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 |  | Les enjeux : pourquoi s'attaquer au monopole des carburants ?Depuis 1928, l'Etat Français détient le monopole de la production et de la distribution des carburants. Une loi organise un régime spécial. Les prix étaient fixés par l'état, sans concurrence et donc sans possibilité de baisse. Pourquoi obliger les Français frontaliers à acheter l'essence hors de l'hexagone, à l'heure de la construction du marché marché unique européen ? Je trouvais cela antisocial et surtout anti européen...Les obstacles rencontrésOn a du mal à imaginer les obstacles rencontrés dans notre lutte contre ce monopole : - chantages sur les permis de construire de nos magasins; - ostracisme de la part de l'administration de l'Industrie; - obstacles permanents pour empêcher l'approvisionnement via les entrepôts gérés par l'Etat; - opérations de dumping pour déstabiliser notre coopérative d'approvisionnement;
- campagne mensongère sur la mauvaise qualité des carburants vendus en hypermarché. Comment avons-nous réussi à casser le monopole des carburants ?Pas moins d'une décennie et de plusieurs centaines de procès pour obtenir le droit de : - vendre du carburant - d'implanter des stations-service librement - se faire livrer sans être sous la tutelle des majors (Total Fina Elf, Shell, Esso, BP) et à de bonnes conditions d'achat... |  |  | 1970 : Edouard Leclerc dénonce la limitation de rabais autorisé sur le carburant (pas plus de 5 à 10 centimes par litre !)
1979 : A la demande des centres E.Leclerc qui veulent casser les prix, je crée la société d'importation pétrolière SIPLEC. Objectif : mettre en compétition les fournisseurs ("les majors"), faire jouer l'importation, créer nos propres entrepôts et noter réseau de transport.
1980 : Obtention de la Licence A3 autorisant la vente de carburants. Il aura fallu "2 rounds" et le soutien de René Monory, l'ancien garagiste de Lourdes, devenu Ministre de l'Economie. Même Raymond Barre (mon professeur à la fac) donne sa bénédiction au Premier Ministre...
1985 : Décision positive de la cour de Justice européenne. L'Etat Français est condamné. Pierre Bérégovoy libère le prix des carburants.
1988 : E.Leclerc est autorisé à créer une station-service sur autoroute.
1990 : Toutes les enseignes de distribution s'équipent de stations-service. La part de marché des grandes surfaces atteint 40%
1992 : Les raffineurs réagissent. Ils veulent limiter la vente du SP98 à leur propre réseau. Le Conseil de la Concurrence tranche en faveur de la grande distribution
1996 : Nouvelle offensive des majors. Elles lancent le carburant labellisé "UTAC", prétendument de qualité supérieure (avec additifs) et veulent s'en réserver la vente exclusive. Bataille de communication. Leclerc tourne le débat en dérision. Fin du label UTAC !
2000 : Suite à sa fusion, Total-Fina Elf est sommée par la Commission Européenne de revendre une partie de ses stations autoroutières. Leclerc se déclare repreneur.
2001 : Dans la course à la reprise de 17 stations sur autoroute, Leclerc se trouve évincé. Son dossier n'a même pas été ouvert. Mais Carrefour réussit à s'implanter dans quelques stations.
2003/04 : La part de marché de E.Leclerc s'élève à 15% du marché français des carburants.
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