Laissez-moi vous lire cet amendement adopté par le Sénat (Loi sur le développement rural 20/01/05) : « Pour un fruit ou légume frais, ayant fait l’objet entre le fournisseur et son client d’un prix de cession, l’annonce de prix hors du lieu de vente est autorisée» . Eh oui, vous avez bien lu ! Les commerçants vont pouvoir faire de la publicité à la radio et dans le journal, et publier le prix de la cerise, du chou-rave et du poireau. Parce que c’était interdit ? Absolument ! A chaque printemps, quand les paysans déversent leur colère, en même temps que leur trop-plein de tomates ou de melons sur les parkings des hypermarchés, syndicats, médias et politiques interpellent les distributeurs : « Qu’attendez-vous pour donner un coup de main aux agriculteurs, faites de la promo pour qu’on liquide les stocks avant péremption» . Va pour l’ignorance des uns. Mais que dire de l’hypocrisie et des contradictions des syndicats à l’origine de cette interdiction (CNJA). Comme ce commerçant du sketch de Fernand Raynaud dont l’argument publicitaire se limitait au slogan « ici, belles oranges pas chères» , on ne peut pas, depuis 4 ans, faire de la réclame passé le périmètre de nos échoppes. Unique en Europe, unique dans le monde. Eh bien, 4 ans il leur a fallu, 4 ans pour s’apercevoir que c’était débile. Un conseil qui va me faire des copains : au prochain débat parlementaire, messieurs les experts agricoles, mangez des légumes et arrêtez de bouffer du distributeur. C’est meilleur pour les neurones, et la soupe législative n’en sera que plus goûteuse !





