Archive pour le 25 octobre 2005

Mardi 25 octobre 2005

Ecoforum, réseau associatif contre les sacs fragmentables : je suis d’accord

Sacs plastiques : Le réseau associatif se mobilise pour faire disparaître les sacs plastiques et dénoncer les demi ou les fausses solutions. Une plate-forme Ecoforum, soutenue par le WWF, Les Amis du Vent, Greenpeace et le CNIID…, vient de faire parvenir une note d’information (et une mise en garde !) aux distributeurs : ED, Franprix, E. Leclerc, Picard, Groupe Giphar, Naturalia, Vive le Jardin. (Surprenant, le caractère délibérément restrictif de cette sélection ! Toutes les enseignes de distribution devraient être destinataires).

Le collectif émet ses réserves à l’égard des sacs biofragmentables, trop souvent présentés comme véritablement biodégradables.

Je vous livre des extraits de ce courrier. Il reprend les arguments que j’avais évoqués dans une billet précédent pour commenter une initiative du député UMP Jacques Wauquiez (7/06/05).

Pour ma part, je n’ai rien à objecter. J’ai fait parvenir une note d’information à l’ensemble de nos directeurs de magasin. Certains d’entre eux ont pu être séduits par les arguments des industriels de leur région, producteurs de ces sacs. Je ne vais pas leur en faire grief. J’espère qu’à la lecture de cet argumentaire, ils comprendront que le biofragmentable n’est pas une réponse aux problèmes de pollution ou de gabegie.

En tout cas, j’ai répondu aux signataires de ce courrier que notre enseigne ne préconiserait pas cette solution au niveau national.

Sur l’entête, les logos « Les Amis du Vent », « Greenpeace », « WWF », « CNIID », « CoLLecT-iF », « AVIE », « AGIR ! »

« Objet : dangerosité des sacs en sortie de caisse dans certains de vos magasins

Lors de la conférence de presse organisée par Ecoforum le jeudi 22 septembre dernier à Paris avec WWF, Les Amis du vent, l’association AVIE et la société B2S, nous avons signalé publiquement la menace que constituaient les sacs fragmentables, qu’il s’agisse des « Néosacs » ou des sacs « EPI » ; menace pour le milieu naturel, pour la qualité des chaînes alimentaires et par extension pour la santé des citoyens… Nos propos ont été relayés par plus d’une dizaine de médias dont des radios nationales…

…Les sacs prétendument « bio » que certains de vos magasins utilisent ne sont, en fait, que des sacs fragmentables qui se désintègrent en minuscules confettis dont les particules plastiques, au lieu de disparaître, s’accumulent et envahissent les milieux naturels. Ils sont ainsi potentiellement très nocifs pour l’être humain et la nature.

Les additifs permettant la dégradation de ces sacs plastiques fragmentables sont, entre autres, à base de pesticides et d’herbicides puissants ; de plus ils contiennent des traces de métaux lourds et divers autres composés chimiques comme du cobalt. Ils créent une pollution invisible mais persistante, encore plus pernicieuse que les plastiques traditionnels.

Ces polluants, hautement toxiques, s’accumulent et se concentrent à travers les chaînes alimentaires et peuvent donc s’infiltrer dans les organismes et nous contaminer.

Pourtant, sous couvert du respect de la propriété industrielle et des secrets de fabrication, et contrairement au principe de précaution le plus élémentaire, la démonstration de la non toxicité de ces produits n’est pas faite.

Ces sacs ne répondent à aucune norme ou certification et leurs fabricants n’ont entamé aucune démarche en ce sens. Ils utilisent un pseudo label et des mentions qui les font passer, à tort, pour inoffensifs vis-à-vis de la nature ; alors que les fabricants de ces sacs fragmentables n’ont réalisé aucune étude d’impact environnemental.

Le remède est pire que le mal. La preuve en est faite par les analyses…On ne peut donc que déplorer cette initiative dangereuse, cela pourtant au lendemain de la déclaration de la Ministre Nelly OLIN qui s’engage à faire diminuer de moitié la distribution de sacs de caisses en France, et de l’amendement voté le 11 octobre 2005 en faveur de l’obligation d’utiliser des sacs plastiques et emballages biodégradables.

Ces sacs fragmentables ne peuvent être présentés comme une solution, alors qu’ils aggravent le problème. Ils ne servent qu’à continuer à accroître la production de sacs. En outre, au delà de la dangerosité de ces sacs, se pose le problème de pédagogie du consommateur. On court le risque que les gens se donnent bonne conscience en pensant faire une bonne action en achetant ces sacs. Au contraire ils ne font qu’aggraver la situation.

Afin d’impulser des rapports aussi loyaux que transparents avec vous, par avance, nous vous informons que le jeudi 10 novembre, nous allons donner de nouvelles conférences de presse, dans plusieurs grandes villes, pour informer la population une nouvelle fois sur les méfaits de ces sacs. Nous communiquerons aussi une première liste « noire » des endroits où ces sacs sont distribués. Bien entendu, nous espérons ne pas avoir à citer un de vos magasins parmi les « pollueurs » ; l’objet de cette lettre est donc de vous prévenir de nos intentions, de vous donner le temps de vérifier les textures des sacs de sortie de caisse dans vos magasins puis de nous informer avant le 4 novembre de vos décisions à ce sujet. »

SIGNATAIRES :

Ecoforum, Victor Hugo ESPINOSA, vhe13@free.fr

Les Amis du Vent, Serge ORRU, orru@lefestivalduvent.com

WWF, Bernard CRESSENS, bcressens@wwf.fr

Greenpeace France, Yannick VICAIRE,

yannick-viccaire@diala.greenpeace.org

Agir pour l’Environnement, Laure GUILLOT,

lguillot@agirpourlenvironnement.org

CNIID, Florence COURAUD, florence@cniid.org

• CoLLecT-IF, Alain MATESI, association.collect-if@laposte.net

AVIE, Michel MOURLOT », michelmourlot@aol.com

P.S. : Je me permets une suggestion. Ne pourrait-on faire l’économie de ce jargon à la limite du chantage, style : « Nous espérons ne pas avoir à citer un de vos magasins parmi les pollueurs ». C’est d’autant plus déplacé que les magasins ou les enseignes qui ont choisi les sacs « Néosac » l’ont fait dans une évidente bonne intention, y compris sur la recommandation de leurs élus.

Michel-Edouard Leclerc