Mes Convictions | De quoi je me MEL
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Actionnariat Populaire

Vieille idée des Gaullistes de gauche, dans les années 60/70 : Capitant, Vallon, promoteurs du » pan » capitalisme, le capitalisme pour tous. En fait, quand ça marche, c’est tout bénéfice. Mais, quand le cours de bourse se retourne, on déchante. Dans ce type d’épargne, le gain est aléatoire. C’est aussi le cas pour la participation et l’intéressement. Mais puisqu’il n’y a pas de relation directe avec le management, il n’y a aucune possibilité d’influence. Et ça peut finir par des drames comme aux Pays-Bas. La chaîne Ahold avait distribué des actions du groupe, à ses consommateurs, comme récompense de leur fidélité en lieu et place de bonnes promotions ! Ca a fait mal aux fonds de pension et aux retraites !

Adhérent

Les 495 adhérents du Mouvement E. Leclerc sont des entrepreneurs, indépendants, propriétaires de leur magasin E. Leclerc. Devenir adhérent, c’est adhérer aux 3 grands principes du Mouvement (indépendance, solidarité et défense du consommateur) et s’impliquer dans sa gestion coopérative au quotidien.

Agriculteurs

Invités réguliers des parkings de nos supermarchés (et ceux de nos concurrents), la relation entre distributeurs et agriculteurs n’a jamais été un long fleuve tranquille. Le rapport sur l’Observatoire des prix et des marges de la distribution est venu apporter un peu de vérité face au fantasme de la distribution qui se ferait du beurre sur le dos des producteurs. Ca ne suffira pas à pacifier les relations avec le monde agricole, ni à inciter ce dernier à investir dans le marketing et le merchandising pour se dégager de la simple valeur des matières premières de base. Les viti-viniculteurs y sont parvenus. Pourquoi pas d’autres ? Je note enfin que si les médias généralistes aiment à relayer le déversement de lisier devant les portes des magasins, ils ne s’intéressent que rarement aux initiatives plus durables, comme ce que nous faisons avec nos Alliances locales. Mine de rien, ce sont chaque jour 10.000 producteurs locaux que nous présentons à nos clients !

Association

La modalité la plus souple et la plus conviviale pour vivre ensemble : une union, sans dilution des caractères ; une équipe, riche de multiples initiatives individuelles ; des règles pour cimenter l’ensemble, mais pas plus, sans les surcoûts d’une techno-structure. J’insiste : c’est le projet qui doit fédérer, et dire l’intérêt à agir en commun. Une association sans objectif finit par n’être qu’un club de notables ou de retraités !

Automatisation

On parle de remplacer les caissières par des scanners. Je ne suis pas un fervent partisan de cette robotisation. Bien sûr, ça peut marcher. Mais si l’on supprime ces métiers, a-t-on pensé à l’impact sur l’emploi ? Qui prendra la responsabilité de créer de nouveaux emplois pour ces ex-caissières au chômage ? Et les entreprises, enfin, croient-elles vraiment qu’elles amélioreront la relation avec la clientèle en se privant d’un tel relais ?

b comme...

Bas (prix)

C’est le combat historique des centres E.Leclerc : améliorer le pouvoir d’achat des Français en proposant des prix bas. La confusion règne (volontairement ou involontairement) dans les esprits alors je fais une mise au point : prix bas ne signifie pas automatiquement « tarifs bas ». Qui peut sérieusement croire que si nos concurrents sont 5, 10 ou 15% plus chers que nous, c’est parce qu’ils achèteraient 5, 10 ou 15% plus cher les mêmes produits aux fournisseurs. Allons… la différence entre leurs prix de vente et les nôtres réside dans le modèle économique des Centres E.Leclerc : pas d’actionnaires à rémunérer, pas de turn over incessant à la tête des magasins, une stratégie stable et de longue durée, des frais d’administration du groupe maîtrisés, et un engagement au quotidien de nos adhérents dans la vie de la coopérative font que les économies que nous faisons en fonctionnement sont directement répercutées sur notre politique de prix. Y a pas de secret, et c’est bien ce qui dérange nos détracteurs !

Blog

Je n’ai pas l’intention d’abreuver les internautes de mes états d’âme. Mais la multiplication des mails et des courriers que je reçois m’oblige à répondre à des tas de questions. Y répondre sur un site ouvert et consultable permettra d’éviter bien des répétitions. Et puis j’aime dialoguer. J’ai l’impression, moi-même, de m’enrichir dans ce type d’échanges. Bref, écrire ou publier, c’est une manière contraignante, mais exigeante, de m’obliger à étayer les arguments ou à en changer. Il ne suffit pas d’avoir des convictions, il faut encore savoir les défendre et les rendre pertinentes.

c comme...

