Archive pour le 20 septembre 2005

Mardi 20 septembre 2005

OGM : le passage en force !

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Je rebondis sur la polémique suscitée par Le Figaro (6/09). Le quotidien dévoilait que plusieurs centaines d’hectares de maïs transgénique avaient été semés encore cette année dans le sud-ouest. Rien d’illégal (la variété utilisée avait été autorisée avant le moratoire européen de 1999). Mais la discrétion, voire le secret, dont sont entourés ces semis continuent d’alimenter (à juste titre) bien des suspicions.

Je ne fais partie des ayatollahs anti-OGM. Pas d’accord avec les faucheurs. Je ne vois pas pourquoi, pourvu que les protocoles et les conditions techniques soient contrôlés, on ne pourrait pas expérimenter. Il faut être ouvert à l’innovation. Comme beaucoup, je pressens l’intérêt et les promesses du génie génétique dans le domaine de la santé, et même pour l’écologie (économie de pesticides, d’eau, résistance aux intempéries, aux insectes, etc…).

Mais je défends ici qu’il appartient aux promoteurs des OGM d’assumer leurs responsabilités et de garantir la totale innocuité de leurs produits. C’est aussi aux pouvoirs publics de vérifier leurs assertions et de contrôler, sur le long terme, les effets des cultures OGM sur l’environnement et la santé.

Or, comme tous les Français, je constate que le lobby veut passer en force, sans même nous avoir expliqué en quoi les OGM vont améliorer notre ordinaire.

1) La première question c’est en effet : « Qu’est-ce qu’une alimentation issue de produits OGM offre de mieux qu’un produit « naturel ». Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je n’ai toujours pas la réponse.

2) Le risque sur l’environnement : dissémination, contamination croisée, sur-résistance et mutation de certaines espèces, etc… On amuse le peuple avec de prétendues barrières de séparation (25 mètres) ! Probablement, parce que l’on sait d’avance que les abeilles et les acariens respecteront les zones interdites ! ! !

Moi, je m’en tiens à l’attitude des sociétés d’assurances. Je cite (Nouvel Economiste 15/09) : « Il s’agit d’un risque émergent que nous ne pouvons pas couvrir aujourd’hui. C’est comme si on nous demandait d’assurer un prototype. Faute d’informations sur les effets sur la santé humaine, ce risque est donc exclu des polices d’assurances, au même titre que les effets des ondes électromagnétiques ou le terrorisme biologique ». Vous êtes « rassurés » ?

3) Enfin, il y a l’impact sur les filières bio et même sur toutes les filières non-OGM. On n’arrête pas de nous dire que les consommateurs auront le choix (c’est la thèse de la double filière).

Baratin ! Vu, l’accroissement des cultures OGM dans le monde (plus 20 % par an), le pré carré des producteurs non-OGM aura du mal à organiser sa résistance. Voilà déjà qu’on parle de sécuriser « les filières naturelles » (un comble !). Qui devra supporter le coût de la certification, des labels, et de cette « sécurisation » ? « Nous avons accepté de payer un prix supérieur pour garantir nos filières » annonce le président des « Poulets fermiers de Loué ». Erreur, c’est le consommateur qui paiera. Oui, c’est ça qui va se passer. Celui qui voudra manger « naturel » (je ne parle même pas de bio), devra acquitter un sur-prix. Ca ne vous choque pas, vous ?

Michel-Edouard Leclerc