SOCIÉTÉ Concurrence

Coup de Gueule : Favilla et la vie à bon marché

  Dans les Echos de lundi (22.08), Favilla, le célèbre pseudo derrière lequel se cachent 3 ou 4 rédacteurs du journal, a produit un éditorial dont la lecture m’a fait bondir. Les faits : Favilla écrit sur les serial-accidents, cet été, dans le transport aérien. Comme nous, sur ce blog (26.07), il rappelle la liste des négligences, apparemment à l’origine des crashs. Mais de ces constats, il tire une conclusion générale sur l’incompatibilité des exigences de sécurité avec une politique de discount. Pas d’accord ! Il y a confusion des genres. Son raisonnement : sans vouloir caricaturer, résumons Favilla. 1) « le transport doit produire d’abord de la sécurité » 2) « la sécurité a un coût » 3) « le fait qu’on ne la vérifie sûrement qu’après incite amateurs et aventuriers avides de profit à en faire subrepticement l’économie » Jusque là, on ne peut qu’être d’accord…mais, il enchaîne 4) « le voyagiste, cet ensemblier de services, exerce sur ses fournisseurs une pression comparable à celle des grandes surfaces sur les leurs » 5) au final, alléché par les offres internet des low-cost, le consommateur « croit qu’il peut tout obtenir à bon marché sans savoir qu’il négocie sa vie à même prix ». Là, Favilla dérape. Ne croyez pas que je réagisse par susceptibilité, à cause du parallèle avec la distribution. Non, en fait, je lui reproche de partir d’un constat spécifique (le comportement de compagnies hors contrôle européen), de généraliser un diagnostic anti-discount, en se trompant sur les causes, et en occultant les responsabilités. Le couple Prix-Sécurité : J’affirme : il n’y a pas de lien obligatoire entre discount et insécurité. a) Dans le domaine de l’alimentaire et plus généralement du bien de consommation, la réglementation fixe des règles de sécurité, des normes d’hygiène, et postule des interdictions. Entre un produit « haut de gamme » et un premier prix, il existe des différences de qualité (saveur, choix des ingrédients, apport protéinique, durée de conservation, esthétique etc…) mais les deux types de denrées sont soumis à un même impératif de sécurité. Et les produits LIDL, ECOPLUS ou CASINO, sont soumis à autant de contrôles que ceux qui sortent de chaînes Nestlé ou d’Unilever. b) Le raisonnement vaut pour le secteur des transports : personne n’imagine que la sécurité d’un passager en classe éco (en avion), ou d’une seconde classe (dans le train), soit plus aléatoire ou plus menacée qu’en première. Contre-analyse : La première faille du raisonnement de Favilla, c’est sa vision réductrice du discount. Puisque, dans les compagnies légales et sérieuses, les coûts de sécurité sont justement incompressibles, les réductions de prix ont d’autres explications : d’abord, comme dans les hypers, il y a les choix de « positionnement ». Le discounter va chercher à compenser sa baisse de marge, par un accroissement des volumes. Il y a aussi, l’achat groupé, qui permet un meilleur remplissage de l’avion. L’achat ferme, enfin, (souvent aux frontières des périodes les plus fréquentées), permet de diminuer considérablement les coûts d’immobilisation de l’avion et les frais fixes. Et puis, il y a les économies de prestation (collations, revues), de suppression d’un réseau d’agences…etc. Ce sont ces facteurs d’optimisation de coûts qui sont à l’origine des chaînes de low-cost et qui garantissent le succès des sociétés de charters européennes, souvent elles-mêmes filiales des grandes compagnies. Malgré cette politique tarifaire fortement différenciée et souvent agressive, « seulement 1 accident sur 10 provient » d’une compagnie européenne (dixit J. Barrot, notre commissaire bruxellois aux Transports). La 2ème faille, chez Favilla, vise à faire reporter la responsabilité sur le modèle économique plutôt que sur l’absence de système de contrôle efficace. Des fraudeurs, il y en a toujours eu, dans tous les secteurs, et quels que soient les niveaux de prix. Pour reprendre l’exemple de l’alimentation, on en a trouvé dans le trafic des huiles végétales (huile frelatée en Espagne), dans les élevages de volaille (alimentation avariée des animaux en Belgique), mais aussi …dans le caviar ou le foie gras. Ce qui nous protège des délinquants économiques, ce sont les contrôles administratifs (application de la loi). Voilà ce qui fait défaut dans le transport aérien, comme d’ailleurs aussi, dans le transport maritime (dégazage des tankers et porte-containers le long de nos côtes). Si j’insiste sur ce problème, c’est qu’à terme, bien au-delà de ce contexte, les arguments tels que ceux développés par Favilla finissent par servir de caution à tous les rentiers et les profiteurs de la terre. Après le refrain « le prix bas qui tue l’emploi » (comme si le prix élevé en créait), voici qu’on chante « le prix bas qui menace la sécurité ». Non, le discounter ne saurait être présumé coupable du seul fait de ses choix commerciaux. Le coupable c’est celui qui ne respecte pas la loi (quels que soient ses tarifs). A bon entendeur.