Caissière

Il y a une dizaine d’années, j’ai été pris à partie par des caissières de l’Ouest. Un groupe rock,  » Helmer Foot Beat « , chantait :  » la caissière de chez Leclerc « . C’était chaud, un zeste sex, limite irrespectueux pour l’époque ! Les caissières croyaient que j’avais donné mon accord, ce qui n’était évidemment pas le cas. Il n’empêche : ceux qui, privilégiés dans le système médiatique ou sur le marché de l’emploi, raillent à longueur de journée le métier de caissière, n’ont jamais compris que c’est une vraie profession, comme le sont les métiers de  » serveur « , de  » vendeur « . Beaucoup de femmes, et maintenant d’hommes, qui n’ont pas bénéficié de grande formation dans le système éducatif, ont pu ainsi accéder à un emploi, à un salaire, et surtout à un statut social. Certains ne l’ont certes pas choisi. Mais beaucoup y excellent avec dévouement et patience.

 

Centres commerciaux

« Le temps des centres commerciaux gigantesques est révolu. On y passe trop de temps. On s’y perd, et tous les repères de proximité disparaissent. Ceux qui sont déjà implantés près des grandes villes continueront à marcher. Les autres seront de moins en moins performants. ».

Voilà ce que j’écrivais il y a dix ans en ouvrant mon blog. Les temps changent, les stratégies aussi. On parle maintenant de « mall » (l’anglais fait plus chic ?) et l’on cite « Aéroville » près de Roissy sur 85.000 m², « Atoll » (Angers) et ses 70.000 m², le centre commercial régional Bongarde (Gennevilliers) et ses 86.000 m² et – last but not least – les 230.000 m² du projet d’Auchan à Gonesse ! Certains font le pari que l’immensité des centres freinera la décroissance de la fréquentation que l’on continue à observer dans tous les centres commerciaux. Je demande à voir le résultat dans quelques années…

 

Chasse

Armes de chasse : Je ne suis pas chasseur. Mais je n’ai rien contre une pratique raisonnée de la chasse. Nous avons néanmoins arrêté, en 1996, de commercialiser des armes de chasse dans les centres E. Leclerc Sport. Malgré notre professionnalisme et une clientèle fidèle d’agriculteurs, de sportifs, d’amateurs, il y avait trop de risques de voir ces armes détournées de leur destination : braquages, agressions, homicides…

Couleur

Couleur préférée, le bleu, bleu de l’océan, de l’horizon, de la liberté.

Culture

Mon refuge, ma liberté, ma passion. Jamais simple de conjuguer ma vie professionnelle avec mes envies de découverte, mes besoins spirituels. Comment la définir sans la réduire ? Impossible. Bien sûr j’ai mes dadas (et pas que la BD !) mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est être surpris. Alors je suis souvent partant quand des amis ou des collaborateurs me proposent de les accompagner découvrir un chanteur, un peintre, un chorégraphe. Et c’est avec un plaisir non dissimulé que je m’évade vers le Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture, à Landerneau. Quand sonnera l’heure de la retraite à la tête des Centres E.Leclerc, je sais déjà qu’une nouvelle conquête m’attend et je la prépare méticuleusement !

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Dieu

On a beau vouloir le dédouaner, il a aussi des choses à se faire pardonner. Si les hommes sont indiscutablement responsables des trois quarts de leurs malheurs, il y a décidément trop d’injustices et de souffrances inexplicables. Quand je traverse un hôpital d’enfants gravement malades ou que je croise des personnes trisomiques, je n’arrive pas à faire miennes ces quelques phrases des  » Béatitudes  » :  » Bienheureux, les pauvres, les malheureux, les souffrants, etc… « . Un jour, Dieu devra quand même rendre des comptes !

Distribution

J’aime bien ce concept élaboré par mon père au début des années 60. Il l’opposait souvent au  » commerce  » qu’il qualifiait de  » spéculatif « . A l’opposé, la distribution est un mécanisme de répartition. Le profit y a sa place, comme dans toute entreprise. C’est la rémunération d’un service. La distribution est un acte éminemment social : elle permet à chacun d’accéder à la propriété ou à la jouissance de biens qu’il a contribué, en tant que salarié, à produire. (Croyez-moi : il y a du Marx et du Jésus là-dessous !).

