Coincés entre le velléitaire Poutine et le boxeur Trump, nous allons devoir réviser notre doctrine et notre pratique diplomatique.
SOCIÉTÉ Politique

Trump : s'en plaindre ou s'en servir ?

Il faut dire qu'il fait tout pour se rendre antipathique, jusque dans le choix des photos prises dans le bureau ovale où il se plaît à prendre des airs bougons.

Les articles s'accumulent pour lui attribuer moult pathologies mentales et dénoncer son instabilité. Il a l'air de s'en foutre et de chercher le choc frontal avec les médias.

Avant l'élection, nombre de journaux ont pratiqué l'outrance et le dénigrement à son encontre. Pas étonnant qu'il éprouve quelque envie de revanche.

Ne nous en déplaise, il est POTUS

Il est complètement déplacé, à mon sens, le procès d'élection illégitime dans lequel les médias ont tout de suite essayé de l'enfermer.

Certes il a fait moins de voix qu'Hillary Clinton. Le fait est que l'élection présidentielle américaine se gagne au nombre de grands électeurs, pas au nombre de suffrages populaires. C'est ce système qui avait élu Obama.

Qui conteste d'ailleurs son élection ? Pas même Hillary Clinton. Alors pourquoi vouloir réécrire l'histoire…et la Constitution ?

C'est un fait. A moins d'un scandale ou d'une faute importante justifiant un Impeachment, il faut désormais composer avec le monsieur durant les 4 prochaines années.

Les Américains l'ont élu. Il faut savoir l'appeler Président.

Trump "le Magnifique"

J'ai été tout de suite perplexe sur le traitement de sa victoire par les médias occidentaux, de New York à Berlin. Ils l'avaient déjà fait honteusement avec Reagan.

A la manière du héros fitzgeraldien, Trump est d'abord un businessman flambeur et m'as-tu-vu. Il n'aime pas qu'on lui résiste. Sa fortune a pu lui permettre de jouir d'une certaine impunité et de pratiquer l'insolence avec démesure.

Trump en meeting à Las Vegas Les biopics nous relatent l'itinéraire d'un homme dont les engagements publics ont beaucoup varié avec le temps. Faut-il s'en étonner ? Pour ce genre d'homme, seul le résultat compte. Ne nous trompons pas.

Trump défend ses intérêts, mais on peut imaginer qu'il a fini aussi par croire à ses convictions.

C'est un pragmatique. S'il faut changer d'avis, il adapte sa stratégie en conséquence.

Il a pu soutenir les Clinton avant de chercher à "jeter Hillary en prison". Il a semblé affable avec les Taiwanais avant de revenir à de meilleures considérations pour les Chinois. Il a tancé les Japonais avant que leur resserrer la main. Il s'est dit le meilleur ami d'Israël, mais vient de dire les limites de la colonisation.

Sur tous les sujets, intérieurs comme extérieurs, il n'aura aucune difficulté à changer radicalement de position si les circonstances l'exigent.

Il ne placera ni la morale, ni la culpabilité, ni les regrets dans sa pratique présidentielle. C'est ça le point clé dont nous devons prendre conscience.

Trump cherche ses limites

Passé le temps de l'effroi, de l'indignation ou même du sarcasme, il faut bien admettre que si Trump dérange, ce n'est pas seulement par la forme de ses interventions mais parce que derrière chaque prurit, il y a un objectif de négociation. Une négociation que ni le Mexique, ni l'Europe n'ont préparée. Une négociation que nos diplomates, nos fonctionnaires, n'ont jamais appréhendée de cette manière-là.

Par exemple, tous les éditorialistes, les professeurs de sciences politiques et les diplomates lui ont reproché la brutalité de l'adresse aux Chinois. Il eût fallu selon eux respecter les codes traditionnels d'une diplomatie plus feutrée. Ne pas vexer Pékin. Oui, peut-être. Mais cette manière-là, pour élégante qu'elle soit, a-t-elle empêché les Chinois de transformer la Mer du Vietnam en Mer de Chine ? Quel succès diplomatique l'Occident policé avait-il remporté dans cette affaire ?

Les Etats-Unis sont les premiers payeurs de notre sécurité collective (Japon, Europe…). Que Trump veuille qu'on en rediscute le coût ou les finalités, quoi d'illogique ?

Boxe Pour moi, Trump distribue sciemment ses coups, pour tout renégocier. Et cette attitude lui profite plutôt bien.

Regardez comme les grandes multinationales (que l'on qualifie souvent d'apatrides !) s'empressent de relocaliser fissa leurs projets de développement.

Reprendre l'initiative

Qu'on ne se méprenne pas, je n'aime pas ce type d'homme. J'en ai connu dans le monde des affaires. Avec ses airs outranciers, Trump me fait penser à ces businessmen qui à défaut d'être à l'origine d'un projet, cassent le deal pour s'attribuer un rôle dans la renégociation.

C'est ainsi. Coincés entre le velléitaire Poutine et le boxeur Trump, nous allons devoir réviser notre doctrine et notre pratique diplomatique.

Pour résister à ces deux-là, pour faire valoir nos propres intérêts,  ça passe forcément par un jeu collectif renforcé, au niveau européen. Et si ce n'est pas à 27, il est temps que le noyau dur redevienne dur.

Les temps ont changé. Vous trouviez Borgen plan-plan. Vous trouviez à l'époque de sa diffusion qu'House of Cards était too much ? Et bien cette fois-ci, nous y sommes.

5 Commentaires

Le paradoxe avec Trump c'est qu'il va réussir là où Obama a raté : renforcer l'unité des Européens en tant que contre-puissance alternative. C'est tout le mal que nous lui souhaitons et que je nous souhaite :).
On peut toujours rêver...Alors rêvons ! :-)
Pour répondre à votre question cher Mel : "les deux mon capitaine!"
Les Etats-unis c'est un pays qui avance et innove , notamment à une certaine époque pour la grande distribution avec les séminaires à Dayton avec Bernardo Trujillo pour N C R ! M Marcel Fournier de la fleur de lys , il avait toujours la tête tourner en direction des USA , c'est plus le cas en France , ni en Europe , on voit bien actuellement en France le manque d'éthique notamment chez certains politiques , il y a une régression générale actuellement !
Il ne faut jamais oublier qu'il y a eu le D DAY le 6 Juin 1944 en Normandie , le français généralement a la mémoire courte .
l'Europe est un nain militaire , la France en fait partit !
Trump est un homme d'affaires devenu le président des Etats-unis d'Amérique , il aime son pays , les américains aiment et mettent souvent le drapeau de leur pays devant leur maison !
Est-ce vraiment le cas chez les hommes politiques et des hommes d'affairent en France ?
Malheureusement il y a une réalité ont vit une époque ou règne une certaine vulgarité , ni respect moi personnellement je suis totalement contre cette régression !
Je viens de lire le plan T R E S sur le site wwwTVAsociale.fr est-ce applicable en France ?
Poutine velléitaire? Heu vraiment, il est surement beaucoup de choses, mais là l'adjectif est inapproprié!

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