26 Commentaires

Bonjour MEL,
J'avoue que j'ai d'abord été perturbé par ton utilisation de ces graves accidents pour défendre ta thèse du low-cost. Et puis j'ai allumé la télévision et j'ai entendu les premières compagnies qui indiquaient que leurs prix assuraient la sécurité. Quelle horreur ! A vrai dire je pense qu'EasyJet est aussi sécurisé que pas mal d'autres compagnies et je n'ai pas l'impression de prendre un risque en payant mon billet 10 fois moins cher, juste que j'aurais un peu plus mal au dos en descendant. Ne confondons pas grandes compagnies low-cost et obscures compagnies charter de pays instables...
Je ne sais si tu as eu l'occasion de la lire mais Capital avait publié une étude sur le vieillissement du parc aéronautique qui concluait par la prédiction d'une augmentation significative des accidents, je crois qu'ils avaient malheureusement bien étudié leur cas.
Bonjour:
Je vis aux USA depuis plus de 23 ans et a chaque retour en France Metropolitaine je constate toujours les trois choses suivantes:
1)Les Francais sont de plus en plus assites. Les syndicats organisent des greves sans tenir compte des petites gens. Bref ils emmerdent tout le monde et personne ne dit rien ou plutot n'ose rien dire.
2)Le gouvernement qui devrait etre la uniquement pour faire appliquer les lois s'ingere dans les affaires privees. Ses enarques qui ne contribuent rien imposent aux entreprises privees des regles qui sont directement responsables du chomage inacceptable qui existe en France.
Quel citoyen Francais accepterait il de se faire dire comment utiliser son argent...
3)Depuis 60 ans les memes politiciens qui ne contribuent rien a l'economie de notre pays gagnent 20 fois plus qu'une grande majorite des Francais pour qui chaque Euro compte; de plus en plus.
Les journaliste comme ceux de l'Echos de lundi ont la reconnaissance du ventre mais il ne faudrait pas prendre notre ignorance pour de la stupidite.
A lire ces gens la Ford T et plus proche de notre coeur la 2CV Citroen n'aurait pas droit de cite.
Comme si les voitures Renault avaient plus d'accidents que les voitures BMW.
Est il encore possible de pouvoir faire ses choix en France sans recevoir de lecons de VOLEURS de droite du centre et de gauche.
Comme le dit tres justement Yannick Lejeune
un petit mal de dos est une bonne affaire contre
une economie importante.
C'est son affaire et pas celle du gouvernement ou des journalistes.
encore une fois, MEL a raison de ne pas accepter le raisonnement "bas prix = insécurité". une telle clairvoyance dans l'analyse des faits de société frise la provoc (voir la note sur lance amstrong en juillet :-)))
certes, une entreprise cherchant à se positionner uniquement sur son créneau prix aura la tentation d'écourter les controles, et c'est à l'administration de surveiller et sanctionner les éventuelles dérives.
oh, voila un libéral qui réclame plus de controles administratifs ! il va falloir embaucher de nouveaux fonctionnaires ?
une petite erreur cependant dans la démonstration : les produits CASINO sont positionnés en MDD et non en 1ers prix comme LIDL ou ECO+. CASINO a sa propre marque de 1er prix.
sinon, avez vous reçu les notes de distréthique ;-) sur le développement durable ?
Il est vrai que bien souvent c'est moins l'absence de règles qui pose problème que la non-application de celles qui existent déjà.
Ce qui suppose une réforme du recrutement des fonctionnaires : moins de généralistes, plus de spécialistes, moins d'administratifs, plus de techniciens.
Et puis, pourquoi ne pas instaurer une évaluation obligatoire des effets de chaque nouvelle loi. Bien souvent, le vote de la loi est perçu comme la fin d'une procédure. Ce devrait être au contraire le commencement d'une nouvelle étape, l'évaluation, à laquelle le Parlement devrait accorder autant d'intérêt.