Drive

Signe des temps, les journalistes n’ont plus que ce mot à la bouche. Incontestablement, le drive est en train de changer profondément certaines habitudes des consommateurs qui y voient une solution innovante pour se débarrasser des achats corvée. Après avoir observé le phénomène quelques temps, les adhérents E.Leclerc se sont jetés dans le concept à fond. Et ils sont parvenus à devenir les leaders du secteur. Nous avons finalement bien géré notre propre cannibalisation et nous ne pouvions pas laisser passer les trains de la concurrence sans rien faire. Reste que nous devons désormais réinventer l’hyper, un sacré défi pour les prochaines années !

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Ecologie

J’avais cru un moment que l’écologisme était en train de gagner la bataille gramscienne de l’ascendance culturelle. Les choses commençaient à bouger dans l’opinion publique, l’écologie devenait un projet de société. Elle se faisait séduisante et parlait enfin à un auditoire élargi, dépassant son public militant habituel du Larzac. Mais les difficultés économiques, les stratégies politiciennes et les dogmes soigneusement partagés dans chaque camp ont ces dernières années fait reculer les préoccupations environnementales. Le repli sur soi tant des industriels (« c’est la crise, laissez-nous produire comme on veut sinon le chômage explosera ») que des écolos limite ayatollahs (« c’est la crise, il faut se convertir à la décroissance ») risque de détourner les citoyens de ces enjeux fondamentaux. L’écologie est de nouveau perçue comme punitive au fur et à mesure que les promesses de la croissance verte se sont effritées. Tout n’est pas perdu, mais il va falloir se retrousser les manches pour ré-enchanter le rêve !

Elargissement

Robert Badinter a mille fois raison. Si l’on ne veut pas que l’identité européenne se dilue dans le mouvement de la Mondialisation, il faut commencer par renforcer les fondements de la construction (la Constitution), élaborer le cahier des charges des occupants (droits et devoirs !) et apprendre à cohabiter à 25. Ce qui ne sera déjà pas facile. Poursuivre l’élargissement à l’Ukraine, la Turquie ou tout autre pays méditerranéen, ne peut qu’affaiblir la voix de l’Europe.

Emploi

En 2004 j’écrivais ceci dans cette rubrique : « Récemment encore, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin invoquait le risque de perte d’emplois consécutif au retour à une  » guerre de prix « . On ne peut évidemment balayer l’argument d’un simple effet de manches. Il y a un seuil en dessous duquel les prix ne rémunèrent plus les producteurs, et font fuir les investisseurs. Mais, s’il s’agit d’analyser la situation française, personne ne réclame qu’on s’étripe. Il s’agit simplement de revenir à une concurrence normale, et de laisser les distributeurs répercuter leur marge aux consommateurs. A contrario, des prix trop élevés ne freinent-ils pas la consommation ? Et s’il n’y a pas de perspective de chiffre d’affaires, les entreprises ne vont-elles pas alors pratiquer des licenciements ? Pour ma part, je fais ce constat : la France est le pays dans lequel le prix des grandes marques est 10 à 15 % plus cher qu’ailleurs en Europe. Et en même temps, nous avons l’un des taux de chômage le plus élevé. A qui va-t-on faire croire qu’en baissant les prix, on va empirer la situation ! ».

Je crois que je n’ai rien à ajouter sauf que depuis la rédaction de cette note, il y a eu la LME qui a mis fin à la loi Galland. Les prix en France se sont ainsi un peu rapprochés de ceux pratiqués chez nos concurrents européens. En revanche, ce qui n’a pas changé, ce sont les accusations : la « guerre des prix » tuerait l’emploi. Hélas, « guerre des prix » (sous la LME) ou pas « guerre des prix » (sous la loi Galland), le chômage a continué inexorablement de monter dans notre pays. C’est peut-être que le problème est ailleurs, non ?

Esponsabilite

Comme tout acteur influent, les entreprises doivent assumer leur part de responsabilité sociale et sociétale. Même si le mot est relativement récent dans le vocabulaire managérial, le concept n’est pas nouveau. Ce qui a changé, c’est la prise de conscience et son corollaire : la pression politique, médiatique et le poids de l’opinion publique. Pour être efficace, la responsabilité doit être réfléchie, structurée, approfondie. Sinon on est dans l’effet de communication. C’est ce que je déplore quand je vois certaines campagnes menées par des groupes de pression : elles visent parfois plus l’effet d’aubaine et la mise au pilori immédiate que le travail partenarial sur la durée, loin des projecteurs, pour faire changer les choses en profondeur.

