SOCIÉTÉ Industrie / Agriculture

E.Leclerc achète 4000 bêtes pour soutenir les éleveurs français

Interpellés sur la situation de l’élevage français, les Centres E.Leclerc répondent présents en lançant une opération spéciale « viande bovine » (du 5 au 15 novembre) pour aider les éleveurs à valoriser leur production.

Un marché sinistré

Je ne cesse de répéter à mes interlocuteurs du monde agricole qu’on a depuis quelques années changé de modèle économique et que l’on est désormais dans une situation de fusion des marchés (financiers, agricoles, de main d’œuvre, etc.).

La crise que traverse l’élevage français est une illustration nouvelle de ces interconnexions et imbrications.

Plusieurs éléments ont contribué à dégrader la situation de l’élevage français : rigidité dans la formation des prix, perte de débouchés, compétitivité lestée, tensions géopolitiques… le cours de la viande bovine a dévissé de 20%.

Du côté de la demande : la situation économique est morose partout en Europe et les débouchés français en Italie, en Grèce ou en Turquie se tarissent.

Du côté de la concurrence internationale : les Polonais, les Allemands, les Néerlandais, qui n’ont pas les mêmes règles que nous (plus grande standardisation de la production, plus grande réactivité à l’évolution des cours…) se sont vite adaptés et ont collé rapidement aux prix du marché. Devenant plus compétitifs, ils ont rapidement évincé les éleveurs français des contrats à l’international.

Du côté de l’offre française : depuis 2010, les éleveurs français étaient globalement « dans le marché », les prix de la viande suivant à peu près les cours internationaux. Mais quand les cours français et internationaux se sont écartés ces derniers mois, les éleveurs français ont mécaniquement perdu des parts de marché.

Parallèlement, le prix du lait ayant été à un bon niveau, beaucoup d’éleveurs ont retardé l’envoi à l’abattoir de nombreuses vaches laitières. Le retournement des cours sur le marché du lait ces dernières semaines change la donne et va susciter des « embouteillages » dans les abattoirs…et déboucher sur un excédent d’offre supplémentaire !

Ajoutez à cela les tensions géopolitiques qui n’arrangent rien. L’embargo russe n’est pas étranger à la situation. Les éleveurs bovins français sont touchés par ricochet car leurs homologues allemands et polonais, privés de débouchés russes réorientent leur offre vers le marché européen.

Enfin, la restauration hors foyer (restauration collective et commerciale), grande consommatrice de viande bovine importée, est également appelée à la rescousse, ce qui ne devrait pas laisser de répit à Stéphane Le Foll dans les prochains mois.

Rien d'étonnant à ce qu'aujourd'hui la détermination des cours et la rémunération ne dépendent plus des seuls acteurs traditionnels du marché. Il s'en déduit d'ailleurs un partage complexe de la responsabilité, loin des stéréotypes qui voudraient que les distributeurs en soient les principaux régulateurs.

4.000 bêtes transiteront par Kermené

Au vu des difficultés et malgré les jeux d’acteurs devant les caméras, l’enseigne et certaines organisations agricoles n’ont jamais cessé le dialogue. Le résultat de ce travail se concrétise aujourd’hui avec l’annonce par les Centres E.Leclerc de l’achat de 4.000 bêtes pour soutenir l’élevage français.

Concrètement, le Mouvement E.Leclerc s’est engagé sur un surprix reflétant la valorisation d’une production sélectionnée sur des critères exigeants élaborés par les partenaires agricoles d’E.Leclerc  sur cette opération (l’ELVA et l’APAL).

Cela se traduit pour les clients de l’enseigne par une grande opération « viande bovine » (race à viande : Salers, Aubrac, Blondes d’Aquitaine, Limousines, Charolaises…).

Au centre de ce dispositif : les abattoirs d’E.Leclerc à Kermené, qui ont géré les approvisionnements et mis sur pied cette opération ambitieuse, avec le soutien des équipes du Galec.

De cette façon, les Centres E.Leclerc contribueront (à leur niveau) à apporter un peu d’air au secteur, en prélevant d’un seul coup près de 10% de la production bovine hebdomadaire.

Décidément oui, dans la revalorisation des rayons viande des hypers E.Leclerc, agriculteurs et distributeurs ont partie liée !

