Archive pour le 4 octobre 2005

Mardi 4 octobre 2005

« SOS Enfance Mal-logée » : un partenariat exemplaire

En pleine tourmente des négociations commerciales 2005/2006, Philippe Charrier, Président de Procter & Gamble France, a sollicité nos acheteurs pour participer à un programme en faveur de l’enfance mal-logée. La société Procter & Gamble (qui vient de faire parler d’elle avec le rachat de Gillette) commercialise des milliers d’articles dans le secteur des lessives, produits d’entretien, mais aussi des cosmétiques, de la puériculture, de la parfumerie. Pendant le mois d’octobre, la vente de nombreux produits à ses marques, dans les centres E. Leclerc, donnera lieu à reversement à la Fondation de France.

Certains n’y verront que l’illustration d’une habile opération de marketing. D’autres feront la fine bouche devant le caractère marginal de l’apport financier au regard des besoins… On peut effectivement s’en tenir à ces observations.

Personnellement, je suis très heureux de voir nos équipes commerciales engagées dans ce type d’opération. On oublie trop souvent que derrière les « statuts » et les « fonctions », il y a des hommes et des femmes pour qui il existe une vie après la négo.

Je n’avais jamais rencontré le Président de Procter (je ne fréquente pas les cercles patronaux !). Un jour, je me suis rendu à une réunion privée concernant le travail des handicapés et j’ai découvert cet homme, impliqué dans une démarche toute personnelle. Il m’avait alors questionné sur la possibilité d’organiser une action commune pour aider les CAT (Centres d’Aide par le Travail). Pas étonnant qu’il ait cherché à entraîner ses équipes sur d’autres projets sociaux (par-dessus le marché, l’image de Procter s’en trouve embellie). Les nôtres ont adhéré au projet. Ce genre d’opération est toujours compliquée à mettre en œuvre. Le bénéfice d’image est quasi nul pour l’enseigne (à part sur ce blog, personne a priori ne relayera l’info). Au mieux, si l’on s’en tient aux effets marketing, les retombées positives seront pour Procter.

Ce sont donc des considérations tout autant personnelles que commerciales qui ont façonné ce partenariat. L’enjeu, malgré tout, est de taille. « Trois millions de personnes souffrent de mal-logement en France, parmi lesquelles 500 000 enfants » (Bertrand Dufourcq, Président de la Fondation de France).

Assurément, les 150 000 € récoltés, en ce mois d’octobre, ne suffiront pas : goutte d’eau après les incendies meurtriers de logements insalubres cet été. Mais s’il appartient aux pouvoirs publics, aux collectivités locales et aux propriétaires immobiliers de mettre leur offre au niveau des besoins sociaux, la multiplication de ces opérations reste nécessaire. Elles produisent une forme de pédagogie indispensable, une pression sur les auteurs principaux du drame.

Et, bien sûr, elles rassemblent les hommes sur des projets socialement utiles, par-delà les rivalités professionnelles. Et ça, ça compte aussi.

Michel-Edouard Leclerc