La référence au prix renvoie souvent (voire systématiquement) à une référence à la qualité associée.
Associer qualité et sécurité, il n'y a qu'un pas... que je serais moi-même tentée de franchir...
Car même lorsque des contrôles sont effectués ou lorsque les compagnies aériennes répondent aux normes de l'aviation civile, il n'en reste pas moins qu'on se pose des questions en regard de l'organisation et la pression grandissante des compagnies sur les plannings de leur personnel navigant :
- qui n'a pas vu ces reportages sur les compagnies low-cost où l'on apprend le nombre de rotations d'un même équipage sur une seule journée sur les vols moyen courrier? (je ne me souviens plus exactement dans quelle mesure mais il me semble que se prendre plusieurs fois dans la même journée des montées et descentes en moyenne ou haute altitude, n'est pas super bon pour la santé...)
Ce même personnel est-il alors capable de réagir de façon toute aussi efficace en cas de problème en fin de journée?
- Pour ne prendre que cet exemple également : Air Mauritius a réduit cette année drastiquement sur ses vols longs courriers (mais toujours dans les limites imposées par l'aviation civile) les temps de repos en escale de son personnel navigant et multiplie les rotations avec le même personnel dans le but de réduire ses coûts (et ce n'est pas la seule compagnie).
Alors certes, il ne s'agit pas ici de sécurité sur les appareils... mais ceux-ci, a priori ne volent pas tout seul et le crash d'AF à Toronto nous a bien montré que le personnel navigant n'est pas uniquement là pour nous tendre avec un joli sourire un jus de tomate avec une tranche de citron s'il vous plait!
Et là, on ne parle ni de charter, ni de compagnie low cost mais de compagnie nationale.
Alors oui, parfois prix = qualité = sécurité
bonjour
un jour, j'ai livré des fruits et légumes dans une coopérative. Pour les tomates le producteur touchait de votre part 4.5 f/ kilo.
Grace à la traçabilité, j'ai retrouvé ces mêmes tomates à 22 f/ kilo dans vos rayons.
au nom de quoi, vous permettez-vous de multiplier par 4 le prix de ce produit de base, en sachant que le consommateur le paye beaucoup trop cher,et que le producteur ne gagne pas assez...
Si j'etais le législateur j'imposerais une limite dans les coefficients pour les matières premières à savoir ne jamais plus que doubler le prix d'acquisition, ainsi tout le monde serait gagnant et vous, vous ferez enfin un vrai geste pour vos clients.
n'attendait pas d'avoir vos centrales d'achats en feu et vous la tête en moins.
Apres reflexion mon commentaire n'est finalement qu'additionnel au votre...
On aura beau avoir un personnel competent, au top de la forme, etc... si l'appareil n'est techniquement pas aux normes au point de rupture et de l'accident, il tombe quand meme ....
RE florence
c'est marrant, mais je crois que l'on se rejoint tous : les règles administratives pourront être drastiques, les opérations de contrôle respectées à la lettre, le marché est si concurrentiel que les compagnies (nationales ou autres) sont en recherche constante d'économie.
de la à en conclure que la sécurité en souffre...
prenons l'exemple d'une entreprise fabriquant des yaourts. la recherche d'économie entrainera, non pas une modification des qualités du produit (au risque de perdre son marché), mais bien des process de frabrication modifiés (avec une implication humaine souvent réduite).
le produit sera identique, mais pas forcément les contrôles de sécurité alimentaire.
les autorités administratives pourraient bloquer toute dérive, mais leurs moyens d'investigation sont limités, et ils interviennent le plus souvent après la naissance du problème.
la différence, c'est qu'avec un yaourt, on peut se choper une gastro, alors qu'être dans un avion qui tombe entraine souvent des blessures plus graves...
allez, bon vol sur air france début septembre au retour à maurice...
Re Florence Jean, Re Yannick Lejeune, Re pierre (25/08/2005)
Juste pour rappeler que :
1- La sécurité a un coût
2- En dessous de ce coût, la sécurité n’est évidemment pas assurée.
3- Mais le coût de la sécurité n’est pas fixe. On peut l’amortir de manière plus ou moins dégressive, avec l’accroissement du nombre de passagers dans un même avion, le nombre de rotations, etc.
4- Le prix du billet intègre évidemment le coût de la sécurité.