Etat

« L’Etat ne peut pas tout ». Cette phrase avait fait mal à Lionel Jospin… Et pourtant au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la crise, que les finances publiques virent à l’écarlate et que la mondialisation continue de se jouer des frontières et des règles nationales, on mesure que cette phrase relevait plus du constat de lucidité que d’un renoncement absurde.

Je crois au primat du politique, je crois dans le rôle d’arbitre de l’Etat et de modérateur des passions égoïstes. Des siècles de colbertisme et d’étatisme nous ont accoutumés à considérer que l’Etat avait vocation à intervenir dans tous les domaines de la vie économique, ne serait-ce que pour mieux faire passer la pilule de l’inévitable. Ce qui était possible il y a encore quelques décennies ne l’est plus aujourd’hui : un Etat affaibli ne peut plus imposer ses lois nationales dans un espace économique devenu planétaire. Il faut donc que notre Etat repense son rôle, redéfinisse ses domaines d’intervention, bâtisse de nouvelles collaborations avec les acteurs de son territoire. Ce n’est ni un renoncement, ni un aveu de faiblesse. C’est la prise de conscience que l’Etat doit mettre fin au saupoudrage et se concentrer sur les priorités qui prépareront réellement l’avenir.

Europe & Elargissement

Robert Badinter a mille fois raison. Si l’on ne veut pas que l’identité européenne se dilue dans le mouvement de la mondialisation, il faut commencer par renforcer les fondements de la construction (la Constitution), élaborer le cahier des charges des occupants (droits et devoirs !) et apprendre à cohabiter à 28 en 2013. Européen convaincu, je regrette toutefois que la course à l’élargissement ait primé sur le préalable indispensable de l’approfondissement. Le résultat de ce manque de travail sur le fond est visible à chaque crise que traverse notre continent. Nous sommes incapables d’apporter des solutions communes, coordonnées, unanimes. C’est alors qu’on nous ressort la bonne vieille carte de la « coopération renforcée » entre quelques Etats membres volontaires pour faire aboutir tel ou tel projet. Mais alors, pourquoi avoir élargi sans frein depuis 10 ans si c’est pour proposer en permanence de faire des mini- Europe à géométrie variable selon que l’on décide d’avancer sur la concurrence, sur le droit social, ou sur la fiscalité ? Y a quand même quelque chose qui cloche. Et on s’étonne après que les citoyens boudent les urnes européennes…

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Famille

Bien que médiatisé, je protège au maximum ma vie privée, ma famille et mes amis. Isoler les enfants de l’agressivité de la vie publique, leur permettre de bénéficier d’une éducation normale… Il faut savoir respecter ceux que l’on aime, et ne jamais chercher à les instrumentaliser pour quelque fin que ce soit, et encore moins pour sa propre image.

Foi

Parce que je suis passé par le séminaire, ou que j’affirme mon adhésion aux valeurs du christianisme, il m’arrive souvent d’être interpellé sur ma foi : eh bien, je le dis humblement, j’envie et j’admire les hommes et les femmes qui ont des convictions suffisamment fermes pour guider leurs pas. Pour moi, j’éprouve surtout la frustration, et quelquefois la douleur, de ne pas éprouver de certitudes. Disons tout simplement que je garde en moi l’espérance de la foi !

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Geopolitique

Les questions internationales interpellent peu les Français et ne perturbent que très peu leur vie politique. Elles impactent pourtant en profondeur la vie économique, même à l’échelle d’un distributeur comme E.Leclerc agissant principalement sur le territoire hexagonal. Accaparements de terres aux quatre coins de la planète, tensions régionales circonscrites en apparence, alternance politique violente ou en douceur…Aujourd’hui, impossible pour nous d’ignorer ce qui se passe dans notre vaste monde car les conséquences sur nos rayons et notre stratégie d’enseigne sont de plus en plus immédiates quand quelques événements risquent d’influer sur les cours du pétrole, du blé ou le transport maritime. Si la distribution est un formidable observatoire des mutations sociales et économiques, elle est aussi une caisse de résonnance des risques géostratégiques.

 

Goût

A force d’avoir su s’adapter aux exigences de la sécurité alimentaire, de nombreux produits ont fini par perdre leur goût. En tout cas, la diversité n’y trouve plus son compte. Il faut stopper cette tendance qui s’explique plus par des facilités marketing que par des exigences réelles. Appliquer une norme sanitaire ou sécuritaire n’induit aucunement la standardisation du goût. On peut appliquer les mêmes normes et produire une cuisine chinoise, italienne ou française. La pluralité, la diversité et le choix ne sont pas des contraintes, mais des objectifs. Ce que les viticulteurs et les grandes surfaces ont su faire en multipliant la présence des crus dans les foires aux vins, devrait pouvoir être reproduit dans les rayons  » fruits et légumes « ,  » poisson  » ou  » viande  » ! Au boulot !

h comme...

