michel-Edouard Leclerc ?

Yves Jamait entame son nouvel album « Amor Fati » avec cet aphorisme poétique :
« Y a pas de mal, pas bien. D'où coule la morale, comme du mauvais vin ».
Yves Jamait est un artiste libre qui revendique son athéisme. En outre, la pochette de l’album est claire, Jamait tient dans sa main droite une tête de mort dorée qu’il regarde avec fierté.

Il semblerait qu’à Landerneau, votre fond Hélène&Edouard Leclerc suive à jamais les traces de cet artiste.

Est-ce bien raisonnable ?

Pour son ouverture, vous aviez déjà fait fort.
Première exposition dédiée à Gérard Fromanger, peintre anticonformiste.
Au milieu du hall, ce tableau gigantesque d’une vulgarité sans nom « rouge, nus » peint par l’artiste en 1994 avec des scènes pornographiques insoutenables pour un regard d’enfant.
On pense à une erreur de jeunesse et on vous pardonne.

Ensuite viennent les expositions de Yann Kersallé et Jóan Miró.
Du point de vue de la morale, pas grand-chose à redire.

En revanche, quelle stupéfaction en découvrant la nouvelle exposition de BD, Métal Hurlant et (A suivre).
Cet ancien lieu de prière, un couvent de capucins, devenu temple de la consommation sous le règne de votre père Edouard, tend malheureusement à devenir un temple artistique subversif.
Dans cette exposition, la BD y fait sa révolution.
Du rouge, du rouge, du noir ; du sang, du sexe, la mort.
Voilà pour résumer le menu diabolique de cette exposition BD « pour adulte ».
Et c’est bien là le problème.
Aucun affichage ne stipule que les images que le visiteur va découvrir risquent de choquer.
Aucun interdit pour les mineurs.
Pire, l’exposition est gratuite pour les moins de 18 ans et des créneaux de visite sont réservés aux scolaires, du collège à l’enseignement supérieur.

Quand l’hubris vous fait perdre la raison.
Allez Michel-Edouard, encore un effort et bientôt la cathédrale Notre-Dame de Paris accueillera le salon de l’érotisme et sur la place Saint Pierre de Rome se déroulera le prochain Hellfest .
Esaïe 5 : 20 « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal ; qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres. »
Eh bien eh bien. Seriez-vous lacanien ? Verriez-vous dans la BD une fonction érotique ? En tous les cas, vous voilà bien émoustillé ;-)
bonjour je suis le fils de mr jean Paul mougin fondateur et rédacteur en chef du journal (asuivre) merci Michel-Édouard Leclerc de partagé votre passion en effet vous randé hommage a mon père
qui était le fondateur d asuivre le mensuel de bd
au plaisir de vous rencontré peut être un jour
bien cordialement
mathias mougin
Bonjour Monsieur,
Je suis un fan de la première heure d'Olivier Ledroit et je sais que vous êtes un grand collectionneur de son oeuvre.
Nous partageons la même passion chacun dans la mesure de nos moyens et je serais enchanté de pouvoir revoir certaines planches dont vous êtes l'heureux propriétaire.
Allez vous faire une exposition dédié à son travail ?
Bien cordialement
[...] en 2013, le Fonds Leclerc de Landerneau a produit l’exposition « Métal Hurlant / A Suivre ». Tous les grands artistes de bande dessinée des décennies 70-80 y étaient représentés : Bilal, [...]

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