1) Pauvreté : Le gouvernement vient d’autoriser la location de ce qu’on appelait impudiquement « les chambres de bonnes » dont la surface est inférieure à 9 m² ! Oui, vous avez bien entendu. Cela se passe en France. Cela fait vingt ans qu’au…pipeau, les gouvernements successifs nous jouent la farandole des « logements sociaux ». Combien de fois ne leur a-t-on pas dit que la lutte contre la pauvreté et le droit au logement étaient une priorité politique. Personne n’était dupe : chaque hiver nous valait une interpellation d’Emmaüs ou de l’Abbé Pierre… De là à arriver à cette mesure, voilà qui peut surprendre.
Quelle que soit l’hypocrisie dans laquelle nous vivions (les chambres de bonnes se louaient sous le manteau), et quelle que soit l’urgence, cette décision gouvernementale sonne comme un aveu… Des miettes en bout de table pour le pauvre Lazare : voilà qui ne va pas arranger l’image de notre modèle social à l’étranger !

M.E. Leclerc et l’Abbé Pierre (11 février 1985) : cela fait 20 ans que tous les gouvernements lui tiennent les mêmes promesses…
2) Europe : A force de donner des leçons aux autres, il faudra bien accepter de se regarder en face. J’ai bien aimé l’éditorial courageux d’Alain Genestar (Paris Match 9/06/05). Sévère avec un chef de l’Etat qui s’est « fait élire sur la promesse de réduire la fracture sociale ». (On en voit les résultats !). Sévère avec « le non de gauche » et ses positions sur l’immigration. « Quand la Pologne s’est ouverte à l’Europe, la France y a installé son argent, ses banques et ouvert en grand ses carnets de commandes (j’ajouterai « et ses hypermarchés ! »). En échange, un plombier polonais a osé frapper à notre porte pour réparer les lavabos. Et une partie de la gauche…a crié au scandale, au dumping social… Une fraction de la gauche a rejoint les thèses de la préférence nationale prônées par l’extrême droite ». Quelle dérive pour une gauche qui se disait morale. Avec quels arguments s’opposera-t-elle aux quotas d’immigration par métier préconisés par Sarko ?
3) Communication : Cette campagne référendaire a montré combien l’expression politique était devenue dépendante des médias. Quelle erreur, finalement, d’avoir supprimé la communication politique par voie d’affiches, ou dans les journaux. Les problèmes de financement pouvaient être résolus (comment fait-on dans les autres pays ?). Résultat, comme le dit Jean-Marc Lech (Ipsos), « les stratégies se résument à aller sur TF1 pour parler aux pauvres, sur France 2 pour toucher les gens de gauche et sur France 3 pour s’adresser aux régions. Aucun pays développé n’a ce degré zéro de la communication politique ». Est-ce un hasard si, finalement, la plupart des échanges d’arguments se sont faits sur Internet ?
4) Politique : Deux jours après sa nomination, la toute nouvelle Ministre Déléguée au Commerce Extérieur, Christine Lagarde se lâchait sur Europe 1 et recommandait « la réforme du Code du Travail pour lutter contre le chômage ». Il paraît qu’elle a failli se faire virer illico presto. Elle a eu le droit à un oral de rattrapage pour expliquer que son point de vue était personnel (sic) et pas « celui du gouvernement ».
Un jour, peut-être, on comprendra que la grandeur d’un homme politique, comme celle d’un chef d’entreprise, n’est pas de s’entourer de béni-oui-oui, ni de godillots. C’est justement cette conception monarchique et centralisée du pouvoir qui pose problème. Tactiquement, elle empêche « de ratisser large », en profitant de la diversité des expressions ministérielles. Plus fondamentalement, elle n’autorise plus ni ballon d’essai, ni expérience, ni prise de risque. Pour lutter contre « la pensée uniforme », il faut commencer par accepter ses différences !
5) Emploi : Le Monde titre sur cet engagement de Villepin devant le Parlement : « Je m’engage à donner une activité à chacun ». Ce n’est pas un peu présomptueux tout ça ?
6) Etranger : Lu dans Le Monde du 9/06/05 : « Les Izvestia passent sous contrôle de l’Etat russe ». Avec tout ce qu’on peut lire dans la presse française sur l’évolution politique en Russie, je ne suis pas sûr que les Français avaient pu, une seule seconde, imaginer que les Izvestia aient pu être privatisées ! Voilà donc une nouvelle qui ne surprend personne.
7) Politique : Nicolas Sarkozy a déjà révélé qu’il quitterait le gouvernement avant la fin 2006. Toute la classe politique fait des paris sur le jour qui verra l’explosion du couple Sarko-Villepin. Je l’invite à lire la rubrique que tient quotidiennement Le Parisien sur les problèmes juridiques des Français : « Sachez que la séparation de corps ne dissout pas le mariage, mais le devoir de cohabitation. Chacun des deux époux séparés conserve donc ses droits dans la succession de l’autre… ». Ca va être grandiose !





