Minority Report - La dictature du numérique
SOCIÉTÉ Nouvelles Economies

La dictature du numérique

"Le projet des big data est libertarien, sans frontières, sans état, il rend obsolètes toutes les idéologies souverainistes. 

L'effroyable buvard boit, absorbe toutes les traces que nous laissons dans le monde numérique. 

L'humain est ainsi remplacé par un gavage et un contrôle automatisé des connaissances."

Voici quelques phrases choc de "L’homme nu : La dictature invisible du numérique" un livre co-signé par Marc Dugain et Christophe Labbé (Robert Laffont et Plon). J'en conseille la lecture ! 

C’est essentiellement un livre qui aborde les aspects politiques et éthiques de la révolution numérique ! J'ai d'abord cru a une thèse réactionnaire, en tout cas, conservatrice. Au fil des chapitres, j'ai été ébranlé par sa lucidité. Je résume : "L’homme nu trouvera difficilement la force de résister dans une société où santé et sécurité, seront le prétexte officiel à la transparence…  Apple, Google, Facebook et Microsoft détiennent aujourd’hui 80 % des informations personnelles numériques de l’humanité."                                        

On s’inquièterait à la manière d’un lecteur de George Orwell, d’Aldous Huxley ou Philippe K. Dick. Pourtant, il n’y a point ici de dictateur incarné, de société totalitaire avec ses oppressions dignes de Metropolis.

Ce qui inquiète les auteurs, ce n'est pas seulement la marchandisation extrême des données privées, ce n'est pas seulement l'influence politique conquise par les GAFA, c’est le pouvoir donné aux algorithmes : "L’objectif des big datas n’est ni plus ni moins de débarrasser le monde de son imprévisibilité, d’en finir avec la force du hasard, les raisonnements statistiques et probabilistes".

C’est "Minority Report" qu’ils nous prédisent plus que "Le dictateur" de Charlie Chaplin. "C’est la question de l’autonomie de la décision humaine qui s’effrite alors qu’elle est au cœur de l’humanisme moderne et de son éthique de la responsabilité".                                                            

A ce stade de l'analyse, les auteurs interpellent les décideurs. Face au gavage et aux contrôles automatisés des connaissances, les politiques de l’éducation et de la culture doivent réactualiser leurs programmes et permettre aux humains d'assurer un mode autonome de pensée. La liberté passe peut-être par une forme d'insoumission, mais c'est probablement trop tard, vu l'addiction. "Ne subsisteront que les tâches à forte valeur ajoutée requérant de la créativité ou des contacts humains. Là est le salut !" Dans cette urgence, les auteurs citent Elon Musk (l’inventeur de Paypal et de Tesla) : "J’espère que les humains n’auront pas servi de programme biologique de démarrage de la super intelligence numérique"… Voilà un bon sujet de film pour Ridley Scott ou Christopher Nolan !

4 Commentaires

En tout cas, votre court aperçu donne très envie de le lire, de se poser pour le lire, car l'accélération que procure le digital dans lequel la multitude des présents chasse la multitude de l'à peine passé, il n'est guère le temps de la réflexion, a fortiori de réflexions sur ce qui explique le moins en moins de réflexions. Avec un peu de chance je trouverai ce livre dans l'un de vos Espace Culture!? ;-))
Bonne fin de journée à vous
Bonjour MEL, merci pour vos papiers de blog en général et plus particulièrement votre invitation à partager votre réflexion sur ces questions. Livre à lire d'urgence donc.
Sans l'avoir lu, je reste perplexe sur un "éventuel appel à des décideurs" qui seraient en mesure de je ne sais quoi!
De la fiscalité difficile à harmoniser en Europe s'agissant des acteurs du e-commerce en passant par la capacité de certains états à faire barrière au net et d'autres à s'immiscer dans des process privés il semble bien que le digital échappe à toutes régulations qui soit à la fois uniforme et d'envergure?!?! Non? Mais alors quel salut? La prière peut-être? ;-))
"l'informatique n'est plus une histoire d'ordinateurs, mais celle d'un art de vivre, et que nous nous apprêtons à passer de la planète bien tangible de l'atome à celle, virtuelle, du bit. Le bit étant à l'information ce que l'atome est à la matière"
Cela vient de 1995, Nicolas Negroponte (MIT / MediaLab) dans "l'homme numérique".
Avant les GAFA mais lsq l'internet libre se mettait en place (début des 90's), les BDD les plus qualifiées (En France Quelle, La Redoute) permettaient de cibler à hauteur de 4 foyers..... La Cnil avec 10 / 12 suivait au mieux. La Richesse de la VPC tenait dans ses fichiers. D'autres sont arrivés avec leurs usages et règles (un monde entre les gestions (et contenus) de fichiers US / Europe).
Algo, Robot, Réalité augmentée, virtuelle ? Sans doute est-ce la propre conscience de chacun qui permettra de se situer dans un environnement ou les risques de téléguidages seront de plus en plus nombreux. Conscience, Raison, Education et Culture ? Voilà le défi alors que le technique et la science nécessite chaque jour de repousser les limites de l'intelligence humaine.
nb : et pendant ce temps là, Le google earth a réduit le quadrillage de l'Allemagne (trop de retrait d'espaces privés demandés) et la France en 10/2015 est revenu sur la constitution d'un fichier administratif plus qualifié de sa population !!! Comment comprendre la distorsion entre intérêt privé (GAFA) et éducation publique (Etat)
Votre commentaire est franchement imbuvable...relisez vous!

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