5- Le prix de la sécurité, même élevée, est loin de justifier l’intégralité du prix du billet (à coût de sécurité identique, un billet peut être plus ou moins cher).
6- Le coût des prestations (services), le taux d’immobilisation de l’avion et son amortissement, la marge d’exploitation, etc… sont, plus que la sécurité, les principaux composants du prix d’un billet.
7- Les choix marketing autorisent de sacrées différences (remplissage de l’avion en classe éco versus extension des premières classes ou classe affaires, nombre de dessertes plus ou moins rentables dans le catalogue de la compagnie, étalement ou concentration des offres promotionnelles (hors saison, toute l’année, ou pour certaines catégories type « carte jeunes », etc…).
Bref, tout ceci pour rappeler que si la sécurité peut avoir un coût incompressible, tout ce qui est cher, n’est a contrario pas forcément lié à une sécurité supérieure.
Re sébastien (25/08/2005)
Il a été voté une loi, je crois, dans les années 70, qui stipulait que le vote de toute nouvelle loi au Parlement devait être précédée d’une évaluation de l’ancienne. Louable attention… mais lettre morte me semble-t-il.
Re sébastien (25/08/2005)
Il a été voté une loi, je crois, dans les années 70, qui stipulait que le vote de toute nouvelle loi au Parlement devait être précédée d’une évaluation de l’ancienne. Louable attention… mais lettre morte me semble-t-il.
Re pierre (25/08/2005)
Mais qui a dit que je n’étais que « libéral »…
Revenons aussi sur le lien entre discount et qualité. Contrairement à ce que vous suggérez, une entreprise (de marques) qui se veut discount, multiplie forcément les contrôles. Moins nous sommes chers, plus nous devons garantir la qualité.
Lorsque nous nous sommes lancés dans l’aventure des premiers prix, nous avons raisonné probablement comme Aldi ou Lidl, les pionniers du hard-discount. Nous avons estimé qu’on ne nous pardonnerait jamais certainement pas le moindre défaut sur la sécurité des produits. Tout de suite, il y aurait report des critiques sur la marque principale et sur l’enseigne.
Enfin… OK pour les produits Casino. Ce sont des MDD. Mais le raisonnement reste le même. Moins chers que des produits de grandes marques industrielles, eux-mêmes moins chers que des produits de luxe, ils doivent néanmoins respecter les mêmes règlements sécuritaires.
Re Ralph de Butler (25/08/2005)
Une des voitures les plus « sûres » de ce dernier quart de siècle fut la Coccinelle, pourtant si cheap, par rapport à de prestigieuses concurrentes beaucoup plus chères.
Bonjour MEL,
J'avoue que j'ai d'abord été perturbé par ton utilisation de ces graves accidents pour défendre ta thèse du low-cost. Et puis j'ai allumé la télévision et j'ai entendu les premières compagnies qui indiquaient que leurs prix assuraient la sécurité. Quelle horreur ! A vrai dire je pense qu'EasyJet est aussi sécurisé que pas mal d'autres compagnies et je n'ai pas l'impression de prendre un risque en payant mon billet 10 fois moins cher, juste que j'aurais un peu plus mal au dos en descendant. Ne confondons pas grandes compagnies low-cost et obscures compagnies charter de pays instables...
Je ne sais si tu as eu l'occasion de la lire mais Capital avait publié une étude sur le vieillissement du parc aéronautique qui concluait par la prédiction d'une augmentation significative des accidents, je crois qu'ils avaient malheureusement bien étudié leur cas.
Bonjour:
Je vis aux USA depuis plus de 23 ans et a chaque retour en France Metropolitaine je constate toujours les trois choses suivantes:
1)Les Francais sont de plus en plus assites. Les syndicats organisent des greves sans tenir compte des petites gens. Bref ils emmerdent tout le monde et personne ne dit rien ou plutot n'ose rien dire.
2)Le gouvernement qui devrait etre la uniquement pour faire appliquer les lois s'ingere dans les affaires privees. Ses enarques qui ne contribuent rien imposent aux entreprises privees des regles qui sont directement responsables du chomage inacceptable qui existe en France.
Quel citoyen Francais accepterait il de se faire dire comment utiliser son argent...
3)Depuis 60 ans les memes politiciens qui ne contribuent rien a l'economie de notre pays gagnent 20 fois plus qu'une grande majorite des Francais pour qui chaque Euro compte; de plus en plus.