Habitude

L’habitude rassure mais l’habitude anesthésie. C’est l’ennemie de l’innovation et du développement. Il paraît qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Peut-être. Mais c’est aussi lorsque tout va bien qu’il faut savoir se remettre en cause, tenter, oser. Car il s’agit de garder de l’avance. Être challenger est une place confortable, on est motivé pour la gagne, on se bouge et on prend des risques. Être leader est un rôle difficile : la tentation de regarder dans le rétro pour surveiller la distance avec la concurrence domine souvent sur la nécessité de maintenir le regard droit devant pour continuer à avancer.

Heure(s)

Grande source de frustration : il en manque toujours quelques-unes dans ma journée.

 

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Indépendance

Je revendique. Je ne veux être ni récupéré, ni sous tutelle : ni de la part du politique, ni de la bourse. J’y perds certainement des moyens de puissance, de reconnaissance. Mais je garde la liberté de dire non à l’Etat, aux institutions, à mes concurrents. Et surtout, j’y trouve des marges de manœuvre, quand d’autres sont prisonniers d’un système courtisan !

Individualisme

L’ennemi de l’indépendance. La revendication de liberté n’exclut aucunement le travail et l’échange avec d’autres. C’est même une condition d’efficacité. L’indépendance n’est souvent productive qu’en réseau. L’alliance d’entrepreneurs, gardant chacun leur indépendance, mais alliés sur objectif, peut être aussi efficace et produire autant d’effets qu’un groupe capitalistique intégré. C’est vrai dans la distribution (CONAD en Italie, REWE ou EDEKA en Allemagne, ICA en Suède et en Norvège, SYSTEME U, LECLERC, INTERMARCHE en France…), c’est vrai aussi pour tout groupement d’industriels.

 

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Journal

Impossible de commencer une journée sans lui, sans eux. George Bernard Shaw le définissait cruellement comme une « institution incapable de faire une différence entre un accident de bicyclette et l’effondrement de la civilisation ». Comme de nombreux Français, je déplore l’évolution de notre presse : moins d’articles de fond, une tendance trop prononcée pour le sensationnalisme et le mimétisme, moins d’ouverture intellectuelle… Je critique parce que j’aime ! J’ai même rêvé un temps être journaliste… Sur ce blog, il m’arrive parfois d’écorner quelques supports de presse et de me faire la promesse que je ne les lirai plus. Et pourtant, je continue inlassablement à les découper, les classer et les commenter ! Si ce n’est de l’addiction, ça y ressemble quand même un peu.

k comme...

K-way (Cotten, Trench, Ciré…)

Contrairement à la légende, je vous assure que ce n’est pas l’habit indispensable des vacanciers bretons !

l comme...

Libéral

Si ça veut dire  » partisan de la liberté « , j’en suis ! Dans beaucoup de domaines (économique, culturel…), je crois à l’efficacité de l’initiative individuelle, de la compétition et de la concurrence entre les hommes ou les entreprises. Mais la vie sociale ne saurait se limiter au marché. Je crois au primat du culturel et du politique. Ils expriment plus entièrement le projet collectif. Il faut aussi une autorité légitime (l’Etat démocratique) pour fixer les priorités et les règles du jeu. Alors, disons que je ne suis pas un… ultra-libéral, mais plutôt un partisan du concept de  "l’économie sociale de marché" .

Luxe

Le seul vrai luxe, c’est le temps. Avoir du temps pour soi, pour les autres. Tout le reste finit par être relativement banal.

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Marque

La marque de l’industriel, comme l’enseigne du distributeur, ce sont des repères pour rendre visibles une offre de services, une signature qui désigne une responsabilité juridique et morale. La marque est aussi une promesse. Elle ne doit pas décevoir, d’autant qu’elle cherche à fidéliser.

Ministère de la consommation

C’est souvent le parent pauvre des gouvernements, alors même que la consommation est devenue le dernier moteur de croissance quand tout va mal. Quelle ingratitude ! J’aurais à composer un gouvernement, je regrouperais la consommation et l’environnement. Il y a place pour un ministère qui défendrait la qualité de la vie de l’ensemble des citoyens, et qui se battrait pour obtenir à Matignon les meilleurs arbitrages face à toutes les pressions corporatistes qui frappent aux portes des autres ministères.

