Ce matin, à Paris, j’ai présenté à la presse les principaux résultats de mon groupe. Ceux-ci seront évidemment publiés sur le site institutionnel de l’enseigne. En marge, de cette présentation, j’avais fait venir à mes côtés Elisabeth Rocha, Directeur Général du BIPE, dont les économistes sont réputés pour la pertinence de leurs analyses. C’est avec cette équipe que j’étais parti au combat, il y a deux ans, pour remettre en cause l’utilisation des statistiques officielles (INSEE) dans l’appréciation du pouvoir d’achat des Français et de l’inflation.
J’ai pensé intéressant de vous présenter, ici, une synthèse (version très light) réalisée par S. Haincourt, Directeur d’études au BIPE, concernant l’impact du prix du pétrole sur les revenus disponibles des ménages.
1) Contexte et enjeux
La flambée des prix du pétrole n’est plus seulement un problème auquel doivent faire face les industriels, mais également un élément susceptible d’amputer le pouvoir d’achat des ménages français, la consommation de produits énergétiques représentant 6,4 % de leur revenu disponible brut en 2004.
Nombre de produits énergétiques consommés par les ménages sont liés au prix du pétrole :
- directement : le pétrole entrant pour une large part dans la composition du produit ;
- ou indirectement : à travers des mécanismes d’indexation de prix.

Les carburants routiers, produits raffinés du pétrole, sont étroitement liés au prix du pétrole. Près de 70 % du prix à la pompe est constitué de taxes perçues par l’Etat (56 % pour le gazole). Les variations de prix du pétrole sont directement répercutées sur les prix des carburants, surtout depuis la suppression du mécanisme de TIPP flottante.
La politique tarifaire de GDF dans le cadre du contrat de groupe conclu avec l’Etat implique que les tarifs du gaz naturel aux ménages évoluent en fonction des variations des coûts d’approvisionnement de GDF. La dépendance de la France en ressources gazières impliquant un assujettissement aux cours mondiaux du gaz, eux-mêmes liés aux prix du pétrole, la hausse du prix du pétrole depuis 2003 inflatera automatiquement la facture des ménages français en 2005, voire 2006.
2) Pétrole : deux scénarios d’évolution des prix sur la période 2005-2006
Le scénario central du BIPE repose sur une décélération marginale du prix du baril en début d’année 2006 et à une stabilisation à 54 $ en fin d’exercice. Dans le contexte actuel de tensions dues à des facteurs autant politiques (Moyen-Orient, Venezuela, Nigeria) que climatiques (Etats-Unis), le BIPE a envisagé un second scénario, dit de « flambée » du prix du baril, correspondant à une hausse continue du prix du pétrole jusqu’à 80 $ à l’horizon 2006.

…A niveau de consommation de produits énergétiques inchangé, la hausse des prix du pétrole envisagée dans le scénario central pour l’année 2005 enlève mécaniquement 0,4 % de revenu disponible aux ménages, suivi d’un impact neutre en 2006 où le prix du pétrole recule. Dans le scénario de flambée des prix du pétrole, l’impact sur le RDB des ménages français est une amputation de 1 % sur 2005 et 2006 (- 0,6 % en 2005 et – 0,4 % en 2006).
3) Conséquences sur le pouvoir d’achat
…Il faut s’attendre à ce que le pouvoir d’achat effectif du consommateur stagne en 2005 et ce quel que soit le scénario d’inflation du pétrole d’ici la fin de l’année.
Dans le cas d’un « scénario flambée » qui ferait grimper le prix du baril à 80 $ en 2006, on assisterait même à un recul du pouvoir d’achat effectif du consommateur à – 0,5 %.
S. Haincourt, Directeur d’études au BIPE