Les journaliste comme ceux de l'Echos de lundi ont la reconnaissance du ventre mais il ne faudrait pas prendre notre ignorance pour de la stupidite.
A lire ces gens la Ford T et plus proche de notre coeur la 2CV Citroen n'aurait pas droit de cite.
Comme si les voitures Renault avaient plus d'accidents que les voitures BMW.
Est il encore possible de pouvoir faire ses choix en France sans recevoir de lecons de VOLEURS de droite du centre et de gauche.
Comme le dit tres justement Yannick Lejeune
un petit mal de dos est une bonne affaire contre
une economie importante.
C'est son affaire et pas celle du gouvernement ou des journalistes.
encore une fois, MEL a raison de ne pas accepter le raisonnement "bas prix = insécurité". une telle clairvoyance dans l'analyse des faits de société frise la provoc (voir la note sur lance amstrong en juillet :-)))
certes, une entreprise cherchant à se positionner uniquement sur son créneau prix aura la tentation d'écourter les controles, et c'est à l'administration de surveiller et sanctionner les éventuelles dérives.
oh, voila un libéral qui réclame plus de controles administratifs ! il va falloir embaucher de nouveaux fonctionnaires ?
une petite erreur cependant dans la démonstration : les produits CASINO sont positionnés en MDD et non en 1ers prix comme LIDL ou ECO+. CASINO a sa propre marque de 1er prix.
sinon, avez vous reçu les notes de distréthique ;-) sur le développement durable ?
Il est vrai que bien souvent c'est moins l'absence de règles qui pose problème que la non-application de celles qui existent déjà.
Ce qui suppose une réforme du recrutement des fonctionnaires : moins de généralistes, plus de spécialistes, moins d'administratifs, plus de techniciens.
Et puis, pourquoi ne pas instaurer une évaluation obligatoire des effets de chaque nouvelle loi. Bien souvent, le vote de la loi est perçu comme la fin d'une procédure. Ce devrait être au contraire le commencement d'une nouvelle étape, l'évaluation, à laquelle le Parlement devrait accorder autant d'intérêt.
La référence au prix renvoie souvent (voire systématiquement) à une référence à la qualité associée.
Associer qualité et sécurité, il n'y a qu'un pas... que je serais moi-même tentée de franchir...
Car même lorsque des contrôles sont effectués ou lorsque les compagnies aériennes répondent aux normes de l'aviation civile, il n'en reste pas moins qu'on se pose des questions en regard de l'organisation et la pression grandissante des compagnies sur les plannings de leur personnel navigant :
- qui n'a pas vu ces reportages sur les compagnies low-cost où l'on apprend le nombre de rotations d'un même équipage sur une seule journée sur les vols moyen courrier? (je ne me souviens plus exactement dans quelle mesure mais il me semble que se prendre plusieurs fois dans la même journée des montées et descentes en moyenne ou haute altitude, n'est pas super bon pour la santé...)
Ce même personnel est-il alors capable de réagir de façon toute aussi efficace en cas de problème en fin de journée?
- Pour ne prendre que cet exemple également : Air Mauritius a réduit cette année drastiquement sur ses vols longs courriers (mais toujours dans les limites imposées par l'aviation civile) les temps de repos en escale de son personnel navigant et multiplie les rotations avec le même personnel dans le but de réduire ses coûts (et ce n'est pas la seule compagnie).
Alors certes, il ne s'agit pas ici de sécurité sur les appareils... mais ceux-ci, a priori ne volent pas tout seul et le crash d'AF à Toronto nous a bien montré que le personnel navigant n'est pas uniquement là pour nous tendre avec un joli sourire un jus de tomate avec une tranche de citron s'il vous plait!
Et là, on ne parle ni de charter, ni de compagnie low cost mais de compagnie nationale.
Alors oui, parfois prix = qualité = sécurité
bonjour
un jour, j'ai livré des fruits et légumes dans une coopérative. Pour les tomates le producteur touchait de votre part 4.5 f/ kilo.
Grace à la traçabilité, j'ai retrouvé ces mêmes tomates à 22 f/ kilo dans vos rayons.
au nom de quoi, vous permettez-vous de multiplier par 4 le prix de ce produit de base, en sachant que le consommateur le paye beaucoup trop cher,et que le producteur ne gagne pas assez...
Si j'etais le législateur j'imposerais une limite dans les coefficients pour les matières premières à savoir ne jamais plus que doubler le prix d'acquisition, ainsi tout le monde serait gagnant et vous, vous ferez enfin un vrai geste pour vos clients.
n'attendait pas d'avoir vos centrales d'achats en feu et vous la tête en moins.