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Nature

Je suis bien obligé d’être citadin, vu mon métier. Mais je ne me sens vraiment à l’aise que dans la nature : grands espaces, paysages, la ruralité ou la rusticité ne me font pas peur. Même en ville (surtout en ville !), je ne supporte plus la pollution, la saleté, même si je dois le reconnaître, il y a encore beaucoup à faire autour des centres commerciaux : architecture, panneaux publicitaires, gestion des déchets, etc…J’ai un raisonnement simpliste : la qualité des arrière-cours, l’odeur dans les rues, ou dans les établissements fréquentés par le public témoignent de l’importance du respect au consommateur. C’est comme l’aspect des toilettes dans un restaurant. C’est un indicateur du soin apporté à la qualité des produits… Quand une industrie balance sa pollution jusque vers les maisons environnantes de son propre personnel, quand une ville rejette ses eaux usées dans le fleuve, vers la cité voisine, je ne vois qu’une agression, une forme de mépris. Et en plus, on sabote le cadre de vie des générations futures. J’ai engagé mon groupe dans une opération renouvelée chaque année : « Nettoyons la nature ». 550.000 personnes y participent, de quoi rendre jaloux les partis politiques, non ? C’est une opération pédagogique. Tout le monde se retrouve pour curer un fossé, ramasser les papiers gras, nettoyer une forêt… Certains n’y verront qu’un investissement publicitaire. Cela m’est égal. Cette pub-là me tient à cœur.

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Obésité (Campagne contre)

La mauvaise nutrition est un fléau. Les initiatives du Ministère de la santé et des médecins contre les aliments surchargés en sucre, en sel ou en matières grasses, doivent être soutenues. Ca ne se discute même pas. Mais Frank Riboud, le PDG de Danone, a mille fois raison : 3 heures de plus de sport à l’école par semaine, ce serait encore mieux, moins coûteux, et plus durablement efficace !

OGM

Leurs concepteurs ont commis une formidable erreur de marketing. Si les OGM étaient des OGA (Organismes Génétiquement Améliorés), le débat porterait sur la réalité des améliorations et n’alimenterait pas les fantasmes. Dès qu’on parle « modifications », on pense « manipulations », et là, on s’enfonce dans l’irrationnel. Entre les ayatollahs anti-progrès et une industrie qui nous prend pour des cobayes, moi, j’ai adopté la posture de Saint-Thomas : j’exige qu’on nous garantisse l’innocuité, en termes de santé comme d’environnement. C’est aux industriels et à leurs scientifiques de nous dire l’intérêt à les cultiver, mais surtout à en manger. En droit, comme en morale, c’est bien la responsabilité de celui qui met un nouveau produit sur le marché (comme pour le médicament) de nous en faire la démonstration. Et même si, en médecine comme en agriculture, je comprends bien que l’avenir est celui-là, il n’y a pas de raison de vouloir aller trop vite. Il faut expérimenter dans des conditions écologiques garanties. De ce point de vue, la destruction des champs expérimentaux n’est pas de nature à faire avancer le débat.

p comme...

Participation

Belle idée gaulliste. Une manière de faire profiter les salariés des fruits de l’entreprise. Malheureusement, les héritiers auto-proclamés du Général n’en font plus leur objectif. (Les régimes fiscaux de l’intéressement et de la participation ne sont plus si motivants !). Il faut dire aussi que la faute en revient aux employeurs. On vit de moins en moins dans une culture d’entreprise. Le développement d’un capitalisme cannibale et zappeur et l’anonymat d’un actionnariat phagocyté par les fonds de pension et les grandes institutions, privent les managers d’une vision à long terme. Difficile dans ces conditions d’associer durablement les cadres à des stratégies d’entreprise trop souvent illisibles et axées sur le profit à court terme.

Polémiste ?

Je ne recherche pas la polémique, mais je ne la fuis pas. La polémique peut être le temps fort d’un débat. Elle n’a aucun intérêt s’il s’agit de régler des comptes. J’ai toujours respecté les personnes, ce qui n’a pas toujours été le cas à mon endroit. Et puis j’aime ce mot de l’humoriste Smaïn : « Le talent qu’on nous prête est aussi une question de mode… Il ne faut jamais oublier que lorsqu’on descend de l’échelle, si l’on n’a pas été clean, il n’y a plus personne en bas à vos côtés ».

