Revenant d’une conférence sur le problème des OGM, je constate ce formidable décalage : d’un côté, un mouvement écologiste, quasi intégriste, qui s’oppose à l’expérimentation (même contrôlée) de nouvelles semences ; d’un autre côté, un nombre croissant de pays développent les surfaces d’OGM cultivés. Les Etats-Unis et le Canada en tête, mais aussi l’Argentine, le Brésil et la Chine. Au total, 17 pays producteurs avec un net regain d’intérêt de la part des pays en voie de développement d’Amérique Latine ou d’Asie (Inde, Philippines). Depuis 4 ou 5 ans, je n’arrête pas de dire qu’il faut arrêter de se focaliser sur la mise en place d’une double filière permettant, théoriquement, un libre choix pour les consommateurs. La déferlante OGM arrive, les industriels multinationaux en seront les vecteurs, et aucune législation protectionniste ne pourra inverser le processus. La question n’est plus d’être pour ou contre les OGM. La seule question qui compte aujourd’hui, c’est celle de l’utilité (et de l’innocuité) de chaque nouveau produit mis sur le marché. Ceux qui refusent, parmi les professionnels, les politiques, les scientifiques, de mettre en place un système de contrôle des mises en marché (à l’image de ce qui est fait pour le médicament) sont aussi irresponsables et imprévoyants que ceux qui attisent les peurs les plus irrationnelles.





