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Bienvenue, Imaginez un entrepreneur qui a des idées et qui ne se gêne pas pour les exprimer. Au regard des résultats de son entreprise, il est interrogé par les médias et devient le poil à gratter de son secteur d'activité, la grande distribution. Or, l'évolution du traitement de l'information par les grands médias permet de moins en moins de développer des arguments à l'appui des prises de position. C'est trois minutes à la télévision pour traiter le problème des OGM ou quelques lignes dans la presse sur le pouvoir d'achat. Il est des sujets qui ne peuvent se limiter à des effets d'annonce, un titre "slogan"ou une "photo choc". Plus frustrant encore, l'absence de dialogue. Internet ouvre dans ce domaine de nouvelles possibilités d'information et d'échange que je souhaite explorer. C'est pour ces raisons que j'ai décidé de créer "De quoi je me M.E.L" simplement pour permettre à ceux qui le désirent, d'en savoir plus et de pouvoir donner leur point de vue. Michel-Edouard Leclerc

Michel-Edouard Leclerc
 
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Les Vieilles Charrues 2010 : Un très grand cru !

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240 000 personnes ont foulé la terre (je n’ose dire l’herbe !) de la plaine de Kerampuilh. Un immense succès populaire. Une formidable réussite pour les organisateurs. La presse régionale ne tarit pas d’éloges. C’est mérité. Cette 19ème édition a porté les « Charrues » au Top 5 des grands festivals musicaux européens.

J’étais en Bretagne pour « bosser ». Je n’ai donc pu m’y rendre qu’en soirée : pas pu voir, hélas Mathieu Chedid, Casablancas, Gaëtan Roussel, Souchon et bien d’autres… Juste le final de Dutronc (ovationné !). Mais j’ai flashé pour…

Muse. C’est le 5ème concert auquel j’assiste. Pas déçu ! Même s’il pleuvait ce jeudi soir, une pluie froide, que dis-je, un déluge ! Beaucoup de cas d’hypothermie, et quelques sorties spectaculaires de fans arrachés de la « fosse ». Mais les ambassadeurs du Devonshire avaient mis la gomme. Un son magnifique, une prestation du tonnerre. Muse a enchaîné moult tubes : « New Born », « Uprising ». Des décibels, des faisceaux laser par dessus les têtes. Seul bémol : un décalage très perceptible entre un show bien huilé, irréprochable, mais quasiment trop bien « orchestré »… au risque d’être trop distancié face à un parterre généreux, soudé dans le piétinement de la gadoue, à la recherche d’une bouffée de chaleur qui aura manqué dans ce concert-là.

Mika. Ce type est monté sur une batterie de mille volts. Il sourit, saute, exulte. Fallait voir la tête des fans, des filles par centaines, jeunes, plébisciter leur petit prince. Il a commencé super sapé, il a dansé torse nu, et reçu beaucoup de déclarations d’amour en réponse à « Grace Kelly » ou « Love Today ». Increvable,  magicien d’un spectacle millimétré, certains ont commencé à parler de « playback ». Il ne serait pas le premier à se faire assister d’une voix de secours. Allez, pas de mauvais procès. C’était génial… Et le soleil était revenu.

Indochine. C’est le concert que j’ai préféré. Mes enfants m’ont dit : « normal, c’est daté ! ». Cruelle engeance ! Certes, Sirkis irrite. Le Mickey étale son spleen d’ado, force une voix de fragile soprano pour lancer à la foule « qui veut avoir sexe avec moi », sous des écrans qui projettent des images glauques de camps et de guerres !!! Même pas provoc, juste pubère ! Et c’est vrai aussi qu’il en fait trop : scrutant le peuple, les mains sur les hanches, il cherche à mesurer son effet : « Putain de public, putain de festival, putain de Charrues… ». Putain de poète !

Mais Sirkis est terriblement attachant dans cet aveu de timidité. Le coquelet se jauge, mais pas plus qu’en leur temps un Mick Jagger, un Keith Richards , un Iggy Pop ou un Michael Jackson remontant ostentatoirement les valseuses et bandant leurs guitares. A chaque génération, ses démonstrations de virilité dérisoire. Le temps nettoie les excès, les ringardise même, pourvu que l’on ait du talent. Et ce soir là, comme au Stade de France (cf. note de Replikant), Indochine nous a offert une soirée grandiose. Nous avons tous repris avec lui « L’aventurier », « Trois nuits par semaine », et surtout « J’ai demandé à la lune ». Et nous avons hurlé notre plaisir quand il a fait venir à lui l’un de ces drapeaux bretons qui disait haut et fort la fierté d’être là.

Phoenix. Pour les Versaillais, c’était quand même un sacré pari. Passer après « Indochine » ! Eh bien, Thomas Mars a carrément sauté l’obstacle. Prudent, il avait cru devoir se démarquer de Sirkis dans un interview à Ouest-France : « on préfère jouer sur le tard, sur la deuxième scène plutôt qu’avant sur la première, souvent réservée à la musique commerciale ». Ce n’était pas la peine de se dédouaner. Ils ont fait un carton. Le plus yankee des groupes français a su emporter la foule. Aura-t-il assez de « jus » pour entamer la carrière internationale qu’on lui promet ? Ce serait bien !

Bon, il y avait la musique, il y avait l’ambiance. Bon enfant, joyeuse. Dans la fosse comme au village VIP, les tee-shirts « Cochon de Bretagne » s’affichaient bédéphiles. On buvait de la Britt, du Breizh Cola… Les politiques se faisaient discrets. Ou carrément bohème, telle la jolie Teaki, fille des îles et conseillère régionale, déambulant fleurs à l’oreille. Le maire de Landerneau (Patrick Leclerc, un génial cousin que je découvre sur le tard) cherche des idées : le 15 août, il a invité Placebo, Morcheeba et BB Brunes au pays de la lune ! Et chacun repart, emportant son gobelet vintage consigné, histoire de ne pas polluer. Yeh, c’est classe, les Vieilles Charrues !

Posté par M.E.L le 23 juillet 2010  dans Actualités / Débats (Arts), Arts / Culture
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23 juillet 2010
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