Camaret-sur-Mer Bretagne photos
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Bretagne : à la découverte de Camaret-sur-Mer (Finistère)

J’aime ces lieux. Ils ont, depuis l’enfance, nourrit mon imagination.

La presqu’île de Crozon, avec ses landes, ses terres arides, ses falaises torturées, et ses épaves ont livré moult récits des saints ermites de la mythologie bretonne (Guénolé, Riok), des premiers rois de Bretagne (Gradlon, Elorn et les chevaliers du cycle Arthurien), ceux de célèbres batailles navales à l’entrée du goulet de Brest, la trahison de Jeanne de Navarre qui embarque de Camaret pour épouser Henri IV de Lancastre et devenir reine d’Angleterre... Jusqu’à nourrir les rêves surréalistes de Max Jacob, d’Yves Tanguy, de Julien Gracq, et servir de décor aux peintures de Jim Sevellec, d’Eugène Boudin ou André Derain.

Le touriste qui se rend aujourd’hui à Camaret a l’impression d’aller au bout du monde, en Finistère (en fin de terre). Avec en tête, tous les clichés véhiculés par les chansons paillardes (le curé, les filles faciles, les bars à marins...). Et c'est vrai que la carte postale cultive le mythe. Mais l’histoire nous apprend que c’est par ici qu’arrivèrent aux VIème siècle les exilés gaéliques (Irlandais, fuyant les invasions anglaises et normandes) et les moines fondateurs des abbayes de Saint Mathieu et de Landévennec. C’était pour eux le début de monde, le Pen-ar-Bed, comme nous disons en breton !

Le port de Camaret, s’il fut de tout temps une vigie pour surveiller l’Anglois, notamment avec son fort et sa tour Vauban, fut aussi un lieu d’accueil pour les marins basques, espagnols et portugais qui faisaient commerce avec les Hollandais et pour les pèlerins qui descendaient du Nord jusqu’à Rocamadour. Un lieu, des paysages, qui ont inspiré Chateaubriand ("Les martyrs"), le merveilleux poète Saint-Pol-Roux et le suranné mais merveilleux Julien Gracq ("Le Château d’Argol"). J’aime me poser ici, sur un quai. Je peux y passer des heures - eh oui ! - sans rien faire, sans autre activité que d’observer la montée ou la découvre des eaux qui toutes les heures modifie sans cesse la géographie des lieux.

Ces photos, pour vous (j’en ai des dizaines en rayon, stockées depuis... 🙀longtemps 😄).

5 Commentaires

Tip top les photos!
Mais dites-moi cher MEL, ne seriez vous pas par hasard un breton amoureux de la Bretagne?
;-)
Bonsoir MEL,
Alors que le soir s'avance et que la lumière baisse, tout cela donne bien envie d'une bonne bolée de cidre pour accompagner une galette de sarrasin (oeuf fromage).
Quel beau coin et quelle belle ballade vous faites.
Merci pour ces images.
Merci Mel pour cette belle présentation de ma ville natale.
Tous les jours sont un plaisir pour moi de descendre sur les quais.
Les différents moments de la journée offres des paysages magnifiques suivant la lumière du moment.
Cher Monsieur Leclerc,

Je vous remercie pour cette déclaration d'amour à Camaret dans laquelle vous mentionnez le "merveilleux Saint-Pol-Roux" qui, Marseillais, décida en 1905, après avoir vécu sept ans à Roscanvel, de s'installer définitivement sur la montagne de Camaret dans le manoir qu'il s'était fait construire en sublimant une maison de pêcheur.

Saint-Pol-Roux aimait les Camarétois et s'en fit aimer. Il avait été, le 25 décembre 1909, pour les enfants des écoles du petit port finistérien, un inoubliable et généreux Père Noël. En 1910, lorsque la chapelle de Rocamadour fut incendiée, il prit la tête du comité de restauration et leva les fonds nécessaires à sa reconstruction ; il présida, à partir de 1912 et jusqu'à sa mort, l'organisation des régates de Camaret ; dans les années 1920, il devint président d'honneur du canot de sauvetage. Il était aussi fier de ses titres locaux que de la légion d'honneur qu'il n'obtiendra qu'en 1932 ou de son titre de Président de l'Académie Mallarmé ; car il devint au fil des ans citoyen camarétois.

On connaît la tragédie qui l'emporta le 18 octobre 1940 et qui en fit l'un des premiers poètes français victimes du nazisme. Son manoir, dès lors occupé par les soldats allemands, fut bombardé par les alliés en 1944 ; "Cœcilian" - car il avait baptisé sa demeure irrévocable du nom de son fils aîné mort à Vauquois en mars 1915 - fut abîmé par les flammes, mais ses murs, bien que fragilisés, s'élevaient encore vers le ciel. Malheureusement, les équipes municipales qui se sont succédées à la mairie de Camaret depuis la Libération, ont laissé progressivement le Manoir se ruiner ou n'ont pas eu les moyens de l'empêcher. Aujourd'hui, seuls demeurent quelques vestiges de murs et quatre des huit tourelles qui en bornaient le corps et les ailes.

La Société des Amis de Saint-Pol-Roux (https://saspr.hypotheses.org), fondée en 2009, a lancé en janvier dernier une pétition pour alerter le ministre de la culture et les pouvoirs publics locaux sur l'état inquiétant des ruines du Manoir, qui disparaîtront définitivement - et avec elles le souvenir d'un des plus "merveilleux" poètes de son temps - dans quelques années si rien n'est fait pour les sauvegarder. Cette pétition a d'ores et déjà recueilli plus de 3200 signatures sans pour autant émouvoir les instances culturelles de Bretagne.

Il nous a semblé que l'amoureux de la Bretagne, des arts et de la culture que vous êtes, ne manquerait pas de s'émouvoir du destin du Manoir de Cœcilian, demeure irrévocable du poète Saint-Pol-Roux.

Bien cordialement,

Mikaël Lugan
Président de la S.A.S.P.R.
Oui, Camaret reste un lieu épargné par le brouhaha du monde qui court...
Kameled est un condensé de Bretagne; tout y est : landes et falaises, mégalithes et sites historiques, grèves, plages et criques, ports de pêche où voilier anciens et modernes croisent leurs voiles sur un plan d'eau magnifique et ouvert vers le large... Et le peuple qui y habite reste lié à la mer. Arrivé par la mer, j'y été accueilli et J'y ai posé sac à terre depuis bientôt 40 ans. Puis-ce Camaret rester Camaret pour longtemps encore !
Kénavo paotred !

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