Archive pour le 16 novembre 2005

Mercredi 16 novembre 2005

Intoxication e. coli : état des lieux

Réunion ce matin de notre cellule nationale de crise pour faire le point sur l’épidémie.

1) Les malades :

Comme plusieurs collaborateurs qui avaient écouté la radio hier soir, je craignais une reprise de l’épidémie. En fait, il n’en est rien. Les cinq personnes dont le CHU de Bordeaux avait communiqué l’évolution de l’état de santé…ne sont pas de nouveaux cas. La plupart des malades vont mieux ou sont sortis des hôpitaux. Mais un enfant de 2 ans et demi est toujours sous surveillance. Et si celui dont je vous parlais la semaine dernière, est sorti de son coma artificiel, il est toujours en « prise en charge intensive ».

Officiellement, une trentaine d’intoxications graves ont été recensées. Mais le nombre de personnes touchées à des degrés divers a été sensiblement supérieur.

79 familles (représentant 142 malades) ont pris contact avec notre cellule d’accueil installée à Toulouse. Des experts répondent aux questions que peuvent se poser les familles, les renvoient éventuellement vers les institutions de santé pour conforter leur dossier, et proposent, en cas de besoin, des prises en charge financières et des avances de trésorerie (ce dont ont déjà bénéficié quelques familles).

Je suis soulagé par la qualité de cette relation. Les familles ont été dirigées vers cette cellule d’accueil après avoir, elles-mêmes, contacté notre service consommateurs allo E. Leclerc ou les directeurs de magasin de leur région. Je répète nos engagements : ces solutions ne préjugent, ni ne s’opposent à toute autre initiative que souhaiteraient prendre les familles des malades.

2) Les contacts clients : Le repérage des derniers clients qui restaient à contacter se poursuit.

- Ceux qui avaient une carte de fidélité ont presque tous pu être directement informés. Il reste encore quelques personnes, absentes de leur logis, auxquelles messages et courrier ont été adressés. Elles seront de toute façon rappelées jusqu’à pouvoir leur parler de vive voix.

- Concernant les 6 530 clients ayant payé par carte bancaire : nos magasins se sont chargés d’en rappeler 5 345 (même plan d’action qu’avec ceux qui avaient une carte de fidélité, d’autant que les fichiers peuvent se recouper : une personne ayant une CF et son compagnon ayant payé avec la CB). Les autres sont rappelés directement par les succursales bancaires.

- Quant aux 3 382 clients qui ont payé par chèque, 1 885 sont recontactés par les magasins, les autres par les banques.

- Je tiens à dire qu’après un petit temps d’hésitation (sur la question de la déontologie), les banques, dont la BNP, le Crédit Agricole, le CCF, le CIC, La Poste et la Société Générale, se sont sacrément décarcassées. (Je précise pour les mauvaises langues que les procédures légales, même dans cette urgence, sont respectées : accord du GIE Carte Bancaire, restitution ou destruction des fichiers après contacts, non communication à des tiers, etc…). Sauf pour les banques précédemment citées, nous ne disposons pas encore d’un retour d’infos précis sur la liste des clients contactés par ce canal. Le Crédit Mutuel, les Caisses d’Epargne ou la Banque Populaire font remonter ces statistiques par leur direction régionale, mais c’est en cours.

De toute façon, le dispositif de rappel des clients restera en place jusqu’au dernier contact.

3) Maintien du dispositif d’information : Compte tenu de la couverture médiatique sur cette intoxication et de tous les systèmes mis en place pour informer les clients, je n’ai pas trop de doute pour affirmer que la plupart des consommateurs ait été suffisamment informée. Pourtant, nul ne peut prétendre que ce soit vrai à cent pour cent (ne serait-ce que par impossibilité de contacter les quelques dizaines de clients qui auraient pu payer en liquide).

A date, les résultats d’un sondage (OMD) que nous avons commandité auprès des consommateurs, sont plutôt rassurants :

- 97 % sont au courant de cette intoxication par consommation de steaks hachés,

- 93 % des personnes interrogées (96 % des 25/49 ans avec enfants) savent qu’elle concerne des clients de nos magasins.

Sondage plutôt concluant, mais néanmoins toujours une marge d’incertitude ! C’est la raison pour laquelle, nos adhérents ont décidé de publier des placards publicitaires dans Sud-Ouest et La Dépêche du Midi.

imlg_blog_161105_intoxicati.jpg

Tous les moyens d’information en magasin (affichage aux caisses, notamment) restent maintenus en place.

Michel-Edouard Leclerc