17 mai 2012

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16 mai 2012

« Cash Investigation » sur France 2 : mentir pour faire de l’audimat

« Cash Investigation »  mobilise ses RP et fait sa retape en se payant notamment E.Leclerc accusé d’avoir cautionné un cas d’exploitation sociale au Bangladesh. On s’y attendait, c’est le principe de ce genre d’émission. Mais faire sa pub en prétendant que E.Leclerc a refusé de répondre, voilà  qui est mensonge. Non, je n’ai pas eu à « me planquer dans les toilettes », oui, j’ai refusé de me prêter à la mise en scène (« le journaliste accuse, vous devez vous défendre »), mais non, notre enseigne ne s’est pas défilée. D’abord, pour dire que justement c’est sur l’initiative de nos collaborateurs que cette commande a été interrompue parce qu’on ne nous communiquait pas les audits sociaux demandés. Et ensuite pour rappeler que tous nos fournisseurs du Bangladesh souscrivent un « Code of Ethics » et sont audités.

Mais ce n’est pas la démarche de progrès qui intéresse l’émission, c’est la recherche de la mise en défaut. Alors voilà, polémiquer, c’est faire le buzz pour l’émission. Ne pas répondre, c’est laisser entacher la qualité du travail de nos salariés. J’ai donc, contrairement à ce qui est annoncé, démenti et expliqué. Pour preuve, cette lettre envoyée à Elise Lucet et à la direction de France 2. Inutile de vous dire que je n’ai pas eu l’honneur d’une réponse.

Ivry-sur-Seine, le 13 mars 2012

Madame Elise LUCET

France 2

7, esplanade Henri de France

75907 PARIS CEDEX 15

RECOMMANDEE AR

Madame,

Si le reporter a des droits, le citoyen aussi, fût-il chef d’entreprise. La mise en scène à laquelle vous vous êtes livrée, le 8 mars dernier, dans le hall de la Maison des Arts et Métiers, était ridicule et indigne de vous.

J’avais bien compris que ce n’était pas la vérité de mes réponses qui vous intéressait. Et contrairement à vos affirmations, seul comptait le scénario d’une interpellation où je n’aurais eu d’autre alternative que de répondre à vos accusations ou d’être filmé en train de les fuir !

Je veux donc confirmer par la présente lettre les réponses que je vous ai transmises par « sms » au cours de ces dix derniers jours.

Marie Maurice et Jean-Pierre Canet, journalistes pour France 2, ont contacté, le 28 février, l’agence I & E dans le cadre d’une enquête pour un documentaire sur « la responsabilité sociale des entreprises ». Ils ont sollicité une interview de moi car « il avait été porté à leur connaissance des faits extrêmement précis selon lesquels un certain nombre de tee-shirts produits en Asie pour le compte du groupe Leclerc l’auraient été en violation des diverses chartes éthiques » tant des centres E. Leclerc que des « législations locales ».

Suite à cette demande, nos services de presse vous ont demandé des précisions (pays, fournisseurs, usines ?) afin d’effectuer toutes recherches me permettant de vous répondre.

Dix jours après, nous ne savions toujours pas à quels faits vous faisiez référence et il fallut un week-end d’échanges de « sms » pour que vous m’accordiez, enfin, une information selon laquelle il s’agissait de tee-shirts fabriqués au Bangladesh en 2010.

Dès le lendemain, le 7 mars, j’ai été en mesure de vous expliquer que mon groupe n’avait rien à se reprocher dans cette affaire. Au contraire !

Je vous le re-confirme : il s’agissait de tee-shirts publicitaires non destinés à la vente et qui n’ont jamais été commercialisés dans les centres E. Leclerc. Ils ont été commandés pour équiper des bénévoles, dans le cadre d’une opération « Nettoyons la nature », à un fournisseur français d’objets publicitaires, C’TA COM, basé à Sainte-Eulalie, près de Bordeaux. Il y a eu un appel d’offres dans lequel C’TA COM a stipulé (dans son devis) la réalisation d’un audit social et de quatre contrôles qualité auprès de ses fournisseurs. Il n’y avait aucune raison à ce stade de suspecter quoi que ce soit.

En même temps qu’il procédait à une livraison partielle, C’TA COM faisait parvenir sa facture, sur laquelle il indiquait la conformité de l’audit social, mais il était dans l’incapacité de nous en communiquer les résultats.

Nous avons donc pris l’initiative d’interrompre la commande. Fin de l’épisode.

J’ai compris qu’à travers vos investigations au Bangladesh, vous auriez eu connaissance des conditions de production de ces tee-shirts. Elles ne nous ont pas été communiquées. Mais quelle que soit la nature de cette information, je n’ai, j’insiste encore, aucun reproche à faire à nos collaborateurs. Il n’y a eu, chez nous, aucun manquement au code d’éthique.

Par ailleurs, je vous re-confirme que tous les achats effectués au Bangladesh par notre société d’importation le sont auprès des fournisseurs signataires du « Code of Ethics ». Ils sont, toujours à notre initiative, audités par les sociétés SGS et Intertek. Nous sommes, avec ces industriels, dans une démarche d’amélioration des pratiques sociales et de progrès. Rien n’est parfait, mais il n’y a pas eu de défaillance grave révélée par ces audits.

Mon groupe ne cautionnera jamais des pratiques illégales.

Vous n’avez d’ailleurs pas contesté mes réponses, ni porté à ma connaissance d’autres types d’informations. C’est donc à bon droit que je n’ai pas voulu me prêter à la mise en scène d’une émission affirmant d’abord l’implication de mon groupe dans des pratiques illégales pour devoir m’en défendre.

Il vous restera la possibilité de réitérer, en voix off, vos accusations alors que je refusais de vous répondre devant la caméra. Je n’y peux rien. Je sais que vous ferez ce que bon vous semble. Mais si c’est votre liberté, respectez la mienne, et encore mieux…la vérité.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.

Michel-Edouard Leclerc

Michel Edouard Leclerc