Politique

J’aime le débat public. Participer à la vie politique est un devoir. Je ne veux pas m’en priver. Tant pis si ça irrite. Combien de fois n’ai-je pas entendu quelques amis parlementaires m’interpeller : « Tu n’es pas légitime. Tu devrais limiter tes interventions à ton domaine de compétence, l’entreprise. Par nature, tes fonctions focalisent ton attention sur la recherche du profit. Nous autres, hommes politiques, devons trancher les débats dans le seul intérêt du bien public ! ».

Sur un point, ils ont raison. Je n’ai aucune légitimité pour représenter qui que ce soit. Je ne suis pas élu, je n’ai pas de mandat. Et nos réussites commerciales ne nous donnent aucun crédit pour parler des affaires du monde, sauf que… à force de s’isoler du public, la classe politique vient rarement chercher notre expertise de chef d’entreprise. Dans ces conditions, quand on a des idées, il faut savoir forcer l’écoute de nos élus. Oui, si on veut, on peut appeler ça  » faire de la politique « . Après tout, les organisations professionnelles (FNSEA, MEDEF), comme les syndicats, n’en font-ils pas quand ils émettent un avis sur l’apprentissage, l’éducation, la décentralisation ou la fiscalité ? Personne ne dit pourtant qu’ils excèdent leur rôle ! Au fond, ce qui gêne, c’est que je m’exprime aussi en tant que citoyen, sans passer par le tamis d’une censure collective, celle d’un syndicat professionnel. Du coup, n’importe quel citoyen peut se reconnaître dans mes propos, qui, de ce fait, prennent une force supplémentaire. N’est-ce pas ce que devraient faire d’autres chefs d’entreprise ?

Prix

Les hommes politiques qui sont contre les baisses de prix devraient l’inscrire dans leurs programmes électoraux ! Chiche !

Provocateur ?

Ce n’est pas dans ma nature. Et avez-vous remarqué avec quelle insistance les professionnels et les politiques les plus conservateurs, désignent ainsi toute personne qui essaie de faire bouger l’ordre établi ?

r comme...

Randonnée

Je pratique, en famille, avec les amis, en solitaire ! Contact direct avec la nature, les habitants… Je crapahute sur les traces des pèlerins de Compostelle sur les GR français, avec en mémoire quelques émotions d’écrivains voyageurs : Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, Jacques Lanzmann… Histoire aussi d’en remontrer à nos amis de la Fédération Française de Randonnée Pédestre, avec laquelle nous menons de belles actions de partenariat. Savez-vous que nous sommes plusieurs millions de randonneurs à sillonner les paysages et les campagnes françaises ? Voilà un sport non violent qu’on peut pratiquer longtemps, même en vieillissant.

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Science-fiction

Je partage avec Michel Pébereau (ex-BNP) un réel engouement pour ce genre littéraire. Avant même d’avoir digéré Karl Marx, Rosa Luxembourg, Tocqueville ou Che Guevara, c’est la lecture de Farenheit 451 (Bradbury), de 1984 (George Orwell), Le Meilleur des Mondes (Huxley), Le monde des A (Van Vogt) ou Dune (Herbert) qui a  » fait  » ma conscience politique. Enki Bilal, Pierre Christin, Druillet ou Moebius ont créé des mondes à partir de scénarios de portée suffisamment universelle pour que nous puissions rester rebelles et refuser l’esclavage que nous promettent tant de manipulateurs sur cette planète.

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Tutoiement

Il paraît que j’ai le tutoiement facile. En tous les cas, si je le pratique facilement, on peut témoigner que je l’accepte pareillement. Qui se souvient encore que sous la Révolution française, la Convention avait pris un « Décret sur le tutoiement » ? Ce n’est ni une forme de complicité de façade, ni une marque d’irrévérence. Je peux tutoyer certains adversaires et vouvoyer certains proches collaborateurs. Tutoiement ou vouvoiement finalement peu importe. Tout est dans la façon de se dire les choses…

u comme...

Usines

Si certaines ouvrent encore en France aujourd’hui, d’autres ferment et ce sont elles qui monopolisent l’attention. Certes, nous avons fait le choix de la tertiairisation de notre économie (et son corollaire : une qualification croissante de la main d’œuvre qui ne rêve plus d’aller bosser à l’usine). Ensuite il y a les coûts et notamment celui de la main d’œuvre : comment un pays riche comme le nôtre, aux standards sociaux élevés (et tant mieux !) peut-il espérer rivaliser en termes de coûts quand il est en concurrence frontale avec des pays en développement ?

