Hausse des prix loi EGALIM
ÉCONOMIE Pouvoir d'achat

Décrypter les premiers effets du relèvement du SRP

Le sérieux institut IRI vient de publier un bilan provisoire de l’entrée en vigueur du seuil de revente à perte (SRP) suite à la loi EGALIM.

La hausse générale des prix aurait été limitée : seulement 0,13% sur les grandes marques. Mais ce n’est pas dû au faible effet de la loi ! C’est uniquement parce que les distributeurs ont finalement compensé !

J’avais donc doublement raison.

D’abord, cela confirme bien que la loi ne visait pas les produits agricoles, mais les grandes marques (Vittel, Nutella, Ricard, Nescafé…) et uniquement dans les enseignes qui vendaient ces produits avec moins de 10% de marge.

Il y a bien eu une hausse des prix dans les enseignes les moins chères (fréquentées par les Français qui cherchent des prix bas) mais - comme l’a relevé récemment Le Parisien, pas dans celles les plus chères ! C’est donc bien une intervention de l’Etat pour favoriser les enseignes les plus chères qui sont à la peine… On ne dit pas bravo !

Les distributeurs les moins chers ont dû augmenter "les marques majeures" de 4 à 6 %, ce qui donne une inflation moyenne globale de 0,13 en quelques jours. L’étude confirme qu’ils ont plus que compensé grâce aux baisses de prix (-0,31%) sur les l’ensemble des marques de distributeurs.

E.Leclerc a ouvert la marche dès le 3 janvier en baissant près de 4.600 prix, suivi par Carrefour et Intermarché. On a du respecter la loi, mais on a été loyal vis-à-vis des clients.

Si on ne l’avait pas fait, le choc aurait été plus rude pour le consommateur.

Ensuite, toute la "théorie du ruissellement" vers les cours de ferme s’effondre par cette démonstration d’IRI, les hausses de prix imposées par la loi étant compensées par des baisses de prix décidées par les distributeurs sur d’autres produits. Match nul.

Nos zélés élus vont donc devoir pédaler dans la semoule un moment pour nous expliquer en quoi ça va changer le quotidien des agriculteurs français…

Cela démontre en revanche que la loi EGALIM fait d’abord (et avant tout !) l’affaire des distributeurs qui vendaient le plus cher, puisqu’elle aura obligé leurs concurrents les moins chers à relever leurs prix au niveau de ceux qui vendaient plus cher.

On comprend que le syndicat des distributeurs cotés ait milité avec tant d’ardeur pour cette loi !

Tout cela n’empêchera pas E.Leclerc de respecter son engagement à participer à la revalorisation du revenu agricole par ses initiatives partenariales avec les industriels qui s’engagent (cf. nos accords avec Danone, Lactalis…), comme avec sa stratégie commerciale qui vise à mieux valoriser les produits qui montent en qualité (bio, HVE…).

Mais l’échec annoncé de la théorie du ruissellement obligera bien les pouvoirs publics à devoir se pencher de nouveau sur les questions structurantes (réforme de la PAC, priorisation des aides, simplification administrative, chantier fiscal…) plutôt que de chercher vainement des boucs émissaires…

2 Commentaires

Bonjour, je vous suis assez!!!
Question foutage de g... avec nos politicards, c'est quand même tous les jours "le grand soir!!!"
Je vous avoue que je n'ai plus de nouvelles de ces gens-là qu'indirectement, à travers ce que je peux lire ici ou là, sauf les impôts et taxes, là c'est direct. Je vote blanc depuis un moment déjà et ça n'est pas aux européènnes qui se profilent que je vais changer!
Le "ruissellement"...pfff...celui de leurs mensonges jusqu'à nous lui fonctionne plutôt bien.
Merci de maintenir des prix abordables...et de veiller à l'augmentation de la qualité de que nous payons plus cher.
Coucou Mel, ne lâche rien stp. Ne lâche rien sur les prix. Merci. Parce que le prix, c'est celui que je paye moi. La hausse de prix, lorsqu'elle arrive, ça n'est pas une théorie du ruissellement, mais plutôt une pratique du tsunami. Alors on est d'accord, tu ne lâches RIEN!

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