Prix de l’essence : du blocage au déblocage !
François Hollande a proposé le blocage du prix des carburants.
1) En fait, il a proposé deux ou trois choses différentes sur le sujet : convoquer les distributeurs de carburant (il ne doit pas savoir qu’on est convoqué à chaque flambée des prix !), réinstaurer une TIPP flottante (modèle Jospin ?), bloquer le prix de vente (donc de la fiscalité, TVA comprise ?).
Ses propositions ont déchaîné toutes sortes de critiques :
- Les écologistes : Il faut laisser monter les prix pour laisser place aux modes de transport alternatifs !!!
- Les fiscalistes : La TIPP flottante, sous Jospin, aurait coûté plus cher à l’Etat qu’elle n’a rapporté (baisse de TVA correspondante).
- Les idéologues qui rouspètent contre « le retour à l’économie administrée ».
Il y a à boire et à manger dans les arguments de chacun. Chacun plaide pour sa chapelle ou sa cause.
Mais le pouvoir d’achat, camarades, ça vous cause ? Personne ne semble comprendre à quel point, vu de nos provinces, la hausse du prix des carburants impacte le portefeuille des salariés ou des retraités qui n’ont pas forcément de gare, de métro ou de bus pour effectuer leurs déplacements.
2) En réplique à la proposition de François Hollande que tout le monde flingue à défaut d’en débattre, certains ministères objectent une contre-proposition : il s’agirait de supprimer le seuil de revente à perte en espérant qu’un distributeur soit assez fou pour casser les prix et entraîner les autres.
Apparemment, c’est malin. On enverrait les distributeurs à la castagne quand Bercy continuerait d’engranger. Mais bien sûr, c’est irréaliste (et c’est pour cela que j’ai décliné la proposition au nom des Centres E. Leclerc). Périodiquement, nous faisons des opérations « prix coûtant ». Même si les distributeurs acceptaient de perdre 2 à 3 centimes du litre en plus, ça n’empêcherait pas le cours du pétrole de monter et ce n’est pas le boycott de l’Iran qui va inverser la tendance.
3) Alors blocage ou pas blocage ?
Franchement, si j’étais candidat à la Présidence ou, encore mieux, si j’étais le Président en exercice, j’annoncerais qu’effectivement, à partir d’un certain prix (1, 80 € ? 2 € ?), l’Etat bloquera les rentrées fiscales.
Rien de démagogique ! Juste une prise de parole forte pour rassurer les Français et leur dire que l’Etat comprend leurs problèmes. Histoire d’admettre aussi qu’il n’y a pas que des automobilistes fortunés ! Croyez-moi, ce serait plus parlant que le blocage des marges prôné par Christian Estrosi, ou celui des prix des 50 ou 100 articles de première nécessité préconisé par Ségolène Royal ou Martine Aubry.
Posté par M.E.L le 25 janvier 2012
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