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Lundi 16 mai 2005

Grandes marques : La France plus chère que l’Europe

C’est encore une fois confirmé. La France figure dans le peloton de tête des pays de l’U.E. où les prix des produits de grande consommation (PGC) ont le plus augmenté au cours des 10 dernières années. Après diverses études publiées par des cabinets de consultants internationaux, Nielsen-Panel de Gestion ou Morgan Stanley, c’est au tour de Sophie Haincourt, directrice d’études au BIPE, de proposer une analyse des prix et des réglementations comparés en Europe.

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NB : les prix des PGC en France sont publiés par l’INSEE ; les prix hors France ont été calculés par le BIPE en s’appuyant sur la méthodologie INSEE et les coefficients budgétaires publiés par EUROSTAT (année 1999)

Voici un résumé de ses conclusions :

1) C’est à partir de l’an 2000 que l’inflation sur les PGC (grandes marques) s’est fortement accentuée en France. « Entre 2000 et 2004, la hausse des prix sur ces produits a atteint 2,8 % par an, en moyenne, pour une inflation sur l’ensemble des biens et services de 1,9 % par an ». Plus vite qu’en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni ! « Cette évolution s’est produite en dépit du développement des marques de distributeur et des premiers prix dont les prix ont moins augmenté que la moyenne ».

2) L’introduction de l’euro n’a eu, dans ce phénomène, qu’un impact marginal. La Commission Européenne a chiffré à 0,2 point le surplus d’inflation au premier trimestre 2002 dû à l’introduction de la monnaie en janvier de cette année-là. Mais le passage à l’euro a servi de révélateur. Tout le monde s’est mis à regarder les étiquettes. « La perception par les ménages d’une accélération des prix à cette époque…reflète plus une prise de conscience tardive des hausses des PGC » qu’elle n’en explique le déclenchement.

3) « Les mesures Sarkozy de mai 2004 ont permis de renverser quelque peu la tendance des prix », ces derniers mois. Mais globalement, sur 4 ans, par rapport aux consommateurs britanniques ou italiens, les consommateurs français ont perdu du pouvoir d’achat sur ce segment de marché (PGC).

4) L’explication « tient aux différences de contexte réglementaire des différents pays… La loi Galland n’a pas d’équivalent dans d’autres pays de l’Union Européenne… En particulier, la définition des conditions générales de vente est une particularité de l’hexagone. Ailleurs en Europe,…les contrats particuliers font l’objet d’une négociation entre les parties et ne sont pas assujettis à des conditions générales de vente ou barèmes de prix fixés ex ante sous peine de sanction pénale ».

Sophie Haincourt tire deux conclusions de cette analyse :

a) L’Espagne exceptée, les environnements réglementaires plus souples des autres pays européens ont permis d’éviter la hausse relative des prix des PGC.

b) Et alors qu’elle pose la question de la réforme du cadre réglementaire français, elle énonce cette vérité : dans les autres pays européens où les prix ont été plus sages, la liberté des prix n’a pas induit « tous les maux que l’on annonce suite à une réforme de la loi Galland, à savoir guerre de prix conduisant éventuellement à des phénomènes de déflation, disparition du petit commerce, fragilisation de l’amont de la filière, etc… ».

Je me précipite pour faire envoyer, à tous les députés et sénateurs, cette analyse très documentée et chiffrée pour qu’elle enrichisse le débat parlementaire.

Michel-Edouard Leclerc