Archive pour le 25 août 2005

Jeudi 25 août 2005

Pouvoir d’achat : le combat continue !

… Et une nouvelle campagne. « De l’audace » me dit-on ici. Eh bien oui, il en faut, au risque de faire ruminer les grincheux. Le gouvernement me fera encore savoir que je mets de l’huile sur le feu, dans la perspective d’une rentrée agitée (c’est ce qu’on nous promet chaque année). Et la gauche (extrême) criera à la récupération…m’en fous…

Les derniers indicateurs officiels sur le pouvoir d’achat viennent ce mois-ci encore, conforter notre analyse sur le niveau de vie des français.

• Le salaire de base de l’ensemble des salariés a, certes, progressé de 2,6 % sur un an. Mais si l’on tient compte de l’inflation (1,6%), le gain n’est que de 1%…(avec un sérieux ralentissement au 2e trimestre (0,1%).

• Gérard LARCHER, Ministre délégué à l’emploi, martèle que « l’année n’a pas été négative en terme de pouvoir d’achat ». Piètre satisfaction, surtout si on regarde l’évolution sur 3 ans des statistiques du « salaire moyen par tête ». C’est sans appel : +0,2 % en 2002 ; -0 ,3 %en 2003 ; +0,4 % en 2004. Soit au final, un mini gain de 0,3%. Pas de quoi rêver !

Ces chiffres vont bien sur alimenter le débat politique. Mais vu l’état des finances publiques, et la décomposition du système politique (de l’affligeant spectacle des divisions du PS aux querelles des personnalités à droite…), la contestation a peu de chance d’être relayée par une action sociale correctrice d’envergure.

Et puis, il y a les incidences économiques. Les entreprises sont prix en étaux. Elles font valoir, à juste titre, leurs faibles perspectives de croissance, et la lourdeur de leur plan de charges (l’harmonisation du SMIC en 2004 a entraîné des hausses de salaires jusqu’à 5% dans beaucoup de firmes). D’un autre côté, elles seraient les premières à profiter d’une relance de la consommation. Difficile prise de risque.

Dans ces conditions, n’en déplaise à nos détracteurs, la lutte contre les prix excessifs, et le rétablissement d’une saine concurrence entre grandes entreprises, ne peut qu’alléger le portefeuille des consommateurs.

Les opposants à la réforme de la loi Galland ont repris leur lobbying (il est prévu un autre rendez-vous législatif en 2007, après un bilan d’étapes). Comme je le disais hier, on nous ressort le chantage à l’emploi. Certains distributeurs commencent à dire que dans la perspective d’une baisse de marge, il leur faudra couper dans les coûts salariaux. Même si c’est du bluff, il nous faut contrer cette pression. Et rappeler justement que sans pouvoir d’achat, il n’y aura pas de consommation suffisante. Et que c’est cette situation là qui est la plus menaçante pour l’emploi.

Michel-Edouard Leclerc