Black Lives Matters USA
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Black Lives Matters : que retenir de la gestion provocatrice de Donald Trump ?

Dans la bouche de son président, que nous dit aujourd’hui "la voix de l’Amérique" ?

Que faut-il retenir de la gestion provocatrice d’un Président qui se retranche derrière son autorité constitutionnelle sans chercher à apaiser ni à rassembler son peuple divisé, choqué par la violence qu’on lui oppose ?

On dit Trump machiavélique : c’est une erreur de langage. Machiavel le renierait ! Car, de la conquête du pouvoir à son exercice éclairé, il y a une différence de méthode, et surtout de responsabilité ! Trump méconnait ses classiques.

Ce n’est pas tant le problème de sa personnalité (j'exècre ce personnage vulgaire et infatué). Il n’a de la politique qu’une vision, forgée dans une vie de business, de la gestion de rapports de force. Idem pour sa politique étrangère ! Il fustigeait l’inertie du Vieux Monde, le sien s’apparente à un jeu vidéo ou les vivants ne sont que les cobayes d’une guerre pour la suprématie financière et technologique (une techno qui lui est pourtant déjà disputée).

Trump ne propose aucun projet, aucun deal collectif à son pays ! America First n’est qu’un slogan pour Marvel Comics ! Pas de place pour celui qui ne joue pas, ou que le système a mis hors jeu ! Envers ceux là, Trump n’exprime ni empathie ni expertise ! Il limite la légitimité de son "autorité" aux conflits... qu’il attise, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Stratégie électoraliste ? On pourrait comprendre qu’un primo candidat s’obstine à pilonner ses adversaires, à diviser les factions, et surfe sur les seules aspirations d’un public qui applaudit aux jeux du cirque. Mais dans l’exercice du pouvoir, sauf à n’avoir que faire du destin de l’Amérique, un président doit pouvoir fédérer pour embarquer un électorat plus large. C’est ça la leçon de Machiavel !

Pour un Trump, même candidat à sa réélection, la revendication de l’autorité est à ce prix. Tel n’est pas son comportement !

Fébrile face à l’insécurité croissante ressentie par les Américains de tous camps, il réagit en autocrate : il refait des tweets comme des annonces de poker en s’arrogeant le rôle du taulier. Mais quand les joueurs se rebiffent, le meneur de jeu n’est plus qu’un arroseur arrosé.

Le perdant dans cette histoire, ce ne sera pas Trump (qui, vu l’apathie de ses rivaux, sera peut être réélu), mais la nation américaine déchirée.

Fin du modèle, fin du soft power USA ! Incapable de reconnaitre l’origine de sa violence, quelle crédibilité, quelle attractivité aura alors la voix de l’Amérique ?

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