En parcourant la presse, et en écoutant les médias… quelques remarques à la pelle.

Photo : J. Cohen / NZP
1) Politique : Le PS a clôturé ses Universités d’été. Quelle mauvaise comédie. C’est fou, ce que les éléphants peuvent être tristes, confinés dans leur zoo.
Qu’on ait reçu ce pitoyable spectacle depuis la plage ensoleillée ou en parcourant le journal dans le métro, on reste interloqué par tant d’irresponsabilité. Aucune volonté programmatique, pas l’ombre des prémisses d’un projet pour le pays, aucune référence concrète aux problèmes de fond que rencontre la société française (mutation du travail, mondialisation et délocalisations, déclassement de nos universités, politique d’immigration, stagnation de l’Europe, crise du modèle énergétique, etc, etc…). Jack Lang (aux Grandes Gueules sur RMC) n’aura trompé personne en affirmant que le débat de fond a eu lieu dans les ateliers (vachement discrets, les ateliers) et en soulignant que la presse s’est « focalisée sur les querelles de chefs » (n’empêche…c’est à cette occasion que lui-même a annoncé sa participation « irréversible » à la course aux présidentielles…).
En tout cas, Villepin a du bol. La droite échange, à guichet fermé, avec son unique poil à gratter : François Bayrou. Et la contestation populaire ne peut compter sur aucun relais susceptible de fournir les bataillons d’un gouvernement alternatif.
Au final, deux voies s’offrent au PS. Par deux voix exprimées. Celle de Michel Rocard, décidément inusable, qui du Nouvel Observateur au Figaro, stigmatise les nostalgiques du trotskisme et du léninisme, pour qu’ils aillent rejoindre le musée Grévin ; il préconise la création d’un vrai parti social-démocrate qui, enfin, aurait accepté les règles de l’économie de marché et de la mondialisation. Celle de Julien Dray aussi, qui à l’inverse, propose le rassemblement du PS en assénant ces trois vérités :
1) La présidentielle rend fous les hommes politiques. 2) Depuis vingt ans, à chaque étape, chacun a cru que les autres étaient devenus insupportables (ce qui n’a pas empêché que…tout le monde a été avec tout le monde). 3) La force va toujours à la force. Pour gagner, la gauche doit être unie.
Le problème pour le PS, c’est que s’il faut être uni pour gagner les élections, il faut encore le rester pour pouvoir gouverner. Et vu les divergences…c’est pas gagné !
2) Société : Une femme à la tête du MEDEF. On va écouter avec intérêt son intervention aux Universités d’été patronales. Mais pour gâcher le plaisir, le « British Journal of Psychology » vient de publier une étude menée sur 24 000 étudiants. Elle révèle que les hommes ont en moyenne 5 points de QI supplémentaires par rapport aux femmes.
Je n’ai lu qu’un résumé de cette étude. C’est à mourir de rire. On y apprend que les différences sont génétiques. Le cerveau de l’homme est 10 % plus gros que celui d’une femme, ce qui lui donnerait une plus grande puissance cérébrale. Voilà qui expliquerait la supériorité magistrale des hommes sur la liste des « Nobel » ou des grands maîtres aux échecs. Sans rire, nos scientifiques estiment que les hommes sont « plus efficaces pour les tâches très complexes ».
Moi, je ne donne pas cher du QI de nos scientifiques. A nier le poids des contraintes culturelles, à focaliser la recherche sur les seuls critères biologiques (à supposer qu’ils soient pertinents), on reconduit la gente féminine vers les fourneaux et la vaisselle. On se demande s’il fallait vraiment mobiliser 24 000 étudiants pour obtenir un tel constat.
3) Culture : Passionnante interview du grand cinéaste italien Dino Risi, dans Le Monde du 23/08.
On y lit des choses très drôles sur ses querelles (je t’aime, moi non plus) avec Vittorio Gassman. Des aphorismes du genre : « L’humanité est stupide, il faut l’être soi-même un peu pour la comprendre ». Et cette révélation : « Jusqu’à 30 ans, je n’avais pas de chance avec les filles. Mais dès que j’ai fait des films, celles-ci sont venues vers moi. »
Moi aussi, un jour, je veux faire du cinéma…
4) Société : Chaque jour, courageusement, des ONG et des associations humanitaires témoignent des ravages de la drogue dans le monde. Chaque année, dans les instances internationales, politiques et fonctionnaires stigmatisent les pays producteurs. Et comme tout au long de cet été, la guerre contre les « narcos » nous vaut de beaux commentaires sur les prises spectaculaires, en mer ou dans les aéroports, arrestations à la clé.
Ce qui m’épate, c’est le décalage entre l’activisme médiatique et policier et la croissance constante du marché de la drogue. C’est aussi l’hypocrisie de cette « real politic » qui se retranche derrière les conséquences sociales ou géopolitiques, quand on dispose pourtant de tous les moyens d’éradiquer le mal. (Je réagis à deux infos parues dans Ouest France, cette semaine…)
Ainsi de ce qui se passe en Afghanistan. Les soldats US, anglais et français y ont pris pied. Certes, la situation est confuse dans certaines régions. Mais militaires et ONG sillonnent le pays. Alors, quand l’ONU publie les stats des surfaces d’opium cultivées (103 000 ha ! ! !), on ne comprend pas pourquoi personne n’ait songé à les napalmiser.
Idem pour la Colombie. Alors qu’au Congrès, courageusement, des élus US proposent de lancer sur les cultures un papillon mangeur de feuilles ou un champignon dévastateur, le débat s’enlise et se focalise sur les seules questions écologiques (d’ailleurs discutables). Tant pis pour les priorités et les conséquences sur la vie des drogués ! ! !
Tant que la lutte contre la drogue ne sera pas associée à un plan de développement économique permettant la reconversion des fermiers de la drogue et tant qu’on ne quittera pas le terrain de l’imprécation, la drogue continuera de tuer.