La seule solution, c’est l’innovation. Elle seule peut nous permettre de nous dégager de ces comparatifs mortifères où nous perdrons à tous les coups. Les études internationales montrent que nous avons des bases solides pour, nous aussi, créer des Apple, Microsoft et autres produits qui échappent en partie aux arbitrages économiques des foyers. La France est dans les meilleurs rangs pour le dépôt de brevet et la recherche fondamentale. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’il faut en valoriser les résultats : nous travaillons le « dur » mais ce sont nos concurrents qui s’enrichissent en utilisant nos découvertes pour leur trouver des applications industrielles. Combien faudra-t-il encore de rapports pour que nos dirigeants en prennent enfin conscience ?

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Valeur ajoutée

Voilà bien un mot qui ne mettra jamais d’accord les économistes, les marketeux, les producteurs, les distributeurs et les politiques ! Régulièrement, en période de fièvre agricole, nos politiques font semblant de découvrir, juste le temps d’une crise, l’ampleur de la « valeur ajoutée » créée par la distribution, pour mieux en suspecter la transparence et les montants. Ils disent « s’étonner » de la différence de prix entre le porc, la tranche de jambon, le pâté, la saucisse… Arrive alors la revendication rituelle du « nécessaire meilleur partage de la valeur tout au long de la chaîne ». Comme si entre les deux, il n’y avait pas quelques processus de transformation et de marketing. La valeur serait une sorte de gâteau dont il faudrait sans cesse subdiviser les parts pour que chacun finisse avec une miette ? Ce discours pavlovien sert d’Ersatz à une politique publique de soutien aux revenus agricoles profondément repensée. Allons bon…au lieu de sans cesse réduire les parts, augmentons la taille du gâteau ! Cela nécessite une certaine prise de risques pour innover, créer, surprendre et finalement donner envie pour fidéliser. Que ceux qui s’y refusent passent leur chemin car ils nous mènent vers l’abîme !

Vin

Le vin, c’est un plaisir, mais c’est aussi une économie et même un modèle économique ! En quelques décennies, nos producteurs ont su se dégager des contraintes du seul cours du raison et imposer leur marketing : étiquettes, châteaux et AOC sont devenus autant de signes distinctifs de qualité que recherchent désormais les consommateurs, œnologues avertis comme amateurs en quête de goût. Aujourd’hui ce succès semble « couler de source ». Ce n’était pourtant pas chose aisée d’arriver à rassembler tous les intervenants du secteur sur une telle stratégie. Et pourtant ils y sont parvenus. Qui entend aujourd’hui parler des difficultés des producteurs de vin ?

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WEB

Impossible d’y échapper, ne pas y être serait une faute…On a beau être des professionnels de l’hyper, on a fini par s’y mettre. Progressivement E.Leclerc développe sa stratégie web ; culture, alimentaire, multimédia, beauté, santé… L’enseigne déploie progressivement nos ailes. Mais E.Leclerc n’a pas vocation à devenir un pure-player, l’enseigne aurait alors un parc de plusieurs milliers de boutiques sur les bras. Nous croyons dans la force du réel, de l’expérience sensorielle, du besoin d’humanité. Il faut donc savoir repenser sa stratégie pour s’adapter : le web s’est imposé, ne pas en tenir compte serait simplement suicidaire. Mais le web ne fait pas tout et les clients auront encore besoin pendant plusieurs années de pouvoir toucher, goûter, sentir, essayer certains produits. Le multicanal, ça dit bien ce que ça veut dire. C’est plusieurs offres, du choix, de la disponibilité, mais quand je vois toutes les marques du web qui ouvrent des boutiques dans les galeries marchandes, je me dis que nos magasins ont encore un avenir !

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Yaourt

Quel talent ! Certains font remonter son existence à l’Antiquité, autant dire qu’il a de la bouteille… Plusieurs siècles après et alors que, de la Bulgarie à la Turquie, de la France aux Etats-Unis, on pensait avoir fait définitivement le tour de la question, certaines marques arrivent encore à nous surprendre et à « faire événement » autour d’un pot de lait fermenté de 125 grammes. Un chouïa de modification du contenu et/ou du contenant et revoilà la machine relancée pour plusieurs années. Je suis très admiratif devant l’ingéniosité des agences de com’ qui parviennent toujours à faire évoluer ce produit avec son époque : tantôt il aide à la croissance de vos enfants, tantôt il vous permettra de perdre des kilos, tantôt il luttera contre l’Alzheimer qui vous guette. Décidément, il est très fort ce yaourt !