Apres reflexion mon commentaire n'est finalement qu'additionnel au votre...
On aura beau avoir un personnel competent, au top de la forme, etc... si l'appareil n'est techniquement pas aux normes au point de rupture et de l'accident, il tombe quand meme ....
RE florence
c'est marrant, mais je crois que l'on se rejoint tous : les règles administratives pourront être drastiques, les opérations de contrôle respectées à la lettre, le marché est si concurrentiel que les compagnies (nationales ou autres) sont en recherche constante d'économie.
de la à en conclure que la sécurité en souffre...
prenons l'exemple d'une entreprise fabriquant des yaourts. la recherche d'économie entrainera, non pas une modification des qualités du produit (au risque de perdre son marché), mais bien des process de frabrication modifiés (avec une implication humaine souvent réduite).
le produit sera identique, mais pas forcément les contrôles de sécurité alimentaire.
les autorités administratives pourraient bloquer toute dérive, mais leurs moyens d'investigation sont limités, et ils interviennent le plus souvent après la naissance du problème.
la différence, c'est qu'avec un yaourt, on peut se choper une gastro, alors qu'être dans un avion qui tombe entraine souvent des blessures plus graves...
allez, bon vol sur air france début septembre au retour à maurice...
Re Florence Jean, Re Yannick Lejeune, Re pierre (25/08/2005)
Juste pour rappeler que :
1- La sécurité a un coût
2- En dessous de ce coût, la sécurité n’est évidemment pas assurée.
3- Mais le coût de la sécurité n’est pas fixe. On peut l’amortir de manière plus ou moins dégressive, avec l’accroissement du nombre de passagers dans un même avion, le nombre de rotations, etc.
4- Le prix du billet intègre évidemment le coût de la sécurité.
5- Le prix de la sécurité, même élevée, est loin de justifier l’intégralité du prix du billet (à coût de sécurité identique, un billet peut être plus ou moins cher).
6- Le coût des prestations (services), le taux d’immobilisation de l’avion et son amortissement, la marge d’exploitation, etc… sont, plus que la sécurité, les principaux composants du prix d’un billet.
7- Les choix marketing autorisent de sacrées différences (remplissage de l’avion en classe éco versus extension des premières classes ou classe affaires, nombre de dessertes plus ou moins rentables dans le catalogue de la compagnie, étalement ou concentration des offres promotionnelles (hors saison, toute l’année, ou pour certaines catégories type « carte jeunes », etc…).
Bref, tout ceci pour rappeler que si la sécurité peut avoir un coût incompressible, tout ce qui est cher, n’est a contrario pas forcément lié à une sécurité supérieure.
Re sébastien (25/08/2005)
Il a été voté une loi, je crois, dans les années 70, qui stipulait que le vote de toute nouvelle loi au Parlement devait être précédée d’une évaluation de l’ancienne. Louable attention… mais lettre morte me semble-t-il.
Re sébastien (25/08/2005)
Il a été voté une loi, je crois, dans les années 70, qui stipulait que le vote de toute nouvelle loi au Parlement devait être précédée d’une évaluation de l’ancienne. Louable attention… mais lettre morte me semble-t-il.
Re pierre (25/08/2005)
Mais qui a dit que je n’étais que « libéral »…
Revenons aussi sur le lien entre discount et qualité. Contrairement à ce que vous suggérez, une entreprise (de marques) qui se veut discount, multiplie forcément les contrôles. Moins nous sommes chers, plus nous devons garantir la qualité.
Lorsque nous nous sommes lancés dans l’aventure des premiers prix, nous avons raisonné probablement comme Aldi ou Lidl, les pionniers du hard-discount. Nous avons estimé qu’on ne nous pardonnerait jamais certainement pas le moindre défaut sur la sécurité des produits. Tout de suite, il y aurait report des critiques sur la marque principale et sur l’enseigne.
Enfin… OK pour les produits Casino. Ce sont des MDD. Mais le raisonnement reste le même. Moins chers que des produits de grandes marques industrielles, eux-mêmes moins chers que des produits de luxe, ils doivent néanmoins respecter les mêmes règlements sécuritaires.
Re Ralph de Butler (25/08/2005)
Une des voitures les plus « sûres » de ce dernier quart de siècle fut la Coccinelle, pourtant si cheap, par rapport à de prestigieuses concurrentes beaucoup plus chères.

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