SOCIÉTÉ Europe

L’Europe, plus que jamais !

J'ai été invité par la rédaction du journal La Croix à rédiger une tribune qui ferait état de ma réflexion sur l'Union européenne, dans le cadre d'une semaine que le quotidien consacre à ce projet toujours en construction. Pour ceux qui ont raté la parution (hier), vous la retrouverez ci-dessous. J’ai toujours été un européen convaincu. Je crois nécessaire de devenir un européen militant. La construction de l’Europe, et disons-le franchement, son évolution vers une entité plus fédérale, constitue le projet le plus urgent (mais aussi le plus passionnant) qui puisse être proposé à la population de notre continent. Né quelques heures avant la signature du Traité de Paris instituant la Communauté Européenne de Défense (CED), l’Europe fait partie de mon ADN. Mais pour ambitieux que fut le projet, il fut déjà une forme d’échec pour l’Europe politique. Bien sûr, l’Europe s’est dotée depuis d’institutions, de traités, d’outils d’intervention économique et monétaire et d’une forme de citoyenneté. Mais la crise durable que traverse notre continent montre bien qu’il manque un pilier à cet édifice inachevé. Personne ne peut nier cette évidence : le manque criant de coordination approfondie au plan fiscal, social, juridique agit comme une force centrifuge. Comment construire une union forte à l’extérieur, si à l’intérieur chacun peut jouer contre ses partenaires, parfois de manière odieusement déloyale ? Ce constat n’est hélas pas nouveau. Il est consubstantiel de cette Europe qui ne cesse d’osciller entre organisation intergouvernementale et intégration communautaire. Comment nos démocraties européennes – dont certaines sont plusieurs fois centenaires – peuvent-elles encore s’accommoder de ce jeu trouble entre un Parlement faible, des technocrates tout puissants et des gouvernements co-décisionnaires mais jamais en retard pour se défausser sur Bruxelles ? Moi-même je le vis chaque jour dans mon métier. Il n’est que d’observer le droit de la concurrence ou le droit de la consommation pour vérifier ce double langage, l’un prônant les vertus de l’échange et de la compétition, l’autre celles des particularités nationales. Les contraintes de TVA, les réglementations environnementales, la rigueur budgétaire, les quotas de pêche : c’est toujours la faute de l’Europe… Les mentalités doivent changer. Celles des gouvernements qui devront bien finir par déléguer (plus que céder) un peu de leur pouvoir. Celles des partis politiques nationaux qui doivent cesser de considérer le Parlement comme un purgatoire pour élus turbulents ou battus. Celles des citoyens enfin, qui doivent comprendre qu’on ne peut réclamer plus de démocratie tout en boudant les urnes. Entre fuite en avant, ouverture à tout vent, et incapacité à sortir des querelles institutionnelles, ma génération a failli. Les décideurs aujourd’hui essaient de se racheter en proposant à l’Europe un objectif défensif contre les effets néfastes de la concurrence internationale. Pitoyable esquive ! Il est temps de faire l’Europe pour ce qu’elle doit être : un tremplin pour une réponse collective à la mondialisation. Il nous faut impérativement aider la « génération Erasmus » à faire sien ce défi. Ce sera pour ma part un engagement total.

6 Commentaires

Salut Mel!
C'est difficile de faire du neuf avec du vieux. Voilà pourquoi les USA ont gagné du temps dans leur construction.
L'alliance européenne a permis à la génération "babyboom" de ne pas connaître la guerre, d'avoir la chance de manger à sa faim, d'accéder au confort domestique.
Je suis fier de ce résultat construit avec intelligence et humanité.
Mais voilà! Nous vivons dans un monde en évolution constante qui réagit de manière trop rapide ou alors avec lenteur.
Faites nous part de vos priorités européennes.

Je remarque simplement qu'après plus de 50 ans d'existance, il n'y a pas communication européenne. Le simple citoyen français ne sait pas où investit l'Europe et à quoi sert l'argent collecté tout comme l'incidence des lois européennes sur la politique française, anglaise, allemande par exemple.
Votre plume est claire, nette et précise. Vos articles sont toujours très intéressants à lire. Nous pourrions en discuter pendant des heures.
Les Français boudent les urnes, certes. Mais pour qui voulez-vous voter ? Depuis De Gaulle, nous n'entendons que des politiciens parler ! Pas des hommes d'Etat ! Pas des hommes ou des femmes incorruptibles qui s'investissent pour un idéal !
Il est donc grand temps de militer pour le retour d'une politique industrielle européenne et nationale comme le précise Delbecque ! http://pdalzotto.fr/2013/04/eric-delbecque-quel-patriotisme-economique/
Salut Mel!
C'est difficile de faire du neuf avec du vieux. Voilà pourquoi les USA ont gagné du temps dans leur construction.
L'alliance européenne a permis à la génération "babyboom" de ne pas connaître la guerre, d'avoir la chance de manger à sa faim, d'accéder au confort domestique.
Je suis fier de ce résultat construit avec intelligence et humanité.
Mais voilà! Nous vivons dans un monde en évolution constante qui réagit de manière trop rapide ou alors avec lenteur.
Faites nous part de vos priorités européennes.

Je remarque simplement qu'après plus de 50 ans d'existance, il n'y a pas communication européenne. Le simple citoyen français ne sait pas où investit l'Europe et à quoi sert l'argent collecté tout comme l'incidence des lois européennes sur la politique française, anglaise, allemande par exemple.
Votre plume est claire, nette et précise. Vos articles sont toujours très intéressants à lire. Nous pourrions en discuter pendant des heures.
Les Français boudent les urnes, certes. Mais pour qui voulez-vous voter ? Depuis De Gaulle, nous n'entendons que des politiciens parler ! Pas des hommes d'Etat ! Pas des hommes ou des femmes incorruptibles qui s'investissent pour un idéal !
Il est donc grand temps de militer pour le retour d'une politique industrielle européenne et nationale comme le précise Delbecque ! http://pdalzotto.fr/2013/04/eric-delbecque-quel-patriotisme-economique/

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