Archive pour le 2 avril 2005

Samedi 2 avril 2005

Le blog, le site et vous !

Voilà deux mois que j’ai ouvert ce site. Vous êtes de plus en plus nombreux à répondre au rendez-vous et les échanges, me semble t-il, sont de bonne qualité.

1 – Suite à vos diverses remarques, nous allons faire évoluer le blog-notes pour le rendre plus accessible, plus convivial et mieux référencé dans les moteurs de recherche.

Les contributions seront classées et archivées par thème. Des liens pourront être effectués directement de chaque contribution par les internautes qui le souhaiteront. Je garde le système de l’inscription et du pseudo. Je préfère rester dans une configuration d’échanges fructueux, sans ouvrir l’espace à tous vents, et devenir le réservoir de toute la bile du monde.

2 – Vous avez pu le constater, j’ai quelques absences et je réponds parfois tardivement à vos questions. Mais j’insiste, c’est la conséquence d’un choix : je souhaite que ce blog reste un blog-notes personnel : je ne veux pas déléguer (sauf éventuellement la partie technique).

3 – L’objectif, c’est d’abord de répondre à l’intérêt que peuvent exprimer des internautes sur des sujets pour lesquels ils sont motivés. Je n’ai pas de légitimité pour parler de tout. En revanche, je me dois d’être à l’écoute :

a) des étudiants auprès desquels j’estime avoir une responsabilité,

b) des décideurs en entreprise (pour partager les expériences)

c) des relais d’opinion, des médias (pour compléter des argumentaires)

d) des consommateurs qui s’intéressent aux problèmes de l’économie et de leurs rapports à la vie sociale en général.

4 – Dans cette optique, il est important que ce blog-notes (qui a un caractère « éphémère ») contribue à enrichir le site. Le site reste le lieu où les interlocuteurs vont pouvoir retrouver une information développée et structurée par thème. A la différence des zappeurs, les étudiants, comme les décideurs, ont besoin d’avoir accès à des arguments plus riches en contenu que des contributions éparses.

5 – Enfin, puisque j’ai la chance d’avoir, grâce aux centres E. Leclerc, une certaine notoriété, un réseau et de l’audience, je veux pouvoir m’effacer derrière l’opinion d’invités (chefs d’entreprises, artistes, hommes politiques) que mon métier me donne l’occasion de rencontrer. Ce sera ma manière de vous remercier aussi de votre fidélité.

Voilà, me semble-t-il, le contrat que je pourrais avoir avec vous. Qu’en pensez-vous ?

Michel-Edouard Leclerc

Samedi 2 avril 2005

Religieusement correct

La plainte des évêques contre Marithé et François Girbaud, auteurs d’une « Cène » détournée à des fins publicitaires, me choque tout autant que la décision du Tribunal de Grande Instance.

L’affiche ? Elle est propre, esthétique. Pas de trace de provocation, pas de vulgarité, ni de violence. Les apôtres sont des femmes, Marie-Madeleine est un homme, pas de quoi pousser des cris d’orfraie. La photo est belle plus qu’elle ne choque.

Mais voilà, l’association « Croyance et libertés » a assigné l’annonceur au motif que cette image est une « injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée ». Dans sa tombe, Léonard de Vinci se pince. Les droits d’auteur lui reviennent. La Cène n’appartient ni à l’église catholique, ni à personne d’autre. Des artistes de la Renaissance aux surréalistes, ce tableau a nourri tous les délires, tous les fantasmes, tous les exercices stylistiques sans que l’Eglise n’y ait trouvé à redire.

Trois observations donc :

1) L’humour se perd et se paye.

2) Nous vivons dans un contexte marqué par l’obsession du politiquement correct à l’égard de la religion. Au nom de la tolérance, on favorise les communautarismes dont le droit finit par primer sur la liberté individuelle d’expression et de création. La justice perd ses repères.

3) L’Eglise catholique resserre les rangs de ses partisans les plus conservateurs, mais on ne peut pas dire qu’elle se donne les moyens de susciter sympathie et adhésion.

Je suis chrétien. Je déteste, moi aussi, les bouffeurs de curé. Je défendrai toujours l’Eglise malgré ses défauts, malgré la caricature que, souvent, elle donne d’elle-même. Pourquoi laisser la part belle à tous ces pleutres qui réservent leurs traits à l’Eglise, comme si les viols de petits garçons, la collaboration avec le fascisme ou les puissances d’argent, etc.., sont toujours et forcément d’obédience catholique. Pas un de ces courageux snipers de soutane n’irait s’en prendre aux imams après la fatwa contre Salman Rushdie. Pour les chrétiens, c’est là une vraie injustice. Elle méritait riposte quand, par exemple, Costa-Gravas poussait le bouchon jusqu’à associer le symbole de la croix à celui du nazisme. Là, oui, l’ action intentée contre l’affiche du film « Amen » avait du sens.

Mais, dans cette représentation de la Cène, ce n’est pas le cas. Comme l’écrit Pierre Marcelle dans Libé de ce jour, cette publicité « n’est pas plus sacrilège que n’est révolutionnaire le pavé de Leclerc ». Le tribunal a estimé que cette affiche « constituait un acte d’intrusion agressive et gratuite dans le tréfonds des croyances intimes… l’injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché ». Erreur, l’injure, c’est de faire passer tous les chrétiens pour des intégristes. Le risque, c’est d’avoir renforcé le camp des anticléricaux. Effet pervers assuré !

Michel-Edouard Leclerc