6 Commentaires

Bonjour MEL, tout d'abord, bravo pour l'analyse exhaustive de la situation sur les derniers temps. C, et si tous les intervenants. Certains pourraient penser que c'est technocratique, mais c'est simplement "économique", et si tous les intervenants pouvaient "avoir" une analyse aussi lucide, il y a certainement beaucoup de choses qui iraient mieux dans notre monde.
Cependant en prélevant environ 10% de la production bovine d'un seul coup, ne risque tu pas de faire "remonter" momentanément les prix d'achat de la viande de bœuf?
Ce serait salutaire pour les producteurs, mais quand même à l'encontre de ton antienne "qui est le moins cher"?
En tout cas encore une fois, le Groupement montre sa réactivité, et son implication dans la vie de notre économie.
Normalement ça devrait faire un peu de bruit, et peut-être entrainer d'autres commerçants à bouger!
Continue ainsi, c'est comme ça que l'on "t'aime".
Enfin!!!! Voilà exactement ce qui peut se passer lorsque "l'autorité" publique et les corps intermédiaires laissent les acteurs de la chaîne de valeur s'organiser et faire face à des tensions qu'ils sont les premiers à ressentir. Mais effectivement, vous l'avez souligné, on est loin ici des jeux d'égos aussi fats que déplacés de figurants qui tout bien pesé, n'en peuvent mais!
Félicitations pour cette démarche "win/win" qui une nouvelle fois met en évidence que la caravane passe d'autant mieux que les chiens sont occupés ailleurs : décoration d'appartement de fonction? Réflexion oiseuse sur un nouvel abaissement du seuil de représentativité d'organisations qui ne le sont déjà plus? Séances de créativité fiscale?...
Félicitations pour ce blog.
PM
Merci de spécifier sur le Leclerc-Drive les origines des produits (figure sur les prospectus mais pas sur le net)... Plus de traçabilité sur les produits origine France, s'il vous plaît...! Moins de sel, additifs... mais de vrai produits !
Salut Mel!
Il y a quelques temps maintenant, je me suis arrêté dans le rayon boucherie et je me suis interrogé sur le prix de la barquette présentée. Du jour en lendemain j'ai décidé de m'en passer parce que c'était vendu trop cher. Depuis je n'en achète que très peu car mon habitude alimentaire a changé. Je pense que je ne suis pas le seul consommateur à avoir fait comme cela. Pour venir me rechercher ça va être difficile car ça ne me manque pas du tout.... Voilà comment un consommateur arbitre quand les prix grimpent de trop.
BONJOUR
MR LECLERC EDOUARD

VOUS AVEZ LANCE AVEC LES HYPERMARCHES LES CAISSETTES DE VIANDE A 40 EUROS ENVIRON
MAIS PAS ENCORE LES CAISSETTES DE POISSONS FRAIS A 40 EUROS :o)

LES SOUPES MARQUE REPERE SONT HYPER BONNES LE PROBLEME C EST QU EN Y A QU UNE EN RAYON SA SERAIT BIEN DE VARIER LES GAMMES DE SOUPES E LECLERC MARQUE REPERE LANCE 8 SAVEURS DE SOUPES DE FRANCE DE LA BRETAGNE A L ATLANTIQUE EN PASSANT PAR LE MONT SAINT MICHEL LA MER DU NORD A LA MEDITTERANNEE SLURPPP !o)

SA SERAIT BIEN QUE VOUS NOUS LANCEZ LES CAISSETTES DE VIANDES BOVINES ET DE POISSONS FRAIS POUR 20 EUROS

CE QUI DONNE :

10 EUROS POUR LES PETITS BUDGETS LA CAISSETTES DE VIANDES BOVINES OU DE POISSONS FRAIS

20 EUROS POUR LES BUDGETS MOYENS LA CAISSETTE DE VIANDE BOVINE OU DE POISSON FRAIS

40 EUROS POUR LES GROS BUDGETS LA CAISSETTE DE VIANDE BOVINE OU DE POISSON FRAIS

NE PAS OUBLIEZ QUE C EST LES TEMPS DES VIANDES ET POISSONS GRILLES TOUS LES ETES LES HYPERMARCHES DOIVENT ATTAQUES MEME MI MAI JUSQU A MEME MI SEPTEMBRE AVEC LES ETES INDIENS :o)
Merci pour vos suggestions. Bien à vous. MEL

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