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Vendredi 18 novembre 2005

Tsunami : Où en sont les programmes de reconstruction ?

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On n’en parle pratiquement plus dans les médias. Si ce n’est pour faire référence aux interminables polémiques sur le montant global des aides et leur affectation : « Tant de sommes collectées et apparemment des besoins bien moindres ». Sur place, on ne partage pas ce point de vue.

Grâce à la collecte menée le 15 janvier 2005 dans les magasins de notre enseigne, plus de 2 millions d’euros ont été recueillis au profit des enfants d’Asie du Sud, réinvestis en partenariat et sous le contrôle de l’association « La Voix de l’Enfant ». Ces sommes ont été réparties pour financer des projets de grande envergure, qui vont être développés sur trois ans en Inde, au Sri Lanka et en Thaïlande.

- Au Sri Lanka, 801 211 euros ont été affectés à la reconstruction de maisons, à la rénovation d’écoles et à la mise en place d’un programme d’éducation.

- En Thaïlande, 320 000 euros ont permis de financer des frais de scolarité d’enfants orphelins, et un programme de soutien aux familles victimes, en association avec « La Chaîne de l’Espoir ».

- En Inde, les projets sont déjà très engagés, en partenariat avec deux ONG, « Indian Council for Child Welfare » et « Guild of Services ».

Le problème quand on s’engage à une transparence totale sur le financement de telles dépenses, c’est de pouvoir compter sur des interlocuteurs de terrain qui soient fiables, honnêtes et eux-mêmes largement motivés, engagés dans l’action sociale. Abbas Mehta est de ceux-là. Issu d’une famille implantée depuis longtemps dans la région du Tamil Nadu, Abbas est devenu responsable de notre bureau à Chennaï (ex Madras). D’un commun accord avec les ONG locales, il a été chargé de coordonner les programmes d’aide soutenus par l’association « La Voix de l’Enfant » et notre enseigne. Il se fait un point d’honneur de nous tenir une comptabilité des dépenses « au petit poil ». Sa litanie (il parle d’une voix très douce, monocorde et sans jamais élever le ton) est rassurante.

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Sur le plan social et éducatif d’abord :

- Plus de 20 écoles touchées par le tsunami ont été rééquipées.

- 3 crèches ont déjà été construites.

- Plus de 4 000 élèves ont reçu des fournitures scolaires et des bourses ont été attribuées à 200 étudiants.

- 7 groupes d’entraide ont été formés pour aider des veuves, des femmes illettrées en milieu rural, des vendeurs saisonniers, etc…

Sur le plan économique, l’une des priorités consistait à reconstruire les flottes de pêche villageoises. Avec l’argent des clients et des adhérents E. Leclerc, 85 bateaux ont été offerts ou reconstruits et 1 200 kilos de filet de pêche ont été offerts.

Abbas justifie la progressivité des dépenses. « Il ne faut pas se précipiter. Pas évident d’identifier les besoins les plus importants, de les hiérarchiser ! Les demandes s’accumulent, mais quelquefois sont redondantes car déjà effectuées auprès d’autres ONG ».

D’autre part, « il ne faut pas vouloir reconstruire à l’identique. Les populations locales sont souvent attachées à leur foncier, à des paysages qui les ont vu naître. Il faut savoir prendre le temps de les convaincre de déménager, faire œuvre de pédagogie et de patience pour, par exemple, construire plus en hauteur dans les terres… ».

D’ici la fin de l’année, il nous faudra refaire un bilan d’ensemble. Mais attention : s’il y a une disproportion apparente entre les montants collectés et les sommes dépensées, ce n’est finalement pas choquant quand, du terrain, on justifie la prudence et la progressivité nécessaires dans la mise en œuvre des programmes.

Michel-Edouard Leclerc